Dans un document annexé à la lettre qu'il a transmise aux chefs d'Etat et de
gouvernement au sujet du sommet informel qu'il a convoqué pour jeudi 11 février, à Bruxelles, Herman
Van Rompuy, le président " stable " du Conseil, évoque " une stratégie
européenne pour la croissance et l'emploi ".
M. Van
Rompuy note que la crise économique des deux dernières années a été " la plus grave
depuis 1930 ". L'action européenne conjointe a évité l'effondrement du système financier et arrêté la spirale du recul économique, souligne-t-il, mais le redressement est fragile et le
chômage continue à croître. Il convient donc, désormais, de définir une " stratégie de sortie ".
" La crise a révélé nos faiblesses ", estime le président. La croissance structurelle de l'Union est trop faible pour créer de nouveaux emplois et
soutenir les systèmes sociaux si l'on ne procède pas à des réformes structurelles.
"Coordination des politiques"
Les récents développements dans la zone euro plaident, en outre, pour un renforcement de la gouvernance
économique. Il convient, par ailleurs, de coordonner les réformes pour maximaliser leurs effets.
" Coordination des politiques ", " gouvernement économique " : quelle que soit la dénomination retenue, seul le Conseil européen est
capable de formuler et de soutenir une stratégie commune pour plus de croissance et d'emplois, explique M. Van Rompuy. C'est d'ailleurs le Conseil qui fixe les priorités et assure leur
application.
A propos de la stratégie de Lisbonne, élaborée en 2000 par la Commission européenne pour favoriser la compétitivité et l'innovation dans l'Union, et
actuellement révisée, le président du Conseil affirme que l'on observe désormais " clairement " ses carences. Trop vaste dans son ambition, trop uniforme, manquant d'objectifs précis,
elle devrait être modifiée en profondeur.
Dans l'immédiat, il faut agir avec un nombre d'objectifs " très réduits " - cinq au maximum - et identifier les principaux freins à la
croissance. Une marge de manœuvre propre à chaque Etat serait envisagée, pour permettre aux capitales de mieux affronter des situations nationales diverses.
La surveillance sur la démarche des Etats membres serait renforcée, sans sanctions financières mais avec un mécanisme d'incitation : accès
privilégié aux prêts de la Banque européenne d'investissement (BEI), utilisation des budgets européens de la recherche et des fonds structurels et de cohésion - destinés aux régions en
difficulté.
Intégrer de nouvelles dimensions au Pacte de stabilité
Le Pacte européen de croissance et de stabilité reste " le pilier " de la stratégie mais il convient d'y intégrer de nouvelles dimensions,
relève l'ancien premier ministre belge.
Les plans budgétaires, les programmes de réformes structurelles et les données sur le changement climatique devraient, notamment, être désormais
présentées ensemble à la Commission pour offrir une vue plus complète et préserver les investissements dans les futures sources de croissance.
La stratégie des Vingt-Sept doit aussi prendre davantage en compte les données de la globalisation pour permettre aux Européens de mieux défendre leurs
intérêts sur la scène mondiale.
Le président plaide encore pour une meilleure évaluation de l'effet de mesures nationales sur l'ensemble européen et pour une meilleure préparation des
sommets du G-20 par le Conseil – qui mandaterait ensuite les présidents du Conseil et de la Commission pour défendre leurs positions.
A l'avenir, annonce le président, le Conseil européen va, en outre, se saisir de dossiers particuliers et en débattre, le cas échéant, avec des
personnalités extérieures. Les chefs d'Etat évoqueront la recherche, le développement et l'innovation à l'automne.
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)