Partager l'article ! Proche Orient : Et si malgré les provocations et les violences quotidiennes, nous étions proches de la solution politique et territoriale tant atten ...
Après une entrevue, le 12 janvier
à Bruxelles, avec l'envoyé spécial des Etats-Unis au Proche-Orient, George Mitchell, et le " groupe de Paris " (qui regroupe les principaux donateurs dans le domaine de l'aide apportée
au peuple palestien), le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a estimé qu'il existait une " mobilisation générale " de la part de la communauté
internationale visant à relancer les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens. " L'heure est venue de nous engager et c'est dans ce sens que l'UE va travailler, en oeuvrant
étroitement avec les Palestiniens, avec le monde arabe, avec les Israéliens, dans la mesure où nous pouvons et où nous devons, tous ensemble, remettre les pendules à l'heure de la paix ",
a-t-il dit. " L'heure est grave. Il est urgent de reprendre les négociations ", a souligné M. Moratinos. " Nous nous trouvons dans la phase préliminaire ", et, par conséquent,
aucun type de conférence internationale comme celle qui a eu lieu à Madrid en 1991 " n'est envisagé " pour le moment, a-t-il ajouté.
Dans l'édition du quotidien Le Monde en date du 23 octobre 2001, Hubert Vedrine a signé un article intitulé "Israéliens, Palestiniens, il faut
bouger" qu'il nous parait utile de remettre en perspective après l'avoir fait une première fois à la veille de la 5ème édition (2009) du Forum de Paris dont le thème était
: Sauvons la Méditerranée !
" Le conflit israélo-palestinien,
et donc israélo-arabe, demeure irrésolu depuis des décennies. Certes, depuis 1993 et les accords d'Oslo, une Autorité palestinienne a pu s'installer à Gaza et à Ramallah. Mais le problème
d'organisation de la coexistence en paix des deux peuples reste entier ; même, depuis un an et, plus encore, depuis la disparition traumatisante des espérances de Camp David-Taba, il
s'aggrave.
Déjà 669 morts palestiniens, 178 morts israéliens, des milliers de blessés. C'est peu dire que les deux camps
ne sont font plus confiance. Il s'est creusé entre eux, même entre les plus courageux partisans de la paix, un fossé de défiance apparemment infranchissable que les drames récents approfondissent
encore. Les Israéliens semblent ne plus croire qu'à la répression et à la force militaire pour les délivrer du cauchemar des attentas terroristes et de l'angoisse de l'encerclement. Les
Palestiniens sont désespérés et poussés à bout par l'asphyxie économique, les humiliations permanentes, les provocations des colons ou de l'armée. Leur amertume finit par se retourner contre
leurs propres dirigeants.
Et pourtant, il y aura toujours côte à côte, au Proche-Orient, des Israéliens et des Palestiniens qui n'auront
d'autre choix que de cœxister. Les Israéliens ne pourront pas chasser les Palestiniens, ni l'inverse ! Ils le savent tous, mais n'arrivent pas à en tirer les conséquences. Il n'y a toujours pas
accord entre eux pour arrêter l'engrenage et recommencer à chercher une vraie solution. [...] " (cf. Israéliens, Palestiniens, il faut bouger ! ).
Regards-citoyens s'emploie depuis sa création à explorer les voies et moyens qui paraissent de nature à dégager l'horizon de celles et ceux qui, au Proche Orient, en
Europe, en Méditerranée, et ailleurs, attendent impatiemment l'émergence d'une solution 'gagnant - gagnant' aussi pérenne qu'équitable pour l'ensemble des parties au conflit israélo-palestinien
qui n'a que trop durer et qui met chaque jour un peu plus en péril la paix et la sécurité internationale en même temps qu'il condamne cette Région, et au-delà la grande
Région euroméditerranéenne, sinon à l'inaction, en tout cas à l'impuissance face à des périls d'une toute autre nature qui menacent la prospérité, le développement et la sécurité
des générations futures (cf. notamment à cet égard les articles suivants et ceux auxquels ceux-ci font référence : Pour dépasser la situation actuelle au Proche Orient, il faut
d'abord cesser les hypocrisies et de soutenir les fausses bonnes solutions, et tirer les véritables leçons ! ; Penser pour agir dans l'espace euroméditerranéen avec l'efficacité
attendue sans insulter l'avenir - nouvelle édition - ; Agissons pour offrir enfin une véritable perspective au Proche Orient ainsi que Mettre la sécurité au service du développement en la repensant de
manière systémique (nouvelle édition) ).
