Lettres ouvertes

Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /2010 09:51

Face aux évènements dramatiques qui se succèdent depuis plusieurs mois ou face à ceux qui s'annoncent, l'appel à l'Etat providence semble être redevenu en France, comme en Europe, le slogan phare autour duquel se rassemblent toutes sortes de victimes patentes ou potentielles !
La solidarité nationale est soudainement convoquée pour répondre à la demande multiforme de nouvelles protections. L'Etat protecteur est interpelé pour offrir de nouvelles garanties, délivrer de nouvelles mesures de confiance, et produire de nouvelles mesures de réassurance afin que la société toute entière se sente en sécurité !  (cf. Du "devoir" et de la "responsabilité" de protéger ! La sécurité, un besoin essentiel de l'être humain (Commission européenne) ainsi que A l'occasion du 20ème anniversaire de la Charte communautaire des droits sociaux fondamentaux, le Comité économique et social européen demande un nouveau programme d'action sociale ).

Mais lui aussi a ses propres limites (cf. La solidarité perd deux budgets en 2010 (La Lettre A) ).

Cette solidarité nationale ne pourrait-elle pas également se manifester avec la même efficacité, voire avec une efficacité encore plus forte, au travers de formes de solidarité - et de responsabilité - plus individuelles, plus spontanées, plus directes, plus immédiates, ..., et au final, plus conformes à l'esprit comme à la lettre de ces principes et valeurs éthiques et morales sur lesquels se fondent à la fois le sens et l'unité même de la Nation française comme de la plupart des autres nations européennes !
La solidarité nationale n'a-t-elle vraiment besoin que de l'Etat pour apporter à la Nation les réponses attendues dans la variété des situations quotidiennes où l'autre, son alter ego, demande assistance ?

La citoyenneté, dans ce qu'elle emporte comme droits et comme devoirs, et même comme risques ("le risque, ce besoin essentiel de l'âme" (cf. Connaissez-vous Simone Weil ?) ne doit-elle pas être également convoquée en pareilles circonstances ?
Mais sait-on encore en France, et plus généralement, en Europe, ce que Vivre ensemble, faire Société, Démocratie, Citoyenneté, Responsabilité, Ethique, Courage, Solidarité, Justice, Liberté, Egalité, Equité et Fraternité signifient vraiment ?
Et quand bien même le saurait-on, au-delà des mots et de leur signification, est-on encore capable de passer à l'acte ?
Spontanément ! Et sans cynisme ! Ce cynisme à propos duquel Jean Yanne considérait "qu'il est dans les choses elles-mêmes et non dans le coup d'oeil" !
Ne serait-ce que pour prouver, à soi-même comme à l'autre, qui que ce soit, où qu'il soit, quoi qu'il pense, quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse, non seulement que cette solidarité et cette responsabilité actives sont encore possibles et vivaces chez chacun des individus qui se reconnaissent comme membres d'une même Nation, mais qu'elles se situent vraiment au coeur de leur projet commun de société : imaginer, bâtir, promouvoir et préserver cette société vivante, moderne, ambitieuse, et véritablement respectueuse des valeurs et principes qui gouvernent la vie, la conscience et l'oeuvre de chacun comme celles de tous au sein de cette communauté d'histoire, de cultures, de destins et de projets qui s'appelle la Nation, en France comme plus généralement, en Europe et dans le Monde ! 

Par ailleurs, il ne suffit pas de 'gonfler' l'enveloppe d'aide au développement et de multiplier les opérations de gestion de crise pour laisser accroire que l'on est généreux et capable d'une solidarité vivante à l'égard des plus démunis dans le monde (cf. Rapport 2010 sur l'aide au développement européenne: une action efficace pour les pays en développement ou encore Initiatives de la Commission européenne pour intensifier et rendre plus efficace la contribution de l'UE aux objectifs du millénaire pour le développement  ! Ce serait trop facile !

Regardons la réalité en face !

La pauvreté et la misère morale gagnent du terrain y compris sur le territoire européen ! Une analyse attentive de l'évolution des indicateurs de l'indice du développement humain le montre clairement à ceux qui veulent bien y attacher quelque intérêt (cf. http://hdr.undp.org/fr/rapports/mondial/rmdh2009/) !

