21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 10:23

DSK a été, avec constance, un partisan et un artisan de la construction européenne. Aujourd’hui, pour répondre aux défis globaux que nous avons à relever, il prône un nouvel élan, politique et démocratique, pour construire une Europe plus équilibrée et plus intégrée, qui favorise la croissance et qui protège son modèle social.

DSK est un partisan et un acteur important de la construction européenne

En 1997, Ministre de l’économie du gouvernement Jospin, il participe au lancement de l’euro. En 2004, il élabore, avec Romano Prodi et d’éminents représentants de la sociale-démocratie européenne, 50 propositions ambitieuses pour construire une Europe politique renforcée (1). En 2010, il joue un rôle clé dans la création du Fond européen de stabilité financière. Il considère l’Europe comme une chance, et non comme une menace : les Européens ont, selon lui, besoin de cette Union pour répondre aux défis économiques et politiques d’un monde globalisé. DSK affirme que, si l’Europe est fragile aujourd’hui, c’est parce qu’elle est inachevée. C’est pourquoi, il a œuvré, avec constance, dans le sens d’un approfondissement de l’intégration européenne. Comme il le revendique, « je suis un euro-optimiste, ce qui ne veut pas dire eurobéat » (2).

DSK appelle à une nouvelle impulsion pour une Europe politique

« Fondamentalement nouvelle, cette étape marque le passage de l’Europe d’hier à l’Europe de demain. D’une Europe principalement économique à une Europe chargée de promouvoir toutes les valeurs dont elle est porteuse. D’une Europe des élites à une Europe plus démocratique. D’une Europe discrète sur sa finalité à une Europe qui revendique sa nature politique » (3). DSK souhaite ainsi que l’Europe devienne « une démocratie de plein exercice ». DSK est animé par une volonté de construire une Union des peuples, qui paraisse moins éloignée des préoccupations de ses citoyens, et qui fonde son action sur une légitimité politique, démocratique, et non plus seulement technique. Un espace démocratique européen suppose également, à terme, pour DSK des partis politiques européens constituant des listes paneuropéennes avec une proclamation européenne unifiée des résultats.

DSK plaide en faveur d’une Europe sociale qui protège…

Considérant que « le modèle social européen est un atout et non un handicap » (4), DSK met en garde contre les politiques de compression salariales. Il prône un développement de politiques sociales européennes protectrices, notamment un revenu minimum européen, un marché du travail unique, qui favorise la mobilité et garantisse l’équivalence des diplômes, la «transférabilité» des droits sociaux et une sécurité sociale professionnelle européenne. Il propose un plan d’action pour l’égalité réelle des chances dans l’Union, qui soutienne les services publics de la petite enfance et renforce les aides aux quartiers défavorisés.

Et d’initiatives communes pour « briser les chaînes de la croissance faible » (5)

Pour que l’Europe renoue avec une croissance forte et créatrice d’emplois, DSK plaide pour une stratégie industrielle européenne. Pour placer l’Europe à la pointe de l’innovation, il propose un investissement ambitieux au niveau de l’Union dans les domaines clés : recherche, éducation, infrastructures.

A cette fin, DSK appelle à une véritable gouvernance économique européenne

DSK a toujours plaidé pour un développement équilibré des deux piliers de l’Union économique et monétaire pour en assurer son efficacité et souligne aujourd’hui que « l’une des leçons de la crise en Europe est qu’une monnaie unique sans coordination économique suffisante peut aboutir à des déséquilibres énormes » (6). Il appelle ainsi une coordination renforcée des politiques économiques, budgétaires et fiscales.

A l’initiative en 1997 de la création du premier Conseil de l’Euro, il encourage l’institutionnalisation de cet organe devenu l’Eurogroupe afin qu’il puisse assurer le pilotage des politiques économiques de la zone euro.

En matière budgétaire, DSK souhaite une coordination qui ait comme premier objectif, non pas la rigueur, mais la croissance économique. Il est ainsi parvenu en 1997 à faire intégrer un volet social dans le Pacte de croissance et de stabilité. Les Européens devraient, selon lui, poursuivre l’assainissement budgétaire nécessaire en se basant non plus strictement sur des seuils uniformes mais sur une analyse structurelle de la situation de chaque pays. A terme, les limites de la méthode intergouvernementale ayant été démontrées avec le refus des grands Etats de respecter les objectifs communément acceptés, une telle coordination pourrait être assurée par une « autorité budgétaire centralisée » (7).

En matière fiscale, il affirme dès 1999, avec son homologue allemand Oskar Lafontaine, qu’« il est inacceptable que […] les gouvernements européens ne puissent pas faire face à leur responsabilité parce qu’ils se font concurrence pour afficher les plus bas taux d’imposition » et prône l’harmonisation de l’assiette de l’impôt sur les sociétés et une taxation des revenus du capital.

DSK résume ainsi sa vision européenne : « Je crois qu’il faut que nous diffusions un tout autre message: l’Europe est notre réponse à la mondialisation » (8). Au-delà de l’Union exclusivement monétaire et économique, « le projet européen doit s’étendre à la protection des citoyens sur le plan social, environnemental et sécuritaire. Nous devons bâtir l’Europe-providence du XXIe siècle, qui émancipe et qui protège » (9).

 

Source de cet article : http://www.dskvraifaux.fr/dsk-souhaite-une-europe-plus-integree-et-democratique-124/

 

Sources :

1 – Construire l’Europe politique, Avril 2004
2 – Interview donnée dans Libération, juin 1996
3 – Ibid
4 – Tirer le meilleur parti de l’euro, janvier 1999
5 – Discours de DSK, Francfort, novembre 2010
6 – Déclaration au Conseil européen de Varsovie, mars 2010
7 – Discours de DSK, Francfort, novembre 2010
8 – Interview donnée dans Libération, juin 1996
9 – Comment la gauche peut relancer la construction européenne, janvier 2006

 

Voir également sur ce blog :  Retour sur images : DSK, un candidat idéal à la succession de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne ?



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