Il y a un an, la meilleure armée du monde qu'est indubitablement devenue Tsahal, en lançant son opération " Plomb durci ", n'a rien gagné de plus qu'une condamnation générale un
peu partout sur l'échiquier mondial qui s'est avérée par la suite contre-productive pour la défense des intérêts d'Israël tels qu'on peut les concevoir hors de cet Etat à part dans le concert
international ! Quels en étaient vraiment les buts ? Plusieurs hypothèses ont été émises à cet égard qui n'épuisent évidemment pas la question (cf. par exemple les articles qu'y a consacrés ce
blog : Poursuite des combats par Tsahal : 5 hypothèses
passées au crible de l'analyse (1) ainsi que Poursuite des combats par Tsahal au Proche Orient : 5 hypothèses soumises au crible de l'analyse (2) ) ! La situation des habitants de Gaza en
a-t-elle été améliorée ? La sécurité d'Israël et de sa population s'en trouve-t-elle renforcée ? Les négociations du processus de paix ont-elles progressé ? L'économie régionale
n'en a-t-elle pas souffert ? La démocratie s'en trouve-t-elle renforcée ici ou là, de part et d'autre des frontières ?
Une année après cette désastreuse opération militaire, des actes de violence sont toujours perpétrés de part et d'autre (Nouvelles provocations, escalades et rispostes au Proche Orient ), le Fatah est affaibli, la politique de colonisation israélienne se poursuit, les
habitants de la Bande de Gaza continuent de tirer des roquettes artisanales sur le territoire israélien contigu et de vivre dans des conditions indignes des mondes leventin et
méditerranéen, berceaux de tant de cultures et sources de tant de progrès, le paysage politique israélien s'est en partie radicalisé, le regard porté sur l'Etat d'Israël par une grande
partie du Monde est calamiteuse, le Président B. H. Obama, et la Secrétaire d'Etat américaine Hilary Clinton, éprouvent de nombreuses difficultés à faire avancer "le dossier", le
Quartette (ONU, UE, Etats-Unis, Russie) et son ambassadeur emblématique Tony Blair semblent être passés par pertes et profits (ce que participent à confirmer les messages que diffuse Tony
Blair lui-même, dans lesquels il s'attache surtout à saluer les efforts de la diplomatie américaine ... ) !
Et pourtant, simultanément, quelquechose se
passe qui semble transcender ces évènements pourtant douloureux pour les populations qui les vivent au quotidien ! Les langues se délient, les paroles se libèrent, les contacts les plus
invraisemblables hier s'établissent aujourd'hui, les stratégies individuelles et collectives des acteurs endogènes évoluent et les véritables termes du débat sont posés publiquement !
Quand bien même des voix s'élèvent, y compris en Europe, pour les dénoncer, les expulsions, en Cisjordanie, de Palestiniens sans ressources par les forces israéliennes, la poursuite de
la 'colonisation' systématique de Jérusalem Est comme en Cisjordanie ne mobilisent plus vraiment une opinion internationale préoccupée par d'autres défis aux effets plus immédiats
sur son propre sort. Ces comportements réprouvés autant pas les Pays arabes, l'ONU, l'Union européenne que par les gouvernements des Etats alliés d'Israël, y inclus la
Turquie, trouvent leur justification dans des arguments (du type : " l'unité et le statut de Jérusalem n'ont jamais été remis en cause au cours de l'histoire, y compris
lorsque toute la Région était sous domination musulmane ; nul n'a jamais souhaité faire de Jérusalem une capitale " ; la Cisjordanie n'est pas un territoire
'occupé' mais un territoire 'contesté' puisqu'il ne bénéficie d'aucune souveraineté nationale juridiquement établie). Les bombardements à répétition par Tsahal dans la bande de
Gaza ne déchaînent désormais plus les mêmes passions, au point même de ne plus provoquer de condamnation systématique de la part des grands média internationaux ; etc.