Est-il nécessaire de rappeler que l'Afrique connaît des soubresauts incessants d'une gravité sans pareille depuis longtemps, qu'Haïti a besoin d'une solidarité internationale sans précédent (Neuf européens sur dix sont favorables à l'aide au développement malgré la crise), et que 2010 est (symboliquement) l'année européenne de lutte contre l'exclusion et la pauvreté (About the 2010 European Year for Combating Poverty and Social Exclusion) ?

Il est de la responsabilité de chacun de faire évoluer cette situation insupportable ! Et pas seulement de la responsabilité du voisin, du cousin, du copain ou ... de l'Etat, de l'Union européenne et des organisations internationales !

Prenons en acte !

Des propositions émergent, ici ou là (cf. notamment à cet égard l'article intitulé Retour sur le G20 de Toronto : réaffirmant leur engagement en faveur du libre-échange, les économies du G20 estiment " avoir fait le bon choix " , les articles auxquels il renvoie, ainsi que Le 'Comité Quart monde européen' demande de placer la lutte contre la pauvreté au premier rang des priorités de l'Union européenne ou encore retour sur images : De l'avenir promis à l'Europe et au Monde : extraits de citations inscrits dans le document politique du Président Barroso adressé au Parlement européen ).

Prenons acte des recommandations extrêmement sages formulées par un ancien Secrétaire général de l'OTAN, Javier Solana, à la veille de quitter  ses fonctions de Haut Représentant pour la PESC de l'Union européenne : " [...] il faut être capable de déployer une opération là où l'urgence humanitaire l'impose, mais là aussi où l'on est assuré de la plus-value de l'engagement européen. L'Union européenne, comme les Nations unies, l'Otan ou l'Union africaine ont leurs spécificités propres, des ressources autant que des contraintes particulières pour s'engager ou non dans telle ou telle région du monde. " (cf. Europe de la défense : les nouveaux défis, par Javier Solana (Tribune - LeFigaro.fr) ).

Sans oublier de prendre acte des positions de nos partenaires stratégiques en émergence !

Déplorant l’attitude des Etats nucléaires également membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies à l’égard de l’accord conclu entre l’Iran, la Turquie et le Brésil à propos d’un échange de combustibles nucléaires enrichis, Celso Amorim, le ministre brésilien des affaires étrangères a récemment déclaré : « ils ont peur de perdre leurs privilèges de membres du club qui gère les affaires sérieuses du monde. Ils ne sont pas prêts d’accepter que les pauvres s’invitent à la table de négociation où se gèrent les grands dossiers. Alors que nous, avec d’autres, demandons un peu d’audace … pour tenter de répondre aux problèmes du nouveau monde qui s’affirme de plus en plus, chaque jour… Nous revendiquons une refondation des institutions internationales qui datent de 1945. Nous ne sommes plus au sortir de la Seconde guerre mondiale ! Les Occidentaux parlent sans cesse d’un monde multipolaire, mais ils ne sont pas prêts à le voir émerger et à en accepter les nouvelles règles qui, de toutes façons, finiront par se mettre en place ».

L'Occident va devoir apprendre à partager, par Martin Walker (nouvelle édition) !
Mieux vaut tard que jamais !
En tout état de cause, il y a urgence !

 

« Un jour viendra où vous, (...) toutes les nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre individualité, vous vous joindrez étroitement dans une unité supérieure et vous constituerez la fraternité européenne »


Victor HUGO (
Discours d'inauguration du Congrès des Amis de la Paix universelle - Paris 1849)

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Lettres ouvertes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /2010 10:13

Comme l’a rappelé Aaron J. Gourevitch dans son ouvrage intitulé « Les catégories de la culture médiévale » paru en 1983 aux éditions Gallimard dans la collection « Rubrique des Histoires », la quadruple interprétation symbolique des Ecritures trouve son expression dans ce vers célèbre de l’époque carolingienne « Littera gesta docet, quid credes allegoria, moralis quod agas, quo tendas anagogia » qui signifie « le sens littéral renseigne sur ce qui s’est passé ; l’allégorie t’enseigne ce à quoi tu crois ; la morale t’indique comment agir ; l’anagogie te révèle ce vers quoi tu tends. »

Ainsi Jérusalem, dans sa signification littérale, était une ville terrestre ; dans sa signification allégorique – l’Eglise elle-même ; dans son sens tropologique – l’âme juste ; et dans son interprétation anagogique – la patrie céleste.

