Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 20:11

Où en serait aujourd'hui la Grèce si .... elle ne s'était pas senti contrainte de consacrer 4% de son PIB par an au financement de sa politique de défense ? Soit plus de 2 points au-dessus de la moyenne européenne ?  

Sur 40 ans, ce surplux d'effort budgétaire cumulé, qui est pour une bonne part dû à l'absence de réglement de la question chypriote, a pesé près de 50 % du PIB !

Le calcul est d'une simplicité enfantine ! Si les conditions politiques avaient été réunies pour que la Grèce se situe au milieu du peloton européen, son niveau d'endettement public respecterait le critère correspondant du Pacte de stabilité et de croissance de l'Union économique et monétaire - UEM -, et les agences de notation ne s'aventurerait certainement pas à en faire l'une des proies pivilégiées du " jeu " spéculatif qu'elle cultive sur la dette de ce Pays dont le positionnement stratégique appelle un peu plus de responsabilités européennes et internationales que celles qui lui ont été consentie, notamment depuis son entrée dans la zone Euro après avoir satisafait - en apparence en tout cas - les critères d'adhésion à la troisième phase de l'UEM !

Quoi de plus normal que ceux qui, au sein de l'Union européenne, de l'UEM, et plus précisément de l'Eurozone, ont participé à ne pas apporter de réponse politique claire et définitive à la délicate question chypriote, quand ils n'ont pas participé par leur attitude partisane à rigidifier les postures des principaux protagonistes de ce dossier, tout en tirant parti des juteux contrats d'armement qui ont coûté si chers au peuple grec tout entier, mettent un peu la main à leur " porte-monnaie " pour épauler une Grèce qui mérite une toute autre considération que celle dont elle jouit aujourd'hui dans les médias européens et dans les milieux spéculatifs internationaux qui manifestent une agressivité qui appelle une réponse appropriée !

La " bataille d'Athènes " (cf.
Dollar contre euro : la bataille d'Athènes ainsi que Où l'on parle de la Grèce mais pas seulement, par Françoise Garteiser (LaChroniqueAgora.fr)) a permis de mettre en lumière la réalité et l'intensité des jeux et enjeux monétaires du moment en mettant en scène une dramaturgie où les masques n'ont pas résisté très longtemps !

Il se pourrait bien que la " monnaie de la pièce " soit rendue avec un " effet boomerang " multiplicateur d'énergie à ceux qui se sont aventurés à prendre l'Eurozone pour un théâtre antique ! (cf. Economie et finance mondiales : Etat des lieux, perspectives et prospectives !, Une autre lecture des enjeux de la période 2009 - 2014 pour l'Union européenne (2) - nouvelle édition - A quel moment va-t-on renforcer la sécurité monétaire de l'euro et la sécurité économique et financière de la zone euro ? ainsi que Entre stabilité et sécurité économiques et financières et protectionnisme, mon coeur européen balance !) 

Mais pour celà, il est impératif que les institutions compétentes de l'UEM se mobilisent énergiquement afin de relancer les éléments économiques et monétaires de l'Europe politique (cf. Euro-régulons ! (nouvelle édition) !, L'Europe doit se doter de règles solides de supervision financière pour mettre un terme à l'anarchie des marchés, par Jean-Pierre Jouyet ainsi que La représentation de l'Union européenne dans les institutions financières internationales : vers une chaise unique ? par Emile-Robert PERRIN ) ; y compris, si cela s'avèrait nécessaire, en allant au-delà des dispositions actuelles du Traité de Lisbonne (cf. Le traité de Lisbonne entrera en vigueur le 1er décembre ! Aux Européens de faire la démonstration qu'il offre à l'Union ce qui lui manquait pour faire face aux nombreux défis du moment ainsi que "Le Traité de Lisbonne suffit-il à relancer l'Europe politique?", par Pierre Moscovici) en recourant aux clauses qui permettent d'aller plus loin (cf. Le droit d'initiative de la Commission européenne, Du rôle politique du CAG dans la préparation et le suivi des travaux du Conseil européen, Les coopérations " spécialisées " : une voie de progrès pour la construction européenne (1), Les coopérations " spécialisées " : une voie de progrès pour la construction européenne (2), ainsi que les clauses passerelles ou de révision des traités) !

Le processus semble être en partie amorcé (cf. notamment ainsi que Création confirmée du Comité européen du risque systémique (CERS) et La crise grecque pousse les Européens à agir) !

Il faudra le poursuivre en entreprenant notamment, au niveau européen, un exercice sur les risques globaux qui affectent plus particulièrement l'Union européenne (sur le modèle de celui réalisé annuellement par le Global Risk Network).

Car il ne fait aucun doute : c'est non seulement la prospérité, la stabilité et la sécurité de l'UEM qui est en jeu, mais plus globalement celles de l'UE, y compris dans ses dimensions les plus politiques !

Tout simplement parce qu'il existe des Trajectoires communes, interdépendances et analogies entre l’UEM et l'Union politique pour la sécurité européenne - UPS -.

A suivre par conséquent avec la plus grande attention !

 


Par Patrice Cardot - Publié dans : Réfléchir à l'Europe que nous voulons
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