Partager l'article ! L'AESD envisage d'intégrer la Russie dans un nouveau concept de sécurité pour l'Europe: L'Assemblée parlementaire de l'UEO a organisé à la ...
L'Assemblée parlementaire de l'UEO a organisé à la fin du mois d'octobre 2009, à Helsinki, un colloque dédié à la
réflexion au sujet d'un nouveau concept de sécurité pur l'Europe. Ce colloque s'est déroulé au Parlement finlandais (Eduskunta) à l'invitation de la délégation finlandaise à l'Assemblée. Parmi
les orateurs et les participants figurait un grand nombre de membres de l'Assemblée, de spécialistes des domaines civil et militaire, de représentants des gouvernements et des milieux
académiques.
A cette occasion, le président de l'Assemblée, Robert Walter, a rappelé qu'un nouveau cadre de sécurité doit être fondé non seulement sur les intérêts,
mais également sur les valeurs. L'histoire récente, a-t-il ajouté, a prouvé que l'équilibre des forces n'était pas suffisant pour garantir une sécurité durable : la démocratie et les droits de
Homme ont aussi leur importance. Nous visons un espace qui devrait apparaître comme notre " voisinage commun ", et non comme " l'étranger proche " de quiconque ; qui devrait
être un espace ouvert à la coopération, non le champ clos des rivalités. Il faut certes développer des concepts de sécurité plus larges, mais il faut également se pencher sur les conflits dits "
gelés ". " Nous devons nous asseoir tous ensemble autour d'une table et résoudre ces conflits avant de pouvoir envisager de créer de nouvelles insitutions. Sino, nous ne ferons que transférer
ces dossiers sur une autre table sans rien régler, en donnant faussement l'impression de déployer une intense activité, mais en fait nous n'aurons pas fait grand chose ", a-t-il conclu.
La présidente de la délégation finlandaise, Tuija Nurmi, a mis l'accent sur l' " interdépendance " entre l'Europe et la Russie, notamment dans le
domaine de l'énergie, de l'environnement et de la sécurité. L'Europe et la Russie doivent approfondir leur coopération et l'Europe doit parler " d'une seule voix " dans ce contexte.
Jyri Häkämies, minstre de la Défense de la Finlande, a cité quatre sujets prioritaires : 1° la crise financière qui constitue actuellement le plus grand
défi mondial ; 2° la sécurité énergétique, qui constitue une question d'intérêt mutuel pour l'Europe et la Russie (la première a besoin d'énergie, la seconde de devises) ; 3° l'importance
croissante du Grand Nord et de son énorme potentiel : la stabilité de la région arctique est dans l'intérêt de tous ; 4° l'absence de changements radicaux dans la politique de sécurité
finlandaise : la Finlande reste non alignée sur le plan militaire, tout en encourageant le développement de la coopération internationale, en particulier avc l'OTAN.
L'ancien Premier ministre Paavo Lipponen a souligné la nécessité d'une Union européenne plus forte. L'UE a besoin d'arrêter des choix concrets et
des politiques inclusives (solidarité en matière d'énergie, changement climatique, politique étrangère, droits de l'Homme, partenariat avec la Russie). La Russie est un partenaire stratégique
pour l'Europe et la coopération entre elles doit aussi être axée sur les défis à long terme.
Timo Kantola, directeur de l'unité en charge de la politique de sécurité au ministère finlandais des Affaires étrangères, a rappelé que les propositions
ruses sont actuellement en discussion au sein de l'OSCE dans la foulée de a réunion tenue à Corfou en juin dernier. Le processus de Corfou lancé par l'OSCE a pris un bon départ mais ne doit pas
pêcher par excès d'ambition. Le paramètre essentiel pour la réussite du dialogie avec la Russie est la confiance, mais la crise géorgienne, pour ne citer qu'un exemple, constitue un important
facteur de défiance. L'OSCE n'a pas eu d'autres choix que de clore sa mission en Géorgie. La mission d'observation de l'UE se poursuit, mais ne peut travailler de façon pleinement satisfaisante,
a-t-il estimé.
Alexander Torshin, premier vice-président du Conseil de la Fédération, président de la délégation russe à l'Assemblée, a indiqué que la Russie était
désireuse d'éliminer la confrontation et de ne pas créer de nouveaux clivages en Europe. Ce colloque constituera, selon lui, une contribution solide au processus de Corfou. La diplomatie
parlementaire à l'appui des propositions de M. Medvedev est d'une utilité précieuse, en particulier dans le cadre de l'AESD. M. Torshin a proposé la mise sur pied d'un groupe de travail
comprenant des membres de la Douma, du Conseil, de la Fédération et de l'AESD pour continuer à progresser sur la voie d'un nouveau concept de sécurité pour l'Europe.
Selon Oksana Antonenko (IISS), nous devons définir l'objectif ultime du processus de dialogue avant de choisir une voie. La Russie est favorable à un
nouveau Traité sur la sécurité européenne, ce qui ne semble pas être le cas de tous les autres partenaires euro-atlantiques (cf. Selon J. Solana, l'Europe n'a pas besoin de nouvelles structures de sécurité ). La Russie veut notamment geler l'élargissement de
l'OTAN, faire reconnaître l'égalité de statut entre l'OTAN et l'OTCS (cf. L'Organisation du Traité de Sécurité Collective
(OTCS) ) et recentrer l'OSCE sur la sécurité " dure " au détriment des droits de l'Homme. L'oratrice estime que l'idée d'un nouveau traité sur la sécurité européenne doit être abandonnée
au profit d'une approche " bottom - up ", en proposant un programme détaillé de questions concrètes (telles que l'Afghanistan, le Haut-Karabakh, la sécurité des personnes, en
particulier les migrations et les trafics de drogue, etc.).
Un rapport intitulé " Vers une nouvelle architecure de sécurité pour l'Europe ? " est en cours d'élaboration par les rapporteurs
de la Commission politique de l'AESD, Gerd Höfer (social-démocrate allemand) et Arcaio Diaz Rejera (socialiste espagnol). Le rapport sera présenté à la session plénière de l'Assemblée, qui se
tiendra à Paris du 1er au 3 décembre 2009.
Source : EDD n° 265 en date du 27 octobre 2009.
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jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)