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Regards multiples sur les dirigeants du monde

Lundi 4 février 2013 1 04 /02 /Fév /2013 06:19

Après le remarquable discours qu'il a prononcé à Bamako, au côté du président François Hollande (voir son intervention : http://www.elysee.fr/videos/discours-avec-le-president-de-la-republique-du-mali-depuis-la-place-de-l-039-independance-a-bamako-mali/), samedi 2 février 2013, Regards-citoyens.com propose à ses lecteurs de revenir sur un autre discours du président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, prononcé le dimanche 29 juillet 2012 !

L'article ci-dessous est emprunté au site de France24.com : http://www.france24.com/fr/20120730-dioncounda-traore-mali-institutions-premier-ministre-diarra-pierre-boilley

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Le président par intérim Dioncounda Traoré a annoncé, dimanche 29 juillet, une réorganisation des institutions pour sortir de la crise politique. Un discours encourageant, selon Pierre Boilley, directeur du Centre d’études des mondes africains.               

De retour à Bamako après deux mois de convalescence en France, le président intérimaire du Mali, Dioncounda Traoré, s’est adressé aux Maliens dimanche soir dans un discours retransmis à la télévision d'État. Frappé violemment par des manifestants hostiles à sa nomination qui avaient pris d'assaut le palais présidentiel fin mai, il a d’abord appelé la population à pardonner et à s'unir pour résoudre la crise politique.

Le chef d’État par intérim a également annoncé la création d’un Haut conseil d'État (HCE) constitué du président de la République et de deux vice-présidents. " L'un des vice-présidents représentera les forces de sécurité, et à ce titre, il présidera notamment le comité militaire de suivi des forces de défense et de sécurité et s'occupera de toutes les questions militaires concernant le nord du Mali", a-t-il indiqué. Le second vice-président, qui représentera les forces vives de la nation, sera en charge d’"un conseil national de transition ayant une compétence consultative et regroupant les représentants des partis politiques présents ou non à l'Assemblée nationale et des représentants de la société civile". Une commission spéciale de négociation avec les groupes armés qui contrôlent le nord devrait aussi voir le jour.

"Ni le président, ni le Premier ministre, ni les ministres ne pourront se présenter à la prochaine élection présidentielle", a-t-il ajouté avant de conclure : "Le Mali ne s'effondrera pas, malgré les coups qu'il a reçu. Le Mali se redressera encore plus fier, encore plus solide."

Pierre Boilley, directeur du Centre d’études des mondes africains, décrypte ce discours.

FRANCE 24 : Comment a été perçu le discours de Traoré par les Maliens ?

Pierre Boilley : Le discours de Dioncounda Traoré est porteur d’espoir pour plusieurs raisons. D’abord parce que le président par intérim est rentré à Bamako alors que beaucoup de Maliens craignaient qu’il ne rentre pas, traumatisé par l’attaque dont il a été victime en mai. Son retour est une réelle bonne surprise pour la population.

Les annonces de Traoré sont également très encourageantes. Ce nouvel organigramme (création d’un haut conseil d’État, d’un conseil national de transition et d’une commission nationale pour négociation) va permettre de relancer la machine pour sortir de la crise politique, qui était jusqu’à présent au point mort. Beaucoup de Maliens considéraient que le gouvernement de transition était identique à celui qui a précédé le coup d'État, voire pire. Il est composé de Maliens de l’étranger et d’anciens cadres issus de l’ère [de l’ancien président Amadou Toumani] Touré. Ce gouvernement de transition était fortement controversé, surtout depuis l’attaque dont a été victime Traoré en mai.        

Traoré a également réussi un joli coup : en nommant deux nouveaux vice-présidents, il met ainsi sur la touche le Premier ministre Cheick Modibo Diarra dont l’inaction est de plus en plus contestée par les Maliens. Nommé à la tête d'un gouvernement de transition le 17 avril dernier, ce dernier a annoncé samedi 28 juillet qu’il ‘ne démissionnera[it] pas’. Il faut savoir que dans les textes du gouvernement de transition, il est écrit que le Premier ministre ne peut pas être destitué.

