La nouvelle " doctrine militaire " de Moscou qui considère l'élargissement de l'Otan comme une menace ne
correspond pas à la réalité du monde d'aujourd'hui et contrarie les efforts de rapprochement, a affirmé samedi le secrétaire général de l'Alliance.
" Je dois dire que
cette nouvelle doctrine ne reflète pas le monde tel qu'il est ", a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, en marge de la conférence de Munich sur la
sécurité.
" L'Otan n'est pas l'ennemi de la Russie. Cela (la doctrine russe) ne reflète pas
les réalités et entre clairement en contradiction avec tous nos efforts pour améliorer la relation entre l'Otan et la Russie ", a-t-il ajouté.
Le président Dmitri Medvedev a approuvé vendredi la
nouvelle directive russe en matière de défense qui réaffirme le droit de la Russie à faire usage d'armes nucléaires si le pays est menacé dans son existence et fait de l'élargissement de l'Otan à
l'Europe orientale et du projet de bouclier antimissile américain des atteintes à la sécurité nationale.
Pour Rasmussen, l'Otan désire vraiment parvenir à un
partenariat stratégique avec la Russie et, notamment, coopérer sur le dossier afghan.
Il a ajouté qu'il discuterait de ces questions à Munich
avec son homologue russe Sergueï Lavrov.
" J'ai appelé la Russie à s'engager plus en
Afghanistan, lorsque je me suis rendu en décembre à Moscou (...) Je pense que nous avons les mêmes intérêts que les Russes à voir la situation s'améliorer en Afghanistan ", a-t-il
dit.
Le Kremlin
s'inquiète
La Russie a accepté de laisser transiter sur son
territoire du matériel militaire non offensif de l'Otan destiné à l'Afghanistan et s'est engagé à soutenir les efforts de l'Alliance pour ramener la paix dans ce pays, sans toutefois s'y engager
directement.
La " nouvelle doctrine militaire " russe fait de
l'élargissement de l'Otan à l'Europe orientale et du projet de bouclier antimissile américain des atteintes à la sécurité nationale, tout en notant que la probabilité d'un conflit nucléaire a
diminué.
Les forces classiques de la Russie manquent d'équipements
modernes et font l'objet d'une réforme douloureuse visant à créer une armée professionnelle, aussi l'arsenal nucléaire de Moscou constitue-t-il un ultime recours, dit le document publié sur le
site internet du Kremlin.
Les nouvelles directives ne vont cependant pas jusqu'à
reprendre l'idée avancée l'an dernier par le chef du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, qui suggérait d'autoriser le recours aux armes nucléaires dans les conflits
régionaux.
La nouvelle doctrine affirme que l'une des "
principales menaces de guerre extérieures " vient de l'élargissement de l'Otan à l'est jusqu'aux frontières russes. Elle désigne comme un danger distinct la prolifération des armes de
destruction massive, des missiles et des Etats dotés d'armes nucléaires.
Une autre menace réside dans " la création et le
déploiement de systèmes antimissile stratégiques qui ébranlent la stabilité mondiale ", estiment ses auteurs.
La publication de ce document intervient au moment où des
négociateurs russes et américains tentent de mettre au point un nouveau traité sur la réduction des arsenaux stratégiques. Les deux parties n'ont pas réussi à conclure en décembre, comme prévu
initialement, cet accord appelé à remplacer le traité Start-1 de 1991, mais espèrent y parvenir prochainement.
Source : Reuters
Voir également sur ce thème les deux articles suivants :
* La sécurité européenne selon Hillary :
l'OTAN et la Russie, par Nicolas Gros-Verheyde
* De la révision du concept
stratégique de l'OTAN !
* European foreign policy begins with the neighbours, by L.
Tsoukalis
* L'Union européenne renforce ses relations avec ses voisins et continue à soutenir leurs réformes
* La propagation de la sécurité : l’Europe et la schengenisation de la Politique de voisinage, par Ruben Zaïoti (Revue
Cultures & Conflits)
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