De Lisbonne à Lisbonne –
le Président Walter espère que le nouveau concept stratégique de l’OTAN permettra de sortir de l’impasse
Paris, le 8 février 2010 – Robert Walter, MP, Président de
l’Assemblée européenne de sécurité et de défense, a pris la parole, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich (qui s’est tenue du 5 au 7 février 2010), sur le thème des relations entre l’UE
et l’OTAN. L’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne constitue une bonne occasion de lancer un nouveau processus de réflexion sur les rapports entre les deux instances, a-t-il estimé. Le sommet
que tiendra l’OTAN à Lisbonne en novembre 2010 et l’adoption prévue à cette occasion du nouveau concept stratégique devraient permet tre d’améliorer les relations entre les deux organisations et
de mieux comprendre qui est responsable de la sécurité de l’Europe à ses frontières méridionales. Alors que la coopération est satisfaisante au niveau opérationnel, des améliorations sont
nécessaires sur d’autres plans, politique notamment.
Lors de la session sur l’avenir de la sécurité globale et européenne, le Président Walter a souligné devant le ministre espagnol des
affaires étrangères, Miguel Moratinos, les problèmes de coordination entre les opérations de l’UE et celles de l’OTAN dans la Corne de l’Afrique, et demandé comment les acteurs présents dans la
région s’attaquent au terrorisme et à la question migratoire. Il a évoqué également les difficultés de communication et le refus de l’OTAN de permettre aux unités navales de l’UE d’utiliser le
système de communication de l’Alliance. Constatant la diversité des opérations déployées par l’OTAN et l’UE en Méditerranée et au large des côtes somaliennes, il a demandé « qui est
responsable de la sécurité sur le flanc sud de l’Europe ».
M. Moratinos a répondu que l’OTAN s’était montrée trop
« timide » vis-à-vis de l’Afrique du Nord et que l’Espagne s’efforçait d’aider l’organisation à développer une dimension méridionale. Les relations entre l’UE et l’OTAN sont
actuellement « au point ». Il importe de rechercher de nouveaux moyens pour permettre aux deux organisations de coopérer et de se demander quelle pourrait être la contribution de
l’UE. Les activités de l’UE ne doivent pas être perçues comme redondantes.
Par la suite, James Stavridis,
Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) de l’OTAN, a exhorté les gouvernements à trouver un vrai « modus vivendi » pour les militaires des deux instances. Les
opérations de lutte contre la piraterie au large de la Somalie sont un excellent exemple de leur complémentarité. Le succès de la récente opération menée par les forces spéciales danoises et des
bâtiments français, indiens et russes est la preuve que la coopération dans le domaine de la sécurité a un avenir.
NDLR Regards-citoyens : la question clé est-elle bien celle
de la pertinence de la coopération en matière de sécurité entre des Etats souverains qui ont des intérêts communs, partiellement ou totalement, ponctuellement ou durablement ? N'est-elle pas
plutôt celle posée par la double appartenance d'Etats souverains à des Organisations qui ont des buts, objectifs, intérêts et instruments aussi peu compatibles que confusément
brouillés ? Par ailleurs, coopérer reste un concept vague qu'il convient de préciser au cas par cas ! En pareilles matières, certains Etats membres à la fois de l'OTAN et de l'UE cultivent
l'ambiguïté de manière non réellement " constructive " !
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