Est-ce que la réorganisation des institutions peut aider le Mali à sortir de la crise politique dans laquelle il est plongé depuis le coup d’État du 22 mars ?

P.B : Deux informations sont importantes dans ce discours. D’abord le conseil national de transition qui va permettre aux forces vives de la nation de participer, comme les partis politiques mais aussi les associations et la société civile. On a souvent reproché au gouvernement de transition d’être déconnecté de la réalité du pays. L’idée de Traoré est de former un gouvernement d'union nationale en arrivant à un consensus créé par un dynamisme collectif. Il a théoriquement jusqu'au mardi 31 juillet pour le former, mais la médiation burkinabé dans la crise malienne a indiqué qu'il pourrait bénéficier d’un délai supplémentaire.

La création de la commission nationale pour la négociation est également une bonne nouvelle car elle permet de rompre avec le discours va-t-en guerre entendu jusqu’à présent. Surtout que l’armée malienne est aujourd’hui complètement désorganisée. Traoré va pouvoir amorcer un début de négociations avec le nord du pays. Si les pourparlers sont enclenchés, le pouvoir malien discutera avec le MNLA [Mouvement national pour la libération de l'Azawad], qui est largement marginalisé depuis que les islamistes d'Ansar Dine ont pris le contrôle du nord-Mali début juillet. Reste à savoir si ce groupe, allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), va accepter de dialoguer.

Est-ce qu’une "une intervention militaire est inévitable" au Mali, comme l’a annoncé ce week-end dans le Journal du Dimanche le président ivoirien Alassane Ouattara, également président de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ?

P.B :Il semble qu’une intervention de la Cédéao n’est pour le moment pas possible. Elle ne sait toujours pas s’il faut intervenir dans le nord ou le sud, mais elle est consciente qu’elle ne peut pas résoudre les deux crises en même temps. L’idée est d’abord de stabiliser le sud pour pacifier le nord.

Par ailleurs, la force d’intervention en question n’est pas encore rassemblée. Les discussions entre les pays pour savoir quelles nations doivent intervenir sont difficiles. L’Algérie et les États-Unis refusent de participer. La France a dit qu’elle apporterait un appui logistique. Ouattara parle de 3 300 hommes, soit autant sinon moins que les combattants dans le nord du Mali. Sauf que les hommes de la Cédéao ne connaissent pas le terrain. Le président ivoirien a également appelé au lancement d’une force aérienne qui n’est pas encore en place.

Pour intervenir, il faut également attendre le blanc-seing de l’ONU, qui n’a toujours pas donné son aval. En cas d’opération militaire, il y a un risque d’implosion dans la région. Les Touaregs nigériens ont évoqué l’idée d’aller aider leurs frères maliens. Une intervention risque, selon moi, de poser plus de problèmes que d’en résoudre.

Par ERASME - Publié dans : Regards multiples sur les dirigeants du monde
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Lundi 14 janvier 2013 1 14 /01 /Jan /2013 22:29

Partisans et adversaires du maintien de la Grande-Bretagne au sein de l'Union européenne ont intensifié dimanche leurs pressions sur David Cameron alors qu'une majorité de Britanniques est favorable à un référendum sur la question.

Le Premier ministre conservateur doit prononcer dans le courant du mois un discours très attendu à ce sujet.

A cette occasion, il exposera ses projets de renégociation des conditions de l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'UE mais aussi les termes d'une consultation populaire susceptible de définir la place de la Grande-Bretagne sur la scène internationale pour les décennies à venir.

Aiguillonnés par la concurrence de plus en plus menaçante du Parti de l'indépendance (UKIP), ouvertement hostile à l'Union européenne, de nombreux députés conservateurs l'exhortent à poser explicitement la question du maintien ou non de la Grande-Bretagne dans l'UE à l'occasion d'un tel référendum.

La frange pro-européenne du Parti conservateur et les milieux d'affaires donnent aussi de la voix pour prier David Cameron de résister aux appels en faveur d'une sortie de l'UE, qui seraient à leurs yeux catastrophique pour l'économie britannique.

D'après un sondage ComRes publié dans le journal Sunday People, l'UKIP pourrait reléguer les conservateurs à la troisième place lors des élections européennes de 2014.

Selon cette étude, l'opposition travailliste recueillerait 35% des suffrages contre 23% pour l'UKIP, qui devance les Tories d'un point. Partenaires des conservateurs au sein de la coalition gouvernementale, les libéraux démocrates, pro-européens, reculent à 8%.

Ce sondage montre également qu'une forte majorité de Britanniques souhaitent qu'un éventuel référendum porte clairement sur le maintien ou non de leur pays dans l'UE. Cette proportion recule toutefois de cinq points, à 63%, par rapport à la dernière étude ComRes en octobre 2011.

CAMERON MAINTIENT LE FLOU

La part des Britanniques favorables à une sortie pure et simple de l'UE baisse également, de 37% à 33%, tandis que les partisans de l'appartenance à l'UE progressent de cinq points, à 42%.

Ce sondage est publié au terme d'une semaine marquée par des pressions de la part des partenaires internationaux de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis à l'Allemagne en passant par l'Irlande, selon lesquels une sortie de l'UE l'isolerait sur le plan diplomatique et nuirait fortement à ses intérêts.

La question animait la presse britanniques dimanche, chaque camp cherchant à faire passer son message auprès des lecteurs.

Selon plusieurs journaux, des députés conservateurs ont uni leurs forces au sein d'un groupe baptisé "Fresh Start" ("Nouveau départ") et ils vont lancer dans le courant de la semaine un appel au rétablissement de la souveraineté nationale britannique sur un grand nombre de domaines, quitte à agir de manière unilatérale et à enfreindre les traités européens.

Le journal The Observer rapporte pour sa part que des personnalités de haut rang de différents partis politiques vont s'allier au sein d'un "Centre pour l'influence britannique en Europe", dont l'objectif est de lutter contre les velléités de rupture avec l'UE.

David Cameron n'a rien dévoilé de la teneur de son prochain discours.

Sans citer de sources, le Mail on Sunday affirme en "une" que le Premier ministre soutient "secrètement" les adversaires d'une sortie de l'UE, qui serait une folie à ses yeux.

En revanche, The Independent on Sunday pense que, instruit par les précédents de Margaret Thatcher et John Major, les deux derniers chefs de gouvernement conservateurs, tous deux tombés à cause de la question européenne, David Cameron est sensible à certains arguments du groupe "Fresh Start".

Ed Miliband, le chef de file travailliste, a jugé que le Premier ministre suivait une voie "incroyablement périlleuse" en cherchant à donner des gages aux deux camps.

"Je crois qu'il est tout doucement en train de nous amener vers la porte de sortie de l'Union européenne", a-t-il dit à la BBC.

 

Source : http://www.challenges.fr/monde/20130113.REU4902/david-cameron-dans-l-etau-de-la-question-europeenne.html

 

Voir également :

 * Le Royaume-Uni et l'Europe ou le populisme à l'anglaise

 * Les Etats-Unis plaident pour le maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE

 *  "FRESH START PROJECT"

 * Référendum et plébiscite

 * Ne nous y trompons pas ! Le Royaume-Uni n'a aucune intention de quitter l'Union européenne ! 

 * L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair s'est montré très préoccupé de la position de David Cameron sur la scène européenne

 * Jacques Delors suggère au Royaume-Uni de quitter l'UE (Libération)    

 * Quelle Europe dans quel monde ? par Pierre Vimont (Le Monde)

Par ERASME - Publié dans : Regards multiples sur les dirigeants du monde
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Samedi 29 décembre 2012 6 29 /12 /Déc /2012 09:45

Il est trop tôt pour dire si la "méthode Hollande" portera ou non ses fruits, du moins au regard des intentions et du programme de candidat de François Hollande. Après six mois au pouvoir, qui peut dire avec certitude ce qu'est le hollandisme ? 

