Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 11:59

Le président américain Barack Obama a adressé jeudi 19 novembre une mise en garde à l'Iran quant aux conséquences d'une absence de réponse à l'offre de compromis de l'AIEA et à l'adoption de nouvelles mesures internationales.


Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a toutefois rejeté l'éventualité de nouvelles sanctions contre son pays, jugeant que les Occidentaux avait tiré les leçons des "expériences ratées" du passé.


Mottaki a exclu mercredi que Téhéran transfère 75% de son uranium faiblement enrichi en Russie puis en France pour qu'il y soit converti en combustible nucléaire, comme le prévoit le projet soumis par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).


Après en avoir accepté le principe le 1er octobre à Genève, l'Iran a émis des réserves et demandé des modifications, ainsi que des négociations supplémentaires, sur le projet d'accord. Sa réponse formelle est attendue d'ici la fin de l'année.


" L'Iran prend des semaines et ne montre pas sa volonté de dire 'oui' à cette proposition (...) aussi avons nous entamé des consultations avec nos partenaires internationaux sur l'importance qu'il y ait des conséquences ", a réagi Barack Obama lors d'une visite à Séoul.


ESPOIR


Téhéran ne bénéficiera pas d'un délai illimité pour répondre, a-t-il souligné, excluant de voir ces négociations prendre une tournure identique à celles avec Pyongyang.


" Nous n'allons pas reproduire ce qui ce passe avec la Corée du Nord, avec qui les discussions s'éternisent sans résolution réelle du problème ", a lancé Barack Obama, promoteur depuis son arrivée à la Maison blanche d'une diplomatie du dialogue plutôt de la confrontation.


A cette fermeté affichée, Manouchehr Mottaki a opposé le rejet de la possibilité de nouvelles sanctions.


" Sanction est un mot des années 1960 et 1970 ", a dit le chef de la diplomatie iranienne lors d'une conférence de presse.


" Je pense qu'ils (les Occidentaux) sont suffisamment sages pour ne pas répéter ce qui a échoué. Bien sûr, cela dépend entièrement d'eux ", a-t-il ajouté.


Il a répété que son pays était prêt à dialoguer, mais uniquement si les Occidentaux acceptaient un échange de combustible nucléaire sur son territoire, ajoutant que l'idée émanait non de l'Iran mais de la communauté internationale.


" L'échange n'est pas notre proposition. Ils ont formulé cette proposition et nous avons précisé et discuté de la façon dont elle pourrait être mise en oeuvre ", a-t-il affirmé.


Les Etats-Unis ont déjà opposé une fin de non recevoir aux demandes d'amendements iraniennes et Obama a espéré que Téhéran changerait d'avis. " Je continue de croire qu'ils pourraient décider de franchir le pas. J'espère qu'ils le feront ", a-t-il dit jeudi.


Dans l'attente, Washington et ses alliés vont envisager de nouvelles initiatives.


" Nous nous attendons, dans les prochaines semaines, au développement d'un nouvel ensemble de mesures que nous pourrions prendre, qui montreront à l'Iran que nous sommes sérieux ", a-t-il dit.

Par De La Boisserie - Publié dans : Le dossier nucléaire iranien
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