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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 11:52

Une Europe plus intégrée, zéro déficit en 2015, réformes sociales et nouveau report de l'âge légal de départ à la retraite: Laurence Parisot est entrée mardi dans le débat présidentiel en présentant les priorités du Medef pour le prochain quinquennat.

En amont de l'élection de 2007, le Medef avait présenté son programme de campagne baptisé "Besoin d'air" car "les entreprises avaient besoin de respirer", a expliqué Mme Parisot au cours d'une réunion exceptionnelle de l'assemblée permanente du Medef.

"Les entreprises ont cette fois-ci besoin d'aire, avec un +e+. Elles ont besoin de nouveaux horizons, de nouvelles frontières, besoin de conquérir", a-t-elle poursuivi, en présentant le programme 2012 baptisé "Besoin d'aire", et ses "23 axes pour une compétitivité équitable".

Pour le Medef, la "top priorité" c'est le fédéralisme européen pour créer les "Etats Unis d'Europe", a-t-elle dit, estimant que "tout protectionnisme, toute tentative de protectionnisme serait un désastre". "Nous devons éviter tout repli, toute forme de barrière ou de restriction", a-t-elle lancé.

Mais pour cela, plusieurs étapes sont nécessaires dont la remise en ordre des finances publiques, la création d'un socle social européen commun ou encore l'élection au suffrage universel d'un président de l'Europe.

Pour la France, le Medef prône une accélération de la réduction du déficit public pour atteindre l'équilibre en 2015, alors que le gouvernement vise 2016 et le candidat socialiste François Hollande, favori des sondages, 2017.

Favorable à la règle d'or budgétaire prévue dans le nouveau traité européen, elle s'est dite "assez inquiète" de l'intention de M. Hollande de renégocier le texte.

Pour assainir les finances françaises, le Medef souhaite privilégier une réduction des dépenses respectant le credo "2 pour 1", c'est-à-dire deux fois plus d'économies sur les dépenses publiques que de hausses des prélèvements fiscaux et sociaux.

Selon elle, il faut également accélérer la règle de non-remplacement des fonctionnaires d'Etat - de 1 sur 2 actuellement à 2 sur trois -, et l'instaurer au niveau des collectivités territoriales (1 sur 2 non remplacé).

Saluant l'initiative du gouvernement de transférer une partie des charges patronales sur la TVA sociale en soutien à la compétitivité, Mme Parisot réclame une baisse des cotisations salariés qui serait compensée par une hausse de la CSG pour soutenir le pouvoir d'achat.

Surtout, la patronne du Medef a plaidé pour la reprise en 2013 du débat sur "un nouvel âge de départ à la retraite" car la réforme de 2010 - qui a reporté l'âge légal à 62 ans en 2017 - ne suffit pas à garantir l'équilibre du système à échéance 2030.

Autre fléau: le chômage. Là, le Medef veut mettre "l'employabilité" au coeur du dispositif en modulant les cotisations des entreprises par rapport à leurs investissements de formation de leurs salariés pour leur permettre, le cas échéant, de changer de secteur ou de métier.

Mais Mme Parisot s'est montrée réservée sur le projet de référendum de Nicolas Sarkozy pour durcir les conditions d'indemnisation des chômeurs. Elle a fait valoir "la capacité des partenaires sociaux à inventer et à avancer" à propos des efforts pour réduire le chômage.

La patronne des patrons prône également une réforme de l'assurance maladie, qui est dans un "équilibre périlleux", et avant tout celle de sa gouvernance.

Le Medef propose aussi la création d'un ministère de la Femme, avec une action transversale, pour faire avancer la parité. Elle défend "l'avantage compétitif" octroyé par l'énergie nucléaire tout en plaidant pour une évolution du bouquet énergétique, ainsi qu'une "politique volontariste" pour un "accès général au très haut débit".

 

Source : AFP

Par Jean Poche
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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 00:59

Reprenons l'initiative stratégique –Le Monde.- Général Jean-Patrick Gaviard, ancien commandant de la défense aérienne et des opérations ariennes Marc-Henri Figuier, ancien Colonel, industriel

 

Reprenons l'initiative stratégique Le Monde.- Général Jean-Patrick Gaviard, ancien commandant de la défense aérienne et des opérations ariennes Marc-Henri Figuier, ancien Colonel, industriel

 

Au moment d'élire le septième président de la Ve République, il est temps de sortir du consensus qui depuis de nombreuses années verrouille tout débat sur la défense. Le sceptre nucléaire d'un président élu au suffrage universel fige toute réflexion stratégique française. Avouons-le, nous avons du mal à considérer l'Europe autrement que comme le prolongement politique "d'une plus grande France" dont la puissance est attestée par sa position au conseil de sécurité et sa dissuasion nucléaire.