Puisque Dante étendit aux œuvres d’art le recours à une interprétation multiple (notamment dans sa Comédie), pourquoi l’Homme moderne ne l’étendrait-il pas à l’oeuvre politique quand elle traite de la Démocratie et du Droit ?

Une loi fondamentale, une charte (comme celle des droits fondamentaux de l'Union européenn), un traité, un protocole, une convention internationale, ou encore un code essentiel d'un système juridique, méritent bien plus qu'une simpe interprétation littérale !

Alors 'Paris', 'Berlin', 'la France', 'l'Europe', ou encore l'ONU, auraient une toute autre résonance dans le coeur et l'esprit des Hommes.

Paris, pour avoir été cette capitale où des Bastilles sont tombées, où des barricades contre l'oppression et où les droits de l'Homme et du Citoyen ont été érigés non seulement en symboles de la démocratie mais en principes et en valeurs fondamentaux, de la volonté même du Peuple souverain !

Berlin, pour avoir été le symbole de l'arbitraire déchu puis pour avoir été isolée et déchirée avant de retrouver l'unité, la justice et l'éclat, de la volonté même des Peuples et de quelques (rares) personnages politiques extraordinairement audacieux !

La France, pour avoir si souvent su dire "Non", au nom d'une certaine idée de la dignité et de la liberté des Peuples !

L'Europe, pour avoir été si longtemps meurtrie par des guerres civiles avant de choisir la voie de la paix et de la réconciliation !

L'Onu, pour ce qu'elle emporte (encore) comme Espérance pour l'Humanité !



Par ERASME - Publié dans : Lettres ouvertes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /2010 07:58

José Maria Aznar, l'ancien chef du gouvernement espagnol, a adressé une lettre au président du Parlement européen, Jerzy Buzek, pour lui présnter une initiative qu'il a prise avec des personnalités connues et moins connues pour défendre Israël. Friends of Israël se présente désormais publiquement, écrit M. Aznar, et elle compte des signataires comme le prix Nobel David Trimble, l'ancien ambassadeur américain à l'ONU, John Bolton et bien d'autres encore.

Le but est d'agir contre la " déligitimation " de l'Etat d'Israël qui est, écrivent-ils dans leur appel commun, un " Etat occidental " démocratique qui est " de notre côté ".

De même, peut-on lire en annexe de cette lettre, il est un rempart. " Les assauts contre Israël sont des assauts contre les valeurs judéo-chrétiennes ", ce pays est sur " une ligne de front et nous sommes sur la seconde ligne ", assurent les signataires.

Selon eux, le combat est mené contre le même ennemi : " Israël's future is our fate "(" l'avenir d'Israël est notre destin ")

 

Source : Agence Europe

 

Cette lettre s'inscrit dans le droit fil du débat qui oppose aujourd'hui deux courants de pensée à l'égard de la manière de soutenir Israël - cf. à cet égard les différents articles qui y ont trait sur ce blog, et notamment  Pourquoi je signe l'« Appel à la raison » du collectif J-Call  ainsi que "Raison garder" contre "Appel à la Raison" : la communauté juive européenne est partagée sur le soutien à apporter à la politique israélienne -.

S'agissant des liens étroits entre l'Union européenne en tant qu'institution politique, les Européens et Israël :

 * Proche Orient : L'Europe dans le processus de paix - nouvelle édition -

 * L'UE est invitée à avancer dans le renforcement de ses relations avec Israël 

 * L'Union européenne réitère son souhait de "réhausser" les relations avec Israël à condition que le gouvernement israélien soutienne la solution des 2 Etats

 * http://www.haaretz.com/print-edition/news/eu-votes-to-upgrade-israel-relations-despite-arab-lobbying-1.259119

 * La 9ème session du Conseil d'association UE-Israël a été dominée par le dossier du Proche-Orient

 * Council conclusions on Middle East Peace Process (2951st External Relations Council meeting, Luxembourg, 15 Juin 2009)

 * Solana : "Israël est membre de l'UE" 

 * Discours de M. le Président de la République, Nicolas Sarkozy, lors de la XVIIème Conférence des Ambassadeurs (Palais de l'Elysée – 26 août 2009) - Seconde partie -  

 * Penser pour agir dans l'espace euroméditerranéen avec l'efficacité attendue sans insulter l'avenir - nouvelle édition -

 * Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien

 * It’s time the EU told Israel that enough is enough, by Pierre Schori

 * Netanyahu dénonce une "alliance contre nature" visant Israël

 * Why Europe and Israel need to bury the hatchet, by Oded Eran

 * Une étude établit un constat très critique des relations UE - Israël

 * Il faut sauver le soldat "Israël" !

