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Regards croisés sur le Maroc

Vendredi 19 avril 2013 5 19 /04 /Avr /2013 08:47

A la croisée de la science politique, de la sociologie et des sciences de l'information et de la communication, cette étude de cas décrypte les mécanismes de la mobilisation d'un capital symbolique par un Etat, pour la préservation de son image de marque à l'international : Etat musulman, le Maroc est communément considéré comme un pays religieusement ouvert, modéré, tolérant ; cette image est le fruit d'un travail politique concrétisé par sa diplomatie publique.


rectoverso

Ismaïl Régragui, est actuellement doctorant en Science politique, spécialité Relations internationales, rattaché au CERI. Sa thèse dirigée par Guillaume Devin, Professeur à Sciences Po, a pour thème "La communication du "système onusien" : le symbole et la réputation comme moyens d'action".

Ismaïl Régragui est également le fondateur et rédacteur en chef de Perspectives Internationales, publication en ligne des étudiants en relations internationales.

http://www.sciencespo.fr/content/11650/ismaïl-régragui-doctorant

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Samedi 8 septembre 2012 6 08 /09 /Sep /2012 12:29

 - "DERRIERE LA MOSQUEE"

Le message est apparu sur un vieil écran d'ordinateur poussiéreux, fièrement exhibé par le vendeur au coin de la rue, près de notre riad, dans la Medina. Nous demandions notre chemin dans un français approximatif et le jeune homme, âgé d'à peine 16 ans, se mit rapidement à rentrer l'information dans Google Translate. Son sourire, lorsqu'il eut une réponse, s'étirait d'une oreille à l'autre.

Nous allions trouver le café wi-fi, finalement...

Comment Bernanke et ses amis surdiplômés classeraient-ils notre aimable informateur, ici, à Marrakech ? Le fait que ce jeune homme s'occupe d'un magasin (sans doute celui de son père ou d'un oncle) attirerait-il les foudres des lois américaines sur le travail des mineurs ? Il ne nous a certes pas demandé de l'argent contre ses services, pas plus que consigné son travail dans un livre de comptes, même si nous lui avons offert quelques dirhams pour son aide (qu'il a poliment refusés). En outre, nous doutons que son travail, qui, autant que nous pouvons en juger, consiste à réparer de vieux ordinateurs et claviers, fait l'objet de déclarations sur ses bénéfices aux "autorités compétentes".

Dans quelle catégorie classeraient-ils alors ce jeune homme ? Est-il "actif occasionnel"... "en sous-emploi"... "découragé"... ou entre-t-il dans une autre définition créative du jargon politique ?


- Une économie plus riche qu'il n'y paraît

 
Certes, on n'a rien à envier à l'économie marocaine. Le pays s'est classé à une lamentable 130ème place au classement établi par les Nations unies en 2011 sur le développement humain. Près de 40% de la population est analphabète et les signes d'une extrême pauvreté sont omniprésents. Les ânes font encore office de taxis dans beaucoup d'endroits et, dans la chaleur accablante de la mi-journée, même les vendeurs d'épices sur la grand'place s'affalent par terre pour quelques heures d'une précieuse sieste. En fait, peu de choses sont accomplies durant la journée. Les souks ne reviennent à la vie qu'avec la fraîcheur du soir.


Nous ne voulons pas signifier que le gouvernement des Etats-Unis devrait se mettre à imiter le gouvernement marocain... même si, lorsqu'on compare la richesse des ressources qui restent verrouillées par le gouvernement américain, ce ne serait pas entièrement une mauvaise chose...

 

Depuis 1993, l'économie marocaine, la cinquième d'Afrique, connaît une vague de privatisations d'industries auparavant sous le contrôle du gouvernement : les transports aériens, les télécommunications, un grand nombre de grands projets industriels et le secteur du tourisme, de plus en plus important. En outre, le gouvernement prévoit de vendre des terres agricoles actuellement gérées par des fermes d'Etat, ce qui impactera environ 40% à 45% de la population active marocaine. Le taux de croissance (pour autant qu'on puisse se fier aux chiffres officiels... des deux côtés de l'Atlantique) est aujourd'hui environ deux fois et demi celui des Etats-Unis. Ces dernières années, le déficit budgétaire et la dette globale ont beaucoup baissé en pourcentage du PIB.