Simultanément, les protagonistes régionaux soit du conflit lui-même, soit du (ou des) processus de négociation qui poursuivent leur dynamique propre, s'emploient à faire bouger les
lignes, en entreprenant des initiatives nouvelles sinon spontanément légitimes, tout au moins 'légitimables' à leurs yeux devant la Communauté internationale.
Nous nous contenterons de n'en prendre pour preuves que les quelques éléments factuels suivants :
- les Etats-Unis s'activent par d'autres moyens que ceux utilisés jadis pour faire bouger les lignes (un exemple suffit à illustrer le propos : La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, appelle les pays
arabes à prendre " maintenant " des mesures " significatives " vers une normalisation de leurs relations avec Israël) ;
- l'engagement et la visibilité accrus, dans la Région, sous des formes variées clairement différenciées des autres modalités d'intervention, d'une Union européenne qui veut s'y
faire entendre sa voix et y prendre toute sa place comme acteur global (cf. notamment les accords d'association bilatéraux au titre de la politique de voisinage et la mise en oeuvre
effective des plans d'action qui y sont associés - voir à cet égard L'Union européenne renforce ses relations avec ses voisins et continue à soutenir leurs réformes ou encore Les principaux éléments du volet territorial du Partenariat euro-méditerranéen -, les missions de securité menées au titre de la PESC dans la Bande de
Gaza ainsi que l'octroi à Israël d'un statut réhaussé - voir à cet égard http://www.consilium.europa.eu/ueDocs/cms_Data/docs/pressData/fr/gena/104570.pdf ainsi que Solana : "Israël est membre de
l'UE" et L'UE est invitée à avancer dans le renforcement de ses relations avec Israël ) ; un Union européenne qui peut
prendre appui sur l'UpM pour déployer ses instruments en les adaptant au contexte régional (voir ci-après) notamment sur le registre très vaste de la sécurité (cf. La Méditerranée, espace de sécurité pour l'Union européenne (IHEDN - 61e session nationale 2008-2009) ainsi que
La propagation de la sécurité : l’Europe et la
schengenisation de la Politique de voisinage, par Ruben Zaïoti (Revue Cultures & Conflits) ) ;
- la concrétisation institutionnelle et opérationnelle, malgré des débuts difficiles, d'un projet ambitieux aux contours à la fois économiques et politiques, l'Union pour la
Méditerranée, qui rassemble la quasi totalité des protagonistes régionaux de ce conflit, à l'exception de l'Iran et de l'Arabie Saoudite ;
- l'accès de la Jordanie et d'Israël à des responsabilités de tout premier plan au sein des institutions de l'Union pour la Méditerranée confère à cette ambition des atouts
considérables (cf. Union pour la Méditerranée : Ahmad Massa'deh, un diplomate jordanien, désigné secrétaire général de l'UpM ) ;
- la neutralisation stratégique et sécuritaire de l'Irak, longtemps le rival principal d'Israël dans la Région comme grande puissance régionale ;
- le retour discret, mais effectif, dans la Région, de la Russie qu'accompagne, en même temps qu'elle la favorise, la normalisation des relations russo-occidentales, ce retour étant
favorisé par le poids et la place de la population russophone dans les grands équilibres internes d'Israël ;
- la fragilisation de la posture stratégique de l'Iran et du régime en place, ce Pays étant présenté comme le principal 'fauteur de troubles, de désordres et d'insécurité dans la
Région', qui concourt à modifier les alliances et les jeux d'acteurs ;
- la modification progressive de la posture stratégique de la Syrie à l'égard notamment d'Israël, laquelle se traduit non seulement par une certaine modération des positions
syriennes à l'égard de revendications de l'Etat d'Israël formulées dans des enceintes internationales mais également à l'ouverture d'un processus de négociations entre la Syrie et
