Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 14:44

L'Espagne espère ouvrir avec la Turquie de nouveaux chapitres de négociation, a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, le 8 janvier, lors d'une rencontre avec la presse européenne (source : Agence Europe). " Nous avons quatre chapitres en tête et nous espérons les ouvrir ", a précisé M. Moratinos. Le mois dernier, les représentants des 27 pays de l'UE avaient ouvert un douzième chapitre sur la liste des 35. L'objectif de la Présidence espagnole du Conseil peut paraître ambitieux, compte tenu du fait que l'UE bloque depuis 2006 huit chapitres de négociation en raison du refis persistant des Turcs d'ouvrir leurs ports et aéroports aux Chypriotes grecs. Et que Chypre a émis des réserves sur l'ouverture de six autres chapitres, liées à sa non-reconnaissance par Ankara. Alors que la France, l'Autriche et la CDU allemande (voir ci-dessous) préfèrent proposer un partenariat privilégié à la Turquie, l'Espagne prône une adhésion de la Turquie à l'UE. M. Moratinos a néanmoins lié l'accélération des pourparlers aux négociations sur l'avenir de Chypre, divisée depuis 1974 entre une partie chypriote grecque qui a rejoint l'UE en 2004 et une partie nord occupée par l'armée turque. " Nous essayons de faire avancer les négociations " sur Chypre, a souligné M. Moratinos en ajoutant : " Nous savons que c'est un sujet difficile mais j'espère que les négociations sur l'avenir de l'ïle vont présenter quelques résultats, quelques ouvertures ". A Chypre, " tous (les négociateurs) sont conscients du facteur 'calendrier' ", a-t-il souligné en référence à la tenue d'élections en avril dans le nord de l'île, lesquelles présentent le risque de porter au pouvoir des partisans d'une ligne plus dure. Le président de Chypre, Demetris Christofias, et le dirigeant chypriote turc Mehmet Ali Talat, ont annoncé récemment leur intention d'intensifier leurs négociations courant janvier.

En visite le 7 janvier 2010 à Ankara, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Wersterwelle, s'est exprimé en faveur de l'adhésion de la Turquie à l'UE. Conformément à ce qui a été convenu au moment de l'ouverture des négociations en 2005, la Turquie a " une réelle perspective d'adhésion " même si elle ne remplit pas encore les critères et qu'il est impossible de prévoir un calendrier, a dit M. Wersterwelle. Les propos du ministre, qui a souligné qu'il parlait au nom de son pays, ont créé des tensions au sein de la colaition gouvernementale où la CDU d'Angela Merkel plaide pour un " partenariat privilégié " plutôt que pour l'adhésion. Le troisième partenaire gouvernemental, la CSU, envisage de réclamer l'arrêt des négociations d'adhésion. Il est à noter que c'est devant la CSU, réunie à Wildbas Kreuth, que le nouveau président stable du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a choisi de tenir son premier grand discours également le 7 janvier. Il n'a cependant pas évoqué la Turquie.




Par Patrice Cardot - Publié dans : L'UE face à un monde en mouvement
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