Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /2010 18:20

La Commission européenne a décidé, le 2 mars dernier, d'allouer un montant total de 5,7 milliards d'euros pour financer des projets de réformes politiques et économiques ainsi que des projets de coopération régionale dans les dix-sept pays bénéficiaires de l'Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP) au cours des trois prochaines années (2011-2013). le montant global a augmenté par rapport à la première période d'existence de l'instrument quand l'IEVP avait été doté de 5,8 milliards d'euros, mais pour une période de quatre années (2007-2010). dans la nouvelle programmation, un accent particulier a été mis sur des projets de coopération interrégionale qui se tailleront la part du lion du budget (758 millions d'euros).

Sur le plan individuel, le Maroc, l'Ukraine et l'Egypte seront les principaux bénéficiaires (voir chiffres ci-dessous). la Lybie est incluse pour la première fois dans le financement avec un programme national individuel doté de 60 millions d'euros. En revanche, la Russie ne dispose plus d'un programme national spécifique mais continuera encore à bénéficier de fonds provenant de l'IEVP (45 millions d'euros au cours des trois prochaines années) dans le cadre de projets interrégionaux. Selon l'Agence Europe qui s'appuie sur des informations en provenance de sources bien informées, les autorités russes ont en effet informé la Commission " qu'elles n'ont plus besoin d'une assistance classique " telle qu'elle est prévue par l'IEVP.

La Commission a adopté ce même jour 16 des 19 programmes qui seront financés d'ici 2011 pour un montant de 4,2 milliard d'euros pour les trois années à venir, à savoir : Algérie (172 millions d'euros) ; Arménie (157,3 millions) ; Azerbaïdjan (122,5 millions) ; Egypte (449,3 millions) ; Israël (6 millions) ; Jordanie (223 millions) ; Liban (60 millions) ; Moldova (273,1 millions) ; Maroc (580,5 millions) ; Syrie (129 millions) ; Tunisie (240 millions) ; Ukraine (470,1 millions).

A cela s'ajoutent encore :
 - un nouveau programme de coopération à l'est, doté de 262,3 millions d'euros, pour soutenir le Partenariat oriental lancé en mai 2009 ;
 - un nouveau programme Interrégional, doté de 757, 7 millions d'euros, pour promouvoir des investissements dans les domaines du transport, de l'énergie et de l'environnement. Ce programme financera aussi des échanges d'étudiants, des projets de coopération culturelle entre universités et des coopérations entre autorités locales de pays voisins à l'est et au sud.

Trois programmes sont encore en préparation (ils devront se partager un budget de 1,5 milliard d'euros ) :
 - le programme multilatéral pour soutenir l'Union pour la Méditerranée (UpM) ;
 - le programme pour la coopération transfrontalière ;
 - le programme national pour le Bélarus (des négociations sont en cours pour permettre le financement de ce programme par l'IEVP).

Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, en sa qualité de vice-présidente de la Commission européenne, a défendu l'augmentation du budget pour la politique de voisinage. " Nous offrons aux pays voisins l'association politique et l'intégration économique (...) Prévoir davantage de moyens budgétaires est important pour atteindre ces objectifs ", a-t-elle déclaré. Selon Stefan Füle, le Commissaire à l'élargissement, les coûts d'une instabilité politique permanente et d'une détérioration de la situation économique dans le voisinage de l'Union seraient encore beaucoup plus élevés.

Il est à noter que d'autres instruments et fonds communautaires sont également mobilisés pour intervenir dans ces mêmes pays comme l'Instrument de stabilité, ou les instruments de l'action extérieure de l'Union d'une autre nature tels que ceux qui permettent le déploiement de missions civiles ou militaires au titre de la PESC et/ou de la PSDC, par exemple.

Enfin, certains de ces pays ont passé avec l'Union des accords sectoriels bilatéraux qui leur permettent de prendre part aux programmes communautaires moyennent une contribution nationale qui leur ouvre le droit à tirer parti des résultats obtenus à la faveur de ces programmes, conformément aux dispositions idoines de ces programmes et aux termes des accords de propriété intellectuelle et/ ou de consortium. Ainsi des Etats comme la Russie, le Maroc ou Israël sont pleinement associés à des programmes tels que Galiléo ou le 7ème PCRD.

Source : Agence Europe






Par Patrice Cardot - Publié dans : L'Union européenne face à un monde en mouvement
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