 

Devant la contestation grandissante de l'ordre international issu de la deuxième guerre mondiale, il ne suffira plus, dans les prochaines années, d'être une puissance nucléaire pour rester un des 5 membres permanents du conseil de sécurité ! La réalité d'aujourd'hui et de demain, c'est que le monde est et demeurera instable. Les tensions sur la libre circulation des ressources et des biens, le terrorisme, la dissémination balistique et nucléaire, sont fortes.

 

Par ailleurs, le redéploiement américain vers l'Asie du Sud Est et l'émergence des "Etats continents" tels la Chine et l'Inde sont lourdes de conséquences pour l'avenir. La prise en compte de ces menaces inquiétantes et du nouvel environnement géostratégique ne relève plus désormais d'une simple logique nationale mais bien d'une logique transnationale et donc pour nous clairement européenne.

 

Malheureusement, pour relever ces défis l'Europe est mal partie. La gestion de la dette des Etats pénalisent voire interdit toute politique de défense ambitieuse. Nos capacités sont à la limite. Sans nos alliés américains, aucune opération d'envergure n'est possible. Parallèlement, faute d'un marché national suffisant, notre industrie d'armement est sous critique et atomisée face à la concurrence internationale, en particulier américaine.

 

Dans un tel contexte, il n'existe que peu d'alternative : soit se résigner et réduire drastiquement des budgets de défense au point d'en arriver à se demander s'il faut continuer à investir dans la défense alors qu'il y a tant d'autres besoins importants à satisfaire, soit reprendre l'initiative stratégique en désamorçant notamment la concurrence stérile entre l'OTAN et l'Europe de la défense.

 

Plus précisément, la reprise de l'initiative consiste à redéfinir la mission, le rôle et l'organisation de l'Alliance atlantique en la refondant sur des bases mieux équilibrées en terme de partage du fardeau "défense et sécurité collective" entre Européens et Américains. Cette nouvelle alliance doit permettre à l'Europe d'avancer vers une défense plus intégrée tant en terme opérationnel qu'industriel. Le prochain sommet de l'OTAN de Chicago pourrait permettre de sonder nos partenaires et alliés sur ce sujet essentiel.

 

Cette initiative, pourrait comprendre trois propositions : d'abord, une proposition politique concernant notre dissuasion nucléaire : une proposition, non pour se demander une fois de plus s'il faut conserver une ou deux composantes à notre force nucléaire mais pour utiliser cette capacité afin de faire progresser politiquement et militairement l'Europe. En attendant l'émergence d'un exécutif européen, profitant d'une réorientation récente de la politique de défense américaine vers l'Asie, ne faut il pas aller au bout de la démarche politique française qui a consisté à réintégrer l'OTAN, en 2009, c'est à dire rallier le comité des plans nucléaires de l'OTAN ?

 

Dans un monde et des menaces globalisées, comment croire que la notion d'intérêts vitaux sur laquelle repose notre doctrine ne réponde qu'à la seule logique nationale ? Comment imaginer pouvoir utiliser notre arme nucléaire sans en référer préalablement à nos alliés ?

 

Il ne s'agit en aucun cas de perdre notre autonomie de décision mais de partager une planification et un ciblage. Les Etats-Unis sont membres du comité des plans sans pour autant abandonner toute planification nationale.

 

Partager la planification nucléaire aiderait, par ailleurs, à lever un soupçon pesant sur la France. Celui de vouloir à la fois promouvoir une défense européenne autonome tout en se réservant son arme de dissuasion et son droit de veto au conseil de sécurité des nations unies à des fins purement nationales.

 

En revanche, il ne faut pas accepter un marché de dupe. La contre partie doit être à la hauteur de l'enjeu. Les alliés devront alors redéfinir en profondeur l'alliance atlantique sur une base équilibrée entre deux piliers : un pilier américain et un pilier européen dont la PSDC actuelle pourrait en constituer le socle.

 

Le chemin sera long et difficile mais l'histoire avance. Après avoir adhéré au projet de défense anti-missiles balistiques (DAMB) lors du denier sommet de l'Otan à Lisbonne, il nous faut maintenant convaincre nos amis européens, en particulier allemands, de la nécessité d'une dissuasion nucléaire européenne très largement complémentaire de la DAMB.

 

Parallèlement à cette première initiative, la France suggérerait aux Etats européens qui le souhaitent la création d'une organisation de coopération du type zone euro. Avec les pays du pilier européen volontaires, il s'agirait d'accélérer le processus industriel et opérationnel d'intégration entamée il y a dix ans via l'agence européenne de défense (AED) et le projet capacitaire européen (ECAP, European capabilities action plan).  Pour ce faire, deux propositions mériteraient d'être détaillées : Une proposition économique et industrielle, d'abord :

 

Elle consisterait à faciliter l'émergence d'un pilier européen industriel renforcé et compétitif. Proposons alors à tous nos partenaires disposant d'une industrie d'armement de taille significative et indépendante, la mise œuvre d'un marché unique de l'armement reposant sur la préférence européenne. Celui-ci serait piloté par un organe de décision intergouvernemental, fondé sur une planification de défense partagée et appuyé par un fonds d'investissement et de solidarité européen dédié à la défense et à la sécurité alimenté par les Etats et le marché selon des règles fixées et réactualisées tous les cinq ans.  

