A la rencontre de femmes et d'hommes illustres

Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /2010 16:44

Sur France Inter, Alain Baraton, jardinier de Versailles, citait, pour illustrer quelque débat sur la démocratie participative, une lettre de Georges Pompidou à Jacques Chaban-Delmas, à propos de l’abattage des arbres qui ombragent les routes de France. Certes, Alain Baraton est passé maître dans l’art d’évoquer les petits bijoux oubliés des chronique littéraires et politiques. Mais qu’il soit remercié cette fois plus encore qu’à l’accoutumée. Car ce texte, écrit cinq ans avant ma naissance, rappelle à ceux qui ne l’ont pas connu, combien le défunt président ne fut pas le chantre du béton et de la modernité qu’un musée portant son nom pourrait laisser croire.


De Georges Pompidou, je connaissais une fameuse conférence de presse, et cette citation de Paul Eluard lancée aux ligues de vertus de l’époque, qui s’étaient acharnées contre un professeur de français :

Comprenne qui voudra,

Moi mon remord ce fut

La malheureuse qui resta sur le pavé

La victime raisonnable à la robe déchirée

Au regard d’enfant perdue

Découronnée, défigurée,

Celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés.


De Georges Pompidou, je connaissais la légende du normalien fils de paysan, et cette merveilleuse Anthologie de la poésie française, qui nous prouve combien les grandes écoles, quand la République croyait encore en elle-même, n’avaient pas besoin de quotas. Je connaissais aussi le trou des Halles, et ces pavillons Baltard, dont, nostalgique invétérée, je pleure la disparition, et, avec eux, celle de la France artisanale chassée de Paris. Je voyais comme un paradoxe cet héritier de la ruralité donnant son nom à une autoroute des bords de Seine au point de devenir le symbole d’une modernité prométhéenne aujourd’hui synonyme de laideur et de cauchemar. Paradoxe qu’une simple lettre vient éclairer, pour rendre justice à cet homme qui, je le découvre, avait compris la nature essentiellement esthétique de l’identité française.


La lettre, datée du 17 juillet 1970, et qu’on peut lire in extenso sur
cette page, a ce charme que donne une langue nourrie au lait des œuvres classiques. La précision du vocabulaire le dispute à la rigueur des constructions grammaticales ; et l’on se prête au jeu terrible des comparaisons, en se disant qu’un homme d’Etat qui manie la langue honore tout de même le pays qu’il sert. Mais le plus merveilleux est peut-être cette subtile ironie qui pointe dans le constat doux-amer que l’administration se moque bien des agitations politiques. On est bien loin des rodomontades d’un Président se gargarisant de sa toute puissance. « J’ai eu par le plus grand des hasards, communication d'une circulaire du Ministre de l'Equipement -Direction des Routes et de la Circulation Routière - dont je vous fais parvenir photocopie. Cette circulaire, présentée comme un projet, a en fait déjà été communiquée à de nombreux fonctionnaires chargés de son application, puisque c'est par l'un d'eux que j'en ai appris l'existence. » L’élégance du détachement le dispute alors au plaisir de l’absurde, quand le Président d’une puissance nucléaire s’émeut de son peu de pouvoir sur le devenir des arbres. « Les arbres, eux, n'ont, semble-t-il, d'autres défenseurs que moi-même et il apparaît que cela ne compte pas. »


Ô splendeur de la rhétorique dans cette phrase si admirablement tournée qu’elle incarne à elle seule toute la lucidité d’un homme de pouvoir qui en connaît les limites : « Je vous demande donc de faire rapporter la circulaire des Ponts et Chaussées, et de donner des instructions précises au Ministre de l'Equipement pour que, sous divers prétextes (vieillissement des arbres, demandes de municipalités circonvenues et fermées à tout souci d'esthétique, problèmes financiers que posent l'entretien des arbres et l'abattage des branches mortes), on ne poursuive pas dans la pratique ce qui n'aurait été abandonné que dans le principe et pour me donner satisfaction d'apparence. » Et que dire de l’éloge de la promenade, qui clôt la lettre ?


De lire ce texte, on se prête à rêver d’un route ensoleillée, qu’ombragent quelques platanes centenaires, et qui mène à la porte d’un village nous racontant les générations qu’elle a vues passer sous son arche. On sent les odeurs de foin coupé dans le bourdonnement des abeilles, quand la chaleur monte de la terre.
Et l’on se dit que gouverner la France, c’est aussi connaître cela, et savoir l’écrire.

Cet article de Natacha Polony a été publié le 31 janvier 2010 sur le blog Le Figaro.fr
http://blog.lefigaro.fr/education/2010/01/georges-pompidou-ou-la-langue-francaise-au-pouvoir.html


Par Patrice Cardot - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 17:30

Regards-citoyens propose à ses lecteurs de prendre connaissance de l'intervention publique de cet homme remarquable qu'est Stéphane Hessel lors du meeting qu'Europe Ecologie a tenu le 9 février 2010 à Orsay (Essonne).

La vidéo de cette intervention est disponible ci-après :
http://www.dailymotion.com/video/xc6e2s_meeting-europe-ecologie-orsay-steph_news



Par ERASME - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 06:59

Philosophe hollandais d'origine juive et portugaise. Côtoyant des milieux chrétiens libéraux et libres penseurs, Baruch Spinoza (1632-1677) est séduit par la philosophie cartésienne et se montre avide de connaissance. Pour pouvoir se consacrer à ses activités intellectuelles, il gagne sa vie en polissant des verres de microscope. Il est excommunié en 1656 à cause de son attitude trop libre par rapport aux pratiques du judaïsme et vit alors en homme libre sans attache religieuse.

Après un examen critique de la Bible, dont ce fut la première véritable

exégèse rationaliste, Spinoza conclut qu'elle a été écrite pour frapper les imaginations et qu'elle ne fournit ni enseignement, ni métaphysique et n'apprend rien sur Dieu. Il introduit ainsi une séparation fondamentale entre la foi et le savoir.

En écrivant "Dieu c'est-à-dire la nature" Spinoza identifie la divinité au tout du monde réel, contrairement à l'anthropomorphisme religieux classique qui fait de Dieu un créateur, distinct du monde, agissant selon un objectif. Le Dieu de Spinoza est impersonnel, ni créateur, ni bienveillant, ni malveillant, sans dessein particulier pour l'homme, sans morale (la morale est faite par les hommes pour les hommes). Cette vision de la divinité l'a fait, de son vivant, accuser d'athéisme. Le terme de
panthéiste qui lui conviendrait davantage est apparu au début du XVIIIe siècle.

L'Ethique (1677), l'œuvre majeure du philosophe hollandais, est rédigée, dans un souci de rationalisme absolu, comme un livre de mathématique. L'auteur y prône la recherche du salut par la connaissance, le Souverain Bien, qui apporte la joie, la Béatitude, et sauve du trouble des passions. Ayant été informé des accusations d'ouvrage athée formulées par les théologiens, Spinoza renonce à sa publication qui l'aurait certainement conduit au bûcher.

Hormis "Principes de la philosophie de Descartes", "Pensées métaphysiques", "Traité théologico-politique" ses œuvres, interdites car considérées comme athées et blasphématoires, sont publiées à titre posthume.

Spinoza est considéré comme l'une des figures les plus importantes de la philosophie classique à cause de sa rigueur, de son sens critique qui lui vaut d'être poursuivi et persécuté (il reçoit un coup de couteau). Par son rationalisme, il ouvre la voie qui conduira à l'athéisme du XVIIIe siècle.

Bibliographie : Court traité de Dieu, de l'homme et de la béatitude (1660), Traité de la réforme de l'entendement (1661, publié en 1677), Traité théologico-politique (1670), Les principes de la philosophie de Descartes (1663), Pensées métaphysiques (1663), L'Ethique (1677), Traité politique (1677).

Source : http://atheisme.free.fr/Biographies/Spinoza.htm

Par ERASME - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 18:54

Philippe,


Jamais, jamais je n’aurais imaginé que tu mourrais à 66 ans et que j’aurais à prononcer ton éloge
funèbre.

Quand on t’interrogeait sur la mort tu disais : « elle arrivera à un moment où la lassitude et le besoin de repos l’emporteront. J’aimerais mourir dans mon lit, entouré des miens, par un temps ensoleillé. Surtout pas d’obscurité… »

La mort t’a pris par surprise, dans ton lit, un matin d’hiver. Il neigeait…

Au moment où la nouvelle s’est répandue il s’est passé au fond quelque chose d’étrange. Il y a eu comme un grand vide. Ce fut comme si chaque Français découvrait brusquement à quel point ta présence lui était devenue familière.

Figure-toi, Philippe, que nous nous étions habitués à ta voix, à tes éclats de rire, à tes colères, à ton regard, à ton sourire. Et sans que nous nous en soyons rendu compte, ils avaient fini par faire partie de notre vie.

Avec ta disparition, la France ne perd pas seulement un homme politique, député pendant 24 ans, maire durant 14 ans, ministre des Affaires sociales, président de l’Assemblée nationale, chef de parti.

Tu en as occupé tous les postes et toutes les fonctions. Mais pour autant, cher Philippe, t’es-tu vraiment senti un homme politique ? L’as-tu jamais été ? Tout dépend de la définition que l’on en donne. Car en entrant en politique, tu n’avais pas choisi un métier. Tu avais cherché à donner un sens à ta vie.

Ta vie, tu n’as cessé d’en remonter le cours. Et jusqu’à la fin, au fond de toi, tu resteras cet enfant, cet enfant qui, un 11 novembre, reçut sur la place de la Résidence à Tunis la médaille militaire de son père.

A sept ans, ta mère te remit un cahier dans lequel elle avait rassemblé les souvenirs de ce père, mort à 23 ans pendant la guerre, à l’entrée d’un petit village du Doubs. Toute ta vie, ton père sera ton héros.

A l’école, quand on te demandait la profession de ton père, tu écrivais « mort pour la France ».

Sur la dernière page de son cahier, ta mère avait écrit : « Voilà mon fils la fin de ton papa. Sois à son exemple brave, courageux, bon, honnête. Je te laisse ses notes et toutes nos lettres. Voilà ton héritage. »

elle a décidé de donner tout son amour, auquel elle a inculqué, jour après jour, des leçons de dignité et de courage.

Elle faisait partie de ces mères qui dans l’épreuve, face aux fins de mois difficiles, apprennent à leurs enfants de ne rien accepter qu’ils ne puissent pas rendre.

Tu resteras cet enfant, cet enfant meurtri qui, à douze ans, fut obligé de quitter la terre qui l’avait vu naître, où il avait grandi. Jusqu’à la fin, tu resteras cet enfant qu’une mère, veuve à vingt-trois ans, a voulu élever seule, auquel elle a décidé de donner tout son amour, auquel elle a inculqué, jour après jour, des leçons de dignité et de courage.

Elle faisait partie de ces mères qui dans l’épreuve, face aux fins de mois difficiles, apprennent à leurs enfants de ne rien accepter qu’ils ne puissent pas rendre.

Tu resteras cet enfant, cet enfant meurtri qui, à douze ans, fut obligé de quitter la terre qui l’avait vu naître, où il avait grandi. « Etranger sur sa terre natale et intrus dans son propre pays. Doublement importun. » Tu t’en rappelleras toujours.

A cet enfant, la vie a appris que ceux qui n’ont rien sont ceux qui peuvent le moins transiger sur leur honneur.

« Devoir d’orgueil » , diras-tu si souvent.

La soixantaine passée, tu confieras, toi qui étais si pudique : « On m’a souvent dit atypique : c’était bien une manière de me signifier que je n’avais pas une place évidente, dans un pays où je n’étais pas né, dans une noblesse administrative dont je n’avais pas les titres, dans une vie politique dont je récusais les règles. Alors je me suis raidi dans ma manière d’assumer mes origines, mes responsabilités et mes convictions ».

Devoir d’orgueil.

Devoir de fidélité à l’enfant que tu avais été.

Ton père n’avait pas été décoré de la Légion d’honneur. Alors tu la refusas, parce qu’à tes yeux les services que tu avais pu rendre n’étaient pas à la hauteur de ceux que ton père avaient rendus.

Devoir d’orgueil, devoir de fidélité.

Tu feras l’ENA par vocation. Toi qui, ta vie durant, ne cesseras de pourfendre le conformisme intellectuel, les idées toutes faites, la primauté de la politique, tu garderas de cette école un bon souvenir.

Tu as aimé la France. Tu as aimé la France avec passion.

Si tu l’as tant aimée c’est parce qu’elle était à tes yeux le seul bien de ceux qui n’ont rien. Tu la voulais grande, ouverte, généreuse, exemplaire. Tout ce qui la diminuait ou qui la déshonorait t’était insupportable.

Si tu as été aussi attaché à la République, c’est parce que rien n’était plus important pour toi que de donner à ceux qui n’ont rien la chance de devenir quelqu’un. Et à toi, à toi Philippe, le gosse de Tunis, le pupille de la Nation, le « Petit chose » comme tu disais parfois, la République avait donné sa chance.

Si tu te dévouas autant au service de l’État, c’est parce qu’il était pour toi l’instrument de la justice, la protection des plus faibles, le garant de cette unité française que tu sentais si fragile, le rempart contre ce retour des féodalités locales que tu craignais toujours. Mais cet État tu le voulais impartial, au-dessus des partis, des factions, des clans, des intérêts.

L’État, la Nation, la République, ce fut le coeur de ton engagement. Ces mots, tu ne les as pas seulement réhabilités. Tu les as incarnés. Tu leur as donné ton visage, ta voix. Dans la façon dont tu les prononçais, il y avait une sincérité émouvante qui leur donnait une force particulière. Vouloir toujours être fidèle à toi-même, ne pas transiger c’était ta manière de faire de la politique.

Tu as toujours préféré t’en aller plutôt que d’avoir le sentiment de te renier.

Toi, si redoutable en campagne, tu haïssais le sectarisme. Tu avais choisi le Gaullisme parce que le Général de Gaulle mettait l’État, la Nation et la République au-dessus de la droite et au-dessus de la gauche.

De toutes les fonctions que tu as occupées, celles que tu aimas le plus, ce furent celles qui exigeaient de se placer au-dessus des partis. Tu ne fus jamais plus heureux que comme Maire d’Épinal et comme Président de l’Assemblée Nationale.

Aussitôt élu à la présidence de ton parti, tu renonceras à ton mandat municipal, les deux engagements te paraissant incompatibles.

Et quand tu seras élu à la présidence de l’Assemblée nationale, tu déclareras : « Nul ne sera écrasé par personne. J’en donne l’assurance formelle ».

Tu tiendras parole.

Premier Président de la Cour des Comptes, tu avais encore mis tes exceptionnelles qualités au service de l’État en donnant à cette institution une aura sans précédent et en engageant une réforme qui bousculait bien des habitudes.

Toi qui puisais tant dans l’Histoire pour nourrir ta pensée, tu n’étais pas un homme du passé mais un homme du présent et du futur. Il t’arrivait parfois d’être mélancolique, jamais nostalgique.

Pas une fonction que tu n’exerças sans vouloir tout changer.

Tu savais que tout ce à quoi tu croyais disparaîtrait si l’immobilisme triomphait.

Tu aimais passionnément la politique et si tu as si souvent démissionné, tu ne l’as jamais vraiment quittée. Tu la jugeais sévèrement mais tu pensais qu’elle était plus que jamais nécessaire si nous voulions rester des femmes et des hommes libres.

Tu aimais passionnément le sport et tu prenais grand soin de ne jamais en faire.

Tu aimais le cinéma. Tu aimais les livres. Mais la politique dévorait tout ton temps. Parce que tu la prenais au sérieux. Tu étais exigeant. Tu te souciais du moindre détail. Tu ne supportais ni l’improvisation ni l’approximation.

Tu aimais les gens. Tu les aimais à ta façon mais tu les aimais parce que profondément tu les respectais.

Au fond, Philippe, tu as été heureux. Tu as eu la vie que tu t’étais choisie. Tu avais une famille que tu aimais et qui t’aimait…

Alors, qui saura jamais pourquoi toi qui aimais tant la vie tu étais parfois si triste ? Qui connaîtra jamais toutes les peines secrètes que tu portais en toi et qui de temps en temps assombrissaient ton visage ?

