L'Allemagne vient de procéder à la formation d'un nouveau gouvernement ! Angela Merkel, qui mène cette
nouvelle coalition, dispose désormais de 4 années pour entreprendre les initiatives politiques, économiques et sociales !
Malgré la baisse globale de son efficacité en raison du choc très fort qu'a constitué le côut considérable de la réunification (1300 milliards d'euros),
son économie de plus en plus libérale, dont le modèle "extraverti" (1er exportateur mondial) et "spécialisé" et l'amélioration très nette de sa compétititvité relative (+ de 8 points au cours des
10 dernières années) constitueront des atouts considérables après la crise actuelle, y compris dans l'hypothèse où l'Euro restrerait cher, est en capacité de tirer parti de la maitrise des
dépenses publiques (son déficit budgétaire pour l'exercice 2009 est nettement inférieur à 4 % de son PIB alors qu'en France, par exemple, il dépasse 8 %) que consolidera, dès 2016, la
constitutionnalisation du principe de l'équilibre budgétaire.
Sur le registre stratégique, elle a su se doter, pas à pas, mais avec une détermination sans faille, d'une industrie nucléaire, d'une industrie aéronautique et spatiale, d'une industrie
d'armement (dont les résultats à l'exportation en 2008 sont supérieurs à ceux de la France), et des politiques y associées, qui n'auront pas à pâtir, le moment venu, lorsque l'intervention
financière de l'Etat sera sollicitée, des handicaps structurels qu'induisent tout endettement public excessif et l'absence de politique industrielle !
Sur le registre de la politique étrangère, son engagement constant au service à la fois d'un projet de 'pacification' et de 'civilisation' (dont le couple
franco-allemand entend être le véritable moteur) et d'une relation transatlantique privilégié qui associerait étroitement la Russie, la place en tête des bons élèves - dociles - de
l'administration américaine actuelle. Elle n'est plus seulement un géant économique : elle devient progressivement un géant politique quand bien même elle a décidé de renoncer à revendiquer un
nouveau statut au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies (celui de membre permanent) et de réduire sa voilure diplomatique sur le globe terrestre. Sa voix porte au Proche Orient, en Chine,
en Russie, au Moyen Orient, dans le Caucase, dans les Balkans, etc.
L'Allemagne est donc en ordre de bataille pour 'mener la danse' au sein de l'Union européenne dès la mise en oeuvre du Traité de
Lisbonne ! Un Traité de Lisbonne qui comporte des dispositions suffisamment larges et contradictoires pour permettre à l'Union soit de se laisser porter par les vents dominants, dans le
sillage du vaisseau pilote 'USA Enterprise", soit de s'affirmer - enfin - comme un pôle de stabilité, de sécurité, de prospérité, et d'influence, voire même de puissance, pleinement
autonome.
Pourquoi ne pas s'en réjouir puisqu'alors l'Union européenne dispose avec l'Allemagne d'un véritable moteur capable de donner le 'la' ? Et pas seulement parce qu'il existe une très ancienne
tradition de la maîtrise d'orchestre dans cette région !
Certes !
Mais s'il est incontestable qu'un Euro 'cher' peut faire des dégâts considérables sur des économies inadaptées à cette situation, il est tout aussi
indubitable qu'une Allemagne trop isolée dans la conduite de la locomotive européenne pourrait également produire des déséquilibres dramatiques au détriment de la cohésion politique indispensable
non seulement à la vie, mais plus encore, à la survie du projet européen ! Surtout une Allemagne qui refuserait tout traitement européen solidaire des sujets brûlants en situation de
crise grave !
Si les Européens veulent et ont plus que jamais besoin d'une 'Europe unie dans la diversité', cette diversité ne doit pas participer à contrarier
toute recherche de cohésion et de cohérence lorsque les dossiers, les défis et les circonstances l'exige !
Il ne s'agit évidemment pas de contester aux différents Pays membres le droit de définir et de protéger ses propres modèles social, de
croissance, de prospérité, de stabilité, de sécurité, un droit inaliénable ! Mais décider de s'unir emporte quand même certaines exigences tout aussi fondamentales : en particulier, s'employer
quotidiennement, et sincèrement, à chercher à créer les conditions d'une convergence progressive vers un schéma commun respecteux des fondamentaux nationaux, en oeuvrant soit par mutualisation,
soit par coopération, soit par coordination.
Or, est-ce encore possible lorsque la Grande Bretagne, la France, l'Espagne, l'Italie, la Pologne,etc. s'emploient tant bien que mal à
régler leurs problèmes intérieurs, à commencer par leurs endettements extravagants !
Et tout çà .... alors que l'Afghanistan, l'Iran, les vraies-fausses réponses du G20 à la crise systémique, la faiblesse du dollar, le vrai-faux processus
de paix au Proche-Orient, la sécurité tout azimut, la piraterie maritime, le cours des marchés financiers, boursiers, monétaires et des matières premières, le réchauffement climatique,
l'immigration, ... l'identité nationale, et surtout, les prochaines élections domestiques rythment les agendas de chacun ! alors que l'agenda transatlantique suit son petit bonhomme de chemin,
avec son lot de désillusions à venir ! et alors que les principes et règles d'un libre-échange et d'une concurrence débridés restent l'alpha et l'omega de l'Union européenne sur les
registres économique et commercial !
Ainsi vont l'Union européenne et ses Pays membres !
Un bon capitaine au long cours est plus que jamais nécessaire pour permettre au navire 'Europa Enterprise' de garder sa route, quels que soient
les vents et les marées !
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)