Israël à propos de l'avenir du Golan et d'autres dossiers plus stratégiques encore, avec le concours discret de la Turquie, notamment ;
- le rééquilibrage de la posture stratégique de la Turquie qui favorise son intervention comme médiateur,ou, a minima, comme facilitateur objectif de rapprochements des
différentes parties, tout en faisant valoir des positions et/ou des postures tranchées originales (cf. par exemple La Turquie n'appuie pas la proposition de Javier Solana sur la Palestine et met en garde contre une " paix imposée "
) ;
- l'évolution du rôle politique et de la posture stratégique de l'Egypte (comme en témoigne notamment le durcissement de la position égyptienne à l'égard des tunnels creusés par les
Gazaouis sous sa frontière avec la bande de Gaza, et qui a manifesté son accord de principe à Israël pour l'élévation d'une barrière de sécurité) ;
- l'ouverture (ou la réouverture) de négociations politiques entre l'Etat d'Israël et le Hamas par l'entremise d'acteurs nouveaux dans cette Région qui jouissent d'un statut à part en
raison de leur relative impartialité / neutralité au cours des dernières décennies (à savoir, notamment, l'Allemagne) ;
- la présence de forces onusiennes dans le Sud Liban qui, en même temps qu'elles garantissent la sécurité dans une zone dominée par le Hezbollah, rendent étanches à toute tentative d'
'hezbollahisation' des territoires libanais convoités par Israël pour des raisons évidentes de sécurité ;
- le déplacement de la menace terroriste stratégique, d'origine islamiste radicale, vers la Corne de l'Afrique, le Sud de la péninsule arabique et le Pakistan ;
- le contexte politique particulier créé par la double appartenance identitaire, à la fois jordanienne par son Père et palestinienne par sa Mère, du Prince héritier de la famille
royale hachémite ;
- la bonne tenue relative des économies dominantes de la Région (Israël, Liban) face aux chocs financiers et économiques mondiaux !
Les contours d'une solution à la fois politique et territoriale : deux Etats démocratiques souverains et viables dont la sécurité doit être garantie et
échanges de territoires contre la paix, apparaissent enfin à la faveur de ces différents 'mouvements' qui participent à éclairer la carte régionale d'une lumière
nouvelle (voire infra).
Mais rien ne sera réellement possible sans une analyse des erreurs commises jusqu'ici ainsi que des responsabilités respectives afin que toutes les leçons soient tirées ! L'heure est à la vérité historique en même temps qu'à la responsabilité internationale !
Jusqu'ici, l'ONU et, dans une moindre mesure, l'Union européenne, se sont engagées dans une voie qui s'avère de facto aussi irréaliste aujourd'hui qu'inopportune à terme en se
focalisant sur une solution articulée à la fois sur un échange de territoires à l'intérieur des seules frontières de l'Etat d'Israël et des territoires palestiniens et sur un partage de Jérusalem
! Il leur revient aujourd'hui de le reconnaître et d'en tirer toutes les conséquences !
Quant au Royaume-Uni, à la France, à la Russie et aux Etats-Unis, les grands vainqueurs de la seconde guerre mondiale et les hérauts de la guerre froide, qui ont joué un rôle essentiel
en faveur de la création de l'Etat d'Israël tant avant que pendant et à l'issue de la seconde guerre mondiale, et qui ont des responsabilités particulières à l'égard de la non application des
résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies prises depuis cette création, il leur appartient de s'employer à créer activement les conditions les plus favorables à l'émergence rapide de
sillons fertiles porteurs d'une solution définitive équitable pour toutes les parties au dossier !
