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L'Etat d'Israël s'isole de plus en plus dangereusement ! Pour lui d'abord, pour le monde ensuite
!
La radicalisation de ses positions témoigne à la
fois de la détermination de ses dirigeants actuels à ne rien lâcher des exigences d'un projet sioniste intransigeant, et d'une nervosité extrême de ces mêmes dirigeants devant
l'inflexibilité d'une administration américaine soucieuse de mettre un terme à des gesticulations israéliennes contre-productives par rapport à sa volonté de mener le processus de paix jusqu'à
son terme.
Cette radicalisation s'exprime à l'égard de tous les dossiers stratégiques qui le concernent, qu'il s'agisse des colonisations en cours (Israël ne
bougera pas sur les constructions à Jérusalem ou encore L'Autorité palestinienne s'attaque à la mainmise israélienne en Cisjordanie), du dossier nucléaire iranien où intérêts géopolitiques, stratégiques, économiques
et financiers complexifient les jeux d'acteurs, du processus de paix dont l'évolution chaotique participe à remobiliser les Etats membres de la Ligue arabe en faveur de solutions ne ménageant
plus avec la même détermination les objectifs stratégiques et intérêts essentiels de sécurité de l'Etat d'Israël, des relations avec l'ONU encore plus complexe depuis la parution du rapport
Goldstone (cf. L'ONU réclame des enquêtes "crédibles" sur les crimes commis à Gaza (Le Monde.fr)), ou enfin des relations avec le
président Obama qui trouve au Pentagone des appuis impensables il y a quelques mois encore, en raison des atteintes portées par cette situation à la sécurité nationale des
Etats-Unis dans cette région du Proche-Orient !
L'épisode irakien - et son issue improbable - a marqué profondément les esprits, même les plus rétifs !
Bien sûr, cette radicalisation israélienne trouve quelques appuis en Europe au sein d'une partie de la diaspora, notamment en France, à Londres, à
Rome et à Bruxelles ; des appuis 'par défaut' qui procèdent d'un mutisme complice autant que de l'absence de volonté d'y mettre un terme, et des appuis 'par excès' qui tiennent à
une très forte empathie pour la position du gouvernement israélien quelle qu'elle soit, au nom d'une solidarité idéologique aux décisions des dirigeants de l'Etat d'Israël auxquelles
tout peut - et doit - être sacrifié !
Elle trouve même parfois sa propre justification dans des mobiles économiques " exempts de tous soupçons " (cf. Les
colonies israéliennes reflèteraient un choix économique) et prend appui sur la montée d'un courant hostile à l'Islam et aux musulmans, sans discernement aucun (cf. La nouvelle droite populiste européenne prospère sur la dénonciation de l'islam).
La faiblesse du Quartet (cf.
Proche-Orient : La réunion du 'quartet' montre une nouvelle fois ses limites ! Il faut en finir avec ce simulacre de
médiation !), celle du multilatéralisme (cf. Pour un multilatéralisme efficace, par Chris Patten), l'inconsistance et le manque d'unité de l'Union européenne (cf.
Bon courage,
Madame le Haut Représentant ! (nouvelle édition)), comme celle de la Communauté internationale, plus globalement (cf.
Dossier iranien vu du Brésil : Le président brésilien Lula veut jouer les médiateurs entre Iraniens et Israéliens, par
Laurent Zecchini et Annie Gasnier (Le Monde)) favorisent l'ouverture d'un espace à une telle radicalisation.
Pour autant, cette radicalisation ne fait l'unanimité ni au sein de la population israélienne (cf. Proche-Orient : éclats d’obtus,
par Ilan Greilsammer) ni au sein des diasporas qui n'y voient rien d'autre que l'expression de l'aveuglement cynique de gouvernants jusqu'au-boutistes qui mettent gravement
en péril le projet sioniste autant que les intérêts et la sécurité de la Communauté juive dans le monde !
Cette situation provoque une crise profonde au sein même de la communauté juive où s'opposent
frontalement les tenants d'une ligne dure (cf. Le Crif, vrai lobby et faux pouvoir) et ceux d'une option articulée
sur le dialogue, la compréhension mutuelle, le partage de destins communs, et le refus de la violence.
Des voix juives s'élèvent, en Europe notamment, pour exprimer un profond désarroi face à cette situation dramatique (cf. Eli Barnavi, Esther Benbassa : deux voix dissonantes qui traduisent le même désarroi face à la même machine infernale
; « Pour l'avenir, il y a un roman national à réécrire », par Esther Benbassa (L'Humanité))
Une situation d''autant plus dramatique que le spectacle de la catastropique opération " Plomb durcie " est resté présent dans toutes les
mémoires (Juifs, musulmans : nous portons tous les cicatrices de Gaza, par Esther Benbassa) ! Une opération qui avait soulevé déjà de nombreuses
interrogations sur les motivations réelles de Tsahal (cf. Poursuite des combats par Tsahal : 5 hypothèses passées au crible de l'analyse (1) ainsi que Poursuite des combats par Tsahal au Proche Orient : 5 hypothèses
soumises au crible de l'analyse (2)) et qui connait des prolongements épisodiques hasardeux (cf. Sept raids
aériens israéliens sur la bande de Gaza).
