Partager l'article ! Les Français et les Européens sont-ils encore capables de faire preuve de solidarité et de responsabilité ? - nouvelle édition -: Face aux ...
Face aux évènements dramatiques qui se succèdent depuis plusieurs mois ou face à ceux qui s'annoncent, l'appel à
l'Etat providence semble être redevenu en France, comme en Europe, le slogan phare autour duquel se rassemblent toutes sortes de victimes patentes ou potentielles
!
La solidarité nationale est soudainement convoquée pour répondre à la demande multiforme
de nouvelles protections. L'Etat protecteur est interpelé pour offrir de nouvelles garanties, délivrer de nouvelles mesures de confiance, et produire de nouvelles mesures de réassurance afin
que la société toute entière se sente en sécurité ! (cf. Le principe de la responsabilité de
protéger ; avancée de la solidarité ou ultime avatar de l'impérialisme ? par Jean-Marie Crouzatier (Revue ASPECTS) ; La sécurité, un besoin essentiel de
l'être humain (Commission européenne) ainsi que
A l'occasion du 20ème anniversaire de la Charte communautaire des droits sociaux fondamentaux, le Comité économique et social européen demande un nouveau programme d'action sociale
).
Mais lui aussi a ses propres limites (cf. La solidarité perd deux budgets en 2010 (La Lettre A) ).
Cette solidarité nationale ne pourrait-elle pas également se manifester avec la même efficacité, voire avec
une efficacité encore plus forte, au travers de formes de solidarité - et de responsabilité - plus individuelles, plus spontanées, plus directes, plus immédiates, ..., et au final, plus
conformes à l'esprit comme à la lettre de ces principes et valeurs éthiques et morales sur lesquels se fondent à la fois le sens et l'unité même de la Nation française comme de la
plupart des autres nations européennes !
La solidarité nationale n'a-t-elle vraiment besoin que de l'Etat pour apporter à la Nation les réponses attendues dans la variété des situations quotidiennes où l'autre, son alter ego,
demande assistance ?
La citoyenneté, dans ce qu'elle emporte comme droits et comme devoirs, et même comme risques ("le
risque, ce besoin essentiel de l'âme" (cf. Connaissez-vous Simone Weil ?) ne doit-elle pas être également convoquée en
pareilles circonstances ?
Mais sait-on encore en France, et plus généralement, en Europe, ce que Vivre ensemble, faire Société, Démocratie, Citoyenneté, Responsabilité, Ethique, Courage,
Solidarité, Justice, Liberté, Egalité, Equité et Fraternité signifient vraiment ?
Et quand bien même le saurait-on, au-delà des mots et de leur signification, est-on encore capable de passer à l'acte ?
Spontanément ! Et sans cynisme ! Ce cynisme à propos duquel Jean Yanne considérait "qu'il est dans les choses elles-mêmes et non dans le coup d'oeil" !
Ne serait-ce que pour prouver, à soi-même comme à l'autre, qui que ce soit, où qu'il soit, quoi qu'il pense, quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse, non seulement que cette solidarité et
cette responsabilité actives sont encore possibles et vivaces chez chacun des individus qui se reconnaissent comme membres d'une même Nation, mais qu'elles se situent vraiment au
coeur de leur projet commun de société : imaginer, bâtir, promouvoir et préserver cette société vivante, moderne, ambitieuse, et véritablement respectueuse des valeurs et principes
qui gouvernent la vie, la conscience et l'oeuvre de chacun comme celles de tous au sein de cette communauté d'histoire, de cultures, de destins et de projets qui
s'appelle la Nation, en France comme plus généralement, en Europe et dans le Monde !
Par ailleurs, il ne suffit pas de 'gonfler' l'enveloppe d'aide au développement et de multiplier les opérations de gestion de crise pour laisser accroire que l'on est généreux et capable d'une solidarité vivante à l'égard des plus démunis dans le monde (cf. Rapport 2010 sur l'aide au développement européenne: une action efficace pour les pays en développement ou encore Initiatives de la Commission européenne pour intensifier et rendre plus efficace la contribution de l'UE aux objectifs du millénaire pour le développement ! Ce serait trop facile !
