Le secrétaire américain à la Défense a salué le rôle de la France en Afghanistan, disant qu'il fallait mettre en perspective l'envoi de renforts français plus faibles que ce qu'espérait Washington.
Robert Gates a rencontré à Paris son homologue français, Hervé Morin, et
le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avant d'être reçu par Nicolas Sarkozy, quelques jours après l'annonce de l'envoi de 80 instructeurs par la France.
Devant les journalistes, il a assuré que l'engagement des pays de l'Otan en Afghanistan, loin de décliner, se renforçait.
" Il convient (...) de mettre les choses en perspective. Au cours de l'année écoulée, la France a augmenté ses forces en Afghanistan de 30 à 50% et
a pris de nouvelles responsabilités sur le théâtre d'opérations ", a souligné Robert Gates aux côtés d'Hervé Morin.
Paris a annoncé l'envoi de ces nouveaux formateurs vendredi à Istanbul, où les ministres de la Défense de l'Otan étaient réunis. Les autorités
allemandes vont envoyer 850 militaires supplémentaires en Afghanistan et Madrid va déployer en deux temps 700 soldats de plus.
Les responsables américains, qui espéraient une contribution française à la hauteur de celle des Allemands, n'ont fait aucun commentaire public négatif
sur la décision de Paris.
" Nous avons un bon partenariat avec la France en Afghanistan et nous nous réjouissons de le poursuivre à l'avenir ", a souligné Robert Gates
lundi à Paris.
Hervé Morin a souligné de son côté l'effort consenti par la France en deux ans. Il a rappelé que Paris avait envoyé depuis janvier 2008 1.300 hommes de
plus sur place.
" C'est un effort considérable à un moment où aucun autre pays européen n'augmentait ses effectifs ", a-t-il dit.
" La France continue en permanence à effectuer un effort. Cette démarche est cohérente par rapport à la volonté qu'a la France de mettre en place
les éléments qui permettront à l'Afghanistan de recouvrer sa souveraineté ", comme des institutions stables, une armée et une police, a ajouté le ministre français.
Un haut responsable militaire américain a précisé que les Etats-Unis espéraient toujours que la France augmenterait son contingent de formateurs. "
Ce n'est pas un chiffre figé et avec le temps les gens vont pouvoir réévaluer et augmenter (leur contribution) ", a-t-il dit sous le sceau de l'anonymat.
Robert Gates a précisé avoir parlé avec Hervé Morin de l'importance des missions de formation de l'armée afghane. Fournir des instructeurs peut donc
avoir un impact immédiat sur la situation, a-t-il estimé.
Washington estime qu'il faudrait entre 1.500 et 1.700 formateurs pour assurer l'entraînement des forces de sécurité afghanes.
Source : Reuters
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