Les chefs d'Etat et de gouvernement devaient se retrouver à Bruxelles à
partir de 18h00 pour un dîner de travail au cours duquel ils espèrent désigner un président fixe du conseil européen et un haut représentant pour les Affaires étrangères, deux postes prévus par
le traité de Lisbonne, qui entrera en vigueur le 1er décembre.
Selon le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, dont le pays occupe la présidence tournante de l'UE, les négociations ont été difficiles au cours
des derniers jours et la réunion pouvait durer " quelques heures ou toute la nuit ".
La mission n'est pas simple pour Stockholm puisqu'il s'agit, à travers ce "ticket" exécutif, de trouver au sein des institutions européennes un
équilibre politique, de genre, géographique, entre petits et grands pays et entre partisans d'une Europe fédérale et adeptes d'une approche inter-gouvernementale.
Le tout en respectant la règle non écrite sous le traité de Lisbonne de l'unanimité et en tenant compte des revendications du triangle
franco-germano-britannique. Les trois pays souhaitent s'assurer qu'ils seront bien traités par José Manuel Barroso dans l'attribution des grands portefeuilles macro-économiques au sein de la
prochaine Commission.
Par ailleurs, l'élargissement de la réflexion aux futures présidences de la Banque centrale européenne et de l'Eurogroupe, ainsi qu'au secrétariat
général du conseil, a semblé compliquer un peu plus la donne.
Des diplomates ont indiqué qu'il pourrait être nécessaire, pour la première fois, de procéder à un vote à la majorité qualifiée pour forcer une
décision.
INCERTITUDE
De nombreux noms de candidats ont circulé ces dernières semaines et Fredrik Reinfeldt lui-même a rappelé qu'il continuait d'avoir plus de candidats que
de postes à offrir.
Le Premier ministre belge, Herman Van Rompuy, qui passe pour être soutenu par Paris et Berlin, restait cependant jeudi le favori pour la présidence de
l'UE.
Mais l'incertitude demeure sur son acceptation par Londres, qui a bloqué la nomination de candidats belges à des postes exécutifs européens par le passé
et continue de pousser la candidature de Tony Blair en dépit de l'opposition de plusieurs pays, dont ceux du Benelux.
Les autres candidats évoqués sont le Premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, et
l'ancienne présidente lettone Vaira Vike-Freiberga.
Selon plusieurs diplomates de haut rang, une surprise de dernière minute n'est pas à exclure car l'une des clés de la négociation est l'acceptation ou
non du poste de haut représentant par le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, dont le nom fait consensus.
Ce dernier a dit publiquement ne pas être intéressé, mais des responsables européens signalent qu'il pourrait être convaincu de venir à Bruxelles, le
poste offrant une grande visibilité internationale et une place de choix comme gardien des intérêts britanniques en Europe à la vice-présidence de la Commission.
Selon l'Espagne, dont le président du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a été chargé avec un groupe réduit de personnes de procéder aux
négociations, le poste devait en outre revenir à un socialiste issu d'un pays où les sociaux-démocrates participent au gouvernement, réduisant de fait le champ des possibles à la Grande-Bretagne,
l'Espagne, la Grèce et le Portugal.
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)