Partager l'article ! Europe : rien n’est vraiment réglé …., par Charles Wyplosz (Telos): L’adoption de la monnaie unique aurait dû être accompagnée d’une ...
L’adoption de la monnaie unique aurait dû être accompagnée d’une mise en commun des régulations et des supervisions bancaires dans la zone euro. Mais des réflexes souverainistes ou protectionnistes ont bloqué toute avancée sur le sujet. Les leçons de cette insuffisance ont-elles été au moins tirées ? Pas du tout, du moins pour l’instant.
Des montagnes de rapports se sont penchés sur la nécessaire remise à plat de la réglementation bancaire. Deux comités internationaux basés à Bâle (le Comité sur le contrôle bancaire et la Commission de stabilité financière) ont fait des propositions de grande sagesse qui tirent les leçons de la crise et qui représenteraient un progrès considérable et des règles de jeu communes s’ils étaient adoptés par toutes les places financières. Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Suisse ont adopté, ou sont en train de le faire, une grande partie de ces recommandations. Dans la zone euro, on réfléchit à la question, on s’égare dans des options politiquement faciles (encadrement des bonus et taxation) mais on ne touche pas au cœur des profits et des sources d’instabilité financière. On n’a même pas encore tiré au clair la situation des banques, comme l’illustre la bien tardive décision de leur faire passer des tests de stress, accompagnée de débats homériques sur la définition du stress (ce sera très doux) et sur la publication des résultats. Il faut dire que le lobby bancaire sait s’y prendre. Aux États-Unis, la réforme a avancé lorsque le Président Obama est allé en personne à Wall Street dire aux banquiers qu’ils doivent cesser de détricoter son projet. En Grande-Bretagne et en Suisse, les lobbies bancaires ont bataillé dur mais n’ont pas pu empêcher les réformes, encore qu’on peut s’attendre à un travail de sape sur les aspects techniques. En Europe continentale, en dehors de tout débat public, les banquiers semblent avoir convaincu les pouvoirs publics que la réforme proposée par les comités de Bâle n’est pas la bonne.
Une autre leçon est que les autorités de supervision bancaire ont failli.
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Pour la suite de cet article : http://www.telos-eu.com/fr/article/europe-rien-n-est-vraiment-regle
Charles Wyplosz est Professeur d'économie, Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement (Genève)
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
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jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)