Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 15:10

En annexe des tout récents rapports sur les " consultations au titre de l'article IV " entre le Fonds monétaire et le gouvernement français, les économistes du FMI ont publié, sous leur propre responsabilité, des études sélective, dont une, «Les leçons des précédents plans de redressement budgétaires», est fort intéressante sinon encourageante. Elle donne en effet, sur une période de trente années, l'image d'un pays incapable de gérer ses finances, n'agissant que sous une contrainte extérieure forte, péchant systématiquement par optimisme, dépourvu de vision et stratégie de long terme. Ce qui, par voie de conséquences, et on sent bien que les experts du Fonds le pensent très fort même s'ils n'en disent rien, relativise la portée des nièmes engagements de sobriété souscrits actuellement sous la pression des marchés et dont l'hypothétique (à ce jour) et insuffisante (financièrement) réforme des retraites constitue la pierre angulaire.

Au préalable, notons que ces études n'engagent ni le gouvernement français, ni le conseil d'administration du FMI, alors que les rapports eux-mêmes sont des documents politiques, certes préparés par le staff mais débattus et approuvés par les administrateurs (un Français sur 24) et soumis aux observations publiques du pays concerné. Dans cet exercice annuel, soit dit en passant, l'influence du directeur général est minime. Evoquer à cet égard «le FMI de DSK» est peut-être une bonne formule en vue des futures primaires socialistes pour l'élection présidentielle de 2012 mais n'a qu'un très lointain rapport avec la réalité. L'histoire de l'institution enseigne par contre que c'est dans les situations d'urgence, quand le Fonds joue le rôle de pompier volant au secours de pays menacés de faillite (Amérique latine et Mexique dans les années 80, Asie orientale en 1997-98, Hongrie ou Grèce tout récemment) que la «patte» du directeur général se fait plus pesante. On verra d'ailleurs d'ici un an si l'intervention du FMI à Athènes se révèle si négative que cela pour une éventuelle candidature à la candidature de l'ancien ministre des finances de Lionel Jospin...

 Les experts du FMI rappellent tout d'abord que «sur plus de trente années, la France a enregistré des déficits budgétaires chroniques et n'a fait que de rares tentatives pour renverser cette tendance»: le «plan Barre» de 1976-80, le «tournant de la rigueur» de 1983-86, le programme budgétaire quinquennal de 1994-97 mis en œuvre dans le but de qualifier le pays pour l'Union économique et monétaire et enfin les efforts imposés par la procédure de déficit excessif du Pacte de stabilité et de croissance entre 2003 et 2007. Le résultat comptable est une croissance exponentielle de l'endettement public, passé de 20% à plus de 80% du PIB entre 1980 et 2010.

.../...

Pour la suite de l'article, voir http://www.mediapart.fr/journal/economie/080810/finances-publiques-trente-ans-de-derives-francaises-sous-loeil-du-fmi

 

 

Par ERASME - Publié dans : La France en mouvement et en débat
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