Il existe également d'autres indicateurs clés. Comme l'a montré notre jeune ami, le pays possède la plus forte croissance d'utilisation de l'internet du continent. Un meilleur accès à l'information signifie une sorte de "libéralisation sociale". Ainsi, il n'est pas rare de voir des jeunes femmes marcher main dans la main dans les rues, l'une vêtue de façon traditionnelle et l'autre "à l'occidentale"... ce qui aurait été inimaginable il n'y a pas si longtemps.

- Une matière première intéressante

 
Ceci étant dit, beaucoup de défis restent encore à relever. Le Maroc est le plus grand exportateur mondial et le troisième producteur mondial de phosphore, un composant essentiel des engrais. Sa production jouant un rôle clé dans l'économie nationale, les fluctuations des prix du minéral sur le marché international influencent fortement la vitalité économique du pays. Avec d'autres matières premières, le phosphore a fortement chuté fin 2008, passant de plus de 430 $ la tonne -- son plus haut -- à seulement 90 $ la tonne mi-2009. Depuis, la tonne est remontée à 180 $ mais on est encore loin des prix records atteints il y a quatre ans.


C'est pourquoi, comme on peut l'imaginer, les principaux indices boursiers du Maroc ont suivi la même direction. Le MASI (Moroccan All Shares Index) est en baisse de près de 33% depuis son plus haut enregistré en 2008... et n'est pas loin d'atteindre son plus bas depuis six ans.

Ne savons vraiment pas si cela représente une valeur intéressante dans laquelle investir ou juste une idée originale... ou quelque chose entre les deux. Par conséquent, pour paraphraser notre éditeur en chef Eric Fry, nous conclurons simplement que, même si le Maroc n'est peut-être pas encore un "achat", il n'est sans doute plus tout à fait "à vendre".

Dans l'espoir d'être plus convaincus de l'opportunité d'investir dans le phosphate (ou dans le marché boursier marocain), nous avons demandé à Chris Mayer son avis sur le sujet. Chris est l'éditeur du Mayer's Special Situations et le seul homme que nous connaissons qui puisse fournir un aperçu immédiat de tout ce qui existe, des transports ferroviaires birmans au phosphate marocain.

"Je viens de visiter une mine de phosphate la semaine dernière à Toronto", a-t-il répondu d'une manière qui laissait penser qu'il n'attendait que cette question. "Tout le monde dans le business a les yeux rivés sur le Maroc, parce que le pays possède 70% des réserves mondiales de phosphate. C'est le plus grand producteur mondial et c'est lui qui essentiellement en fixe les prix. Le marché du phosphate devrait rester tendu tant que les Marocains n'inondent pas le marché. Jusqu'ici, tout montre qu'ils veulent faire un bon rendement sur leurs actifs".

"Si cela est vrai", continue Chris, "alors nous pourrions avoir un marché du phosphate tendu au cours des prochaines années, en particulier en Amérique du Nord. C'est toujours la même histoire, les meilleures mines vieillissent et doivent être remplacées. Il n'y a pas beaucoup de nouvelles réserves mais la demande croît rapidement. Le prix de la roche oscille encore entre 180 et 200 $ la tonne, un bon prix et il a tendance à suivre l'indice FAO des prix des produits alimentaires. Le prix du blé restera sans doute élevé du fait des récentes sécheresses, ce qui est une bonne nouvelle pour le phosphate".


 


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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 20:54

Des dizaines de milliers de personnes manifestaient, dimanche 27 mai, à Casablanca, la plus grande ville du Maroc où les tensions sociales sont exacerbées par la sécheresse et par un chômage en hausse.
 
Cette manifestation, qui a surpris par son ampleur est la plus importante contre le gouvernement dirigé depuis janvier dernier par un islamiste, Abdelilah Benkirane. Les élections de novembre 2011 avaient été marquées par une nette victoire de sa formation, le Parti justice et développement (PJD). Elle se déroule à l'appel de deux syndicats proches de l'Union socialiste des forces populaires (USFP, opposition parlementaire).
 
"Il y a plus de 50 000 personnes [près la moitié selon un responsable de la police] qui manifestent pour appeler le gouvernement à ouvrir un dialogue véritable face à la tension sociale de notre pays", a indiqué Hassan Tariq, un député de l'USFP présent à la manifestation.
 
Depuis plusieurs jours, alors que le chômage ne cesse d'augmenter, les responsables syndicaux lançaient au gouvernement des appels au dialogue à propos de la hausse des salaires et de l'amélioration des conditions sociales des salariés. Près de 30 % des jeunes âgés de 15 à 29 ans sont au chômage, selon un rapport de la Banque mondiale (BM) rendu public le 14 mai à Rabat. Sur les 32 millions d'habitants que compte le Maroc dont près de 11 millions sont âgés de 15 à 35 ans.
 
Du rond-point de Dakar à celui de Mers Sultan, au coeur de la capitale économique, des milliers de manifestants ont sillonné les grandes artères de la ville, en scandant des slogans hostiles au gouvernement. "Benkirane et Fouad Ali El Himma [un très proche conseiller du roi Mohammed VI], deux faces d'une même monnaie", criaient les contestataires sous la présence discrète des forces de l'ordre. Des centaines de jeunes du Mouvement du 20 février, né dans le tumulte du Printemps arabe et appelant à des réformes profondes de la monarchie, ont également participé à cette manifestation, où les islamistes étaient quasiment absents.

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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 17:04

Annonce solennelle d'une charte halal pour l'audiovisuel. Volonté implicite de délivrer des permis de reconstruire les écoles coraniques, peu ébruitée. Mise en place dans les quartiers de milices des moeurs, sur fond de populisme. Mise à l'index de Marrakech comme "un lieu de dépravation". Banalisation suspecte du suicide d'une jeune fille violée et mariée de force à son agresseur. Depuis peu, remontent à la surface de la société marocaine des clivages majeurs sur le statut de l'individu, de la femme, du service public, de l'étranger, des minorités, jusque-là imperceptibles, peu garantis, traités négligemment par la législation ou relégués au second plan dans le débat public, quand il a lieu.
Une partie de l'élite, longtemps sceptique sur l'effectivité de la démocratie naissante, observe éberluée le parti islamiste Justice et développement (PJD), à la tête du gouvernement, et une partie de la population, encouragée par son élan fondamentaliste, mettre à nu la schizophrénie sociale ambiante. Certains ne sont pas loin de regretter le despotisme bienveillant du makhzen (système des institutions royales). Pour eux, la lame de fond qui doit prévaloir est l'attente de réactions d'en haut pour brider les égarements d'en bas. Nous ne sommes qu'une minorité, disent-ils, alors vivons cachés à l'ombre du sultan.
Il est certes rassurant de savoir que le roi Mohammed VI est "plutôt moderniste", mais il ne faut pas oublier que les "deux corps" de tout roi l'amènent à être tantôt dans la modernité, tantôt dans la tradition, tantôt séculier, tantôt religieux, et que de ce dandinement dépend sa double mission : préserver un vieil héritage dynastique et faire prospérer un règne à transmettre.
Hormis le bénéfice qu'en tirent les courtisans et autres privilégiés qui gravitent autour, ces considérations ne suffisent pas dans une démocratie. La construction citoyenne exige un espace public ouvert, où les acteurs politiques choisissent de se positionner à partir d'un ensemble de valeurs, et un corps de l'Etat, sans biais dogmatique, qui permet à cette diversité d'interagir librement. Le roi, in fine, devient le garant de cette impartialité, non un acteur devant prendre parti.
A vrai dire, dans une monarchie multiséculaire, sans ruptures majeures, comme celle du Maroc, la société de cour a eu le temps de se consolider en cercles concentriques. Aussi cette large élite qui s'accroche à un modèle de gouvernance semi-autocratique, piloté par intervention divine, a juste envie que ça continue à fonctionner, sans qu'elle ait à se mouiller. Elle ne fait confiance qu'à l'Etat arbitraire qui, telle une centrifugeuse, tente de mettre tout le monde d'accord, pour préserver le noyau conformiste qui en assure l'équilibre précaire.
Derrière cet a priori, un large spectre de sujets, démissionnaires, cyniques ou affairistes, qui ne veulent pas regarder en face le paradoxe menaçant la multitude sociale à terme. Ils ont du mal à reconnaître que les structures mises en place par l'Etat, pour encadrer la société de masse (par les lois, l'école, les médias audiovisuels, les mosquées, etc.) favorisent l'ordre moral par le biais d'une duplicité suspecte (mixité en public pénalisée, islamisation massive des contenus pédagogiques, etc.). Et que ce même Etat ne pourra pas compter sur une minorité libérale cooptée, pour se porter garante de l'autre face, soi-disant "moderne", du régime, à chaque fois que des excès de religiosité viendraient le mettre à mal.
C'est simple. Si le passage à la démocratie est irréversible, le dogme de l'Etat ne peut demeurer religieux. Car le rôle d'un Etat impartial est de permettre à tous les acteurs de concourir à chances égales pour gérer les affaires publiques.
Or le marqueur "islamique" confère à un acteur majoritaire au référentiel religieux, même implicite ou modéré tel le JPD (il peut être demain plus radical), une suprématie non seulement représentative, mais symbolique. Dans cette configuration, la démocratie risque d'être interprétée (c'est déjà le cas) dans la vulgate populaire comme un "diktat de la majorité". Et les minorités, les expressions marginales, des postures illégitimes voire à bannir. Normal alors que l'inévitable querelle entre liberté et moralité se joue à découvert, dans un déséquilibre intenable. Mais qu'est-ce qui autorise un tel déséquilibre ?
La Loi fondamentale du pays. Méditons ce qui s'est passé dans les coulisses de la Constitution 2012. La première mouture mettait en avant le caractère islamique et pluriel de la société (pas de l'Etat) et élargissait les libertés pour y inclure celle de la conscience. Quand l'islamité de l'Etat a été réintroduite, dans la version remaniée du texte, sur pression des partis conservateurs et des bigots proches du Palais, il y a eu très peu de voix pour s'en offusquer publiquement.
Quelques membres de la commission mise en place à cet effet par le roi ont rejeté ce tripatouillage mais, en tant que techniciens en service commandé, n'ont trouvé aucun contrepoids, dans l'espace public, pour contrer les zélotes. A la fin, ces derniers ont eu gain de cause, truffant la Constitution d'expressions vaseuses, telles que "constantes (immuables) de la nation", avec une mise en avant du dogme comme instrument de censure morale déguisée, par le biais des oulémas (docteurs de la loi musulmane à la botte du régime), dorénavant invités à trancher dans le débat public.
Le noeud du problème réside ainsi dans le caractère dogmatique de l'Etat, nonobstant le parti au pouvoir. Les ministres du PJD, habiles rhéteurs, parlent d'ailleurs au nom de "la norme constitutionnelle" et des "valeurs (sous-entendu religieuses) du peuple marocain", consacrées par cette même Constitution. Rusés, populistes ? Peut-être mais légalistes, aussi. Or que retrouve-t-on en face ? Des partis dits libéraux enserrés dans un corset identitaire étroit. Ils sont certes sans étiquette religieuse affichée, mais il leur est déjà arrivé, à leur tour, de protester contre un art "malpropre", une école "résolument plurielle", une association "libertaire" ou des médias "non consensuels".
Et quand l'attaque provient de partis islamistes, ils observent souvent une neutralité passive et coupable. Aucun acteur ou formation charismatique ne défend une option de sécularisation repensée à l'aune des réalités. Aussi, par leur retenue idéologique ou leur incapacité à se démarquer sur les questions de liberté et de pluralité, toutes ces formations, tout comme les services publics, servent aux fondamentalistes sur un plateau d'or des sujets religieusement conditionnés. Tous piégés par la Constitution !
Au milieu de ce magma, la société marocaine est prise au piège du monolithisme imposé. Dans leurs pratiques au quotidien, les Marocains sont certes plus divers et pluriels que le laissent croire les discours dominants. L'étude sur L'Islam au quotidien (éd. Prologues, 2007) montre à quel point les Marocains bricolent leurs pratiques et ne sont pas dans le mimétisme absolu. Certes, quelques membres hyperactifs d'ONG et des militants ayant assez de courage se démarquent par des prises de position et des initiatives hors du conformisme ambiant. Citons, dans ce sens, le mémorandum préparé par le Collectif démocratie et modernité en faveur de la liberté de conscience ou encore le mouvement Libre Culture, qui soutient la liberté de création.
Mais celles et ceux capables de tenir publiquement un discours alternatif n'ont pas encore assez de relais, associatifs, scolaires, culturels, territoriaux, syndicaux, parlementaires, pour peser dans la balance.
Le Mouvement du 20 février, né dans le sillage du "printemps arabe", a promis, à sa genèse, de favoriser l'éclosion de nouveaux affluents de liberté. Mais pris dans la tourmente de la réaction micropolitique, ce dernier a erré et n'a pas connu la densification nécessaire pour peser dans l'espace public et aider à réorienter les choix stratégiques. Or, pour produire un socle de valeurs plus ouvert et moins ambigu que celui qui prévaut, au nom de la spécificité marocaine, il faut repenser la pluralité en vue de dépasser les notions condescendantes de tolérance et les réflexes équivoques qui hiérarchisent les cultures.
Comment faire alors que, le passif 2011 aidant, le panislamisme est béni par les Américains avec trois arguments de vente : l'influence médiatique du Qatar, le modèle consumériste hypermoderne de Dubaï et l'horizon enchanteur de la Turquie ? Le Maroc n'a qu'à repenser son positionnement comme pays musulman, sans complexe et sans censure morale, ouvert sur toutes les influences externes (européennes, africaines, atlantiques, orientales), et pluriel, favorisant tous ses affluents internes. Cela est déjà un peu le cas, dans les faits et même dans les textes, mais loin d'être reconnu comme un atout gagnant. Le triptyque de valeurs, implicites dans ces engagements tous azimuts, "liberté, pluralité, citoyenneté", n'est qu'un slogan abstrait dans l'esprit des gens, un argument de vente à l'extérieur plus qu'un atout de développement en interne.
Il est temps de se battre pour réformer l'Etat et assumer ce pluralisme. Cela veut dire mettre la liberté, l'échange, l'ouverture d'esprit et la créativité au coeur des structures culturelles publiques (l'école, les maisons de jeunes, l'université, les médias audiovisuels). Toiletter les normes qui encadrent la société (les lois et les règlements) des scories pouvant être exploitées à satiété par les conservateurs.
Et multiplier les lieux de débat et de création libre (théâtres, bibliothèques, espaces de répétition, laboratoires de création Internet) avec un ancrage territorial et une ritualisation temporelle qui conteste aux lieux de culte le monopole de production de la norme sociale. Sans ce chambardement socioculturel, je le crains, le Maroc ne pourra pas sortir de l'impasse de l'Etat islamique.
 
Né à Casablanca en 1968, Driss Ksikes est journaliste, écrivain et dramaturge, auteur de plusieurs pièces de théâtre - la plus récente s'intitule "Il" (Marsam, 2011) -, d'un roman, "Ma boîte noire" (Le Grand Souffle éd., 2006), et de plusieurs nouvelles. Ancien rédacteur en chef de "Tel Quel" et directeur littéraire de la compagnie Dabateatr,
 
il dirige également le centre de recherche de HEM et est cofondateur des Rencontres Ibn Rochd, à Rabat.

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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 10:16

UE/Maroc : Eneko Landaburu, Chef de la Délégation de l'Union européenne au Maroc a salué, mardi 10 avril 2012, le lancement par S.M. le Roi Mohammed VI, du Régime d'assistance médicale (RAMED).

Pour lui, le RAMED "permettra une extension de la couverture médicale de base et l'amélioration de l'accès aux services de base à près de 8.5 millions de citoyens parmi les plus défavorisés" soit environ 28% de la population.

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