Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /2010 17:46

Réuni à Moscou au plus haut niveau le 19 mars dernier, le "quartet" des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient a condamné le projet de construction de nouveaux logements pour des Juifs au nord de la vieille ville de Jérusalem et a demandé à Israël un gel total de ses activités de colonisation.


Le projet israélien, annoncé la semaine précédente en pleine visite du vice-président américain Joe Biden à Jérusalem, avait été jugé insultant par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton et avait provoqué un report d'une nouvelle mission de son émissaire George Mitchell pour favoriser des pourparlers indirects sous son égide entre Israéliens et Palestiniens.


Mais H. Clinton, qui avait exigé de Benjamin Netanyahu des preuves formelles de sa volonté de paix, a informé le "quartet" qu'elle avait eu avec le Premier ministre israélien jeudi une conversation lors de laquelle il avait répondu de façon " utile et productive " à ses préoccupations.


Le chef de la diplomatie américaine n'a fourni aucun détail sur le contenu des engagements pris par B. Netanyahu, mais l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, émissaire du "quartet" composé des Etats-Unis, de l'Union européenne, de la Russie et de l'Onu, s'est montré optimiste ; il attend
" dans les prochains jours une série de mesures israéliennes pour établir la confiance avec les Palestiniens permettant de penser que, malgré les difficultés des derniers jours ", cela vaudrait le coup d'engager des pourparlers indirects.


Selon le quotidien israélien Haaretz, B. Netanyahu aurait évoqué avec H. Clinton la libération de détenus palestiniens, la levée de barrages en Cisjordanie et le transfert à l'Autorité palestinienne du maintien de l'ordre dans certaines localités du territoire occupé.


Un porte-parole de B. Netanyahu a déclaré que celui-ci avait "clarifié" auprès de la secrétaire d'Etat la politique d'Israël concernant les colonies juives. A Moscou, le porte-parole du département d'Etat a déclaré que Washington allait " étudier la réponse du Premier ministre ".


Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui refuse toute négociation directe faute d'un gel total de la colonisation, avait accepté d'engager des discussions dites de "proximité" par le truchement de Mitchell, mais il est revenu sur cet accord à l'annonce du projet de 1.600 nouveaux logements dans le "Grand Jérusalem".


Un conseiller d'Abbas, Nabil Abou Rdaïnah, s'est félicité de "la déclaration très importante" du "quartet" qui est, selon lui, " parfaitement conforme à la position palestinienne et arabe " ajoutant : " Il est d'une importance cruciale qu'Israël s'y conforme pour que le processus de paix puisse reprendre ".


A Moscou, le porte-parole du département d'Etat a annoncé la poursuite des discussions avec les deux parties "pour que les pourparlers de proximité progressent", se référant à la nouvelle navette que George Mitchell entamera finalement dimanche au Proche-Orient.


Benjamin Netanyahu est quant à lui attendu lundi 22 mars à Washington pour s'adresser à l'assemblée annuelle de l'America-Israel Public Affairs Committee, le principal lobby pro-israélien, en marge de laquelle il pourrait rencontrer H. Clinton, à défaut du président Barack Obama lui-même.


Au delà de l'éventuel coup d'envoi des pourparlers de proximité, le "quartet" s'est prononcé à Moscou pour des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens afin d'aboutir dans un délai de deux ans à la fin de l'occupation israélienne et à l'avènement d'un Etat palestinien.


Le "quartet" a promis de " suivre de près la situation à Jérusalem " et se réserve de " prendre des mesures supplémentaires qui pourraient s'avérer nécessaires ", mais il ne dispose pas lui-même de moyens de faire appliquer ses recommandations.


Les médiateurs ont en outre condamné la détérioration de la situation humanitaire et des droits de l'homme dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas et soumise à un strict blocus israélien, soulignant " l'urgence de résoudre la crise " dans ce territoire dévasté par l'offensive de Tsahal à l'hiver 2008-09.