Meurtri, blessé, tu l’as souvent été. Tu t’en es consolé en te mettant au service des autres, en prenant fait et cause pour les plus modestes. Ceux-là, quand tu es mort, ont bien senti que tu les avais aimés.

De toi il ne restera ni une théorie, ni une doctrine. Il restera le souvenir d’une vie, d’une vie dans laquelle beaucoup de Français peuvent se reconnaitre parce qu’elle exprime mieux que tout au monde ce qu’est notre pays au plus profond de lui-même.

Alors aujourd’hui, dans cette cour des Invalides, dans ce cadre solennel où tu aimais tant ressentir la grandeur de la France, je veux te rendre l’hommage solennel de la Nation que tu as servie avec tant de noblesse et tant de dévouement. Et puis, mon cher Philippe, tu iras dormir, dormir paisiblement au bord de ta chère Méditerranée, sous le ciel bleu et le soleil. Surtout pas d’obscurité.

A ta femme Béatrice, à tes enfants, Patrick, Catherine, Pierre et Anne-Laure, à tes petits enfants qui te pleurent, je veux dire la peine et la tristesse de tous ceux qui t’ont aimé.

Leur douleur est la nôtre.

Qu’il me soit permis de leur dire mon amitié.

Tu vas nous manquer.

Tu manqueras à chacun d’entre-nous.

Mais le petit enfant meurtri de Tunis continuera longtemps encore à parler à chacun de nous de son père héroïque, de sa mère institutrice, de son devoir d’orgueil, de la France, de la République, et de ce que nous leur devons.

Alors laisse- moi te dire, Philippe, une dernière fois, devant ton cercueil recouvert, comme jadis celui de ton père, du drapeau tricolore, ces mots que tu aimais tant, ces mots qui avaient pour toi un sens si profond que tu n’arrivais pas à les prononcer sans être ému. Oui, mon cher Philippe :


Vive la France.

Et vive la République.

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /2010 18:49

Albert Camus est disparu accidentellement il y a 50 ans. L'heure est à la célébration et de l'oeuvre, et de l'Homme.

Cet Homme superbe, dont l'intelligence de coeur n'a eu d'égale que celle de son esprit, dont la plume comme les engagements dans la vie ont su si bien rendre compte de l'éclat de son âme autant que des questionnements qui l'ont habité sans aucune pause, a lancé à ses proches et amis, à ses collègues, à ses rivaux, au monde des phrases et des formules qui toutes, sans exception, méritent qu'on s'y attarde un instant !

Regards Citoyens, en propose ici quelques unes, pour mémoire, puisées dans le document qu'y consacre le site : http://www.evene.fr/citations/auteur.php?ida=49 ,

" Le monde change, et avec lui les hommes et la France elle-même. Seul l'enseignement français n'a pas encore changé. Cela revient à dire qu'on apprend aux enfants de ce pays à vivre et à penser dans un monde déjà disparu. "

" Le désespoir, comme l'absurde, juge et désire tout, en général et rien, en particulier. "

" Il faut mettre ses principes dans les grandes choses, aux petites la miséricorde suffit. "

" Mais qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ? "

" Rien n'est vrai qui force à exclure !  "

" On a déclaré qu'il fallait d'abord la justice et que, pour la liberté, on verrait après ; comme si des esclaves pouvaient jamais espérer obtenir la justice. " 

" Lorsque nous serons tous coupables, ce sera la démocratie véritable. "

" L'homme n'est pas entièrement coupable : il n'a pas commencé l'histoire ; ni tout à fait innocent puisqu'il la continue. "

"
Le grand courage, c'est encore de tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort. "

"
Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t'enlever ta liberté pour assurer ton pain ? "

"
Il n'y a pas longtemps, c'étaient les mauvaises actions qui demandaient à être justifiées, aujourd'hui ce sont les bonnes. "

" Penser, ce n'est pas unifier, rendre familière l'apparence sous le visage d'un grand principe. Penser, c'est réapprendre à voir, diriger sa conscience, faire de chaque image un lieu privilégié. "

" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. "




Par ERASME - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
  (Voltaire)

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