Texte du Conseil de l'Union européenne relatif au contenu du réhaussement du statut d'Israël à l'égard de l'UE ("upgrading" ou encore "Tout sauf les institutions") : 104571-upgrading 104571-upgrading

S'agissant de l'évocation qui est faite ici et là des valeurs judéo-chrétiennes et de leur caractère " universel " , il n'est peut-être pas inutile de renvoyer le lecteur aux articles suivants :

 * Caractère universel des Droits de l'Homme : le principe et la réalité - nouvelle édition -

 * Du décalogue !

 * La nation par les rêves, par Gilles Bernheim (LeMonde.fr)

S'agissant de la nature des liens entre ésotérisme judaïque et ésotérisme maçonnique :

 * http://secretebase.free.fr/complots/organisations/francmacon/culte/culte.htm

S'agissant de la " question juive " et de la confusion des mots qui entoure cette notion :

 * "Retour sur la question juive", d'Elisabeth Roudinesco : l'antisémitisme et la confusion des mots (Critique de Jacques Le Rider - Le Monde) 

 * " Nous sommes tous des juifs allemands ", par Daniel Cohn-Bendit 

 * A un ami israélien, de Régis Debray avec une réponse d'Elie Barnavi et la réaction de Claude Lanzmann : http://leblogdenoach.wordpress.com/2010/05/14/claude-lanzmann-%c2%ab-debray-ne-comprend-rien-a-israel-%c2%bb/

Site de la délégation de l'Union européenne en Israël :

http://ec.europa.eu/delegations/israel/index_en.htm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ERASME - Publié dans : Lettres ouvertes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /2010 08:30

Cessons de nous voiler la face ! Non, aucune stratégie européenne, que ce soit la stratégie UE 2020, la stratégie pour le développement durable, la stratégie européenne de sécurité, ou d'autres encore, n'a aucune chance de produire ses effets sans une relance énergique de la coopération politique infraeuropéenne partout où les grands défis pour la sécurité imposent d'agir collectivement avec une volonté et une efficacité renforcées.

Dans les domaines de la défense et de la sécurité collectives, non, l'OTAN n'est pas l'organisation la mieux à même d'entreprendre l'ensemble des chantiers de transformation que nécessitent l'urgence stratégique autant que l'émergence d'une nouveau modèle de gouvernance multilatérale, plus anticipatif, plus ouvert et moins biaisé par des jeux d'Etats unitaires empreints de réflexes à la fois trop 'autocentrés' et trop 'autoprotecteurs'!

Les Etats européens n'ont pas d'autre alternative que de poursuivre la construction européenne en faisant rapidement de l'UE un véritable acteur politique "global" (1)

Cessons de parler haut et fort du besoin de consolidation, de rationalisation, de convergence, de coordination, de mutualisation pour au final, surtout, ne rien faire, ou au bas mot, ne faire que tenter, souvent en vain, de ne consolider  que son pré carré ! Que dire des coupes dans le budget de la défense en Grande-Bretagne, en Allemagne, en France  sinons que nous n'avons plus les moyens de nos ambitions comme le soulignent tous les rapports parlementaires sur la disponibilité et la projection de nos forces ...

Regardons en face la réalité de nos finances publiques nationales, celle de l'efficacité de nos opérations extérieures, celle de la performance globale de nos outils de défense et de nos grands programmes technologiques et d'armement comme celle de notre base technologique et industrielle européenne essentielle à l'émergence d'une véritable autonomie stratégique de l'Union dans les domaines clé que sont ceux des hautes technologies ayant un impact stratégique et de la défense !

Le temps des appels incantatoires, des déclarations plus ou moins lyriques et des déclamations à la Prévert doit laisser la place à celui de la responsabilité et de l'action politiques !

