En réaction à l'embargo "progressif" sur les importations de pétrole iranien décidé le 23 janvier par les ministres des Affaires
étrangères de l'Union européenne, Téhéran a déclaré hier qu'elle allait revoir à la baisse ses ventes de pétrole aux pays européens, sans les interrompre "pour l'instant", explique l'AFP.
Téhéran exporte un peu plus de 20 % de son pétrole aux pays de l'Union européenne (soit environ 600
000 barils par jour), principalement à l'Italie, à l'Espagne et à la Grèce. L'embargo, graduel, ne doit être mis complètement en place qu'en juillet pour permettre aux pays européens dépendants
du pétrole iranien de trouver des sources d'approvisionnement alternatives, d'après l'AFP. Paulo Portas, ministre des Affaires étrangères du Portugal, a ainsi indiqué que son pays avait déjà "réduit sa
dépendance vis-à-vis de l'Iran en matière de pétrole d'environ 6 % à 0 %".
Ce n'est pas la première fois que l'Iran menace d'interrompre ou à moindre titre de diminuer ses exportations à destination de l'UE. Le directeur pour l'Europe occidentale du ministère des
Affaires étrangères, Hassan Tajik, a averti "que l'Iran pouvait interrompre ses ventes de pétrole à l'Europe", selon la chaîne iranienne Al Alam, avant d'ajouter que Téhéran "ne le ferait pas
pour l'instant pour des raisons humanitaires et à cause du froid", selon le Figaro. Les autorités iraniennes ont convoqué hier séparément les ambassadeurs français, italiens, espagnols,
grecs, portugais et néerlandais afin de leur signifier que l'Iran "allait revoir ses ventes de pétrole à ces pays", a rapporté le site de la télévision d'Etat.
Cependant, la Commission européenne avait déjà anticipé cette diminution des exportations iraniennes, les importateurs européens, ayant décidé de "changer de fournisseur", nous rapporte
l'AFP.
L'Arabie saoudite s'est ainsi engagée à pomper davantage de brut.
De leurs côtés, la Russie et la Chine s'opposent toujours à de nouvelles sanctions, tandis que l'Iran a annoncé hier, de nouvelles avancées, qualifiées de "majeures", dans son programme
nucléaire, avec la mise au point de centrifugeuses plus performantes et la production de combustible enrichi à 20 %. Cette annonce a été qualifiée de "tapageuse" par les Etats-Unis. Une
délégation de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) se rendra en Iran les 20 et 21 février afin d'obtenir des précisions de la part de Téhéran quant à son programme nucléaire,
indique l'AFP.
Nb : Que la Commission ait anticipé cette diminution n'a que peu d'incidence sur les stratégies nationales d'approvisionnement en l'état actuel de la situation en matière de politique énergétique européenne !
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