Partager l'article ! Regards avertis sur la crise monétaire et sa gestion (1): « On marche à reculons. Avant la crise, les Etats de la zone euro présentaient ...
« On marche à reculons. Avant la crise, les Etats de la zone euro présentaient des budgets en déficit à la hauteur de 3 % du PIB, comme le prévoyait le Pacte de stabilité (pour autant que les comptes furent sincères). Les déficits ont explosé pour faire face à la crise, bousculant toutes les règles qu'on s'était donné. Quand cela fut fait, tout le monde applaudit la sagesse des Etats qui surent faire face par les mesures nécessaires à préserver de la catastrophe. Les marchés eux-mêmes ne pouvaient qu'applaudir puisque c'était la condition pour que la valeur des actifs cesse de s'effondrer et retrouve cette couleur qui s'intensifie avec la croissance. Mais ce sont les mêmes qui retirent aujourd'hui leur confiance dans la dette souveraine de certains Etats européens, faisant craindre un effet domino, lui-même catastrophique. Et s'ils peuvent le faire, c'est que l'observation de la conduite de dirigeants européens leur enseigne qu'elle n'obéit à aucune autre vision que de prendre dans l'urgence les mesures qui semblent permettre de sortir de la crise de l'instant. »
Extrait de l'article de François Ewald, professeur au conservatoire national des arts et métiers, intitulé : Les marchés ont toujours raison, publié dans le quotidien Les Echos du 18 mai 2010 (en page 17).
« Pour une fois, l'euro varie dans le sens qui nous intéresse. Traditionnellement, depuis la création de la monnaie unique, l'euro a été faible quand on voulait qu'il soit fort, et fort quand on voulait qu'il soit faible. Pour une fois il est faible à un bon moment, puisque la croissance dans la zone euro n'est pas garantie. C'est donc une bonne nouvelle pour l'Europe dans son ensemble et surtout pour les pays qui doivent s'ajuster. Ces derniers ont certes un problème de compétitivité interne par rapport au reste de la zone euro - dans ce cas, la baisse de l'euro n'y change rien -, mais cet affaiblissement de la monnaie unique va quand même leur permettre de souffler un peu.
Les mouvements de change très rapides sont toutefois problématiques pour les entreprises, car leurs prévisions se révèlent fausses. Celles qui ont un marché essentiellement local mais qui importent des biens sont perdantes. A l'inverse, les entreprises qui fabriquent beaucoup localement mais qui vendent à l'étranger sont gagnantes. Il y a une redistribution entre les secteurs, avec des gagnants et des perdants.
Doit-on redouter un surcroît d'inflation du fait de cet affaiblissement de l'euro ?
Il y aura un surcroît d'inflation mais ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle. La baisse de l'euro permet en effet de lutter contre la déflation. Dans certains pays de la zone euro, l'inflation est très proche de zéro et menace d'être négative. Il faut éviter un scénario à la japonaise, car, une fois la déflation enclenchée, il est très difficile d'en sortir.
De plus, il n'y a pas eu de spirale inflationniste en 2007 lors de la flambée des prix des matières premières. Et c'est encore plus improbable aujourd'hui. »
Extrait de l'article de Agnès Bénassy-Quéré, directrice du centre d’études prospectives et d’informations internationales, (propos recueillis par J.B.), intitulé : La monnaie est faible au bon moment, publié dans le quotidien Les Echos du 18 mai 2010 (en page 8).
Pour en savoir plus sur ces sujets au quotidien : http://www.socioecopofi.com/ (ribrique 'revue de presse')
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