Sans parler des obstacles, nombreux, qui se dressent constamment devant l'Agence européenne de défense dès qu'elle tente d'entreprendre des initiatives inspirées plus par une certaine idée de l'intérêt général européen dans ses champs de compétence que par tel ou tel intérêt national ou multilatéral particulier, alors même que cet organe agissant sous l'autorité du Conseil est présenté ici ou là comme l'alpha et l'oméga de tous les développements futurs requis par la nécessaire montée en puissance de la politique de sécurité et de défense de l'Union (cf. par exemple à cet égard l'article intitulé A quoi peut bien servir l'Agence européenne de défense si les milieux allemands et français concernés continuent de dégrader leurs relations ? ).
A force de confondre indépendance et autonomie, et de freiner une plus grande intégration en matière de défense, les souverainistes, les eurosceptiques et les européistes hésitants condamnent nos 'Etats-puissance' d'hier à se discréditer sur la scène internationale, en ayant le verbe haut mais la main sur la bourse et le pied sur le frein : le 'donjuanisme' est souvent un signe d'impuissance !
Le Parlement européen, l'Assemblée parlementaire de l'UEO - rebaptisée l'AESD -, le général Syren et bien d'autres encore souhaitent tous une mise en oeuvre 'pragmatique' de la Coopération structurée permanente - CSP - (cf. notamment AESD : Mettre en œuvre le Traité de Lisbonne : avancer « pas à pas et dans la bonne direction »AESD : L’UE doit instaurer une coopération structurée permanente ainsi que UE/DÉFENSE : le général Syren souhaite une mise en oeuvre pragmatique de la Coopération structurée permanente ) !

Il ne suffit plus d'en appeler à la rigueur et à l'efficacité en convoquant, au nom du pragmatisme, tantôt des principes, tantôt des critères, tantôt des engagements - pris à maintes et maintes reprises mais jamais respectés -, tantôt des contraintes : le moment est venu d'agir effectivement en fixant un cap clair qui soit à la portée et à la mesure de chacun, en assignant à ceux qui doivent agir pour permettre au navire d'atteindre son but l'obligation d'être au rendez-vous des résultats attendus le jour J !

Engageons nous sans attendre dans cette voie  mais en ayant pris préalablement soin de fixer ensemble et le but à atteindre et la cap à suivre avant de décider qui est ou non prêt à initier le chantier énorme qu'emporte la CSP : ce qui exige de définir bien plus que des objectifs et des instruments aussi éparparpillés que désarticulés mais bien davantage une véritable politique - la politique européenne des capacités et de l'armement (PECA) - articulant tout ce qui doit être déployé et articulé collectivement à l'échelle de l'Union en termes de capacités opérationnelles et d'armement, y compris en laissant à chaque Etat membre la responsabilité entière de mener ses propres transformations dans le respect plein et entier des engagements pris en commun.

Cessons les compétitions et autres conflits  interinstitutionnels qui sont toujours vains lorsqu'ils n'ont pas pour objectif premier l'intérêt général européen.

Cessons d'opposer les méthodes intergouvernementale et communautaire là où tout pousse à les mettre en synergie (cf. PENSER L'INTERET EUROPEEN : Du compromis entre intérêts nationaux à l’intérêt général européen ).

Et attachons nous à être cohérents dans nos choix et nos actions, en abordant l'avenir des perspectives financières de l'Union en prenant acte que le budget européen doit impérativement pouvoir faire profiter cette CSP des bienfaits multiples de sa triple fonction intégratrice, allocative et redistributive sur chacun des registres où la PECA, comme la CSP, exigera d'agir sur les territoires autant que sur les politiques concernées (industrie, recherche, concurrence, marché intérieur, etc.) en plein respect des principes d'attribution des compétences, de subsidiarité, de proportionnalité et d'additionnalité (cf. en particulier à cet égard les articles suivants : Les principes fondateurs de l'Union européenne dans le projet de Constitution européenneApplication des principes de subsidiarité et de proportionnalité dans l'Union européenne ainsi que La politique régionale européenne, 2007-2013. Un outil rénové en faveur du développement local  ).

Il est à prévoir que les présidences belge, hongroise et polonaise de l'Union européenne s'emploieront sans ménager leurs efforts à initier les processus politiques correspondants !

Apportons leur notre concours pour que leur énergie puisse produire les effets attendus en pareille matière.

 

Pour en savoir plus sur le "pourquoi et comment agir", voir l'article de ce blog intitulé Coopération structurée permanente / Politique européenne des capacités et de l'armement : plan d'action pour un passage à la vitesse supérieure ! ainsi que la page intitulée Coopération structurée permanente / Politique européenne des capacités et de l'armement : plan d'action pour un passage à la vitesse supérieure !.