Ce ne sont pourtant pas les jugements définitifs sur l'action du président de la République qui manquent. Dans la presse, mais encore chez ses partisans comme chez ses adversaires. Fruit d'une vertigineuse accélération du temps politique induite par le quinquennat - encore aggravée par la pratique sarkozienne - et par l'information en continu démultipliée sur Internet, cette intense activité de commentaire témoigne aussi de la perplexité devant l'action du chef de l'Etat. 

Entre la révolution copernicienne annoncée pratiquement chaque jour par les plus enthousiastes et l'immobilisme radical-socialiste à la Henri Queuille (1884-1970) dénoncé tout aussi fréquemment par les moins convaincus, la palette est large et le jugement hâtif. 

Emmanuel Todd avait formulé pendant la campagne une hypothèse provocatrice, celle d'un "hollandisme révolutionnaire". Celle d'une méthode de gouvernement qui s'annonçait - dans la campagne elle-même (avec le discours fondateur du Bourget notamment) et en raison de la personnalité du candidat - comme un horizon politique et sociologique possible pour le premier leader social-démocrate à la française. Celui de devenir en cours de mandat un grand président de gauche qui, grâce à l'efficacité de son action davantage qu'à son sens du tragique dans l'Histoire, changerait enfin la société française en réorientant ses choix économiques, en pesant sur le destin européen et en garantissant davantage d'égalité entre ses concitoyens. Bref, en réconciliant une France qui a divorcé d'avec elle-même ces dernières années. 

Au-delà de la formule, l'interrogation sur la méthode de gouvernement du président de la République reste posée : est-elle plus efficace parce que plus souple que d'autres, notamment celle de son prédécesseur ? Est-elle plus porteuse de transformations en profondeur parce que plus prudente ? Est-elle plus "révolutionnaire" parce que moins spectaculaire ? 

Ce qui frappe en premier lieu dans la méthode de gouvernement du chef de l'Etat, c'est son sens de l'équilibre et sa permanente quête d'un compromis entre des positions adverses, sinon antagonistes. Toutes les interprétations sont possibles : sens tactique aigu, prudence excessive, indécision chronique... 

Le dernier épisode en date, celui de Florange, en a donné un exemple paroxystique. Le président de la République a semblé donner raison à la fois à Arnaud Montebourg et à Jean-Marc Ayrault alors que les positions qu'ils ont exprimées apparaissent comme difficilement compatibles. 

Le refus de se laisser imposer ses choix est sans doute ce qui caractérise le mieux M. Hollande. D'où une posture permanente, celle d'être l'unique point de rencontre des différentes forces, souvent contraires, qui s'exercent sur tel ou tel sujet. Le refus du conflit ouvert et de la dramatisation des enjeux masquant mal une appétence, voire une dilection toute particulière pour le jeu subtil des rapports de force. 

Cette pratique du pouvoir, qui était déjà visible et sensible chez le premier secrétaire du Parti socialiste pendant dix ans, met en lumière un deuxième trait caractéristique du hollandisme : le refus de tout a priori idéologique, de toute position doctrinale figée. 

Ce pragmatisme de l'action n'est pas un cynisme pour autant. L'ancrage du chef de l'Etat dans le réformisme, dans une perspective sociale-démocrate, à la manière des pays du Nord de l'Europe, est indéniable. Tout comme l'est son attachement, en héritier à la fois de François Mitterrand et de Jacques Delors, à la construction européenne. L'inflexion qu'il a donnée à celle-ci depuis son arrivée, tout en faisant ratifier le "traité budgétaire", se veut respectueuse de cette filiation même si c'est dans le contexte de la crise contemporaine. 

