A la rencontre de femmes et d'hommes illustres

Dimanche 1 août 2010 7 01 /08 /2010 11:49

Albert Camus est disparu accidentellement il y a 50 ans. L'heure est à la célébration et de l'oeuvre, et de l'Homme.

Cet Homme superbe, dont l'intelligence de coeur n'a eu d'égale que celle de son esprit, dont la plume comme les engagements dans la vie ont su si bien rendre compte de l'éclat de son âme autant que des questionnements qui l'ont habité sans aucune pause, a lancé à ses proches et amis, à ses collègues, à ses rivaux, au monde des phrases et des formules qui toutes, sans exception, méritent qu'on s'y attarde un instant !

Regards Citoyens en propose ici quelques unes, pour mémoire, puisées dans le document qu'y consacre le site : http://www.evene.fr/citations/auteur.php?ida=49 ,

" Le monde change, et avec lui les hommes et la France elle-même. Seul l'enseignement français n'a pas encore changé. Cela revient à dire qu'on apprend aux enfants de ce pays à vivre et à penser dans un monde déjà disparu. "

" Le désespoir, comme l'absurde, juge et désire tout, en général et rien, en particulier. "

" Il faut mettre ses principes dans les grandes choses, aux petites la miséricorde suffit. "

" Mais qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ? "

" Rien n'est vrai qui force à exclure !  "

" On a déclaré qu'il fallait d'abord la justice et que, pour la liberté, on verrait après ; comme si des esclaves pouvaient jamais espérer obtenir la justice. " 

" Lorsque nous serons tous coupables, ce sera la démocratie véritable. "

" L'homme n'est pas entièrement coupable : il n'a pas commencé l'histoire ; ni tout à fait innocent puisqu'il la continue. "

"
Le grand courage, c'est encore de tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort. "

"
Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t'enlever ta liberté pour assurer ton pain ? "

"
Il n'y a pas longtemps, c'étaient les mauvaises actions qui demandaient à être justifiées, aujourd'hui ce sont les bonnes. "

" Penser, ce n'est pas unifier, rendre familière l'apparence sous le visage d'un grand principe. Penser, c'est réapprendre à voir, diriger sa conscience, faire de chaque image un lieu privilégié. "

" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. "




Par ERASME - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /2010 11:47

Simone Weil (à ne pas confondre avec cette autre Femme illustre qu'est Simone Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah) fait partie de ces êtres d'exception dont la vie comme la pensée constituent des manifestations non seulement vivantes mais exhaltantes de l'Espérance.

" Parler d’elle comme d’un philosophe chrétien est à la fois une évidence et un contresens. Elle s’est déclarée chrétienne («cette foi est mienne») tout en restant sur le seuil, dans le nartheix où se tiennent les catéchumènes («j’ai pour vocation d’être chrétienne hors de l’Église») et refusera jusqu’au bout un baptême que d’aucuns pourtant auraient bien aimé lui administrer. "

Elève de Terminale, je me souviens avoir été conduit à en investiguer la pensée profonde sur ce représente le risque pour l'Homme en cours de Philosophie, afin d'en dégager la substantifique moelle ; belle école que celle-là qui ne nous enseignait et ne pratiquait ni le "risque 0" ni la "tolérance 0" !

Profondément touché par l'élévation de sa pensée, je me suis même hasardé à écrire un poème sur le risque qui me permit d'être lauréat d'un petit concours local de poésie.

Qu'a-t-elle écrit à son propos qui ait pu susciter une telle motivation ?

Quelques passages tirés de son oeuvre intitulée "l'enracinement" permettront au lecteur d'en saisir toute la hauteur !

" Le risque est un besoin essentiel de l'âme. L'absence de risque suscite une espèce d'ennui qui paralyse autrement que la peur, mais presque autant. D'ailleurs il y a des situations qui, impliquant une angoisse diffuse sans risques précis, communiquent les deux maladies à la fois.

Le risque est un danger qui provoque une réaction réfléchie ; c'est-à-dire qu'il ne dépasse pas les ressources de l'âme au point de l'écraser sous la peur. Dans certains cas, il enferme une part de jeu ; dans d'autres cas, quand une obligation précise pousse l'homme à y faire face, il constitue le plus haut stimulant possible.


La protection des hommes contre la peur et la terreur n'implique pas la suppression du risque ; elle implique au contraire la présence permanente d'une certaine quantité de risque dans tous les aspects de la vie sociale ; car l'absence de risque affaiblit le courage au point de laisser l'âme, le cas échéant, sans la moindre protection intérieure contre la peur. Il faut seulement que le risque se présente dans des conditions telles qu'il ne se transforme pas en sentiment de fatalité ."

J'ai souhaité lui rendre hommage sur ce blog en invitant le lecteur à en découvir la vie et la pensée en parcourant le site http://www.culturesfrance.com/adpf-publi/folio/weil/08.html, où le dossier qui lui est consacré se termine ainsi :


" Si l’on ne peut parler en toute rigueur de doctrine weilienne (sa pensée ne formant pas système stricto sensu), si elle n’a pas laissé de disciples (il faut être un maître pour cela), demeure incontestablement un certain style weilien dans la problématisation des questions essentielles, une exigence entre toutes reconnaissable, la présence «ignée» au monde et à Dieu d’un pèlerin de l’absolu.

Si l’on ne peut parler de postérité weilienne en terme d’école, avec ses courants et ses clans, l’influence intellectuelle et spirituelle de Simone Weil est tout à fait considérable. Elle demeure pour un grand nombre de nos contemporains, célèbres ou obscurs, une référence obligée, voire un phare d’une exceptionnelle intensité.

En guise de florilège, retenons parmi ceux qui se reconnaîtront une dette, plus ou moins explicite, à l’endroit de sa pensée des esprits aussi différents que Maurice Schumann, homme politique, les cinéastes Roberto Rossellini (en particulier lors de l’écriture d’Europe 51) ou Henri Georges Clouzot, qui se convertira sur le tard au catholicisme le plus mystique, et que bouleversera la lecture d’Attente de Dieu. Des écrivains, comme Julien Green, Mircea Eliade, Czeslaw Milosz, Albert Camus, Iris Murdoch, Flannery O’Connor, Cristina Campo... Des philosophes, bien entendu, l’ont lue et méditée, tels Jean Guitton, Emmanuel Levinas, Émile Cioran («De la génération Sartre-Bataille, il n’est guère que Simone Weil qui m’intéresse»), René Girard, Michel Serres ou André Comte-Sponville (dont les analyses weiliennes sont toujours pénétrantes, et qui voit en elle « un des rares maîtres spirituels de notre époque »).

Témoin d’un siècle chaotique qu’elle voulut penser, Simone Weil est actuelle, en quelque façon, comme inactuelle, puisque survenant à contretemps, puisque résolument intempestive.

« L’objet de ma recherche n’est pas le surnaturel, mais ce monde. Le surnaturel est la lumière. On ne doit pas oser en faire un objet, ou bien on l’abaisse. » (La Pesanteur et la Grâce) "


Repères biographiques (cf. le site évoqué supra)

1909 Naissance à Paris, le 3 février. Simone Weil a un frère, de trois ans son aîné, André, futur cofondateur du groupe de mathématiciens «Bourbaki». Enfant de santé fragile.
1919 Entre au lycée Fénelon.
1921 Santé toujours très incertaine. Ne retourne au lycée qu’épisodiquement. Prend des leçons de piano avec Germaine Tailleferre. Lecture des Pensées de Pascal.
1923 Classe de première à Fénelon. Découvre Platon à travers le Phédon et le Criton.
1924 S’inscrit en classe de philosophie au lycée Victor-Duruy pour être l’élève de René Le Senne, philosophe spiritualiste disciple d’Octave Hamelin.
1925 Entre dans la classe d’Alain, en khâgne, au lycée Henri-IV. Se lie d’amitié avec Simone Pétrement.
1926 Influence décisive d’Alain, qui l’appelle «la Martienne». Lecture assidue de Platon, de Descartes, de Spinoza et de Kant.
1927 Formation du «Groupe d’éducation sociale»: Simone, son frère et ses amis y donneront des cours, destinés au peuple, à l’école municipale de la rue Falguière, jusqu’en 1931.
1928 Reçue à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm; parmi ses camarades de promotion: Jean Beaufret, Thierry Maulnier, Maurice Bardèche, Robert Brasil-lach, Claude Jamet...
1929 Adhère, et fait adhérer ses parents, à la Ligue des droits de l’homme. Donne des cours bénévoles à des cheminots.
1930 Commence à souffrir de violents maux de tête. Soutient son diplôme d’études supérieures: «Science et perception chez Descartes».
1931 Reçue à l’agrégation de philosophie. Nommée au lycée de jeunes filles du Puy. Contacts avec les milieux syndicalistes révolutionnaires. Participation active à la vie du mouvement ouvrier de la Haute-Loire et de la Loire.
1932 Séjour en Allemagne. Divers articles - en particulier dans La Révolution prolétarienne - sur la situation politique allemande à la veille de la prise du pouvoir par les nazis.
Nommée professeur au lycée d’Auxerre.
1933 Vacances en Espagne. Prend contact avec des militants de la Fédération communiste ibérique, dissidents du parti communiste espagnol. Article dans La Révolution prolétarienne sur l’échec de la révolution russe et sur la défaite du mouvement ouvrier allemand.
Collabore à La Critique sociale, revue du Cercle communiste démocratique dirigée par Boris Souvarine.
Rencontre et héberge à Paris Trotski.
1934 Traduit un texte de Machiavel sur le soulèvement des ciompi, ouvriers de la laine florentins.
Achève son «grand œuvre», son «testament», qu’elle ne publiera jamais: Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale.
Entre comme manœuvre chez Alsthom à Paris.
1935 Quitte Alsthom. Chômeuse, puis ouvrière spécialisée chez Renault.
Échange de lettres avec Alain, à propos des Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale.
Fin du travail en usine.
Vacances d’été en Espagne et au Portugal. Premier des «trois contacts» avec le catholicisme.
Nommée professeur de philosophie à Bourges.
1936 Correspondance avec Victor Bernard sur la vie ouvrière en usine. Expérience du travail agricole dans le Cher. Santé de plus en plus précaire.
Antigone, dans la revue Entre-nous.
Écrit La vie et la grève des ouvriers métallos, sous le pseudonyme de Simone Galois.
Lettre à Auguste Detœuf sur la signification des grèves ouvrières.
Assiste à une projection des Temps modernes de Charlie Chaplin.
Départ pour l’Espagne: engagement dans les rangs des anarcho-syndicalistes. Une blessure accidentelle hâtera son rapatriement.
Obtient un congé de maladie pour un an.
Textes divers, dont deux lettres: Lettre ouverte à un syndiqué et Lettre aux Indochinois (qui abordent la question coloniale en Extrême-Orient).
1937 «Ne recommençons pas la guerre de Troie», dans les Nouveaux Cahiers.
Voyage en Italie. À Assise, deuxième «contact» avec le catholicisme.
Compose un poème, Prométhée. Écrit La Condition ouvrière, qui sera publiée dans l’ouvrage éponyme.
Nommée au lycée de Saint-Quentin (Aisne).
1938 Nouveau congé de maladie, reconduit, d’année en année, jusqu’à sa mort. Semaine pascale à Solesmes. Troisième «contact» avec le catholicisme.
Lettre à Georges Bernanos, après la lecture des Grands Cimetières sous la lune.
Assiste au congrès du groupe Bourbaki, à Dieulefit (Drôme).
Première expérience mystique: est visitée par le Christ alors qu’elle récite le poème Love, de George Herbert.
1939 Rédige «Réflexion en vue d’un bilan», qui signe son abandon du pacifisme.
Écrit «Réflexions sur les origines de l’hitlérisme» et «L’Iliade ou le poème de la force».
1940 Lit la Bhagavad-Gîtâ, dont l’esprit lui semble très proche de l’esprit chrétien.
André Weil est inculpé d’insoumission et incarcéré à la prison du Havre: riche correspondance (en particulier sur les mathématiques) entre le frère et la sœur. Il s’embarquera bientôt pour les États-Unis.
Rédige un «Projet d’une formation d’infirmières de première ligne», qu’elle remaniera plusieurs fois.
Paris est déclarée «ville ouverte». La famille Weil s’installe à Marseille, via Nevers. Prend contact avec Les Cahiers du Sud, de Jean Ballard.
Lettre au ministre de l’Instruction publique pour protester contre le «Statut des juifs».
1941 Étudie le sanscrit avec René Daumal, qui lui fait rencontrer Lanza del Vasto.
Fréquente la Sociéte d’études philosophiques de Marseille, animée par Gaston Berger. Écrit pour lui un Essai sur la notion de lecture.
Rencontre le père Perrin, dominicain, qui lui fait connaître Gustave Thibon, écrivain catholique, qui exploite une ferme en Ardèche. Exprime sa volonté d’y travailler comme ouvrière agricole.
Lecture du Tao-Tö-King et des Upanishads. Vif intérêt pour le folklore. Apprend et récite le Pater en grec.
Lettre à Xavier Vallat, commissaire aux questions juives, sur le «Statut des juifs».
Grande fécondité intellectuelle. Nombreux articles dans Les Cahiers du Sud («Le Génie d’Oc et l’homme méditerranéen», «L’avenir de la science», «Réflexion à propos de la théorie des quanta»...). Deux poèmes: La Mer et Les Astres.
1942 Lettres au père Perrin (réunies dans Attente de Dieu).
Rencontre Joë Bousquet à Carcassonne.
Longues conversations avec dom Clément Jacob à l’abbaye bénédictine d’En-Calcat (Tarn).
Retour à Marseille. Nombreux textes: Réflexions sur le bon usage des études scolaires en vue de l’amour de Dieu; Formes de l’amour implicite de Dieu; Les Trois Fils de Noë; L’Amour de Dieu et le Malheur.
Lettres d’adieu à Joë Bousquet et au père Perrin.
Départ pour l’Amérique, via Oran et une longue escale à Casablanca (rédaction des Intuitions pré-chrétiennes).
Écrit la plus grande partie des Cahiers d’Amérique (La Connaissance surnaturelle).
Trois lettres importantes: au père Couturier (Lettre à un religieux); à son frère, lui recommandant ses parents; et à Jean Wahl, pour lever toutes équivoques concernant son attitude à l’égard de Vichy.
Embarquement pour l’Angleterre (novembre). Affectée, à Londres, comme rédactrice au Commissariat à l’action sur la France.
Intense production intellectuelle (Écrits de Londres et L’Enracinement).
1943 Entre à l’hôpital Middllesex (tuberculose diagnostiquée). Elle est transportée au sanatorium d’Ashford (Kent). Refuse de se nourrir et de se soigner.
Meurt le 24 août. Inhumation au New Cemetery d’Ashford, dans la section réservée aux catholiques.
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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /2010 10:29

Robert Schuman, né le 29 juin 1886 à Luxembourg et mort le 4 septembre 1963 à Scy-Chazelles (Moselle), était un homme d'État français et est considéré comme l'un des pères fondateurs de la construction européenne.

Le père de Robert Schuman (1886-1963), Jean-Pierre Schuman (1837-1900), est né français de langue allemande à Évrange, village lorrain à la frontière franco-luxembourgeoise. En 1871, après l'annexion d'une partie de la Lorraine par l'Allemagne, il devint allemand. La mère de Robert Schuman, Eugénie Duren (1864;†1911), une luxembourgeoise née à Bettembourg, acquit la nationalité allemande lors de son mariage avec Jean-Pierre Schuman. Bien qu'il fût né à Clausen, un faubourg de la ville de Luxembourg (où sa maison natale existe toujours, étrangement à moins de 300 mètres du bâtiment du Parlement européen qui porte son nom), Robert Schuman fut allemand de naissance.

Le jeune Robert Schuman fréquenta l'école primaire et secondaire (l'Athénée) dans la capitale du Grand-Duché, où il apprit notamment le français (sa première langue étant le luxembourgeois, sa deuxième l'allemand standard). Puisque le diplôme luxembourgeois n'était pas reconnu en Allemagne, il passa, en 1904, son Abitur (baccalauréat) au Lycée Impérial de Metz, alors ville allemande. Ayant fait ses études supérieures de droit en Allemagne à Bonn, Berlin, Munich et Strasbourg, il ouvre un cabinet d'avocat à Metz en juin 1912.

En 1913, il préside le grand rassemblement laïc catholique, le Katholikentag, tenu à Metz.

Un an plus tard, la Première Guerre mondiale éclate. Pendant la guerre il exerce dans l'administration territoriale (Kreis) à Boulay (Moselle). En 1918, il devient membre du conseil municipal de Metz.

En novembre 1918, l'Alsace-Lorraine réintègre la nation française et Robert Schuman, candidat de l'Union républicaine lorraine, entre en 1919 au Parlement comme député de la Moselle jusqu'en 1940. Il est membre de la Commission de législation civile et criminelle de 1919 à 1929 et de 1939 à 1940, de la Commission d’Alsace-Lorraine de 1919 à 1940, secrétaire de cette Commission de 1920 à 1927, vice-président de 1927 à 1929, Président de 1929 à 1936. Lors des débats à l'Assemblée sur l'abolition du droit local en 1923, il milite pour le maintien du Concordat.