L'ensemble de ces acteurs semblent s'y employer ! Mais le font-ils avec une volonté, une lucidité et une énergie véritablement à la hauteur des enjeux ? Sont-ils vraiment maître de leur
décision en pareilles matières ? devant l'Histoire, d'abord ! Devant la réalité des rapports de force, ensuite !
Où en est-on vraiment aujourd'hui ?
Tony Blair a rappelé la position - très vague - défendue par les membres du Quartette à l'occasion de l'annonce par le Premier ministre israélien Netanyaou de la suspension de la
politique de colonisation dans les territoires " occupés / contestés " : " Today's announcements are an important step towards creating the possibility for serious and credible
negotiations for a two-state solution. [...] The key, as I have said consistently, is to combine a credible political negotiation with real change on the ground, in institution-building, security
performance and economic development. This is the only way for the Palestinian state to be viable and the security of Israel to be assured. I applaud the sustained leadership of President Obama,
Secretary Clinton and Special Envoy George Mitchell. " (cf. http://tonyblairoffice.org/2009/11/tony-blair-calls-for-credible.html)
Une position qui n'interdit en rien, quand bien même elle ne le stipule pas formellement, un possible réaménagement des frontières internationales de cette Région à la faveur d'une
Conférence internationale !
Prenant en compte à la fois :
a) les points non négociables et les lignes rouges établis par chacun des protagonistes de ce dossier international brûlant et qui revêtent une réelle légitimité en regard non seulement du
Droit international mais également de l'idée même dont les différents négociateurs se font de la Justice ;
b) la difficulté d'instaurer, en l'état actuel des tensions, un Etat (ou une Fédération) israélo-palestinien binational ayant pour capitale Jérusalem ;
c) l'incapacité du Conseil de sécurité de l'ONU de faire appliquer ses résolutions dans la Région (cf. La question de la Palestine (Source : Nations Unies)) ; et
d) le caractère inapproprié, du point de vue de l'Etat d'Israël, de la reproduction dans la Région de la solution retenue par la Communauté internationale à l'égard du Kosovo,
nous nous aventurons à suggérer que la Conférence internationale évoquée ci-avant puisse décider :
- la création d'un Etat (ou mieux encore, d'une Fédération) jordano-palestinien souverain, sans discontinuité territoriale et viable, disposant de l'ensemble des garanties requises
pour un exercice plein et entier de ses responsabilités politiques, régaliennes, économiques, culturelles et sociales - option politique de prime abord 'relativement compatible'
avec l'esprit, sinon la lettre, des éléments fondamentaux de la Constitution du Royaume héchémite de Jordanie en date du 1er janvier 1952 (cf. http://www.kinghussein.gov.jo/constitution_jo.html) ;
- l'octroi d'un statut international spécifique à Jérusalem ;
- la redéfinition des frontières de l'Etat d'Israël, de la Jordanie, de la Syrie, du Liban et, le cas échéant, de l'Egypte par échanges de territoires entre les parties concernées
(sur des bases qu'il est aisé d'imaginer mais qui feront naturellement l'objet de négociations difficiles) ;
et, par voie de conséquence,
- la renégociation du traité de paix israélo-jordanien (cf. http://untreaty.un.org/unts/144078_158780/11/6/4047.pdf), voire même d'autres traités et établissement de nouveaux accords de sécurité !
L'idée, qui, soit dit en passant, est totalement compatible avec la position de principe rappelée par Tony Blair, n'est pas très originale puisque d'éminentes personnalités de la Région
en ont eu le souffle il y a bien longtemps, tel Shimon Pérès, par exemple !
