Partager l'article ! De l'urgence pour C. Ashford d'étoffer ses compétences en matière de Sécurité et de Défense, et pour l'Union européenne de répondre aux interr ...
Outre sa " casquette " de Vice-Présidente de la Commission européenne, Mme
Catherine Ashford n'est pas Haute Représentante de l'Union uniquement pour les Affaires étrangères ; elle l'est également pour la Politique de Sécurité de l'Union, une politique
nouvelle que ne définit pas le Traité de Lisbonne et dont les objectifs, les ressorts, les déterminants, les limites et les instruments demeurent, pour une bonne part d'entre
eux, des OVNI ; le document présenté comme définissant la 'stratégie européenne de sécurité' à laquelle le Traité de Lisbonne ne fait curieusement aucunement référence ne pouvant
constituer en soi le référentiel attendu (cf. notamment Le traité de Lisbonne : un traité imparfait qui fera néanmoins progresser l'Union politique sur les registres de la défense des libertés et de la sécurité
(1) ainsi que Le traité de Lisbonne
: un traité imparfait qui fera néanmoins progresser l'Union politique sur les registres de la défense des libertés et de la sécurité (2)).
Or, lors de son audition d'investiture devant la commission des Affaires étrangères du Parlement, Mme Ashford a pêché par défaut (de compétence) bien
qu'elle ait appelé l'UE à définir très vite une stratégie globale (cf. Lors de son audition devant le
Parlement européen, Catherine Ashton laisse les eurodéputés sur leur faim ).
Mais est-elle vraiment responsable de cette lacune déplorée par tant d'eurodéputés et d'observateurs ?
Par quel effet du Saint Esprit aurait-elle dû et/ou pu dégager et exprimer clairement ce que ni le Conseil européen, ni le Conseil n'a été en mesure de
définir depuis la prise de conscience, en leur sein, de la nécessité de définir, d'abord, une 'stratégie de sécurité européenne', puis, plus tard une 'politique de Sécurité de l'Union', la
définition d'un concept stratégique pour cette politique de Sécurité n'ayant pas encore été à l'ordre du jour des travaux de ces institutions (cf. Interrogations préalables à l'établissement d'un ‘concept stratégique global’ pour la politique de Sécurité de l'Union européenne ainsi
que Embrasements
en cascades : quelques interrogations toujours sans véritables réponses ! ) ?
Est-ce à Mme Ashton que l'Union européenne doit sa fuite en avant dans une course éffrénée à l'omniprésence sur les théâtres de crises et de conflits (cf.
Sécurité internationale : L'Union européenne n'est-elle pas
entrain de se laisser entraîner dans une dynamique susceptible d'en briser l'élan ? - nouvelle édition - ?).
Son propos semble avoir procédé davantage de motivations atlantistes d'inspiration britannique (cf. http://bruxelles2.over-blog.com/article-une-vision-tres-british-de-catherine-ashton-42763996.html)
que par une analyse politique articulée sur une conception un tant soit peu objective des objectifs stratégiques et de sécurité de l'UE autant que des différentes natures de ses intérêts
(stratégiques, vitaux, essentiels de sécurité, de puissance, etc.).
Mais est-ce Mme Ashton qui est responsable de l'engouement nouveau des Etats membres " nucléaires " de l'Union pour la Sécurité nationale à l'américaine ; des Etats membres
qui n'ont par ailleurs eu de cesse depuis quelques années de s'adonner à une course éffrénée pour apparaître comme le meilleur élève de la relation bilatérale avec les Etats-Unis,
y comrpis au sein d'une OTAN en quête d'un nouveau souffle, tout en s'employant à recentrer leur propre stratégie de sécurité nationale - et les moyens qui y sont associés - sur leurs
seuls intérêts nationaux de même nature (cf. à cet égard les articles suivants : De la définition et de la défense des
intérêts nationaux (nouvelle édition) ;
L'Union européenne doit s'employer activement à définir sa propre doctrine de coopération et de coordination en matière de sécurité nationale ainsi que Quelques commentaires relatifs à la création, en France, du Conseil de défense et de sécurité nationale ) ?
De grâce, ne demandons pas à la Baronne Ashton d'être plus royaliste que la Reine ?
Comme c'est également le cas s'agissant de l'Otan (cf. De la transformation de et dans l'OTAN (1) ), la 'transformation' de et dans
l'Union européenne pour en faire une véritable Union politique comporte des exigences irréductibles (cf. Vouloir
bâtir une Europe politique comporte des exigences irréductibles ! ) dont la responsabilité de la satisfaction pleine et entière ne saurait incomber uniquement à la
Haute Représentante !
S'il lui appartient d'oeuvrer très vite à l'étoffement de ses propres capacités à anticiper, à proposer, à décider et à agir dans ces différents
domaines comme de celles des services et organes qui seront placés sous son autorité, il appartient également, et même d'abord, au Conseil européen de fixer les objectifs stratégiques et de
déterminer les intérêts stratégiques de l'UE comme le lui impose le Traité de Lisbonne.
La première comme le second devront alors prendre pleinement acte :
a) que le temps est probablement venu pour l'Union de s'émanciper des Etats-Unis (cf. Le temps est venu pour l'Europe de s'émanciper des
Etats-Unis, par Jean-Claude Casanova ainsi que
Les militaires européens souhaitent-ils vraiment une politique de sécurité et de défense commune européenne qui ne se limiterait pas à un 'simple' pilier européen de l'OTAN ? ) et
qu'Un vrai partenariat stratégique UE / Etats-Unis ne devrait être fondé que sur le partage d'intérêts communs, l'égalité et le respect
mutuel ;
b) que la situation internationale sur les théâtres où les Européens ont choisi d'intervenir, à un titre ou à un autre, dans un cadre ou dans un autre, pourrait évoluer très vite si
l'on n'y prenait pas suffisamment garde (cf.
Embrasements en cascades : quelques interrogations toujours sans véritables réponses ! ), et que celà appel à un sursaut urgentissime de l'Union ;
c) que si la définition d'un concept stratégique pour la Politique de Sécurité de l'Union est aussi fondamentale et urgente que peuvent l'être celle du concept stratégique pour sa
politique monétaire (cf. Eléments de comparaison entre l’UEM et la Sécurité globale européenne ) et la révision du concept
stratégique de l'Otan, en temps et en heure, La difficile
réécriture du Concept stratégique de l'OTAN les oblige à oeuvrer de manière pragmatique en ne manquant surtout pas la (ou les) fenêtre(s) d'opportunité qui
pourrai(en)t se présenter à l'Union dans les mois à venir, dans un contexte difficile où, d'une part, la crise économique sape incontestablement les processus en cours (cf. à cet
égard La crise économique sape l'Europe de la
défense, par Nathalie Guibert (Le Monde.fr) ), d'autre part, Les innovations majeures du
Traité de Lisbonne dans le domaine de la PSDC seront complexes à mettre en oeuvre ! , et, enfin, ;
d) que la mise en place du Service européen d'action extérieure (SEAE) et des organes satellites doit être opérée en veillant à ne pas occulter la place centrale, sinon prépondérante (cf.
Service européen de l'action extérieure :
sauvegarder un rôle actif de la Commission ), que doivent y occuper les Etats membres, ne serait-ce que pour éviter d'en faire des obstacles, actifs ou passifs, à son efficacité !
Il appartient à toutes les institutions compétentes de l'Union (Conseil européen, Conseil, Parlement européen, Commission européenne) d'agir en responsabilité pour que et le Conseil européen, et
Mme Ashton, y parviennent ! Et rapidement !
(cf. à cet égard les articles suivants :
Le traité de Lisbonne entrera en vigueur le 1er décembre ! Aux Européens de faire la démonstration qu'il offre à l'Union ce qui lui manquait pour faire face aux nombreux défis du moment ;
L'Union européenne réaffirme l'importance
d'une politique étrangère et de sécurité forte ; L'Union européenne face à ses responsabilités internationales en matière de
sécurité et de développement : un point de vue important du Parlement européen ; De la fragmentation politique d'une Union européenne toujours en quête d'un projet politique clair et d'un leader
charismatique ).
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller
jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)