En 1936, il est élu conseiller général dans le canton de Cattenom après avoir pris la nationalité française.

 

Robert Schuman
(timbre allemand de 1968).

En 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate et en mars 1940, Robert Schuman est nommé sous-secrétaire d'État pour les Réfugiés. Le 10 juillet 1940, avec 568 autres parlementaires il vote pour les « pleins pouvoirs » au maréchal Pétain.

La Moselle est annexée de fait par le Reich nazi quelques jours plus tard, intégrée au « Gau » Westmark – dont le chef-lieu est Sarrebrück –, et Robert Schuman, réfugié sur ses terres lorraines, est arrêté par la Gestapo et mis au secret dans la prison de Metz, avant d'être transféré à Neustadt (actuelle Rhénanie-Palatinat) le 13 avril 1941.

Âgé de cinquante-six ans, il s'évade et réussit à rejoindre la zone libre en août 1942 en passant par l'abbaye de Ligugé dans la Vienne. Il passera également par la Trappe de Notre-Dame-des-Neiges, en Ardèche. Sous la IVe République, il retrouve son siège de député de la Moselle de 1946 à 1962.

Il est Président du Conseil (1946) (MRP), puis Ministre des Affaires étrangères (1947-1952), il fut un des grands négociateurs de tous les traités majeurs de la fin de la Seconde Guerre mondiale (Conseil de l'Europe, pacte de l'Atlantique Nord, CECA, etc.).

Son ami Jean Monnet lui fait part de l'urgente nécessité pour la France de se faire un allié de l'Allemagne et rédige un projet destiné à initier une fédération européenne. Robert Schuman concrétise l’initiative en proposant – non sans audace de la part d'un député lorrain – par sa Déclaration du 9 mai 1950, de placer la production franco-allemande du charbon et d’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe. Cette proposition entraîne la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) qui est à l'origine de l'actuelle Union européenne.

C'est en ce 9 mai, que tous les ans le "Jour de l'Europe" commémore ce qui constitue, selon Jacques Delors, le geste le plus important de ces dernières décennies.

En 1953, en charge du dossier marocain (le Maroc, comme « protectorat », dépendait des Affaires étrangères), il tente de s'opposer à la déposition de Mohammed V, ce qui lui vaut d'être évincé du gouvernement.

De 1958 à 1960, il est le 1er Président du Parlement européen, lequel lui décerne, à la fin de son mandat, le titre de « Père de l'Europe ». Il se retire de la politique en 1962 et s'éteint à soixante-dix-sept ans le 4 septembre 1963 à son domicile de Scy-Chazelles près de Metz.

Après des obsèques solennelles en la cathédrale Saint-Étienne de Metz, son corps est inhumé au cimetière communal de Scy-Chazelles.

En 1966, sa dépouille est transférée dans la petite église fortifiée Saint-Quentin, en face de sa maison devenue la Maison de Robert Schuman, qui appartient aujourd'hui au Conseil général de la Moselle.

Un procès en béatification de Robert Schuman a été ouvert par l'Église catholique : Monseigneur Pierre Raffin, évêque de Metz, a autorisé l'ouverture du procès en 1991. En 2004, le procès diocésain a été clôturé. Les documents ont été envoyés au Vatican où la Commission pour la Cause des Saints est en train d'étudier le dossier.

 

Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Schuman

 

 

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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /2010 16:44

Sur France Inter, Alain Baraton, jardinier de Versailles, citait, pour illustrer quelque débat sur la démocratie participative, une lettre de Georges Pompidou à Jacques Chaban-Delmas, à propos de l’abattage des arbres qui ombragent les routes de France. Certes, Alain Baraton est passé maître dans l’art d’évoquer les petits bijoux oubliés des chronique littéraires et politiques. Mais qu’il soit remercié cette fois plus encore qu’à l’accoutumée. Car ce texte, écrit cinq ans avant ma naissance, rappelle à ceux qui ne l’ont pas connu, combien le défunt président ne fut pas le chantre du béton et de la modernité qu’un musée portant son nom pourrait laisser croire.