La difficulté du président de la République avec une partie de la gauche vient de là. De ce réformisme social-démocrate qui est perçu comme une trahison par une partie de la gauche pour laquelle le geste idéologique reste essentiel. Toute temporisation sur la réalisation d'une mesure du programme, toute négociation engagée avant qu'une décision définitive soit prise, tout rapport commandé pour dessiner l'état des forces en présence est considéré par certains, à gauche, comme le signe non tant d'un esprit prudent mais d'une faiblesse doctrinale, d'un manquement à la cause. 

Le hollandisme, et bien davantage encore le dépassement du clivage entre première et deuxième gauches, se propose d'entériner, dans la pratique du pouvoir, la fin de l'histoire d'une gauche française marquée par des renoncements aussi spectaculaires que ses promesses. En résumé, de ne promettre que ce que l'on peut raisonnablement tenir, et de gagner, autant que possible, tout ce que l'on peut obtenir. 

Si le hollandisme est donc avant tout une pratique pragmatique du pouvoir, c'est aussi - troisième trait qui le caractérise - une sociologie particulière de l'exercice de l'Etat. L'arrivée de la gauche au pouvoir s'est en effet traduite par un retour des anciens élèves de l'ENA (et de manière symbolique, de certains des condisciples du président, ceux de la promotion Voltaire) et par l'accession aux responsabilités nationales de toute une génération d'élus locaux constituée au fil des victoires du PS ces dix dernières années. C'est sans doute dans cette inversion sociologique de l'élite dirigeante que le changement a été le plus spectaculaire. 

M. Sarkozy avait fait bouger le centre de gravité de l'élite dirigeante vers le privé, n'hésitant pas à mettre en cause, parfois très durement, la fonction publique. La différence de profil et d'expérience des deux présidents joue un rôle crucial en la matière. Mais on peut aussi y voir une différence structurelle, accentuée ces dernières années, entre une droite dite "décomplexée" et plus agressive contre la fonction publique sinon le rôle de l'Etat lui-même, et une gauche de gouvernement dont le socle sociologique s'est resserré autour des agents publics et des collectivités locales. 

Le hollandisme resitué dans une perspective historique plus longue - celle de la gauche française et de son rapport au pouvoir - pose, finalement, une question simple. Est-ce qu'un pragmatisme prudent, désidéologisé, permettra de réaliser le changement dont la gauche continue d'être porteuse, plutôt qu'une posture plus classique ou révolutionnaire, exaltant le "peuple de gauche", mais dont le volontarisme s'est très souvent heurté à une réalité contraire et contraignante qui en a limité effets et portée ? 

Si nul n'a la réponse à une telle question aujourd'hui, elle se pose avec acuité à un moment historique crucial, pour la gauche et pour la France. 


Professeur de science politique à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, Laurent Bouvet a publié un essai intitulé "Le Sens du peuple. La gauche, la démocratie, le populisme" (Gallimard, 304 p., 18,50 euros). Il est également l'auteur de "Plaidoyer pour une gauche populaire. La gauche face à ses électeurs" (Bord de l'eau, 2011). Il prendra la direction du Centre de recherches politiques de Sciences Po en janvier 2013.

Voir également :

 * Retour sur les fondements théoriques du "social-libéralisme" - Crise, renouveau et limites de la social-démocratie, par Jean Lojkine

 *  Où en est la fameuse 'troisième voie' ?  

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Vendredi 7 décembre 2012 5 07 /12 /Déc /2012 14:45

Angela Merkel est la patronne. De la CDU, de l'Allemagne - et de l'Europe. La chancelière allemande a de bonnes chances de le rester à l'issue des élections générales du 22 septembre 2013. Elle a été réélue à la tête de son parti, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), avec 97,94 % des voix.

 

Un score qualifié outre-Rhin de "cubain" pour une femme politique qui élimine sans états d'âme tous ses rivaux. Au bout de sept ans de règne, Angela Merkel jouit d'une popularité de près de 70 %. Du jamais-vu pour un chancelier au pouvoir depuis sept ans. Dans une Europe largement dominée par les partis conservateurs, le phénomène est unique. Ni David Cameron à Londres, ni Mariano Rajoy à Madrid, ni Mario Monti à Rome ne peuvent se prévaloir d'une telle faveur. Sans parler des dirigeants de l'UMP...

