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Dans un article intitulé Le bluff allemand ?, Jean-Guy Giraud, qui préside la section française de l'Union pour une Europe fédérale, s'interroge sur la réalité et/ou la force de la volonté des autorités allemandes à l'égard d'une plus grande intégration politique de l'Europe, y compris par la voie d'une différenciation articulée sur l'appartenance ou non à l'eurozone !
Volonté réitérée régulièrement pas la bouche de la Chancelière Angela Merkel sans pour autant préconiser un agenda approprié pour que cette intégration produise au plus vite les effets escomptés (cf. notamment La chancelière allemande affirme qu'il ne faut pas trop attendre du sommet européen de la fin juin et qu'elle est favorable à une Europe à 2 vitesses) !
Son interrogation, remarquablement argumentée, procéde d'une analyse qui repose sur des faits récents autant que sur la mémoire de faits antérieurs !
On peut être aisément tenté de s'associer à un tel scepticisme très cartésien tout simplement parce qu'en refusant à l'Union européenne l'instauration de nouvelles ressources propres de quelques formes qu'elles fussent à un moment crucial de son existence, l'Allemagne n'adresse pas un signal concret propice à asseoir dans les faits sa volonté d'intégration politique affichée (cf. Où en est, début juin 2012, la négociation relative aux nouvelles ressources) ! Et encore moins sa volonté de renforcer la solidarité financière européenne !
A moins qu'elle ne considère que de telles ressources propres n'auront de sens que lorsque les efforts de discipline budgétaire et de redressement des comptes publics nationaux auront produit leurs effets !
Ou encore qu'elles n'auront d'intérêt qu'à la condition sine qua non qu'elles alimentent le volet recette d'un budget spécifiquement dédié à un groupe d'Etats précurseurs ayant décidé d'opérer une véritable intégration économique, monétaire, budgétaire et fiscale ; l'équivalent de ce que j'appelle dans un autre article "la 4ème phase de l'UEM" - cf. Trois évolutions - parmi d'autres - de l'UEM qu'il aurait fallu opérer ! ou encore Malgré les avancées substantielles qu'il rend juridiquement possibles, le Pacte budgétaire et fiscal ne résoud pas la totalité des défis auxquels sont confrontés l'euro et l'eurozone ! (2) -.
Quant à la France, il est largement le moment qu'elle s'exprime ! (Europe : la France doit parler)
Dans les deux cas, la preuve par les faits serait plus convainquante que la répétition de messages aussi ambitieux et sages fussent-ils !
D'abord en agissant de manière à ce que l'Union se dote enfin d'un budget commun à la mesure des défis (Vers une plus grande synergie entre budgets européen et nationaux (Résumé)) ! Nous en sommes loin (Sept Etats membres sont favorables au gel du budget de l’UE, la France reste indécise (Euractiv.com) ) !
Ensuite, en manifestant une réelle volonté de cohérence des budgets européen et nationaux (Vers une plus grande synergie entre budgets européen et nationaux (Résumé)) en sachant tirer l'un comme l'autre tous les bénéfices que l'on est en droit d'attendre d'une mise en oeuvre concrète des orientations assignées au semestre européen (Union européenne : Semestre européen - Examen annuel de la croissance (rappel) ainsi que Le "semestre européen", nouvel outil de coordination des politiques économiques et budgétaires (Europaforum.lu) ) !
Enfin, en accélérant l'agenda européen de manière à ce que le fédéralisme européen que nombreux appellent aujourd'hui de leurs voeux au sein de la zone euro ne reste pas cet objet vague derrière lequel se cacheraient encore longtemps tous ceux qui ne parviennent pas aujourd'hui à inventer, négocier et mettre en oeuvre collectivement les solidarités de fait sans lesquelles aucun Etat membre ne parviendra à relever les défis auxquels il est et sera confronté ! (cf. Perspectives de l’économie mondiale : Une reprise en cours, mais qui reste en danger (rapport du FMI - avril 2012) )
Voir également :
* Batterie d'indicateurs en berne pour l'économie française
* Retour sur la crise grecque !
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller
jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)
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