Les crises peuvent être transfrontalières non seulement par leur nature (pandémie par exemple) ou par l'ampleur de
leurs conséquences, mais également parce que toute crise majeure (attentat par exemple), même lorsque ses effets restent limités aux confins de notre pays, comporte une dimension
internationale. Les marges de progrès en matière de protection des citoyens européens sont considérables, compte tenu des habitudes et des cloisonnements existants. Il conviendra d'exploiter
l'ensemble des dispositifs que les Etats membres de l'Union européenne conviendront de mettre en oeuvre dans le cadre de la clause de solidarité prévue dans le traité de Lisbonne. Les modalités
de la coordination entre Etats, à l'occasion d'une crise majeure, devront être clarifiées pour l'ensemble des acteurs. Dans cet esprit, la France désignera un coordinateur national, connu de nos
partenaires et alliés, placé auprès de la direction politique et stratégique de la crise.
En matière de communication de crise, des procédures de coordination devront être mises en place au sein de l'Union européenne. La pratique des exercices
européens sera développée afin de tester la coordination des chaînes de commandement et des moyens nationaux de protection et des moyens nationaux de protection (et de communication) en cas de
crise commne à plusieurs pays, voire à proximité de nos frontières extérieures. La gestion intégrée de la coopération opérationnelle aux frontières de l'Union devra également être améliorée, en
portant l'effort sur l'Agence européenne Frontex. En matière de sécurité civile, la France soutiendra le renforcement des capacités européennes de protection civile et de lutte contre la menace
NRBC.
[Les] améliorations [suivantes] relatives à la protection de la population et du territoire sont proposées :
- " Développer la surveillance des espaces nationaux et de ceux où la France a des intérêts, en particulier l'espace extra-atmosphérique ;
- Renforcer
significativement l'effort national en matière de lutte contre la menace NRBC, tant dans le domaine de la détection, de l'analyse et de l'intervention que dans celui du traitement des victimes
;
- Acquérir une capacité de défense informatique active, en profondeur, combinant protection intrinsèque des systèmes, surveillance permanente des réseaux sensibles et réaction
rapide en cas d'attaque ;
- Acquérir une capacité de détection et d'alerte avancée afin de prendre en compte la menace balistique ; interopérable avec les moyens de nos alliés
et partenaires, cette capacité reposera à la fois sur des moyens radars et sur un dispositif basé dans l'espace ;
- Développer une nouvelle stratégie et moderniser les
dispositifs d'alerte et d'information de la population, ainsi que de communication de crise ;
- Renforcer substantiellement la capacité nationale de planification et de
gestion de crise, en développant fortement la coordination des moyens et militaires et en structurant mieux la coordination avec les européens ;
- Fixer des objectifs
opérationnels pour le dispositif de sécurité intérieure et de sécurité civile et un contrat opérationnel de protection pour les armées, afin de faire face aux agressions et catastrophes de grande
ampleur pouvant survenir sur le territorial national ; limiter la présence militaire dans les DOM-TOM aux besoins correspondant strictement aux missions des armées et au service militaire adapté
; redéployer et, le cas échéant, renforcer les moyens de la gendarmerie nationale et de la sécurité civile pour y garantir la continuité du service public. "
(Extrait du Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale, Paris, La documentation Française - Odile Jacob, 2008)
Source : Les Cahiers de la Sécurité, n°10 (octobre - décembre 2009) : http://grasco.free.fr/cahiersecurite10.php
NDLR Regards citoyens : S'agissant des aspects de cette problématique qui concernent plus
spécifiquement l'Union européenne, le lecteur pourra également prendre connaissance des éléments inscrits notamment dans les articles suivants :
* Le traité de Lisbonne : un traité imparfait qui fera néanmoins progresser l'Union politique sur les registres de la défense
des libertés et de la sécurité (1) ;
* Le traité de Lisbonne : un traité imparfait qui fera néanmoins progresser l'Union politique sur les registres de la défense
des libertés et de la sécurité (2) ;
* Les
innovations majeures du Traité de Lisbonne dans le domaine de la PSDC seront complexes à mettre en oeuvre ! ;
* Terrorisme, catastrophes naturelles ou d'origine humaine, clause de solidarité, et protection civile dans le Traité de
Lisbonne ;
* A propos de la place de la gestion civile des crises dans la PESC et la PSDC ;
* Quelques commentaires
relatifs à la création, en France, du Conseil de défense et de sécurité nationale ainsi que les articles auxquels il renvoie ;
* Textes de la commission de la défense sur le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2009 à
2014 ;
* De l'importance de la gendarmerie et du service de santé des armées ;
* Sécurité et développement de l’Afrique : une nouvelle approche pour l’UE ;
* Mettre la sécurité au service du développement en la repensant de manière systémique (nouvelle édition) ;
* Le concept de réaction rapide militaire de l'Union européenne ;
* L’OTAN et l’approche globale des crises (Newsletter n°XI -
RMFUE) ;
* "A Shared Security Strategy for a Euro-Atlantic Partnership of Equals", par Simon Serfaty et Sven Biscop (Agence Europe -
EDD n°249) ;
* Que
doit-on entendre par 'approche globale' ('comprehensive approach') de la sécurité dans les différentes instances de sécurité qui sont actives en Europe (UE, OTAN, OSCE, ...) ? ainsi que
les articles auxquels il renvoie.
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)