Regardons la réalité en face !
La pauvreté et la misère morale gagnent du terrain y compris sur le territoire européen ! Une analyse attentive de l'évolution des indicateurs de l'indice du développement humain le montre clairement à ceux qui veulent bien y attacher quelque intérêt (cf. http://hdr.undp.org/fr/rapports/mondial/rmdh2009/) !
Est-il nécessaire de rappeler que l'Afrique connaît des soubresauts incessants d'une gravité sans pareille depuis longtemps, qu'Haïti a besoin d'une solidarité internationale sans précédent (Neuf européens sur dix sont favorables à l'aide au développement malgré la crise), et que 2010 est (symboliquement) l'année européenne de lutte contre l'exclusion et la pauvreté (About the 2010 European Year for Combating Poverty and Social Exclusion) ?
Il est de la responsabilité de chacun de faire évoluer cette situation insupportable ! Et pas seulement de la responsabilité du voisin, du cousin, du copain ou ... de l'Etat, de l'Union européenne et des organisations internationales !
Prenons en acte !
Des propositions émergent, ici ou là (cf. notamment à cet égard l'article intitulé Retour sur le G20 de Toronto : réaffirmant leur engagement en faveur du libre-échange, les économies du G20 estiment " avoir fait le bon choix " , les articles auxquels il renvoie, ainsi que Le 'Comité Quart monde européen' demande de placer la lutte contre la pauvreté au premier rang des priorités de l'Union européenne ou encore retour sur images : De l'avenir promis à l'Europe et au Monde : extraits de citations inscrits dans le document politique du Président Barroso adressé au Parlement européen ).
Prenons acte des recommandations extrêmement sages formulées par un ancien Secrétaire général de l'OTAN, Javier Solana, à la veille de quitter ses fonctions de Haut Représentant pour la PESC de l'Union européenne : " [...] il faut être capable de déployer une opération là où l'urgence humanitaire l'impose, mais là aussi où l'on est assuré de la plus-value de l'engagement européen. L'Union européenne, comme les Nations unies, l'Otan ou l'Union africaine ont leurs spécificités propres, des ressources autant que des contraintes particulières pour s'engager ou non dans telle ou telle région du monde. " (cf. Europe de la défense : les nouveaux défis, par Javier Solana (Tribune - LeFigaro.fr) ).
Sans oublier de prendre acte des positions de nos partenaires stratégiques en émergence !
Déplorant l’attitude des Etats nucléaires également membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies à l’égard de l’accord conclu entre l’Iran, la Turquie et le Brésil à propos d’un échange de combustibles nucléaires enrichis, Celso Amorim, le ministre brésilien des affaires étrangères a récemment déclaré : « ils ont peur de perdre leurs privilèges de membres du club qui gère les affaires sérieuses du monde. Ils ne sont pas prêts d’accepter que les pauvres s’invitent à la table de négociation où se gèrent les grands dossiers. Alors que nous, avec d’autres, demandons un peu d’audace … pour tenter de répondre aux problèmes du nouveau monde qui s’affirme de plus en plus, chaque jour… Nous revendiquons une refondation des institutions internationales qui datent de 1945. Nous ne sommes plus au sortir de la Seconde guerre mondiale ! Les Occidentaux parlent sans cesse d’un monde multipolaire, mais ils ne sont pas prêts à le voir émerger et à en accepter les nouvelles règles qui, de toutes façons, finiront par se mettre en place ».
L'Occident va devoir apprendre à partager, par Martin Walker (nouvelle édition) !
Mieux vaut tard que jamais !
En tout état de cause, il y a urgence !
« Un jour
viendra où vous, (...) toutes les nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre individualité, vous vous joindrez étroitement dans une unité supérieure et vous constituerez
la fraternité européenne »
Victor HUGO (Discours
d'inauguration du Congrès des Amis de la Paix universelle - Paris 1849)
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller
jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)