La commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale, mise en place le 7 octobre par le Parlement européen pour 12 mois, a pour mission : « analyser et évaluer l’ampleur de la crise, son impact sur l’Union et les Etats membres, ainsi que sur l’état de la gouvernance mondiale ».
Elle devrait présenter son rapport en juin 2010.
Mais sa présidente, Pervenche Bérès (S&D, France), évoque déjà quelques pistes à suivre. Tout d’abord, évaluer « le coût de la «non Europe» ». «
Il est regrettable que les Etats membres n’aient pas utilisé la valeur ajoutée que représente l’Union. Dans le secteur bancaire, par exemple, il aurait fallu proposer un seul cadre européen avec
les mêmes règles à imposer aux banques en contrepartie des aides publiques. Il aurait également fallu coordonner davantage les plans de relance nationaux. »
Rappelant la « divergence importante de productivité entre les pays européens », elle estime par ailleurs que « si l’on n’invente pas des
mécanismes de solidarité entre les Etats membres, il y aura une destruction de la zone euro ». « Le jour où la Grèce fera appel au FMI, cela sera un échec terrible pour l’Union.
»
L’eurodéputée, qui préside aujourd'hui la commission des affaires économiques et sociales après avoir présidé, au cours de la législature précédente,
celle des affaires économiques et monétaires, envisage donc la création d’un « fonds monétaire européen » (noter au passage que cette idée est également défendue par les
libéraux allemands - cf. Newsletter des Liberalen Instituts - Januar 2010) ainsi
que d’un « emprunt communautaire » pour faire face à la crise et aux « défis du développement durable et du vieillissement de la population ».
Enfin, Pervenche Berès estime primordial que l’UE se fasse entendre en tant qu’espace politique dans la gouvernance mondiale. Par exemple, elle « trouverait normal que la zone euro siège au
FMI » (cf. à cet égard les articles suivants : Jeux et enjeux monétaires : le rôle international de l'Euro, les articles auxquels ils renvoient ainsi que La zone
Euro souhaite être considérée en bloc dans le cadre de la surveillance multilatérale qui se déroulera dans le cadre du G20).
NB : Cet article reprend les principaux éléments de celui publié le 10 novembre 2009 sur lhemicycle.com, site d'un hebdomadaire d'information législative
: http://www.lhemicycle.com/2009/11/10/vers-un-fonds-monetaire-et-un-emprunt-europeens/
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