La création d'un marché unique de l'armement au sein d'une zone de coopération renforcée peut créer les conditions financières et industrielles facilitant la constitution de grands champions européens transnationaux de taille mondiale.

 

Ni l'effort de recherche développement ni le capital technologique et commercial des Thales, Dassault, Finmeccanica, Rheinmetal et autre Indra ne peuvent être dilapidés dans une course effrénée à la concurrence dans un marché européen trop étroit et de ce fait peu compétitif à l'export.

 

Si on s'en tient à un groupe de nations européennes possédant une industrie d'armement nationale crédible comment rapidement constituer un puissant intégrateur terrestre, naval et aérospatial en utilisant l'expérience difficile mais néanmoins instructive d'Eads .

 

L'industrie européenne est de très grande qualité. Elle est au niveau technologique des américains malgré un gap d'investissement considérable. Elle est néanmoins atomisée entre de trop nombreux fabricants de blindés (parfois sous contrôle américain), d'avions et de navires et pénalisée par des marchés domestiques trop cloisonnés.

 

Enfin, troisième proposition concernant nos forces militaires : ssagissant des forces, tous les Etats au sein de l'UE sont d'accord pour constater que le rendement opérationnel des investissements européens entendus collectivement est trop faible. S'appuyant sur la planification de défense partagée citée plus haut, pourquoi ne pas proposer à nos amis européens de renforcer le processus ECAP pour selon un calendrier précis, optimiser les capacités des forces européennes plutôt qu'à jouer sur une juxtaposition de moyens sous critiques et parfois doublonnées ?

 

En attendant que ce dispositif s'installe concrètement et pour démontrer notr

e volonté d'avancer, il nous semble que nos forces gagneraient à approfondir le "savoir agir ensemble" afin de faciliter l'interopérabilité et la capacité de projection. La France pourrait ainsi proposer la mise à l'étude d'une mutualisation de la formation et de la préparation opérationnelle. On poursuivrait là un double but : partager des coûts et intégrer davantage cultures militaires et doctrines opérationnelles.

 

Pourquoi ne pas imaginer une seule école européenne de formation des officiers pour chaque armée de terre, de mer ou de l'air ? Pourquoi ne pas disposer d'un seul centre de formation des pilotes de chasse, d'une seule école de guerre ? Pourquoi ne pas construire des centres européens d'entraînement géographiquement répartis en Europe et hors d'Europe chez nos alliés et partenaires.

 

Face aux défis budgétaires qui se posent à nos démocraties européennes, la tentation est grande de privilégier une vision nationale à bout de souffle au dépend d'une vraie volonté d'agir ensemble. Ne nous y trompons pas, les opérations récentes l'ont montré, la puissance militaire ne suffit pas mais elle est l'un des outils déterminant le rapport de force politique et le pouvoir d'influence. Sans de nouvelles initiatives stratégiques et une volonté politique affirmée, l'histoire s'écrira sans nous.

 

Nous sommes au pied du mur, sachons saisir cette opportunité historique !

 

Le Général Jean-Patrick Gaviard est ancien commandant de la défense aérienne et des opérations ariennes

Marc-Henri Figuier, ancien Colonel, est industriel

 

Voir également : Mettons en oeuvre une coopération renforcée dans le domaine de la Politique étrangère et de sécurité commune de l'UE, condition sine qua non de l'établissement de la coopération structurée

Par De La Boisserie
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 09:18

Le financier américain préconise de "ranimer la conjoncture dans les États européens en crise par l'injection d'argent".

Le milliardaire américain George Soros affirme que la chancelière allemande Angela Merkel "mène l'Europe dans la mauvaise direction" et il craint une répétition des erreurs de la crise de 1929, dans un entretien publié dimanche 12 février sur le site internet du magazine Der Spiegel.

"J'admire la chancelière Merkel pour sa capacité de leadership. Mais malheureusement, elle mène l'Europe dans la mauvaise direction", a déclaré le financier et philantrophe à l'hebdomadaire basé à Hambourg.

Ne pas répéter les erreurs de 1929

Soros préconise de "ranimer la conjoncture dans les États européens en crise par l'injection d'argent plutôt que de forcer les gouvernements à réaliser des économies". "Sinon nous répétons les erreurs qui ont plongé l'Amérique de 1929 dans la grande dépression. C'est ce qu'Angela Merkel ne comprend pas", affirme-t-il.

Face à la crise de 1929 aux États-Unis, le président Franklin Roosevelt avait lancé en 1933 le "New Deal", une politique inspirée par l'économiste britannique John Keynes, marquée par une réforme du système bancaire et le lancement de grands travaux pour relancer l'économie américaine déprimée.

Ne pas laisser tomber la Grèce

Selon l'hebdomadaire allemand, Soros ne partage pas non plus l'idée d'impliquer le Fonds monétaire international dans la gestion de la crise. "L'Europe devrait être capable de résoudre ses problèmes toute seule", estime-t-il. Il juge que c'était une erreur d'octroyer des crédits d'aide à la Grèce seulement contre le paiement d'intérêts élevés. "C'est pour ça que le pays ne peut plus être sauvé aujourd'hui, et il arrivera la même chose à l'Italie si nous plaçons ce pays dans la camisole de force de paiements d'intérêts violents", prévient Soros.

Une faillite de la Grèce provoquerait d'après lui une escalade de la crise qui "pourrait mener à une ruée vers les guichets bancaires en Italie et en Espagne, et là l'Europe éclaterait". Soros s'attend malgré tout à un nouveau sauvetage d'Athènes par l'Europe, pour éviter un tel scénario.

 

Voir également :

 * Lançons un véritable audit public des responsabilités à l'égard des crises systémiques qui obscurcissent nos vies et nos horizons !

 * La Banque Centrale Européenne risque-t-elle d’exploser en prêtant aux banques ? par Georges Ugeux

 * Malgré les avancées substantielles qu'il rend juridiquement possibles, le Pacte budgétaire et fiscal ne résoud pas la totalité des défis auxquels sont confrontés l'euro et l'eurozone ! (1)

 * Malgré les avancées substantielles qu'il rend juridiquement possibles, le Pacte budgétaire et fiscal ne résoud pas la totalité des défis auxquels sont confrontés l'euro et l'eurozone ! (2)

 * Pour Jacques Sapir, la sortie de l'euro est inévitable

 * Le pacte Merkel-Sarkozy est inacceptable tant au niveau de la méthode que du contenu – Der Merkel-Sarkozy-Pakt ist inakzeptabel – was die Methode anbelangt wie auch den Inhalt

 * Le pacte budgétaire insuffisant face à la crise, selon Jens Weidmann, le président de la Bundesbank

 

 

 

 

Par Jean Poche
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 08:26

Au nom du 11 septembre… Les démocraties à l’épreuve de l’antiterrorisme est un ouvrage collectif qui sort aux éditions La Découverte le 11 septembre. Coordonné par Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe, respectivement universitaires et journaliste, il regroupe les écrits de plus d’une trentaine de spécialistes européens et de journalistes, tous pointus dans leur domaine.

De l’Afghanistan à l’Irak, en passant par l’Algérie, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, la France, la Russie et bien sûr les États-Unis, cet ouvrage se penche, preuves à l’appui, sur les graves dérives et manipulations d’une lutte contre le terrorisme marquée au fer rouge par l’ampleur des attentats du 11 septembre 2001 à New York. Le tout sans oublier le durcissement des législations qui restreint les libertés, les conséquences du renforcement de la coopération antiterroriste internationale, notamment avec les États-Unis du président Bush, ou encore les actions ouvertes ou clandestines violant sciemment le droit international.

 

Au nom du 11 septembre - GIF - 43.9 ko

Le chapitre dont Bakchich produit des extraits est écrit par le journaliste Thomas Deltombe. Sans aucune concession, il décrypte le mode de fonctionnement et les petits arrangements des « experts » en terrorisme qui trustent les écrans de télévision français et influencent donc l’opinion publique.

Les intertitres et les passages en italique sont de Bakchich.

Armer les esprits : le business des « experts » à la télévision française
par Thomas Deltombe

La naissance du marché des experts médiatiques

Nous sommes dans les années 80. C’est l’époque des attentats contre les « intérêts occidentaux » au Liban en 1983 et du « terrorisme proche-oriental » à Paris. Face à cette nouvelle donne sécuritaire, les journalistes sont désarmés. Les premiers « experts » font leur apparition dans les médias. Vingt ans plus tard, ils sont toujours là…

Les sollicitations médiatiques sont telles que certains journalistes commencent à se transformer eux-mêmes en « spécialistes ». Roland Jacquard, ancien journaliste au Canard enchaîné et collaborateur de diverses publications parisiennes, multiplie les livres sensationnalistes sur l’« internationale terroriste ». Xavier Raufer, ancien activiste d’extrême droite reconverti dans la presse magazine, milite pour la reconnaissance médiatique et universitaire d’une « science » dont il s’est fait une spécialité : la criminologie des « menaces contemporaines ». C’est l’époque aussi où le journaliste Antoine Sfeir, correspondant d’un quotidien libanais à Paris, fonde les Cahiers de l’Orient, auxquels contribuent des journalistes et des chercheurs. À la fin des années 1980, le « marché médiatique de l’expertise antiterroriste », pour reprendre une expression d’Hervé Brusini [aujourd’hui l’un des responsable de France 3], est en voie de constitution. (…)

Espèce à risque, les « spécialistes » qui interviennent dans les médias font l’objet d’une attention particulière de la part des hautes sphères du pouvoir, constate Roland Jacquard en 1986 : « On les craint, on les flatte, on cherche à les utiliser comme intermédiaires. Combien d’entre eux ont servi de provocateurs, d’agents de liaison ! Certains se muent rapidement en agents d’influence, de renseignement, d’intoxication, peut-être non rétribués, mais remerciés par des études toutes préparées, des possibilités de scoop. » [1]

A la guerre de l’info comme à la guerre

Après la première guerre du Golfe, les « experts » commencent à méchamment occuper les médias et en particulier les écrans de télévision. Les journalistes peuvent dormir tranquilles, leurs plateaux sont assurés.

Les stratèges militaires le savent : toute guerre est en partie une guerre de l’information. Cette idée reprend de la vigueur en France dans les années qui suivent la fin de la guerre froide. La première guerre du Golfe (1990-1991), riche en manipulations en tout genre, en est un bon exemple. C’est d’ailleurs lors de cette guerre que s’épanouit le marché de l’expertise médiatique : les « experts militaires » se démultiplient pour répondre à la demande des chaînes de télévision, que la concurrence pousse à organiser d’interminables « éditions spéciales ».

Xavier Raufer fait la promotion médiatique de son Atlas mondial de l’islam activiste [2]. Et au même moment, le politologue Gilles Kepel développe la théorie d’une guerre intestine entre l’« islam » et l’« islamisme », particulièrement appréciée des médias alors que les autorités françaises exhortent « les millions d’Arabes et de musulmans qui vivent sur notre sol » à rejeter les appels au djihad qui émanent du « monde musulman » [3] (…)

À la veille de l’an 2000, les médias sont donc plus que jamais une cible. Cible des armées qui remettent au goût du jour les « opérations psychologiques » mises de côté depuis la fin de la guerre d’Algérie. Cible aussi des grands groupes industriels qui se servent du « vecteur médiatique » pour déstabiliser leurs concurrents. Cible enfin d’une armée de consultants à la recherche d’un levier promotionnel pour pénétrer le marché en expansion de la « sécurité ».

Face à ces assauts, la télévision ne semble pas disposée à réagir. Cause ou conséquence de l’explosion du « marché de l’expertise », les journalistes ont tendance à se désinvestir de leur métier, remarque Hervé Brusini, aujourd’hui l’un des responsables de la chaîne publique France 3. Travaillant dans l’urgence, éloignés des lieux où se fait l’actualité mondiale, ceux qui travaillent pour les médias classiques se reposent sur ces « experts » qui ne refusent jamais de meubler un plateau de télévision ou de remplir quelques colonnes de journaux. Une forme de sous-traitance qui permet en outre aux journalistes d’externaliser leur responsabilité éditoriale. Le média n’est dès lors plus qu’une boîte vide, que les journalistes remplissent en distribuant des cartons d’invitation.

Apparue sur les écrans de télévision français en septembre 2001, l’émission C dans l’air est une bonne illustration de cette logique de désinvestissement généralisé. Bien que diffusée sur France 5, la chaîne éducative du secteur public, l’émission est en réalité totalement privatisée : réalisée dans les locaux d’Europe 1 (groupe Lagardère), elle est produite par Maximal Productions (groupe Lagardère), société dirigée par Jérôme Bellay (à l’époque patron d’Europe 1). Émission de news and talk, le principe consiste pour le présentateur, Yves Calvi (transfuge d’Europe 1), à se mettre dans la peau du « Français moyen » en posant des questions sur un ton faussement naïf et en relayant certaines de celles que les téléspectateurs envoient par SMS.

En direct, ces questions sont distribuées par le présentateur à un panel d’« experts » que l’équipe de C dans l’air a préalablement « castés » [4]. L’émission est agrémentée de quelques reportages, qui la confortent grâce au « réalisme » des images et dans lesquels sont fréquemment interrogés d’autres experts.

On retrouve le même dispositif dans nombre d’émissions, en particulier sur les chaînes d’information en continu qui, par nature et par souci d’économies, sont très gourmandes d’intervenants extérieurs, généralement non rémunérés, pour remplir le temps d’antenne (LCI lancée par le groupe Bouygues-TF1 en 1994, et I-Télé lancée par le groupe Vivendi-Canal plus en 1999). C’est dans ce contexte de vampirisation du journalisme par l’« expertise » qu’intervient le 11 septembre 2001. (…)

Et le 11 septembre fût…

Les experts médiatiques n’ont évidemment pas raté le coche des attentats du 11 septembre 2001 et l’avènement d’un nouvel ordre mondial…

Le retour foudroyant du « terrorisme » dans l’actualité après le 11 septembre a puissamment consolidé la position des experts médiatiques — et en particulier de ceux qui font profession d’exploiter la peur. Car les médias exigent des réponses « expertes » à de multiples questions : que s’est-il passé et que doit-on maintenant craindre ? Qui est Ben Laden et que se passe-t-il « dans le monde musulman » ? Maintenant que « l’impensable est devenu réalité » et que le terrorisme a muté en « hyperterrorisme », les journalistes des grands médias ont tendance à faire une confiance aveugle aux scénaristes du pire.

C’est ainsi que Guillaume Bigot, obscur professeur d’économie de l’université privée Léonard-de-Vinci, sort de l’anonymat. Auteur en 2000 d’un recueil intitulé Les Sept Scénarios de l’apocalypse, il avait, dit-on, « prophétisé » le 11 septembre. Honoré de ce fait du titre de « spécialiste en géopolitique », il sera invité à faire des démonstrations d’anticipation cataclysmique sur de nombreux plateaux de télévision et il entamera une prolifique carrière d’essayiste — il tentera même sa chance en politique (comme candidat chevènementiste aux élections législatives de 2002). Un parcours qui montre que l’« apocalypse » se vend bien et que la consécration télévisuelle peut ouvrir d’intéressantes perspectives de carrière. Par un soigneux glissement du conditionnel à l’indicatif, et du « possible » au « certain », les experts du genre décrivent la situation post-11 septembre comme une terrifiante période de danger perpétuel.

La plus belle réussite de l’après-11 septembre est sans doute le come back médiatique de Roland Jacquard. L’« expert » qui prophétisait depuis plus de vingt ans l’inimaginable (terrorisme nucléaire, détournement d’avion par des virus informatiques, etc. [5] trouve enfin sa consécration. Et il est pris d’autant plus au sérieux que l’ex-journaliste s’affuble maintenant du double titre, aussi ronflant qu’énigmatique, de « président de l’Observatoire international du terrorisme » et d’« expert auprès des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ».

Fin connaisseur des médias, Roland Jacquard sait en effet que les journalistes qui l’invitent ont tellement besoin d’« experts » pour remplir les plateaux et pour répondre « aux questions que se posent les téléspectateurs », qu’ils n’interrogeront jamais publiquement la pertinence de tels « titres » [6] Jouant ainsi du désinvestissement des journalistes, Roland Jacquard peut suggérer n’importe quelle hypothèse — celle par exemple de l’implication d’anciens agents de la Stasi ou de l’Irak dans les attentats du 11 septembre [7] — sans risque d’être démenti. La forme étant de loin plus importante que le fond, ses prestations médiatiques se résument pour l’essentiel à une sidérante rafale de chiffres à prétention scientifique et d’anecdotes d’apparence technique visant à démontrer l’imminence d’une « attaque bactériologique », de l’explosion d’une « bombe radiologique » ou de l’« infiltration en France de dangereux virus ». La conclusion est toujours la même : « Il faut être extrêmement prudent, et se préparer à cette guerre de demain, parce qu’elle arrivera malheureusement un jour [8]… »

Outre les « experts » des techniques opérationnelles terroristes, la configuration des plateaux de télévision prévoit systématiquement la présence de « spécialistes du monde arabo-musulman », censés donner aux téléspectateurs un peu d’intelligibilité géopolitique à l’action d’Al-Qaida et des autres mouvements « islamistes ». Les figures emblématiques en la matière sont sans conteste Antoine Sfeir et Antoine Basbous (ancien porte-parole en France des Phalanges chrétiennes libanaises, devenu essayiste) : selon l’hebdomadaire Télérama (31 janvier 2007), en ne prenant en compte que les chaînes hertziennes, Antoine Sfeir est intervenu 240 fois à la télévision entre le 11 septembre 2001 et le 11 septembre 2006 (soit prêt d’une fois par semaine en moyenne, vacances comprises) et Antoine Basbous 121 fois. Leur formidable succès médiatique s’explique largement par le fait qu’ils sont de « bons clients » : ils tiennent un discours simple et inquiétant, beaucoup plus facile à vendre que les analyses nuancées proposées par des chercheurs comme Bruno Étienne, Olivier Roy ou François Burgat.

Le business avant tout…

Si intervenir dans les médias est bon pour la visibilité, cela ne nourrit pas pour autant son homme. Du coup, plusieurs experts ont monté des structures de conseil.

On comprend mieux cette adaptation à l’alarmisme ambiant lorsque l’on sait que le « directeur de l’Observatoire des pays arabes » (Antoine Basbous), le « président de l’Observatoire international du terrorisme » (Roland Jacquard) et le « président du Centre d’études et de réflexion sur le Proche-Orient » (Antoine Sfeir) sont aussi, et surtout, des consultants. En dépit de son aspect universitaire, l’Observatoire des pays arabes est une SARL : « Créé en 1992, explique son site Web [9], ce cabinet de conseil en stratégie aide les décideurs des secteurs privés ou publics à comprendre le fonctionnement des États et des sociétés de cette zone [“arabo-islamique”], à évaluer le risque économique, à anticiper le risque politique, à identifier les marchés porteurs et à réaliser des études de marché et des études de clientèle. Depuis sa création, l’Observatoire des pays arabes a réalisé des travaux pour le compte de l’Union européenne (Bruxelles), pour plusieurs sociétés d’énergie, des banques, des groupes dans la grande distribution, dans le BTP et pour l’administration. »

Plus énigmatique, l’« Observatoire international du terrorisme » de Roland Jacquard consiste en une simple page Web dont tous les liens renvoient à un autre site, « Sentinel, analyses et solutions », lettre confidentielle fondée par Roland Jacquard en 1986 qui propose aux entreprises des « sessions de sensibilisation et de formation » et des « services opérationnels : audits, enquêtes financières, etc. ». Quant à Antoine Sfeir, il travaille comme consultant pour assurer l’implantation de certaines entreprises dans le « monde arabe » et rédige des rapports pour diverses administrations françaises (Secrétariat général de la défense nationale, Délégation aux affaires stratégiques du ministère de la Défense, etc.) [10]. « Ça fonctionne en boucle, constate l’universitaire Olivier Roy. On ne sait plus très bien quelle est la source de revenu. Faire des contrats avec des boîtes vous permet de passer pour un expert en sécurité, ce qui vous permet ensuite de faire un livre, puis de passer dans les médias pour le vendre, puis de faire des conférences rémunérées qui permettent à l’occasion de rencontrer des clients [11]. » (…).

De l’art d’être expert ou le cas Eric Denécé

Pour Thomas Deltombe, l’auteur de ce chapitre, Eric Denécé représente « sans doute l’exemple le plus abouti de cette génération d’experts post-11 septembre. » Portrait.

Ayant travaillé dans sa jeunesse comme analyste au SGDN (1986-1989), il s’est ensuite engagé « à titre personnel » dans « les maquis cambodgiens luttant contre les Vietnamiens » avant de devenir ingénieur commercial chez Matra Défense. Reconverti dans l’intelligence et la sécurité économique, il s’occupera dans les années 1990 de la défense des intérêts de Total en Birmanie : dans la jungle, en coordination avec l’armée birmane, et sur le papier, en dénonçant des « opérations de déstabilisation » initiées, selon lui, par les Américains contre le pétrolier français. Anticommuniste fervent, fin connaisseur des méthodes contre-insurrectionnelles et passionné par les services secrets, il crée en 2000 une association baptisée « Centre français de recherche sur le renseignement » (CF2R).

En bon spécialiste des opérations psychologiques, Éric Denécé connaît les recettes pour se faire inviter sur les plateaux de télévision. Il faut, dit-il, « être disponible » quand on vous appelle, « avoir un titre ronflant qui crédibilise », savoir « faire des phrases courtes, pour permettre aux journalistes de vous couper au montage ». Appliquant toutes ces règles à la lettre, il deviendra en tant qu’« ancien du renseignement » et « directeur du CF2R » un des experts en terrorisme les plus convoités. Ses activités de consultant, de conférencier, de formateur et d’essayiste ne semblent pas souffrir de la grande disponibilité qu’il accorde aux médias. Auteur en 2005 d’une étude aussi remarquée qu’angoissante sur le « développement de l’islam fondamentaliste en France » (pour le compte d’une entreprise de la grande distribution) et d’un ouvrage sur le risque terroriste pesant sur l’industrie touristique, Éric Denécé a pour objectif avoué de « créer une culture du renseignement » dans la société française : il a publié en 2007 un livre sur le sujet, qui a été pensé, dit-il, « pour être vendu chez Auchan, dans les gares, pour que les gens lisent ça sur les plages en vacances » ; et il travaillait la même année sur un projet de parc d’attraction, Spyland, consacré au monde mystérieux de l’espionnage… (…)

Que valent les informations des « experts » ?

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Par Dujardin Jean
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 15:36

L'Iran annoncera prochainement de "très importantes" avancées dans son programme nucléaire, a promis samedi 11 février 2012 le président Mahmoud Ahmadinejad dans un discours prononcé à l'occasion du 33e anniversaire de la Révolution islamique.

Aux cris de "Mort à Israël ! Mort aux Etats-Unis!", des dizaines de milliers d'Iraniens agitant des drapeaux de la République islamique et brandissant des portraits du guide suprême de la révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, ont participé aux célébrations organisées dans tout le pays.

"Dans les jours qui viennent, l'Iran annoncera au monde ses réussites nucléaires très importantes et d'une très grande portée", a déclaré le président dans ce discours prononcé place Azadi (Liberté) à Téhéran et retransmis en direct à la télévision.

Ismaël Haniyeh, qui dirige les autorités du Hamas palestinien dans la bande de Gaza, était présent.

La publication en novembre d'un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique qui conclut à l'existence d'un volet militaire dans les recherches nucléaires iraniennes a amené les puissances occidentales à durcir leurs sanctions.

Après les Etats-Unis en décembre, les Etats membres de l'Union européenne se sont entendus fin janvier pour boycotter le pétrole iranien à compter du 1er juillet. L'UE représentait 25% des exportations iraniennes au troisième trimestre 2011.

Israël, qui considère le programme nucléaire supposé de Téhéran comme une menace pour sa survie, n'a pas exclu une frappe militaire contre l'Iran. La République islamique a promis dans ce cas une riposte "douloureuse" qui viserait Israël et les bases américaines dans le Golfe. Elle a aussi menacé de bloquer le détroit d'Ormuz, par où transitent plus de 35% du pétrole transporté par voie maritime à travers le monde.

"PRÊTS À NÉGOCIER"

"Si nous sommes attaqués par le régime sioniste, nous réduirons celui-ci en poussière", a déclaré l'un des chefs des Gardiens de la révolution, Mohammad Shirdel, à l'agence de presse Fars. "Des milliers de nos missiles viseront Israël et les quarante bases américaines dans la région."

Mahmoud Ahmadinejad, dans son discours, a réaffirmé que l'Iran était favorable à de nouvelles discussions sur son programme nucléaire. Les entretiens sont bloqués depuis un an en raison du refus de Téhéran de mettre fin à l'enrichissement d'uranium.

"Ils disent qu'ils veulent négocier. Cela nous va parfaitement, nous avons toujours été prêts à discuter sur la base de la justice et du respect mutuel", a dit le président iranien. "La nation iranienne ne déviera pas de son chemin", a-t-il toutefois souligné.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, qui s'est récemment rendu à Téhéran, a déclaré vendredi que l'Iran avait accepté une reprise des discussions sur le nucléaire. Un diplomate représentant l'un des cinq pays membres permanents au Conseil de sécurité a toutefois indiqué n'avoir perçu aucun signe d'une reprise des négociations.

Les autorités iraniennes minimisent l'impact des sanctions économiques mais le parlement envisage de riposter en interdisant les exportations de pétrole iranien vers l'Union européenne.

"Je le dis clairement: vous (Occidentaux) pouvez continuer à tenir ce discours d'intimidation et de menace mais jamais notre nation ne se courbera devant vous", a assuré Ahmadinejad.

Selon les analystes, les sanctions internationales touchent le secteur pétrolier, vital pour l'économie iranienne, provoquant une baisse de la production et des exportations qui devrait encore s'accélérer.

L'IMPACT DES SANCTIONS

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui a révisé à la baisse ses prévisions pour le sixième mois consécutif en raison de la détérioration de la conjoncture économique, la demande pétrolière mondiale augmentera de moins de 1% en 2012.

L'AIE estime que le marché mondial semble disposer d'une "flexibilité suffisante en matière d'offre" pour faire face à l'impact potentiel des sanctions visant le secteur pétrolier iranien.

Malgré les conséquences des sanctions et un taux d'inflation de plus de 20%, Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que l'économie iranienne était "florissante". "Nous avons mis de côté 30 milliards de dollars pour les mauvais jours. Les exportations iraniennes hors pétrole dépasseront 43 milliards de dollars en mars. Les importations ont baissé de 5% ces dix derniers mois."

"Nous étions des importateurs de fioul, maintenant nous sommes parmi les principaux exportateurs de fioul et de produits pétroliers", a-t-il dit.

A quelques semaines des élections législatives du 2 mars et face aux sanctions décidées par les Etats-Unis et l'Union européenne, l'Iran a commencé à proposer des paiements en or ou des accords de troc -pétrole contre nourriture- pour se procurer des denrées.

Selon des courtiers en matières premières, l'Iran éprouve des difficultés, depuis le début de l'année, à assurer ses importations de riz, d'huile de cuisine, de nourriture animale ou de thé. Des cargaisons de céréales ont été retenues dans des ports, les vendeurs refusant de décharger les cargaisons s'ils n'ont pas été payés.

L'effondrement du rial, la monnaie iranienne, face au dollar en conséquence du renforcement des sanctions, a provoqué une flambée du prix de denrées comme le riz, le pain ou la viande qui a doublé ces derniers mois.

 

Source : Reuters

 

Par De La Boisserie
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