Alors que cherche vraiment le soldat " Israël " en radicalisant ses postures ?
Peut-on accepter encore longtemps qu'il mette en péril la paix du monde au nom d'une idéologie intransigeante
?
Au moment où les Etats démocratiques montrent leur impuissance à l'égard d'une
globalisation déshumanisée qui s'affranchit des valeurs et libertés fondamentales et des principes démocratiques, la légitimité politique d'un Etat d'Israël si mal en point aux yeux des
Peuples et des Nations serait réhaussée s'ils cessaient de laisser dériver les postures de ceux d'entre eux qui, comme Israël, ne se plient jamais aux sanctions prises en vertu du droit
international et jouent d'un chantage à la terreur nucléaire pour imposer leur dessein au monde !
Il faut sauver le soldat " Israël " ! PLus encore, il faut sauver l'Etat d'Israël et le projet sioniste dont la légitimité contestée ne peut s'accommoder
ni des erreurs fatales ni des fautes récurrentes de son bras armé !
Comment ?
L'heure est venue de recommander fermement aux dirigeants de l'Etat d'Israël comme à l'Autorité palestinienne et aux dirigeants du Hamas de ne pas servir un
dessein funeste qui prônerait le retour au sacrifice ultime en cas d'échec d'ambitions qu'ils considèrent non négociables ! Et de revenir à la table des négociations avec des intentions
réellement conformes à aux intérêts vitaux de l'Etat, du Peuple et de la Nation qu'ils servent avec loyauté !
Toutes les positions exprimées jusqu'ici contournent cette réalité irréductible ! Entretenant ainsi le ferment d'une instabilité et d'une insécurité qui paralysent
tout effort en faveur de la paix !
L'Union européenne, très ambiguë jusqu'ici, doit se resaisir en prenant l'initiative de convoquer
une conférence internationale sous l'égide des Nations Unies pour décider du statut international de cette ville sainte, laquelle ne saurait être la capitale d'aucun des Etats parties au
conflit en vertu d'un principe de précaution politique qui s'impose de lui-même !
Simultanément, elle doit oeuvrer pour amener les Etats parties au conflit à réenvisager les termes mêmes des négociations de manière à concrétiser dans une solution territoriale cohérente et
réaliste les objectifs stratégiques assignés à ces négociations que constituent d'une part, la garantie de sécurité de l'Etat d'Israël, d'autre part, la viabilité économique des deux Etats
(si tant est que cette formule des deux Etats indépendants s'avérait toujours pertinente) - ce qui passe nécessairement à la fois par une continuité territoriale et par l'établissement d'un
cadre de développement durable desdits Etats, lesquels ne sont toujours pas offerts aux Palestiniens -, et, enfin, la fixation de frontières pérennes et incontestables entre ces deux
Etats et les Etats voisins.
Elle doit également proposer à Israël de garantir sa sécurité en lieu et place de Tsahal là où les circonstances l'exigent, notamment au nord de la bande de Gaza d'où sont tirées les roquettes
meurtrières tout en proposant aux Palestiniens de concrétiser ses engagements économiques en faveur des territoires de la bande de Gaza (cf. Les atouts de l'Union européenne dans le dossier
israélo-palestinien ) !
Enfin, l'Union européenne,
en prenant appui sur une Union pour la Méditerranéenne revitalisée, doit offrir à l'ensemble des Pays de la Région un cadre propice à ouvrir de nouvelles marges de manoeuvre par rapport à
une globalisation qui impose ses diktats à chacun d'entre eux sans discrimination (cf Comment la politique peut-elle retrouver des marges de manoeuvre par rapport à la globalisation ?). En particulier,
elle doit oser proposer que soit défini en commun un cadre stratégique pour une politique de cohésion économique, sociale et territoriale sur le modèle de ce qu'elle a su développer en son sein
en la matière. En dépassant ainsi les limites actuelles de sa politique de voisinage pour aborder de manière ambitieuse un tel enjeu structurel, elle ferait ainsi la démonstration qu'elle est
effectivement autrechose qu'une puissance normative " molle ", et qu'elle dispose des atouts nécessaires à la concrétisation dans cette région de sa conception globale de la
sécurité.
Nous ne pouvons ignorer qu'Israël refusera ces propositions " venues d'ailleurs " ! Mais pourrait finir par s'y résoudre si les cartes des
négociations étaient effectivement redistribuées sur des bases plus réalistes !
Mais peut-être le salut viendra-t-il de
l'Orient ! De la Chine ou de l'Inde !
A moins que ce ne soit du Brésil ou de Russie !
Autant de pays qui n'ont jamais été jusqu'ici en proie à des compromissions avec les thèses les plus conservatrices à l'égard du conflit
israélo-palestinien, et dont les économies présentent des facteurs favorables pour entreprendre le sauvetage sur le long terme d'une Région qui pâtit de son trop fort ancrage à des
économies occidentales malades d'un capitalisme spéculatif qui les conduit à leur propre faillite et d'une profonde crise de confiance dans la capacité de la politique, et des
politiques, à mettre de la rigueur, de la règle et de la stabilité là où c'est impératif sans briser les pactes sociaux et culturels qui lient les Etats aux Nations !
On ne prête qu'aux riches ! C'est bien connu !
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller
jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)