De Georges Pompidou, je connaissais une fameuse conférence de presse, et cette citation de Paul Eluard lancée aux ligues de vertus de l’époque, qui s’étaient acharnées contre un professeur de français :

Comprenne qui voudra,

Moi mon remord ce fut

La malheureuse qui resta sur le pavé

La victime raisonnable à la robe déchirée

Au regard d’enfant perdue

Découronnée, défigurée,

Celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés.


De Georges Pompidou, je connaissais la légende du normalien fils de paysan, et cette merveilleuse Anthologie de la poésie française, qui nous prouve combien les grandes écoles, quand la République croyait encore en elle-même, n’avaient pas besoin de quotas. Je connaissais aussi le trou des Halles, et ces pavillons Baltard, dont, nostalgique invétérée, je pleure la disparition, et, avec eux, celle de la France artisanale chassée de Paris. Je voyais comme un paradoxe cet héritier de la ruralité donnant son nom à une autoroute des bords de Seine au point de devenir le symbole d’une modernité prométhéenne aujourd’hui synonyme de laideur et de cauchemar. Paradoxe qu’une simple lettre vient éclairer, pour rendre justice à cet homme qui, je le découvre, avait compris la nature essentiellement esthétique de l’identité française.


La lettre, datée du 17 juillet 1970, et qu’on peut lire in extenso sur
cette page, a ce charme que donne une langue nourrie au lait des œuvres classiques. La précision du vocabulaire le dispute à la rigueur des constructions grammaticales ; et l’on se prête au jeu terrible des comparaisons, en se disant qu’un homme d’Etat qui manie la langue honore tout de même le pays qu’il sert. Mais le plus merveilleux est peut-être cette subtile ironie qui pointe dans le constat doux-amer que l’administration se moque bien des agitations politiques. On est bien loin des rodomontades d’un Président se gargarisant de sa toute puissance. « J’ai eu par le plus grand des hasards, communication d'une circulaire du Ministre de l'Equipement -Direction des Routes et de la Circulation Routière - dont je vous fais parvenir photocopie. Cette circulaire, présentée comme un projet, a en fait déjà été communiquée à de nombreux fonctionnaires chargés de son application, puisque c'est par l'un d'eux que j'en ai appris l'existence. » L’élégance du détachement le dispute alors au plaisir de l’absurde, quand le Président d’une puissance nucléaire s’émeut de son peu de pouvoir sur le devenir des arbres. « Les arbres, eux, n'ont, semble-t-il, d'autres défenseurs que moi-même et il apparaît que cela ne compte pas. »


Ô splendeur de la rhétorique dans cette phrase si admirablement tournée qu’elle incarne à elle seule toute la lucidité d’un homme de pouvoir qui en connaît les limites : « Je vous demande donc de faire rapporter la circulaire des Ponts et Chaussées, et de donner des instructions précises au Ministre de l'Equipement pour que, sous divers prétextes (vieillissement des arbres, demandes de municipalités circonvenues et fermées à tout souci d'esthétique, problèmes financiers que posent l'entretien des arbres et l'abattage des branches mortes), on ne poursuive pas dans la pratique ce qui n'aurait été abandonné que dans le principe et pour me donner satisfaction d'apparence. » Et que dire de l’éloge de la promenade, qui clôt la lettre ?


De lire ce texte, on se prête à rêver d’un route ensoleillée, qu’ombragent quelques platanes centenaires, et qui mène à la porte d’un village nous racontant les générations qu’elle a vues passer sous son arche. On sent les odeurs de foin coupé dans le bourdonnement des abeilles, quand la chaleur monte de la terre.
Et l’on se dit que gouverner la France, c’est aussi connaître cela, et savoir l’écrire.

Cet article de Natacha Polony a été publié le 31 janvier 2010 sur le blog Le Figaro.fr
http://blog.lefigaro.fr/education/2010/01/georges-pompidou-ou-la-langue-francaise-au-pouvoir.html


Par Patrice Cardot - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 17:30

Regards-citoyens propose à ses lecteurs de prendre connaissance de l'intervention publique de cet homme remarquable qu'est Stéphane Hessel lors du meeting qu'Europe Ecologie a tenu le 9 février 2010 à Orsay (Essonne).

La vidéo de cette intervention est disponible ci-après :
http://www.dailymotion.com/video/xc6e2s_meeting-europe-ecologie-orsay-steph_news



Par ERASME - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
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