Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 12:19

L'Iran est en passe de posséder l'arme nucléaire mais pour autant cette arme " ne constitue pas une menace sécuritaire ", affirment deux députés français dans un rapport.


Les députés Jean-Michel Boucheron (PS) et Jacques Myard (UMP) ont publié jeudi leur rapport " sur les enjeux géostratégiques de la prolifération " élaboré dans le cadre des travaux de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée.


" L'Iran est en passe d'être en possession de tous les éléments constitutifs d'une arme nucléaire à fission " écrivent les deux députés. " Pour autant, cette arme ne constitue pas une menace sécuritaire ni pour l'Europe, ni pour les Etats-Unis, ni même pour Israël, compte tenu de leurs capacités de représailles nucléaires", ajoutent-ils.


Les deux élus estiment en revanche qu'un Iran doté de la technologie nucléaire militaire " constitue une atteinte à l'ordre juridique constitué par le Traité de non prolifération " (TNP) dont " l'objectif est d'une part de ne pas élargir le nombre de puissances nucléaires militaires, d'autre part d'aboutir à un désarmement nucléaire ".


" En conséquence, il convient de convaincre l'Iran de ne pas mettre au point une bombe nucléaire et de lui garantir, conformément au TNP, un usage pacifique de l'atome pour son développement économique et social ".


Aussi les deux députés estiment-ils que, dans l'hypothèse où l'Iran se doterait de l'arme nucléaire, " le seul choix d'Israël sera de rendre public l'existence de son arsenal puis d'entamer des négociations avec Téhéran, ne serait-ce que pour éviter le déclenchement accidentel d'une guerre nucléaire ".


RISQUE DE PROLIFÉRATION


L'Iran affirme qu'il ne souhaite développer que le nucléaire civil, mais les puissances occidentales redoutent que Téhéran veuille se doter de la bombe atomique.


Les Occidentaux pressent l'Iran d'approuver le projet présenté par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'enrichir son uranium à l'étranger dans le but de réduire sa capacité de l'exploiter à des fins militaires.


Après avoir accepté ce principe, le 1er octobre à Genève, Téhéran a émis des réserves et réclamé de nouvelles discussions. Sa réponse formelle est attendue d'ici à la fin de l'année.


Les deux députés ajoutent que la perspective d'un Moyen-Orient dénucléarisé " s'éloignera encore car d'autres Etats, notamment la Turquie, souhaiteront peut-être se doter d'ADM " (armes de destruction massive).


Enfin, ils jugent que la menace d'un attentat " utilisant des moyens de destruction massive " est " théoriquement possible " mais qu'il " faut faire la part des choses ".


" La fabrication par un groupe terroriste d'une bombe nucléaire relève de l'illusion. En revanche, le recours à des armes radiologiques est possible, d'où la nécessité de surveiller les éléments radioactifs présents dans les lieux civils ", mettent-ils en garde.

Par De La Boisserie - Publié dans : Le dossier nucléaire iranien
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