Son originalité procède ici d'un élément fondamental nouveau, qui consiste à inscrire cette solution dans un projet politique plus ambitieux encore : celui de négocier simultanément
l'établissement d'une 'Communauté', par étapes successives selon un calendrier négocié, sur le modèle de la Communauté économique européenne (plutôt que d'emblée sur celui de l'Union
européenne), l'Union pour la Méditerranée constituant le réceptacle le plus approprié pour la mise sur les fonds baptismaux de cette Communauté de cultures, d'intérêts, de destins, et de projets
(cf. Retour sur images : Sept messages pour redonner de
l'espoir et une perspective au Proche Orient ) ! A la seule condition que l'UpM n'échoue pas (cf.
Allocution de M. Hubert VEDRINE en conclusion du colloque « Union pour la Méditerranée, quelles innovations attendre ? »
(Bruxelles, 19 novembre 2009) - nouvelle édition - ; Bernard Kouchner s'active pour la Méditerranée ! ainsi que La stratégie pour la mer Baltique : une formule qui pourrait inspirer une alternative à l'UpM ? - nouvelle édition -
) !
Seule une 'Communauté du Proche Orient
méditerranéen' fondée sur les valeurs et principes démocratiques, qui confère une citoyenneté nouvelle conférant des droits et des devoirs légitimes, pourvue de "
symboles forts, de décorum, de gravité, d'une pédagogie du respect ", et qui puisse puiser dans les principes de liberté d'établissement, de résidence et de circulation, les
ressorts nécessaires pour que soit évité un nouvel épisode de déplacement de populations à l'occasion des modifications des frontières, les personnes concernées pouvant alors continuer de
jouir de la totalité des droits et privilèges attachés à leurs biens et à leurs activités en demeurant là où elles ont fait leur vie, si telle était leur volonté !
Un telle Communauté devra être instituée au moyen
d'un acte symbolique fort : par exemple au moyen d'un 'Traité de Jérusalem', en miroir au 'Traité de Rome' ! (cf. Retour sur images : Sept messages pour redonner de l'espoir et une
perspective au Proche Orient - à lire ! -) !
Car comme l'affirme le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim : " Il faut donner à l'imagination sa part. L'homme a besoin de cérémonies, de symboles, et même du ressassement des
évidences. Pour le juif, la loi et les rites publics ou familiaux pourvoient à cela. Le citoyen n'a pas moins besoin de symboles forts, de décorum, de gravité, d'une pédagogie du respect. La
nation est portée par ses rêves. " (cf. La nation
par les rêves, par Gilles Bernheim (LeMonde.fr)).
A quelle échéance la concrétisation d'un tel projet pourrait-elle voir le jour ? D'ici une génération, probablement ! A moins que les évènements s'accélère sous l'effet de circonstances
exceptionnelles !
Les soutiens sans réserve, non seulement des différentes diasporas juives (en particulier askhenaze et séfarade) et palestinienne, de la Ligue arabe et de la Turquie dont le rôle stratégique dans
la Région ne cesse de croître, mais du Comité Al Qods, que préside le Roi du Maroc, Commandeur des croyants et descendant d'Ali (au même titre que le souverain Hachémite), et
protecteur des juifs du Maroc (notamment ceux, nombreux qui après avoir fait leur alya ont rejoint en masse les rangs du Likoud) sont indispensables au succès d'une telle solution, dès lors
qu'elle constituera effectivement "la" solution attendue pour toutes les parties. Il est permis d'y croire, non sans raison.
L'Histoire seule nous dira ce qu'il en adviendra !
Est-il nécessaire de souligner qu'en 2011 nous commémorerons le 20ème anniversaire de la Conférence de Madrid évoqué en introduction de cet article. L'Espagne s'y prépare déjà ! La très
grande qualité de sa diplomatie, qui n'a d'égale que sa détermination à agir, pourrait nous réserver de belles surprises d'ici là !
La mission que s'assignent tous les hommes de bonne volonté n'est-elle pas de concevoir, de dire, puis de rendre possible ce qui leur paraît inéluctable parce que juste et légitime
? Ou, tout simplement, parce qu'ils en ont rêvé !
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller
jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)