 

Sur le papier, l'opposition social-démocrate (SPD) a de bons arguments à faire valoir face à Angela Merkel : elle se contente de gérer la crise européenne et la prospérité germanique, les réformes qui ont permis à l'Allemagne de redevenir champion économique remontant pour l'essentiel à l'ère Schröder, au début des années 2000.

 

En outre, la renaissance allemande s'est accompagnée d'une forte croissance des inégalités et d'une paupérisation d'une partie des travailleurs. Enfin, la CDU perd élection régionale après élection régionale. Lors des élections générales de 2005 et 2009, Angela Merkel a affiché le plus mauvais score jamais enregistré par son parti et n'a dû son salut qu'à ses alliés libéraux, aujourd'hui bien mal-en-point.

 

Pourtant, son adversaire désigné, le social-démocrate Peer Steinbrück, ne semble pas en mesure de la mettre en difficulté. L'ancien ministre des finances suscite une adhésion molle de son parti et ne parvient pas à se débarrasser de la polémique sur ses conférences facturées fort cher. Les augures prédisent pour 2013 une grande coalition CDU-SPD dirigée par... Angela Merkel.

 

Un brin paradoxale, cette position de force oblige la chancelière. "Nous faisons tous partie d'une politique intérieure européenne", a-t-elle fait remarquer voici un an. La dirigeante de la première puissance économique du Vieux Continent s'est imposée en leader de l'Union européenne. Elle doit aller au bout de cette démarche. Or le congrès de la CDU n'a été qu'à moitié rassurant. Un an après celui de Leipzig, où elle avait tracé une vraie vision - l'union politique de l'Europe -, le congrès d'Hanovre a marqué un net recentrage sur l'Allemagne.

 

Surtout, il existe une ambivalence entre la vision européenne d'Angela Merkel et sa politique au jour le jour. Du blocage de la fusion EADS-BAE (NDLR Regards-citoyens.com : l'heure est venue de cesser  de porter un tel jugement sur ce dossier sans en connaitre réellement tous les éléments d'appréciation ! A cet égard, le quotidien Le Monde gagnerait à se montrer plus neutre et moins bisounours ....) aux fortes réserves qu'inspire à Berlin la supervision bancaire, l'Allemagne apparaît réservée face à des projets européens qui ne correspondent pas à ses intérêts immédiats. Du fait de la campagne électorale, la prudence allemande va s'accentuer.

 

Cet attentisme est dangereux. Certes, la faiblesse de ses partenaires - au premier rang desquels la France - n'aide pas l'Allemagne. C'est pourtant maintenant que l'Europe a besoin d'un leader qui ne se réduise ni à un commissaire aux comptes ni à un administrateur judiciaire. Rien ne serait pire pour l'Allemagne et pour l'Europe qu'une chancelière dont l'impopularité à l'étranger serait inversement proportionnelle à sa popularité dans son pays.

 

Par ERASME - Publié dans : Regards multiples sur les dirigeants du monde
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Dimanche 2 décembre 2012 7 02 /12 /Déc /2012 21:58

L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair s'est montré très préoccupé de la position de David Cameron sur la scène européenne: "Cela constituerait une erreur monumentale de la part d'un homme d'Etat que de nous détourner (de l'Europe) et de perdre ainsi une position cruciale de pouvoir et d'influence".

Voir également :

 * "FRESH START PROJECT" 

 *  Ne nous y trompons pas ! Le Royaume-Uni n'a aucune intention de quitter l'Union européenne !      

 * Où en est la fameuse 'troisième voie' ?      

 * Les dirigeants européens pourraient-ils enfin cesser de céder à toutes les exigences d'un gouvernement britannique des plus eurosceptique ?   

 

Par ERASME - Publié dans : Regards multiples sur les dirigeants du monde
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