Partager l'article ! « Le monde en 2025 » : un projet conjoint du BEPA (Bureau de Conseillers Politiques européens) et de la DG Recherche de la Commission, par Vasco Ca ...
Le 24 septembre 2009, le rapport, « le Monde en 2025 » d'un groupe d'experts mis en place par la Commission européenne en 2008 a été l'objet d'un séminaire à Bruxelles. Il s'agissait, tout d'abord, de mettre en évidence les grandes tendances à venir : les transformations géopolitiques en termes de population, de développement économique, de technologie, de commerce international ou de pauvreté. Il s’agissait aussi d’élucider les tensions découlant des modes de développement, de l'utilisation des ressources naturels (alimentation, énergie, eau potable), des migrations ou de l'urbanisation. Et de tracer des pistes des transitions vers un nouveau modèle de production et de consommation, vers un nouvel aménagement du territoire, vers un nouvel équilibre entre générations ou entre genres.
Voir le site http://ec.europa.eu/research/socialsciences/events-71_en.html
Le fait que les travaux de prospective du groupe d'experts sur « le Monde en 2025 » se soient déroulés sur un fond de crise financière et économique tout au long de l'année 2008 a contribué à donner une plus grande attention aux ruptures potentielles et autres turbulences imprévisibles et à bien délimiter l'ambition de l'exercice : il ne s'agissait pas de prévoir le futur (" prediction is very difficult, especially about the future ", Niels Bohr 1885-1962). Il s'agissait plutôt de mettre en évidence les tendances sociétales dans le monde et dans l'Union européenne, permettant aux décideurs d'éclairer les choix sur le développement à long terme sous une lumière nouvelle.
La crise économique et financière d'ailleurs est toujours l'objet des discussions sur son impact à long terme. Est-ce que les tendances de l'économie mondiale reprendraient après une plus ou moins brève pause ? Ou bien le développement économique, financier ou sociétal suivra-t-il d'autres chemins, aidé par les changements de mentalité que les défis climatiques et de développement humain dans le monde sont en train de révéler ? Néanmoins, l'évolution du contexte mondial présente des tendances lourdes qui vont vraisemblablement se poursuivre : la démographie, avec les déséquilibres accentués entre régions du monde et le vieillissement de la population plus ou moins rapide selon les régions ; la montée des puissances émergentes, en termes de production, de commerce international, de technologie et même de recherche et développement; la concentration urbaine ; l'expansion des villes des pays en développement ; l'augmentation du nombre des habitants des bidonvilles et l'amplification des migrations internationales ; la sécurité alimentaire, énergétique, de l'eau, la sécurité dans le domaine de la santé face aux pandémies, la sécurité tout court ; l'évolution technologique et le rôle croissant de l'innovation et de la connaissance dans l'évolution des sociétés et des économies.
Les grands défis qui se posent dans le monde de 2025 servent aussi à mieux éclairer les choix d'aujourd'hui et de demain. Les évolutions démographiques, technologique, climatique, énergétique et de changements de pouvoir entre les Etats et régions dans le monde montrent bien les tensions entre les modes de production et les priorités du passé et le besoin de faire face à ces nouveaux défis qui se manifestent sur l'alimentation, l'accès à l'eau, aux matières premières, à l'énergie.
Dans cette situation, la transition, qui est en train d'émerger, vers un monde multipolaire et une nouvelle gouvernance au niveau mondial, oblige à une nouvelle approche, qui prenne en considération la diversité d'intérêts, de cultures et de régimes politiques, mais qui puisse se baser sur des valeurs communes, vers un nouvel universalisme.
Pour cela, l'Union européenne est bien placée pour contribuer, grâce à ses valeurs et ses méthodes de travail, de recherche de consensus, où le résultat final de la négociation est plus important que ce qu'on "perd" ou ce qu'on "gagne" par rapport à la situation de départ.
Vasco Cal est Conseiller Economique au Bureau des Conseillers Politiques Européens,
responsable des études de prospective
L’auteur s’exprime à titre personnel et n’engage pas la Commission
européenne
Source : Interface - Bulletin mensuel n° 50 de Confrontations Europe (octobre 2009)
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