Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /2010 13:02

Dans le cadre de la préparation du Conseil européen des 26 et 26 mars à Bruxelles, les ministres de l'Emploi et des Affaires sociales ont eu un échange de vues sur la stratégie UE 2020 pour la croissance et l'emploi, sous la présidence du ministre espagnol du Travail et de l'Immigration Celestino Corbacho Chaves. Les ministres ont répondu aux questions de la Présidence espagnole sur les objectifs principaux à fixer pour l'emploi, l'égalité et l'inclusion, et sur le rôle que devrait jouer le Conseil " Emploi, politique sociale, santé et consommateurs " (EPSCO) dans la gouvernance de cette future stratégie UE 2020. Pour le président Chaves, " ce Conseil va consolider ses compétences en matière de stratégie UE 2020 ".

En ce qui concerne le Sommet social tripartite - auquel le président du Conseil européen Herman Van Rompuy sera présent - le Commissaire à l'Emploi, aux Affaires sociales et à l'Inclusion, Laszlo Andor, a qualifié ce Sommet de " forum très important pour établir un dialogue ". Il est essentiel dans les discussions sur les nouvelles orientations pour la stratégie UE 2020, discussions qui seront axées sur l'emploi, la cohésion sociale et les partenaires sociaux d' " une feuille de route pour la relance ". Dans sa présentation de la stratégie UE 2020, Laszlo Andor a insisté sur " l'urgence qu'il y a de convenir d'une nouvelle stratégie ambitieuse " et sur le fait que la crise montre l'interdépendance de nos économies. Pour M. Andor, " ce Conseil ESPCO a un rôle important à jouer et la politique sociale sera très importante à l'avenir ".

Le président du Comité de l'emploi (dont la contribution à la stratégie UE 2020 a été adoptée par le Conseil), Bruno Coquet, a souligné le fait que " la faiblesse de l'actuelle stratégie de Lisbonne réside plus dans l'intégration, la coordination et la mise en oeuvre des politiques que dans la formulation des priorités. La nouvelle stratégie devrait dès lors renforcer l'équilibre et la cohérence entre les politiques économique, sociale et de l'environnement, mais il faudrait aussi renforcer la dimension extérieure de la stratégie ". Son homologue du Comité de la protection sociale (dont la contribution à la stratégie UE 2020 a également été adoptée par l Conseil) Aurelio Fernandez a insisté sur la nécessité de lutter de manière intensive contre l'exclusion sociale et la pauvreté, l'importance d'utiliserla méthode ouverte de coordination (MOC) en matière sociale, sur la coopération entre Etats membres et Commission, et sur le rôle extrêmement important du Conseil social. Pour le président de ce comité, il faut également une politique d'inclusion sociale active avec une meilleure gestion des fonds.

Tirant les conclusions des travaux du 8 mars, Celestino Corbacho Chaves a constaté un consensus général sur les points suivants :
 (1) les conséquences de la crise sur l'augmentation du chômage et l'affaiblissement de la cohésion sociale ;
 (2) la nécessité d'adopter des mesures communes, d'avoir davantage de coopération entre les Etats membres pour maximiser les effets de la stratégie ;
 (3) le fait que la croissance économique est la condition sine qua non de la création d'emplois couplée à des politiques ciblées de l'emploi ;
 (4) la nécessité d'avoir une approche transversale entre emploi et croissance. Il est également essentiel d'avoir une approche transversale entre emploi et croissance : par exemple, essayer d'atteindre l'objectif de 75 % d'emplois pour la tranche d'âge des 20 à 64 ans.
 (5) la nécessité d'avoir des objectifs en faveur de l'emploi des jeunes : pour ela, une coordination plus étroit entre formation et emploi est indispensable ;
 (6) faire face aux problèmes posés par le vieillissement : il faut favoriser le retour des plus vulnérables sur le marché de l'emploi ;
 (7) la nécessité de ne pas supprimer les incitants économiques et les abattements fiscaux ;
 (8) la nécessité de créer des conditions favorables à la création d'emplois par le biais d'une croissance durable et d'emplois verts ;
 (9) la nécessité de lutter contre la pauvreté, notamment des jeunes, en réduisant de 20 millions le nombre de pauvres dans l'UE (NDLR Regards-citoyens : ce chiffrage dans la stratégie UE 2020 est des plus surprenant et même des plus inacceptable car il sous-entendrait que la réduction totale de la pauvreté ne serait plus en soi une exigence de nature constitutionnelle dans les démocraties européennes ! Si tel était le cas, que signifieraient alors ces Pactes politiques et sociaux que scellent des constitutions et des lois fondamentales entre des Etats et des Peuples souverains ?) 
 (10) l'importance du rôle des partenaires sociaux dans la mise en oeuvre de la stratégie dont le dialogue social est un élément capital et indispensable pour sortir de la crise.

Il s'est dégagé de ces travaux un très vaste consensus sur le rôle du Conseil EPSCO dans la nouvelle gouvernance de la future stratégie européenne pour la croissance et l'emploi : il est indispensable que le Conseil EPSCO puisse s'exprimer sur toutes les questions relatives à cette stratégie UE 2020. La communication avec les citoyens est de première importance, ils doivent être écoutés. Il faut également renforcer la coopération entre le Conseil EPSCOet le Conseil ECOFIN qui doivent pouvoir interagir.

Source : Agence Europe






Par Patrice Cardot - Publié dans : L'Union européenne face à "la" crise mondiale
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