Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 21:20

L'Iran a annoncé la construction dans l'année qui vient de dix nouveaux centres d'enrichissement de l'uranium, provoquant une vive réaction des Occidentaux et notamment de Paris, qui parle de chantage.


Les autorités iraniennes ont fait savoir par ailleurs qu'elles dévoileraient bientôt un système de défense antiaérienne au moins aussi puissant que le S-300 de la Russie.


Téhéran a aussi officiellement informé lundi l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de sa décision de produire dès mardi de l'uranium enrichi à 20%.


Les dernières annonces iraniennes ont suscité des réactions indignées de la part des grandes puissances, qui ont à nouveau brandi l'arme des sanctions, à l'exception notable de la Chine.


La France et les Etats-Unis jugent que la communauté internationale n'a d'autre choix que de travailler à de nouvelles sanctions contre l'Iran, ont déclaré les ministres français et américain de la Défense ainsi que l'Elysée.


Nicolas Sarkozy et le secrétaire américain à la Défense Robert Gates sont ainsi " convenus que le temps était à l'adoption de sanctions fortes, dans l'espoir d'une reprise du dialogue ", a-t-on dit dans l'entourage du président français.


Auparavant, le ministre français de la Défense Hervé Morin avait déclaré qu'il serait " nécessaire malheureusement d'engager un dialogue international qui mènera à de nouvelles sanctions si l'Iran ne renonce pas à ces programmes ".


A l'issue d'un entretien, son homologue Robert Gates avait confirmé la communauté de vues franco-américaine sur ce dossier: " A ce stade, la seule voie qui nous reste, me semble-t-il, est la voie des pressions. Mais cela nécessitera un travail en commun de l'ensemble de la communauté internationale. "


Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a estimé pour sa part que les dernières propositions iraniennes sur le nucléaire s'apparentaient à du " chantage ".


" C'est très négatif ", a-t-il estimé après une rencontre séparée avec Robert Gates. " Nous ne pouvons pas appliquer autre chose, hélas, que des sanctions puisque la négociation n'est pas possible ", a-t-il ajouté en reconnaissant que " nous n'avons pas encore convaincu les Chinois ".


Moscou prône des " mesures sérieuses "


La Russie, par la voix du président de la commission des Affaires étrangères de la Douma, s'est rangée aux côtés des Occidentaux, en jugeant nécessaire de prendre des mesures fortes contre Téhéran.


" La communauté internationale doit réagir rapidement à ces informations afin de signaler à Téhéran son intention de réagir par des mesures sérieuses, pouvant aller jusqu'à un renforcement des sanctions économiques ", a dit Constantin Kosachiov, cité sa porte-parole.


Dimanche 6 février, le président Mahmoud Ahmadinejad avait déjà annoncé l'intention de Téhéran de lancer la production d'uranium enrichi à 20%, sans toutefois écarter définitivement la possibilité d'un accord avec la communauté internationale sur un transfert d'uranium à l'étranger.


Le chef de l'organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, a précisé par la suite que cette production démarrerait dès mardi, en présence d'inspecteurs de l'AIEA.


Salehi a toutefois déclaré que l'Iran " cesserait à tout moment le processus d'enrichissement pour son réacteur de recherche de Téhéran s'il reçoit le combustible nécessaire ".


Afin d'écarter tout soupçon, l'AIEA a proposé en octobre que l'Iran envoie son uranium faiblement enrichi à 3,5% en Russie et en France pour qu'il soit transformé en combustible enrichi à 20% pour un centre de recherche médical dans la capitale.


L'agence a confirmé lundi soir avoir été informée de la nouvelle étape de production de combustible. Son directeur général, Yukiya Amano, " a pris note avec préoccupation de cette décision dans la mesure où elle pourrait affecter, tout particulièrement, les efforts internationaux en cours ", a dit sa porte-parole, Gill Tudor.


Téhéran, qui devait répondre à l'offre internationale avant la fin de l'année dernière, souhaite imposer ses propres conditions, ce que refusent les Occidentaux.


Ces derniers soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique. Téhéran dément, disant vouloir l'énergie nucléaire afin de produire de l'électricité.

Source : Reuters




Par De La Boisserie - Publié dans : Jeux et enjeux nucléaires
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