Partager l'article ! L'UE prend en compte " sérieusement " le contenu du rapport Goldstone sur Gaza: L’UE a précisé son avis sur le « Rap ...
L’UE a précisé son avis sur le « Rapport de la mission exploratoire de l’ONU sur le conflit de Gaza » , le fameux rapport Golstone (du nom d’un juge sud-africain qui soulève actuellement de fortes controverses) alors qu’elle s’était bornée, lors de sa publication début octobre, à dire qu’elle l’avait pris en considération et en étudiait encore le contenu.
Ce rapport met en cause Israël et aussi le mouvement palestinien Hamas dans des violations graves du droit international durant le conflit de Gaza du 27 décembre 2008 au 17 janvier 2009. Il recommande l’ouverture d’une enquête sur les actes commis qui sont « assimilables à des crimes de guerre » , voie à des « crimes contre l’humanité » durant l’offensive israélienne. Les enquêteurs recommandent également qu’en l’absence de telles enquêtes, l’affaire soit renvoyée devant la Cour pénale internationale.
Mercredi 14 octobre, le Représentant permanent de la Suède auprès de l’ONU, Anders Lidèn, a déclaré que l’UE prenait en compte « sérieusement » le contenu et se propose d’en « évaluer les allégations concernant les violations graves du droit humanitaire international » . Pour l’heure, elle se borne à rappeler ses différentes positions sur ce qui s’est déroulé à Gaza prônant une solution « durable » dans cette bande de territoire dont l’actuelle situation humanitaire la « préoccupe gravement ». Elle réitère sa demande que soient « immédiatement » levées les entraves à la circulation de l’aide humanitaire, des marchandises et des personnes de et vers Gaza, ainsi que pour faciliter la reconstruction et le retour à la normale dans ce territoire pratiquement détruit par la guerre de fin 2008. L’UE prend acte de l’engagement israélien à agir en ce sens mais attend de constater des « actions prouvées » : « l’accord de 2005 sur la liberté de mouvement doit être pleinement appliqué ».
Cette réaction tardive traduit l’embarras de l’UE comme de l’ensemble des acteurs du conflit du Proche-Orient, y compris au sein des instances et factions palestiniennes. Le président Mahmoud Abbas est d’ailleurs clairement mis en cause en interne et s’est trouvé dans l’obligation de revenir sur sa demande initiale de surseoir à l’examen de ce rapport pour ne pas compromettre l’éventuelle reprise du dialogue avec Israël. Il a obtenu la semaine dernière le dépôt d’un projet de résolution, appuyé par les pays arabes, musulmans et non alignés, qui soutient les recommandations du rapport Goldstone et qui exhorte les parties concernées, dont les organes de l’ONU, à « assurer leur application immédiate en accord avec leurs mandats respectifs » . Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé « toutes les parties à mener en interne, sans tarder, des enquêtes crédibles sur la manière dont le conflit a été conduit » . A Genève, le Conseil des droits de l’Homme a convoqué le 15 octobre une session extraordinaire pour examiner plus en détail les allégations du rapport qui sont rejetées totalement par Israël, lequel compte sur un veto américain pour bloquer toute résolution jugée malvenue.
Devant le Conseil de sécurité, le 14 octobre, l’ambassadeur suédois a rappelé au nom de l’UE la position commune privilégiant la reprise du processus de paix : « les développements notés au cours de l’année écoulée montrent que nous devons agir d’urgence pour le relancer. L’UE a exhorté l’Autorité palestinienne et le gouvernement d’Israël à s’engager aussi rapidement que possible dans des négociations dans le respect de la légalité internationale et des précédents accords réalisés entre les deux parties, dont la mie en œuvre de la « feuille de route » ». Il a rappelé l’option privilégiée par l’UE vers une « solution politique en faveur de la création d’un Etat palestinien indépendant, démocratique et viable » et vers des garanties de sécurité pour Israël. Pour l’UE, les efforts menés en ce sens par Washington sont les bienvenus et elle se déclare disposée à œuvrer conjointement avec les Etats-Unis et au sein du Quartette et avec les pays arables pour atteindre de tels objectifs. L’initiative israélienne annoncée par le Premier ministre israélien vers la création d’un Etat palestinien (à la souveraineté limitée et démilitarisé, NDLR) est considérée par l’UE comme une première étape dont elle note l’intérêt.
Toutefois, l’UE se dit « profondément préoccupée » par les destructions de maisons et les expulsions qui ont cours dans les territoires occupés, dont Jérusalem-Est et surtout « l’implantation de colonies (qui est illégale au regard du droit international et constitue un obstacle à la paix », ajoute l’UE. Le gouvernement israélien est instamment prié d’y mettre fin, y compris à ce qu’il appelle « l’expansion naturelle » des implantations ainsi qu’à lever tous les avant-postes érigés depuis mars 2001. Elle affirme qu’elle « ne reconnaîtra aucune modification des frontières depuis 1967 « sauf accord entre les deux parties ». Elle se livre aussi au rappel de sa position contre toutes les provocations, au travers de commentaires sur de récents incidents, notamment autour de la mosquée Al Aqsa / Mont du Temple à Jérusalem, qui laissent encore craindre le démarrage d’une Intifadha III.
L’UE formule également le vœu d’une réconciliation inter-palestinienne, et exhorte les pays arabes à appuyer
financièrement les Palestiniens. Arabes et Israéliens sont ensemble invités à agir pour l’instauration de mesures de confiance, la Syrie en
particulier est encouragée à négocier la paix avec Israël, d’une part, et avec le Liban, d’autre part, pour apurer le passé.
Source : Agence Europe
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