Partager l'article ! David Cameron plaide pour une réduction du budget européen: Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré jeudi qu'il était favora ...
Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré jeudi qu'il était favorable à une diminution à terme du budget de l'Union européenne qui représente aujourd'hui 140 milliards d'euros.
" Au moment où nous réduisons nos déficits chez nous, je pense qu'il est également très important (...) que nous plaidions tous les deux pour que le budget européen soit à terme réduit et non augmenté ", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune avec son homologue danois Lars Lokke Rasmussen.
Le chef de l'exécutif britannique a précisé avoir évoqué ce sujet avec le Premier ministre danois.
" Nous ne pouvons pas demander à la population de payer davantage ici au Royaume-Uni et de devoir payer également davantage en Europe ", a-t-il ajouté.
David Cameron, un conservateur eurosceptique, dirige depuis trois mois une coalition gouvernementale avec les libéraux démocrates qui sont, eux, pro-européens.
La Commission européenne doit proposer son projet de budget pour 2014-2020 en milieu d'année prochaine.
Un haut responsable européen a rapporté lundi que la Commission envisageait de proposer la création d'une taxe européenne assise sur les flux financiers, les quotas de carbone ou le transport aérien, pour contribuer au financement du budget.
On peut considérer que cette déclaration tonitruante de la part du Premier ministre de l'Etat qui bénéficie, grâce à Mme Thatcher et à la complaisance de François Mitterand, d'une dérogation exceptionnelle lui permettant de ne pas contribuer au budget de l'UE à proportion de ce qui lui incombe en vertu des règles en vigueur participe d'une manoeuvre préventive, de très fortes menaces pesant sur la poursuite de ce qui est considéré par les contributeurs nets au budget de l'UE comme le "chèque britannique". Nous étions prévenus avant les élections britanniques (cf. Les Tories prédisent des problèmes institutionnels avec le traité de Lisbonne ). Nous y sommes !
On peut relever au passage que cette déclaration intervient lors d'une conférence de prsse commune avec son homologue danois, le Danemark comme la Grande Bretagne n'étant ni l'un ni l'autre membre de l'eurogroupe, le Danemark ayant poussé sa spécificité jusqu'à bénéficier d'un " opt-out " en matière de défense européenne alors même que son Premier ministre négociait pour obtenir le secrétariat général de l'Otan.
Décidément, la cohérence et la cohésion politiques de l'Union européenne battent de l'aile à chaque fois que les dirigeants nationaux s'expriment en sacrifiant la vision et les intérêts communs européens sur l'autel de leurs " caprices " électoralistes doublés d'un atlantisme qui s'apparente de plus en plus à de l'allégeance aveugle par défaut d'ambition européenne.
Rappelons que le Traité de Lisbonne introduit la possibilité pour un Etat membre de se retirer de l'Union (cf. l'article 50 TUE). Aucun Etat n'est donc contraint d'y rester contre son gré !
Le Royaume-Uni a négocié ce traité avec une âpreté qui n'a eu d'égale que la mollesse de ceux qui ne lui opposé aucune résistance lorsque ses exigences étaient excessives ! Il a signé et ratifié ce traité en connaissance de cause de ses implications institutionnelles et financières (cf. Implications institutionnelles et financières du Traité de Lisbonne ). Et pourtant, il semble vouloir s'opposer dans les faits à ce qui devrait s'imposer à tous ceux qui ont contracté de tels engagements.
Sa tenacité légendaire risque de faire des ravages lors des négociations du prochain cadre budgétaire pluriannuel ainsi que de celles qui porteront sur la révision de la décision "Ressources propres" de l'Union.
A moins que d'autres volontés au moins aussi fortes s'affirment enfin !
Source : Reuters
Voir également :
* Bruxelles envisage la création d'un impôt européen (BFM & AFP)
* De la puissance d'un Etat ou d'un groupe d'Etats
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller
jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)