Partager l'article ! La crise de la dette des Etats s'est étendue au secteur financier, de Catherine Chatignoux (Les Echos): Le FMI redoute que l'effet conjugué des ...
Si le Fonds monétaire international se montre plutôt satisfait du rythme alerte de la croissance économique - il a relevé hier ses prévisions de croissance mondiale à 4,6 % pour cette année -, il est beaucoup moins serein sur l'état du système financier. Dans le rapport qu'il lui consacre, il s'inquiète de l'aggravation de la crise de la dette souveraine de très nombreux Etats, en particulier dans la zone euro, de ses retombées sur le système bancaire qui détient des montants considérables de titres d'Etat et, au total, redoute une « interaction négative avec l'économie ».
La décision prise dans l'urgence par la Banque centrale, début mai, de racheter des obligations d'Etat sur le marché secondaire de la zone euro - se substituant ainsi aux établissements financiers réticents -n'a produit qu'un mieux éphémère. Jusqu'ici, note le FMI, la BCE en a acheté environ 59 milliards d'euros, ce qui est jugé clairement insuffisant pour calmer l'inquiétude des marchés. Le FMI incite la BCE à continuer à « irriguer les marchés secondaires des obligations ». Car après un court répit, les niveaux de rémunération exigés de la Grèce, du Portugal, de l'Espagne de l'lrlande et de l'Italie ont repris leur envol. Une des raisons, ou peut-être même la raison de la méfiance des acheteurs, vient du montant énorme que vont devoir refinancer ces cinq pays d'ici la fin 2010 : 300 milliards d'euros, alors qu'au même moment des Etats à la réputation plus solide auront des besoins bien supérieurs. L'autre grande source d'inquiétude provient aujourd'hui du système bancaire qui détient « de considérables avoirs en dette souveraine ». « Les doutes quant aux engagements des banques en dette souveraine des pays en difficulté perturbent gravement les financements interbancaires », ajoute le FMI.
« Mur d'échéances »
D'autant que les banques elles-mêmes doivent faire face à un « mur d'échéances » durant les années à venir, notamment dans la zone euro. C'est donc par le biais d'un ralentissement des crédits bancaires que la reprise économique court le risque d'être freinée dans son élan.
Durant cette période ultrasensible, la BCE est appelée à maintenir « plus longtemps la période prolongée de politique monétaire très accommodante ». De leur côté, les pouvoirs publics sont appelés à rendre rapidement « pleinement opérationnel » le Fonds européen de stabilité financière doté de 440 milliards d'euros destiné à rassurer les marchés.
Voir aussi : http://www.lesechos.fr/info/marches/reuters_00266803-la-bce-met-un-coup-de-frein-aux-rachats-d-obligations.htm
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