 

 

 

 

Par De La Boisserie - Publié dans : Lettres ouvertes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Dimanche 27 juin 2010 7 27 /06 /2010 08:43

Qu’est-ce qu’une "puissance" au début de ce XXIè siècle ?

De grands intellectuels se sont de tous temps aventurés à examiner les contours de cette notion si souvent convoquée dans les univers géopolitiques, géostratégiques et historiques.[1]

Le colloque organisé en mai dernier à l’Ecole militaire, à Paris, par les auditeurs et élèves du CID, de l’ENA et de HEC sur ce thème de la puissance a permis de dégager une certaine vision de ce que peuvent être aujourd’hui les ressorts et déterminants de la puissance.

Cependant, afin de permettre à tous les lecteurs intéressés par cette question de se familiariser avec cette notion dont on abreuve si souvent leurs oreilles ici ou là, et d'opérer en toute autonomie les évaluations qui leur paraitraient utiles d'entreprendre à l'égard de tel ou tel pays, ou de tel ou tel groupe de pays, nous nous limiterons nous ici à la définition de la puissance d’un Etat qui est proposée aux lycéens français en classe de terminale : « Une puissance mondiale, c’est un Etat dans le monde qui se distingue non seulement par son poids territorial, démographique et économique mais aussi par les moyens dont il dispose pour s’assurer une influence durable sur la planète en termes économiques, culturels et diplomatiques. Celle ci suppose une capacité à innover en permanence, à dominer les marchés en s’appuyant sur des firmes multinationales et une monnaie universellement acceptée, à diffuser ses propres valeurs et à disposer de moyens militaires, diplomatiques et financiers pour imposer son arbitrage dans les conflits régionaux. »

 

Caractérisation des principaux facteurs de la puissance d'un Etat ou d'un groupe d'Etats

Le lecteur trouvera ci-dessous une liste indicative - non exhautive - d'éléments qui permettent de circonscrire sur une base mesurable les principaux facteurs de la puissance d'un Etat ou d'un groupe d'Etats à partir de la définition de la puissance proposée ci-avant.

Par souci de simplification et de cohérence, ces éléments sont regroupés ci-après en 6 catégories dont certains éléments peuvent parfois se recouper soit dans leurs effets, soit dans leurs causes.

Bien évidemment, ces "indicateurs de puissance" n'ont pas tous de valeur intrinsèque. Leur intérêt réside principalement dans le fait qu'ils offrent une base utile pour une appréciation raisonnée et comparative de la puissance.

 

* La population et ses ressources

-         Effectif global de la population

-         Le niveau de développement humain (éducation, santé, etc.)

-         La maîtrise démographique / l’aptitude à répondre aux mutations démographiques

-         Le nombre d’immigrants qualifiés / hautement qualifiés vivant ou travaillant sur le territoire

-         Le nombre de ressortissants émigrés à même de réintroduire des devises étrangères sur le territoire national

 

* Le territoire / son attractivité globale pour des investisseurs publics ou privés, internes ou externes

-         Superficie * la part de sa superficie valorisable sur le plan socio-économique             

-         La sécurité des frontières extérieures                                                                                    

-         La qualité et l’économie générale de ses réseaux et infrastructures (communications, transports, fluides - énergies, eau -, …),

-         Ses ouvertures océaniques

-         Ses ressources naturelles, minérale ou agricoles

 

* Le poids, le dynamisme et l’ouverture internationale de l’économie :

-         La dimension du marché intérieur

-         la résilience de ce marché intérieur dans le contexte d’accords de libre échange

-         Le niveau de vie

-         Le PIB

-         Rang et poids relatif dans certaines productions d’importance stratégique (minerais polymétalliques, pétrole, gaz naturel, nucléaire, aérospatiale, chimie, informatique, céréales)

-         Le patrimoine relevant du Trésor national

-         La solidité et la convertibilité de la monnaie

-         Les marchés financiers

-         Solvabilité

-         Structure de la dette (publique et privée – intérieure et extérieure) / niveau d’endettement

-         Les investissements à l’étranger / les actifs à l’étrangers

-         La capacité d’attraction des investissements internationaux mobiles et des FMN

-         La puissance économique des grandes entreprises domestiques

-         La capacité d’innovation (dépenses de recherche & développement, dépôts de brevets)

-         La place dans le commerce international : EU, ALL, Japon = 30 % du commerce mondial

 

