Partager l'article ! Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien - première partie - (nouvelle édition): Les tensions reprennent leur cou ...
Les tensions reprennent leur cours au Proche Orient !
Une nouvelle séquence de négociations vient d'échouer (cf. Nouvel échec des négociations israélo-palestiniennes ) !
Rien de vraiment surpenant pour ceux qui suivent depuis longtemps les nombreux épisodes du confit israélo-palestinien !
Et pourtant !
Selon la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Depuis 1948, le Conseil s’est de nombreuses fois penché sur la situation au Moyen-Orient et sur la question de la Palestine. Lorsque les violences ont éclaté, le Conseil a appelé et ordonné des cessez-le-feu pour prévenir d’autres hostilités. Il a également envoyé des observateurs militaires et des déployé des forces de maintien de la paix dans la région, pour aider à réduire les tensions et séparer les forces opposées. Dans ses résolutions 242 (1967) et 338 (1973), le conseil a également présenté les principes de base d’un règlement pacifique au Moyen Orient, connus sous le nom d'échange de territoires contre la paix.
A de nombreuses occasions, le Conseil de sécurité s’est inquiété de la situation sur le terrain :
De façon répétée, le Conseil a appelé à la reprise immédiate des négociations dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient, l’objectif étant d’aboutir sans tarder à un règlement définitif entre les parties israélienne et palestinienne, et il a apporté son concours à ces efforts.
Il a affirmé sa vision d’une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières reconnues et sûres, dans sa résolution 1397 (2002). Il a approuvé la Feuille de route dans sa résolution 1515 (2003). (cf. http://www.un.org/french/Depts/palestine/unsystem.shtml)
Où en sont aujourd'hui ces différentes exigences du Conseil de sécurité ? ...
Par ailleurs, force est de constater - et de déplorer - que les efforts de médiation du Quartet sont cruellement improductifs
(cf. notamment à cet égard les articles intitulés Proche-Orient
: La réunion du 'quartet' montre une nouvelle fois ses limites ! Il faut en finir avec ce simulacre de médiation ! et Engaging Hamas : rethinking the Quartet Principles, by Carolin Goerzig).
Israël comme l'Autorité palestinienne restent sourds à ses appels autant qu'aux pressions américaines, quelque soit d'ailleurs
l'administration en place à la tête des Etats-Unis (cf. notamment les positions extrêmement fermes du Premier ministre israélien : Israël ne bougera pas sur les constructions à
Jérusalem).
Comme le souligne Ilan Greilsammer dans un article publié dans Libération (cf. Proche-Orient : éclats d’obtus, par Ilan Greilsammer ) : "
Barack Obama, fort du succès de sa réforme de l’assurance maladie, essaiera de jouer de la carotte et du bâton, il encouragera, menacera, grondera, on sous-entendra que l’aide militaire
à Israël pourrait bien être touchée, Hillary Clinton téléphonera plusieurs fois à Nétanyahou pour le semoncer, le Quartette (ONU, Etats-Unis, Russie et Union européenne) interviendra
solennellement pour dire aux uns et aux autres ce qu’il faut faire, et après ? Après : rien. Pourquoi ? Parce que, pour le moment, aucune des deux parties en présence n’a l’envie
ni les moyens de progresser sur la voie d’un accord de paix définitif. " (voir également à l'égard des marges de manoeuvre de l'administration américaine dans ce dossier : Can the United States put pressure on Israel ? : A user's guide, by Stephen M. Walt ).
L'heure semble être venue pour l'Union européenne de prendre une part encore plus importante dans le processus visant à régler
de manière définitive le conflit israélo-palestinien.
Le Conseil 'Affaires étrangères' de l'Union européenne a mandaté sa présidente, Catherine Ashton, la Haute
Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de Sécurité qui est de facto la principale responsable de la politique extérieure de l'UE, pour se rendre au Proche
Orient, et notamment à Gaza. Elle l'a fait.
Simultanément, dans une résolution adoptée en séance plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont demandé à Catherine Ashton, de demander "publiquement" la mise en oeuvre des recommandations
et conclusions du rapport de Richard Goldstone. Simultanément, ils ont invité Israël et les Palestiniens à mener dans les cinq mois des enquêtes indépendantes sur ces faits conformément aux
résolutions adoptées par les Nations Unies en novembre 2009 et février 2010 (cf. Le Parlement européen soutient le rapport Goldstone sur Gaza). L'Etat d'Israël s'est exécutée en la matière.
Le 29 septembre dernier, lors d'une rencontre avec son homologue américaine, Hillary Clinton qui a précédé son déplacement en Palestine, Catherine Ashton a mis en valeur la nouvelle approche européenne à l'égard du dossier israélo-palestinien : une approche qui alliera davantage l'action diplomatique, le développement et l'humanitaire au titre d'une politique de "prévention des conflits" déjà amorcée notamment en Afrique mais aussi au Proche Orient. L'heure est à une offre globale de l'Union européenne à l'égard des protagonistes de ce conflit ; une offre que très peu d'acteurs crédibles dans la Région peuvent proposer ; une offre nouvelle qui n'a été rendue possible que par la juxtaposition d'une transformation radicale des mentalités des décideurs politiques européens devant les échecs récurrents des initiatives trop exclusivement politiques, militaires ou économiques, d'une part, et de l'évolution de leur appréciation commune des véritables coûts pour la paix et la sécurité internationale d'un traitement inéquitable - ou susceptible d'être perçu comme tel - de ce conflit, d'autre part.
A l'égard du risque d'une rupture des négociations directes israélo-palestiniennes engagées sous le parrainage actif de Barack Obama, elle a affirmé : " Nous continuerons à offrir notre soutien afin que les pourpalers se poursuivent et que soit trouvée une solution complète et durable pour que l'Etat d'Israël et l'Etat palestinien puissent vivre côte à côte dans la paix et la sécurité ", tout en réaffirmant la volonté de l'UE d'offrir son aide et son expertise pour la mise en place des structures du futur Etat palestinien, et qu'elle gardait à l'esprit la situation à Gaza en appelant de ses voeux un rétablissement des points de passage et la libre circulation des marchandises.
../...
Pour la seconde partie de cet article, voir : Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien - deuxième partie - (nouvelle édition)
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller
jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)