Partager l'article ! Coopération structurée permanente / politique européenne des capacités et de l'armement : de l'urgence de dépasser concrètement les déclamation ...
Cessons de nous voiler la face ! Non, aucune stratégie européenne, que ce soit la stratégie UE 2020, la stratégie pour le développement durable, la stratégie européenne de sécurité, ou d'autres encore, n'a aucune chance de produire ses effets sans une relance énergique de la coopération politique infraeuropéenne partout où les grands défis pour la sécurité imposent d'agir collectivement avec une volonté et une efficacité renforcées.
Dans les domaines de la défense et de la sécurité collectives, non, l'OTAN n'est pas l'organisation la mieux à même d'entreprendre l'ensemble des chantiers de transformation que nécessitent l'urgence stratégique autant que l'émergence d'une nouveau modèle de gouvernance multilatérale, plus anticipatif, plus ouvert et moins biaisé par des jeux d'Etats unitaires empreints de réflexes à la fois trop 'autocentrés' et trop 'autoprotecteurs'!
Cessons de parler haut et fort du besoin de consolidation, de rationalisation, de convergence, de coordination, de mutualisation pour au final, surtout, ne rien faire, ou au bas mot, ne faire que tenter, souvent en vain, de ne consolider que son pré carré ! Que dire des coupes dans le budget de la défense en Grande-Bretagne, en Allemagne, en France sinons que nous n'avons plus les moyens de nos ambitions comme le soulignent tous les rapports parlementaires sur la disponibilité et la projection de nos forces ...
Regardons en face la réalité de nos finances publiques nationales, celle de l'efficacité de nos opérations extérieures, celle de la performance globale de nos outils de défense et de nos grands programmes technologiques et d'armement comme celle de notre base technologique et industrielle européenne essentielle à l'émergence d'une véritable autonomie stratégique de l'Union dans les domaines clé que sont ceux des hautes technologies ayant un impact stratégique et de la défense (Dans le contexte actuel des finances publiques de ses Etats membres, l'UE peut-elle assurer un développement approprié des capacités requises par celui de la PSDC ? ) !
Le temps des appels incantatoires, des déclarations plus ou moins lyriques et des déclamations à la Prévert doit laisser la place à celui de la responsabilité et de l'action politiques !
Sans parler des obstacles, nombreux, qui se dressent constamment devant l'Agence européenne de défense dès qu'elle
tente d'entreprendre des initiatives inspirées plus par une certaine idée de l'intérêt général européen dans ses champs de compétence que par tel ou tel intérêt national ou multilatéral
particulier, alors même que cet organe agissant sous l'autorité du Conseil est présenté ici ou là comme l'alpha et l'oméga de tous les développements futurs requis par la nécessaire montée
en puissance de la politique de sécurité et de défense de l'Union (cf. par exemple à cet égard l'article intitulé A
quoi peut bien servir l'Agence européenne de défense si les milieux allemands et français concernés continuent de dégrader leurs relations ? ).
A force de confondre indépendance et autonomie, et de freiner une plus grande intégration en matière de défense, les souverainistes, les eurosceptiques et les européistes hésitants
condamnent nos 'Etats-puissance' d'hier à se discréditer sur la scène internationale, en ayant le verbe haut mais la main sur la bourse et le pied sur le frein : le 'donjuanisme' est souvent
un signe d'impuissance !
Le Parlement européen, l'Assemblée parlementaire de l'UEO - rebaptisée l'AESD -, le général Syren et bien d'autres encore souhaitent tous une mise en
oeuvre 'pragmatique' de la Coopération structurée permanente - CSP - (cf. notamment AESD : Mettre en œuvre le Traité de Lisbonne :
avancer « pas à pas et dans la bonne direction » ; AESD :
L’UE doit instaurer une coopération structurée permanente ainsi que UE/DÉFENSE : le général Syren
souhaite une mise en oeuvre pragmatique de la Coopération structurée permanente ) !
Il ne suffit plus d'en appeler à la rigueur et à l'efficacité en convoquant, au nom du pragmatisme, tantôt des principes, tantôt des critères, tantôt des engagements - pris à maintes et maintes reprises mais jamais respectés -, tantôt des contraintes : le moment est venu d'agir effectivement en fixant un cap clair qui soit à la portée et à la mesure de chacun, en assignant à ceux qui doivent agir pour permettre au navire d'atteindre son but l'obligation d'être au rendez-vous des résultats attendus le jour J !
Engageons nous sans attendre dans cette voie mais en ayant pris préalablement soin de fixer ensemble et le but à atteindre et le cap à suivre pour y parvenir avant de décider qui est ou non prêt à initier le chantier énorme qu'emporte la CSP : ce qui exige de définir bien plus que des objectifs et des instruments aussi éparparpillés que désarticulés mais bien davantage une véritable politique - la politique européenne des capacités et de l'armement (PECA) - articulant tout ce qui doit être déployé et articulé collectivement à l'échelle de l'Union en termes de capacités opérationnelles et d'armement, y compris en laissant à chaque Etat membre la responsabilité entière de mener ses propres transformations dans le respect plein et entier des engagements pris en commun.
Cessons les compétitions et autres conflits interinstitutionnels qui sont toujours vains lorsqu'ils n'ont pas pour objectif premier l'intérêt général européen.
Cessons d'opposer les méthodes intergouvernementale et communautaire là où tout pousse à les mettre en synergie (cf. PENSER L'INTERET EUROPEEN : Du compromis entre intérêts nationaux à l’intérêt général européen ).
Et attachons nous à être cohérents dans nos choix et nos actions, en abordant l'avenir des perspectives financières de l'Union en prenant acte que le budget européen doit impérativement pouvoir faire profiter cette CSP des bienfaits multiples de sa triple fonction intégratrice, allocative et redistributive sur chacun des registres où la PECA, comme la CSP, exigera d'agir sur les territoires autant que sur les politiques concernées (industrie, recherche, concurrence, marché intérieur, etc.) en plein respect des principes d'attribution des compétences, de subsidiarité, de proportionnalité et d'additionnalité (cf. en particulier à cet égard les articles suivants : Les principes fondateurs de l'Union européenne dans le projet de Constitution européenne ; Application des principes de subsidiarité et de proportionnalité dans l'Union européenne ainsi que La politique régionale européenne, 2007-2013. Un outil rénové en faveur du développement local ).
Il est à prévoir que les présidences belge, hongroise et polonaise de l'Union européenne s'emploieront sans ménager leurs efforts à initier les processus politiques correspondants !
Apportons leur notre concours pour que leur énergie puisse produire les effets attendus en pareille matière.
Pour en savoir plus sur le "pourquoi et comment agir", voir Rapport parlementaire sur les conséquences du Traité de Lisbonne sur les capacités militaires et les programmes d'armement de l'Union européenne (Yves Fromion) ; "L'Union européenne et le défi de la réduction des budgets de défense" par Jean-Pierre Maulny (Notes de l'IRIS) ; La seule coopération structurée permanente : l’armée européenne ? (Bruxelles2.eu) , ainsi que les documents et articles auxquels ils renvoient.
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