" Nous sommes convaincus que tout ceci sera entendu en Israël et qu'ils auront compris correctement le message ", a conclu l'hôte de la réunion de Moscou, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Au-delà de ces déclarations, c'est encor une fois un constat d'impuissance du 'quartet' qui ressort de cette nouvelle réunion qui, à la différence de l'appréciation portée par Hilary Clinton aux propos de B. Netanyahu, n'a rien de véritablement " productif et utile ".

Les mois et les années passent et le "quartet" continue de se réunir pour s'autoféliciter après avoir rappelé et déploré son incapacité à se faire entendre et avant "d'examiner" de nouvelles promesses qui, comme d'habitude, seront respectées quelques jours avant d'être à nouveau gelées !

Pendant ce temps là, personne n'aborde les véritables questions comme celle des véritables frontières de ces 2 Etats viables et sécurisés dont chacun se gargarise dans des déclarations qui s'apparentent à ces cantiques dont tout le monde connait la mélodie et le refrain sans jamais chercher à en dégager la sustantifique moelle.

Et de cette situation scandaleuse, tout le monde s'en accommode dans la région !

D'abord les différents gouvernements de l'Etat d'Israël, et ses diasporas établie un peu partout dans le monde, qui poursuivent le déploiement d'une véritable stratégie de sécurité qui vise à consolider la sécurité de l'Etat, une part, et celle de ses populations et de ses activités, biens et entreprises essentielles !

Ensuite,  l'Autorité palestinienne (essentiellement composée de membres du Fatah), qui, trop affaibli pour pouvoir négocier quoi que ce soit de stratégique avec Israël, se contente de ne pas trop perdre au jeu du chat et de la souris auquel les force de prendre part des médiateurs plus proches d'Israël que d'un peuple palestinien bien trop peu influent dans leurs propres structures politiques et diplomatiques pour peser de manière plus équitable sur le cours des négociations !

Il en est de même du Hamas, que la faiblesse du Fatah, les comportements erratiques de Tsahal, l'absence de sanctions internationales à l'encontre d'un Etat d'Israël insensible ax résolutions du Conseil de sécuité de l'ONU, la situation économique et sociale dramatique dans la bande de Gaza n raison d'un blocus israélien dont le monde s'accommode, ont renforcé dans leur posture radicale au point d'en faire les véritables interlocuteurs de médiateurs qui ne semblent sensibles qu'à l'expression récurrente d'une puissance de feu et d'une influence régionale dommageables aux intérêts de sécurité d'Israël  et à leurs propres intérêts dans la région.

Et enfin, il en est également ainsi des pays voisins tels que le Liban, la Syrie, la Jordanie et l'Egypte, comme de la Ligue des Pays arabes, qui savent que la résolution des véritables questions soulevées par le confit israélo-palestinien passera notamment par des modifications de leurs propres frontières, et modifiera sensiblement les équilibres régionaux au point de les placer face à des réformes et revendications domestiques auxquelles les régimes politiques en place ne souhaitent pas avoir à répondre trop rapidement !

Ainsi va le simulacre de médiation auquel se prête notamment l'Union européenne !

Il est temps de passer à autrechose ! Quelquechose de plus sérieux et de plus efficace ! Les gesticulations et les escalades hasardeuses des uns et les autres révèlent en contre point que les choses peuvent évoluer très rapidement si la olonté politique qui fait encore défaut venait à se manifester (cf. Proche Orient : Et si malgré les provocations et les violences quotidiennes, nous étions proches de la solution politique et territoriale tant attendue ! - nouvelle édition -) !

L'Union européenne a des arguments à faire valoir ! Mme Ashton les connait (cf. Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien - nouvelle édition - ) ! Elle ne manquera certainement pas de les faire valoir très vite (cf.Europe politique : c'est le moment de s'engager, par Michel Barnier (Le Monde)).

Elle saura provoquer la rupture diplomatique indispensable pour sortir enfin de ce jeu sordide où chacun s'emploie à revêtir la parure de ces comédiens de seconde zone qui jurent " dur comme fer " qu'ils disent " la vérité s'ils mentent " et qui ne font rire personne !

Source : Reuters


Par ERASME - Publié dans : Méditerranée & Proche Orient
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
  (Voltaire)

Recommander

Recherche

Catégories

Conseils de lecture

Connaissez-vous ERASME ?

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés