Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 02:41

José Luis Zapatero, le chef du gouvernement espagnol, souhaite que l'UE renforce la coordination de ses politiques économiques et l'intégration du marché unique et qu'elle défende davantage les intérêts des citoyens. C'est ce qu'il a affirmé, le 7 janvier à Madrid, lors d'une rencontre avec la presse européenne. L'Espagne veut profiter de sa présidence de l'UE pour promouvoir la création d'une forme de " gouvernement " européen sur les dossiers économiques afin d'accroître la coordination des politiques nationales avec, si possible, de possibles sanctions financières contre les pays qui ne respecteraient pas les objectifs que l'UE s'est assignés.
Le gouvernement espagnol entend lancer le débat sur le renforcement de la coordination de la coordination des politiques économiques dès la prochaine réunion informelle du Conseil européen, prévue le 11 février à Bruxelles et consacrée à la relance de l'économie européenne, a indiqué José Luis Zapatero. L'Union européenne doit à cette occasion engager le débat sur une nouvelle stratégie pour les dix ans à venir, destinée à remplacer celle dite " de Lisbonne " lancée en 2000 et qui ambitionnait de faire de l'Europe l'économie de la connaissance la plus compétitive dans le monde en 2010. L'objectif n'a pas été atteint car il s'agissait pour l'essentiel d'un catalogie de bonnes intentions sans contraintes pour les gouvernements.
L'UE laisse derrière elle une longue période durant laquelle elle s'est beaucoup occupée des affaires institutionnelles, à cause des atermoiements dans la procédure d'adoption du Traité de Lisbonne. " L'UE doit désormais se concentrr sur ces objectifs fondamentaux, en particulier sa politique économique ", a estimé le Premier ministre espagnol, pour qui la crise a montré que " la mondialisation nécessite des mesures basées sur la coopération et la coordination des politiques économiques ".
José Luis Zapatero souhaite que l'UE préserve et améliore sa prospérité en renforçant ses politiques économiques dans quatre domaines :
 1) le système financier (l'UE a déjà bâtit un nouveau modèle européen de surveillance et doit aller plus loin) ;
 2) la consolidtion et l'extension du marché intérieur : le marché unique, dans certains secteurs, doit être renforcé : " On doit avoir un marché europée unique de l'énergie (il faut aller plus loin qu'une politiqe commune) et un marché européen (avec un deadline fixé à 2015 pour y parvenir) ", a dit M. Zapatero ;
 3) " Nous avons besoin d'une politique qui fasse des recherches extensives dans les nouvelles technologies et l'innovation ", a plaidé le chef du gouvenement espagnol. Il a estimé que le cadre actuel a produit des résultats positifs, mais qu'il est encore imparfait car il a bénéficié surtout au " grosses industries, et pas assez aux petites et moyennes entrprises (PME) " ;
 4) " Il est absolument nécessaire d'avoir une stratégie pour 2020 d'une nouvelle nature, d'une nature contraignante " pour la rendre enfin efficace, a proclamé José Luis Zapatero. Il fait valoir que l'expérience des lignes directrices annuelles annuelles pour les politiques économiques " n'est pas satisfaisante ". Il a préconisé une stratégie 2020 prévoyant des incitations, et, si possible, des mesures correctrices lorsque les pays s'écartent des objectifs définis dans certaines matières économiques. Il a cité en particulier le domaine des nouvelles technologies, avec la libéralisation du marché numérique, ou de celui de l'énergie.
Le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires européennes, Diego Lopez Garrido, a fourni de premières pistes. Une idée envisagée serait de faire bénéficier les pays vertueux de davantage de subventions européennes dans certains domaines, pour les " stimuler " et, a contrario, de pénaliser les autres. Cela signifie-t-il que l'UE aurait un droit de regard qualitatif sur les choix budgétaires nationaux des Etats membres, en plus du Pacte de stabilité et de croissance qui limite déjà la dérive des déficits publics ? A tout le moins, il s'agirait " d'éviter des décision budgétaires allant à l'encontre de la stratégie " commune, a dit M. Lopez Garrido. Madrid risque de s'attirer les foudres du Royaume-Uni et des Etats les plus libéraux, [NDLR : ainsi que du député britannique qui préside la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen], rétifs à tout interventionnisme de l'UE dans les choix budgétaires nationaux.
" Mais je sais qu'un certain nombre de pays sont en faveur d'une plus grande unité économique, par exemple la France ", a dit M. Zapatero. Paris milite depuis des années en faveur d'un " gouvernement économique " au moins au niveau de la zone euro, malgré les fortes réserves de l'Allemagne qui y voit un danger pour l'indépendance de la Banque centrale européenne (BCE). La France avait innové en la matière fin 2008, au pic de la crise financière, en convoquant pour la première fois un sommet des dirigeants des pays de la zone euro. M. Zapatero a indiqué vouloir reprendre le flambeau. " L'idée est toujours sur la table " et l'expérience  " devrait " être renouvelée, a-t-il dit.
Par ailleurs, M. Zapatero a demand une réforme du Fonds social européen (FSE) afin qu'il crée davantage d'emplois et de meilleures formations.
Le Traité de Lisbonne implique une nouvelle politique étrangère et de sécurité " qui doit inclure le concept d'intérêt européen " a affirmé José Luis Zapatero. L'Espagne souhaite aussi accélérer les travaux de l'UE dans le domaine des " libertés individuelles, de l'égalité entre les hommes et les femmes et de la lutte contre toutesles formes de discriminations ", a rappelé le chef du gouvernement espagnol. Avant de conclure, sur ce thème : " Une société qui se veut progressiste se doit de montrer les meilleurs résultats dans le domaine de l'égalité entre les hommes et les femmes ".

Source : Agence Europe

Pour les priorités de la présidence espagnole, voir : La Présidence espagnole de l'Union européenne - 1er semestre 2010





Par Patrice Cardot - Publié dans : UE, enjeux économiques, financiers et monétaires
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