* La solidité et l’efficacité des institutions nationales

-         La pertinence et la solidité des grands équilibres budgétaires

-         Volume de la dépense publique

-         Efficacité de l’Etat dans ses missions régaliennes

-         Efficacité de l’Etat dans ses fonctions économiques, sociales et culturelles

-         Le rapport de forces avec les FMN implantées sur le territoire national

-         Pérennité des institutions

-         Adhésion de la population aux orientations nationales

-         Résilience de la nation face aux grands mouvements crisogènes internationaux

-         Capacité d’union nationale face aux défis majeurs

 

* Le poids politique, diplomatique et militaire dans le concert international

-         Développer une logique d’influence sur les moyen et long termes / Existence et 'solidité' d'un réseau diplomatique et consulaire

-         Disposer d’une stratégie de sécurité nationale complète (sur l'ensemble des fonctions stratégiques qui la caractérisent, de l’anticipation/connaissance à l’intervention)

-         Disposer d’une stratégie d’approvisionnement de l’Etat en biens, ressources, services et équipements stratégiques et/ou vitaux

-         Capacité de déploiement de la logique d’influence et de la stratégie de sécurité nationale sur l’échiquier international

-         Place dans les réseaux d’alliance, les partenariats et organisations politiques, économiques, financières, commerciales, militaires

-         Autonomie de décision politique

-         Importance des armées (effectifs comme niveaux d’équipement et de formation)

-         Maîtrise de moyens de destruction massive / Capacités pour s’en protéger

-         Maîtrise militaire de l’espace

-         Importance des industries d’armement et exportations d’armes

-         Budget et part du PNB consacrés à la défense

 

* Le Rayonnement culturel, scientifique et technologique 

-         L’influence de la langue

-         Les médias et leurs réseaux

-         Foyer de création artistique (mode, publicité…), scientifique et technologique

-         Place occupée sur le web ainsi que dans les publications internationales

-        etc.

 

Qu’est-ce qu’une puissance régionale aujourd’hui ? 

C’est un Etat, ou un groupe d’Etats réunis et organisés en union ou en alliance, qui présente une part importante des caractéristiques de la puissance telles que décrites ci-avant.  

En outre, cet Etat, ou ce groupe d’Etats, doit être en mesure de déployer une stratégie d’influence dans la région concernée, y compris à ses marges, de manière directe ou indirecte, pour peser de manière significative sur les grands équilibres géopolitiques, économiques et sociaux de la région, notamment au travers d’un jeu de partenariats et d’associations qui en renforcent l’efficacité autant que la visibilité.

 

Une grille d'évaluation parmi d'autres.

L'appréciation de l'état ou du niveau de puissance d'un Etat ou d'un groupe d'Etats ne constituant en aucune manière un exercice qui relèverait d'une science totalement exacte, mais bien plutôt un exercice relevant d'un art maitrisable à partir de données objectivables, et afin qu'il puisse entreprendre en toute simplicité l'évaluation de chacun des éléments ci-dessus pour un pays ou un groupe de pays donné, le lecteur peut recourir à la grille d'évaluation simplifiée suivante en l'implémentant à partir des informations qualitatives et quantitatives dont il dispose (ou dont il peut aisément disposer au moyen d'internet) :

    F = facteur favorable – FF = facteur très favorable  

     D = facteur défavorable – DD = facteur très défavorable

     NA = Facteur non apprécié

     EVF = facteur en voie d’évolution favorable / EVD = facteur en voie d’évolution défavorable

 

Illustration :

S'il le souhaite, le lecteur peut s'exercer à évaluer ces différents éléments pour un pays donné (par exemple, la France), pour un groupe de pays donné (par exemple, l'Union européenne ou l'OTAN).

Il peut également s'exercer à évaluer ces différents éléments pour tel ou tel autre pays de la Région médterranéenne afin d'apprécier s'il constitue ou non, ou pourrait ou non constituer un jour une "puissance méditerranéenne".

NB : Les profils statistiques des pays méditerranéens sont disponibles aux adresses suivantes :

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_OFFPUB/KS-DI-07-001/EN/KS-DI-07-001-EN.PDF

ou encore : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page/portal/medstat/introduction/

 


[1] Cf. en particulier l’analyse proposée dans l’article suivant : http://www.stratisc.org/act/Malis_POWERII.html

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Lettres ouvertes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
  (Voltaire)

Recommander

Recherche

Catégories

Conseils de lecture

Connaissez-vous ERASME ?

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés