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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 14:29

Le président François Hollande a rendu hommage mardi aux soldats musulmans morts pour la France lors des deux guerres mondiales et, s’adressant directement à leurs descendants, a souligné que la France avait «une dette à leur égard».

«La France n’oubliera jamais le prix du sang versé», a déclaré le chef de l’Etat, venu inaugurer un monument en mémoire des soldats musulmans dans l’enceinte de la Grande mosquée de Paris.

Cet hommage «s’adresse à leurs descendants pour qu’ils soient fiers de leurs parents et conscients que la République a une dette à leur égard», a-t-il ajouté. «A celles et ceux qui s’interrogent sur leur destin, leur place et même parfois sur leur identité, aux descendants de ces soldats, je dis ma gratitude.»

Le chef de l’Etat s’est également adressé à «toute la communauté nationale», soulignant que l’islam de France «qui porte un message d’ouverture» est «parfaitement compatible avec les valeurs de la République».

«Cet hommage est un appel au respect» des morts, mais aussi «des vivants», a-t-il dit. Il nous appelle à «lutter farouchement contre les discriminations, les inégalités et le racisme, et à être intraitables à l’égard des paroles et des actes antimusulmans.»

«Jamais personne ne doit être menacé ou agressé pour ses croyances», a-t-il encore martelé, à l’occasion de sa première visite dans une moquée en France depuis son élection.

Il a dévoilé deux plaques recensant les unités musulmanes engagées dans les deux conflits mondiaux, aux côtés desquelles sera prochainement placée une borne interactive avec le nom des soldats musulmans tombés sur le champ de bataille.

Plus de 80.000 morts pour la France

Quelque 600.000 soldats des troupes coloniales participèrent à la Grande guerre, de 1914 à 1918 et environ 70.000 musulmans y ont perdu la vie, selon une estimation du ministère de la Défense en 2010. La Grande mosquée avait d’ailleurs été construite entre 1922 et 1926 pour leur rendre hommage.

De 1940 à 1945, plus de 16.600 soldats musulmans d’Afrique du nord furent tués ou portés disparus, ainsi que des milliers de combattants d’Afrique subsaharienne, comme les tirailleurs sénégalais. Le précédent gouvernement avait déjà inauguré des plaques en leur mémoire dans l’enceinte de la Grande mosquée.

Désormais, «l’afficheur électronique permettra aux familles de retrouver leurs défunts», s’est félicité auprès de l’AFP son recteur, Dalil Boubakeur, redevenu au printemps président du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Au-delà de l’aspect mémoriel, a-t-il souligné, cette inauguration «devrait permettre aux musulmans de se sentir encore plus intégrés dans la Nation française.» «Aujourd’hui, le relationnel entre l’islam et la communauté nationale est parfois compliqué, mais nous tenons à ce qu’on nous regarde comme des membres de la Nation», a-t-il ajouté.

Hausse de 11% des actes antimusulmans en 2013

Selon un sondage publié en avril 2013, près de trois Français sur quatre (73%) disent avoir une image négative de l’islam, quand les autres religions recueillent l’agrément d’une nette majorité. 226 actes antimusulmans ont été enregistrés en 2013, en hausse de 11,3%, selon les derniers chiffres de l’Observatoire contre l’islamophobie.

François Hollande ne se rend jamais dans des édifices religieux pendant des moments cultuels mais peut le faire lors de déplacements à l’étranger ou pour des questions mémorielles. Il a ainsi visité des mosquées au Maroc ou au Mali, s’est rendu au Vatican et au Consistoire.

Le Front national a qualifié cette visite de «grossière tentative de manipulation» de la part du président, propos qualifié de «honteux» par le PS.

Source : http://www.liberation.fr/politiques/2014/02/18/hollande-rend-hommage-aux-soldats-musulmans-morts-pour-la-france_981114

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 13:54

Deposit guarantee schemes

The Council confirmed an agreement with the European Parliament on a recast of rules on deposit guarantee schemes (DGSs). Maintaining a coverage level of €100 000 per deposit, the draft directive harmonises the framework for DGSs across the EU and enhances depositor protection, simplifying in particular coverage and pay-out arrangements.

See press release : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ecofin/141059.pdf

Annual growth survey

The Council adopted conclusions on the Commission's annual growth survey, agreeing that the broad priorities outlined for 2014, the same as those identified last year. It noted that despite recent improvements, the recovery remains fragile whereas the legacy of the crisis, high unemployment and persisting fragmentation in the financial industry are likely to continue to weigh on economic growth.

See conclusions : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ecofin/141056.pdf

Macroeconomic imbalances

The Council adopted conclusions on macroeconomic imbalances, welcoming progress made by member states in correcting both external and internal imbalances. Further progress is however needed to address imbalances that give rise to sustainability concerns, and the Commission is expected to publish in-depth reviews of the situation in 16 member states.

See conclusions : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ecofin/141057.pdf

Budget

The Council adopted a recommendation to the European Parliament on the discharge to be given for implementation of the EU's general budget for 2012, and conclusions setting priorities for negotiations with the EP on the budget for 2015. SEPA The Council postponed to 1 August 2014 the end-date for migration to credit transfers and direct debits based on

SEPA (single euro payments area) standards.

This will enable an exceptional and temporary extension of the use of existing standards, alongside SEPA schemes, so as to enable the rate of migration to be raised to the required level.

See press release : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ecofin/141058.pdf

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 11:41

« Les troupes occidentales peuvent-elle de nos jours gagner des guerres irrégulières ? » [1]

Voici posée l’une des interrogations fondamentales auxquelles Gérard Chaliand tente de répondre dans son bref essai intitulé Le nouvel art de la guerre (publié aux éditions L’Archipel en 2008). La réponse de ce célèbre expert de la guérilla va ainsi intégrer une analyse des évolutions des sociétés, aussi bien sur le plan militaire ou social que démographique. À force de nombreux exemples historiques et théoriques, il dessine l’évolution de l’appréhension du conflit asymétrique par l’Occident.

À la fois géopolitologue, spécialiste des conflits armés et poète, Gérard Chaliand a officié à diverses fonctions. Maître de conférence à l’École nationale d’administration entre 1980 et 1989, enseignant à l’École supérieure de guerre entre 1993 et 1999 mais également directeur du Centre européen d’étude des conflits entre 1997 et 2000. Homme de terrain, il a sillonné pendant quelques décennies les continents africains, asiatiques et américains, visitant au total quelques 75 pays différents et côtoyant des mouvements insurrectionnels comme en Algérie, Vietnam, Palestine, Colombie, Liban, Irak, Sri-Lanka (la liste étant loin d’être exhaustive). Ses expériences et ses analyses ont ainsi pu nourrir une importante production d’ouvrages de géopolitique, dont le plus connu est certainement Géopolitique des empires : des pharaons à l’imperium américain (en collaboration avec Jean-Pierre Rageau) et le plus récent Vers un nouvel ordre du monde ? (en collaboration avec Michel Jan).

Dans Le nouvel art de la guerre, Gérard Chaliand présente sa réflexion principalement en deux volets. Il débute avec une généalogie des conflits armés. Il présente ensuite l’apparition du nouvel art de la guerre ainsi que ses implications dans les conflits contemporains.

.../...

Voir la suite de cet article : http://www.diploweb.com/G-Chaliand-Le-nouvel-art-de-la.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=NEWSLETTER_13__18022014&utm_medium=email

Vincent Satgé est Co-président du site Les Yeux du Monde.fr, site de géopolitique pour les étudiants, Vincent Satgé est en Master 2 de Sciences Politiques à l’Institut d’études politiques de Bordeaux. 

 

G. Chaliand, « Le nouvel art de la guerre », L’Archipel, 2008 (recensement par Vincent Satgé - Diploweb.com)

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Published by Pierre Verluise
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 11:23

Dans le cadre de sa réorganisation, CORDIS - le service communautaire d'information sur la recherche et le développement - a mis en ligne fin 2013 un nouveau service qui donne accès au meilleur de l'actualité scientifique.

Pour en savoir plus : CORDIS Nouvelles N° 36239 du 08-11-2013 : http://cordis.europa.eu/news/rcn/36239_fr.html ;

Consulter notamment les pages A la Une : http://cordis.europa.eu/stories/home_fr.html

et Projets et Résulats : http://cordis.europa.eu/projects/home_fr.html.

Ce nouveau service répond en grande partie à notre souhait de disposer de "success stories" pour illustrer l'intérêt et l'importance des activités de recherche et d'innovation financées par l'Union européenne.

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Published by Paul Jamet
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 08:04

Le Parlement a définitivement adopté une proposition de loi visant à reconnaître le vote blanc aux élections.

Le vote blanc consiste, pour un électeur, à glisser un bulletin vierge (ou pas de bulletin du tout) dans l’enveloppe qu’il dépose ensuite dans l’urne.

Jusque-là, le code électoral n’établissait pas de distinction entre vote blanc et vote nul (bulletins déchirés ou annotés). Lors du dépouillement, les votes blancs et les votes nuls étaient comptabilisés ensemble et annexés au procès-verbal du dépouillement mais sans être pris en compte dans le décompte des suffrages exprimés.

Les parlementaires ont considéré que le vote blanc a une signification politique particulière et qu’il convient d’opérer une distinction claire entre l’absence de vote, le vote nul parce qu’irrégulier et le vote blanc du citoyen.

En outre, une meilleure reconnaissance du vote blanc devrait contribuer à la lutte contre le développement de l’abstention voire "dégonfler les votes pour les extrêmes", l’électeur disposant d’une voie nouvelle pour faire entendre son insatisfaction à l’égard de l’offre politique et pour appeler au renouvellement de celle-ci.

Le texte adopté par le Parlement modifie le code électoral pour assurer, lors de chaque scrutin, la comptabilisation des votes blancs de manière séparée des bulletins nuls. Le nombre de votes blancs sera mentionné dans les résultats du scrutin.

Néanmoins, les votes blancs ne seront pas comptabilisés dans les suffrages exprimés. Les seuils électoraux pour se maintenir au second tour ou pour atteindre la majorité absolue ne seront donc pas modifiés par ce nouveau mode de comptabilisation.

En outre, le texte ne concerne pas l’élection présidentielle (une modification des règles de l’élection présidentielle nécessiterait une loi organique).

L’article 6 de la loi prévoit une entrée en vigueur le 1er avril 2014. Ces nouvelles dispositions s’appliqueront pour la première fois lors des élections européennes du 25 mai 2014.

Source : http://www.vie-publique.fr/focus/reconnaissance-du-vote-blanc-quoi-s-agit-il.html?xtor=EPR-56

Sur vie-publique.fr

Proposition de loi visant à reconnaître le vote blanc aux élections

Abstention, vote blanc et vote nul : quelles différences ?

Peut-on être citoyen et ne pas voter ?

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 18:23

La note ci-après reprend sous forme abrégée les principales réformes institutionnelles que devrait entreprendre l'Union, bien qu'il ne faille avoir - malheureusement - aucune illusion sur la volonté des uns ou des autres d'ouvrir ce chantier.    

  rev 1 2014 JGG LB 240713 3 rev 1 2014 JGG LB 240713 3    

Cette note examine successivement les questions suivantes :

􀂙 La révision des traités et l'adhésion à l'UE (1e partie)    

􀂙 Les politiques communes (2e partie)    

􀂙 Le pouvoir législatif et exécutif (3e partie)    

􀂙 Les fondements de l'Union (4e partie)

"L"Europe a besoin d'architectes autant que de pompiers"

(Jacques Delors)

"Rien n'est possible sans les hommes - mais rien n'est durable sans les institutions"

(Jean Monnet)

"If member states were engels, no european government would be necessary"

(d'après James Madison)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 16:25

Il sera quasiment impossible pour l'Union européenne d'accepter en son sein un nouvel Etat membre ayant proclamé son indépendance vis-à-vis d'un pays déjà membre de l'UE, a déclaré dimanche José Manuel Barroso.

Prié de dire si une Ecosse indépendante pourrait adhérer en tant que telle à l'UE, le président de la Commission européenne a refusé de s'exprimer sur ce scénario précis.

"Ce serait extrêmement difficile d'obtenir l'aval de tous les autres Etats membres à l'intégration d'un nouveau membre issu d'un pays membre", a-t-il dit dans une interview à la BBC. "Je pense que ce serait extrêmement difficile, si ce n'est impossible."

Un référendum d'autodétermination doit être organisé le 18 septembre en Ecosse, qui, le cas échéant, pourrait ensuite déclarer son indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni.

Les enquêtes d'opinion indiquent cependant que seulement 29% des Ecossais voteraient aujourd'hui en faveur de l'indépendance, contre 42% pour le maintien dans le Royaume-Uni. Vingt-neuf pour cent demeurent indécis.

Jeudi 13 février, le ministre britannique des Finances, George Osborne, a prévenu que l'Ecosse ne pourrait plus utiliser la livre sterling comme devise si elle décide d'accéder à l'indépendance.

Réagissant aux propos de J. M. Barroso, John Swinney, un député du Parti national écossais (SNP, au pouvoir), qui milite en faveur de l'indépendance, a qualifié d'"absurdes" les déclarations du président de la Commission européenne, soulignant qu'aucun pays membre de l'UE n'avait jusqu'ici opposé son veto à une adhésion de l'Ecosse.

Certains pays comme l'Espagne peuvent cependant redouter que l'exemple écossais n'inspire d'autres régions d'Europe aspirant à l'indépendance comme la Catalogne.

Dans son interview, José Manuel Barroso rappelle que Madrid s'est déjà opposé à la reconnaissance du Kosovo, qui a proclamé son indépendance de la Serbie en 2008.

José Manuel Barroso a déjà déclaré par le passé que tout Etat nouvellement indépendant devrait se porter à nouveau candidat pour adhérer à l'UE.

L'adhésion à l'UE figure dans le programme des indépendantistes publié l'an dernier. Naturellement, cette déclaration de José Manuel Barroso se base sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, ce qui est encore loin d'être acquis  ...quand bien même il le souhaite !

Dans le cas contraire, on ne voit pas qui pourrait s'opposer à l'entrée de l'Ecosse dans l'Union européenne, le Royaume-Uni n'étant plus là pour s'y opposer ! Sauf peut-être la France qui doit désormais soumettre au peuple français tout projet de traité d'adhésion eu égard aux dispositions de la nouvelle version de la Constitution.

N'oublions pas par ailleurs que les indépendantistes écossais souhaitent également rejoindre le groupe des pays scandinaves, ce qui constituent en soi un projet politique au moins aussi séduisant qu'une entrée dans une Union européenne en crise !

Source : Reuters

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 15:15

C'est l'histoire d'un homme qui avait deux filles. Elles se battaient pour son affection et, lorsque l'une lui demanda si elle était sa favorite, il lui répondit qu'on ne choisissait pas entre deux enfants. Il oublia juste de mentionner qu'il en avait une troisième, moins pressante, avec laquelle il était un peu en délicatesse. Elle ne fit aucun commentaire sur ces effusions, mais n'en pensa pas moins.

Par un hasard du calendrier, le prochain conseil franco-allemand, pour lequel la chancelière Angela Merkel est attendue à Paris mercredi 19 février, intervient tout juste une semaine après l'extraordinaire visite du président Hollande aux Etats-Unis. Extraordinaire, en particulier parce qu'on y a vu un chef d'Etat de la vieille Europe se mettre au diapason des Américains pour partager le fardeau de la sécurité mondiale et passer l'éponge avec indulgence sur le plus gros scandale d'espionnage de la décennie, celui de la surveillance électronique massive menée par la NSA : « La confiance mutuelle a été rétablie » – on ferme le ban.

A Washington, un journaliste a demandé au président américain si la France avait remplacé la Grande-Bretagne comme allié le plus proche des Etats-Unis. C'est là que Barack Obama, puisant dans son expérience personnelle avec un sourire amusé, a eu recours à la métaphore du père et de ses deux filles. Soupirs de soulagement à Londres, bombements de torses à Paris. A Berlin, la troisième fille n'a pas été franchement étonnée d'avoir été oubliée : elle boude.

Car l'affaire de la NSA, révélée grâce aux documents secrets transmis par Edward Snowden, continue d'empoisonner les relations américaino-allemandes. Pour Angela Merkel, l'affront ne passe pas. Non seulement son téléphone et celui de son prédécesseur Gerhard Schröder, ont été écoutés par les Américains, mais l'administration Obama a refusé, ensuite, de conclure avec l'Allemagne le même accord mutuel de non-espionnage dit des « Five Eyes » que Washington a avec quatre proches alliés anglo-saxons, la Grande-Bretagne, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada.

Pour une femme qui a passé une bonne partie de sa vie sous un régime communiste policier et a reçu des mains du même président Obama, en 2011, la prestigieuse médaille de la liberté, la déception est immense. « Elle est offensée, reconnaît un diplomate allemand. C'est le bon terme. » Et pas seulement elle. Au-delà des questions d'amour-propre, Américains et Allemands constatent qu'ils n'ont pas la même conception du point d'équilibre entre sécurité et libertés individuelles.

C'est dans ce contexte que Mme Merkel fait deux propositions à M. Hollande. La première, très attendue par les Français, porte sur un soutien allemand à la sécurité en Afrique, dont Paris commence à trouver le poids un peu lourd. La seconde traduit tout le dépit allemand sur la NSA : créer un réseau de communications « au sein même de l'Europe » pour éviter que les données personnelles des citoyens européens transitent par les Etats-Unis. « Nous devons faire davantage pour protéger nos données en Europe, incontestablement », a dit, samedi 15 février, Mme Merkel.

FERMER LA PARENTHÈSE WESTERWELLE

C'est exactement ce que redoutent les géants américains de l'Internet, Google en tête : l'érection de frontières dans le cyberespace, ce qu'ils appellent la « balkanisation » du Net. La chancelière allemande elle-même était sensible à cet argument, puisqu'elle avait freiné le mouvement sur une protection accrue des données au Conseil européen des 24 et 25 octobre 2013. Le durcissement de sa position montre que ses espoirs de trouver une solution avec les Etats-Unis ont été déçus. La solution sera donc européenne.

C'est un moment charnière, car ces initiatives coïncident avec le tournant annoncé en faveur d'une participation allemande plus active à la politique étrangère et militaire européenne. C'était le sens des discours remarqués du président Joachim Gauck, le 31 janvier, à la conférence de Munich sur la sécurité, et de la ministre de la défense, Ursula von der Leyen. Le nouveau chef de la diplomatie Frank-Walter Steinmeier a exposé les arguments en faveur de ce tournant dans un entretien à la Süddeutsche Zeitung, le 30 janvier. « L'Allemagne, dit-il, est trop grande pour se contenter de commenter les affaires du monde. » M. Steinmeier fait valoir aussi que les Etats-Unis « ne peuvent pas, et ne souhaitent plus, être présents partout : nous devons donc être davantage responsables de la sécurité en Europe ».

Ce ne sont que les premiers signes du tournant et les responsables allemands veulent tempérer les attentes de leurs partenaires. Mais l'ouverture de ce débat ferme la parenthèse Westerwelle, le prédécesseur de M. Steinmeier, qui freinait des quatre fers face à toute velléité d'associer l'Allemagne à une action commune ; on est plus proche de la ligne Joschka Fischer, qui avait engagé le pays au Kosovo.

Et aujourd'hui, les astres semblent alignés. A Berlin, le gouvernement de grande coalition jouit du soutien de 80 % du Bundestag et n'aura donc pas à mendier les votes pour l'envoi de chaque malheureux soldat en opération. Les Français, souligne Camille Grand, de la Fondation pour la recherche stratégique, souhaitent ardemment une coopération dans le domaine de la défense avec l'Allemagne, d'autant que la dynamique antieuropéenne à Londres a freiné la coopération militaire franco-britannique. La Pologne est demandeuse aussi. Peut-être, grâce aux Américains, est-on enfin en train d'assister aux premiers pas de l'Europe de la défense.

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/02/17/les-raisons-du-tournant-allemand_4368000_3232.html

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 09:58

Selon un sondage Ifop pour Atlantico, 59 % des français se disent favorables à une limitation du nombre d'immigrés européens en France. De quoi faire pâlir les chantres de la solidarité européenne.

Atlantico : Selon un sondage Ifop pour Atlantico, 59 % des Français sont favorables à une limitation du nombre d'immigrés européens en France, donc à une remise en cause des accords de Schengen. Comment interpréter ce chiffre qui, nous précise Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique, est sans précédent ?

Gérard-François Dumont : Ce résultat est effectivement a priori surprenant, car la présence en France d’immigrants issus d’autres pays de l’Union européenne pose peu de problèmes. Certes, on peut trouver, dans certaines campagnes, parmi des dizaines de milliers d’Anglais, une infime minorité qui demeure en France pour bénéficier de notre système social. Certes, on peut, ci et là, déplorer l’attitude de ceux des Néerlandais qui résident en France sans guère y faire vivre le commerce local. Mais les immigrés européens, qui relèvent essentiellement de ce que j’appelle les « migrations entrepreneuriales », bénéficient largement à la France, par les richesses qu’ils y créent et par leurs consommations et investissements. Si la France est confrontée à une difficulté, c’est non du fait des immigrés européens, mais de l’émigration de jeunes Français, notamment en Angleterre, où ils sont attirés par de meilleures opportunités de travail et de revenus. Sans doute faut-il interpréter le résultat de ce sondage comme lié essentiellement au sixième élargissement de l’Union européenne à la Roumanie et la Bulgarie, pays comptant d’importantes minorités Roms dont l’arrivée en France a souvent fait l’actualité ces dernières années.

Christophe Bouillaud : Doit-on vraiment s'étonner de ce chiffre ? Ne se rappelle-t-on pas qu'une bonne partie de la campagne référendaire de 2005 sur le Traité constitutionnel européen s'est jouée sur la thématique du "plombier polonais" ? Sur ces européens de l'est qui viendraient prendre nos postes de travail ? L'hostilité à l'immigration de main d’œuvre, d'où qu'elle vienne, dans une bonne part de l'opinion publique française, n'est pas une nouveauté. Le très haut niveau de chômage que nous connaissons n'arrange rien sans doute. J'attire par contre votre attention sur le fait que cela n'est pas similaire à la simple remise en cause des accords de Schengen (1985), ces derniers ne portent en fait que sur l'abolition des frontières physiques entre pays européens de cet espace, ne sont en fait qu'une question policière et douanière; ici, c'est à une remise en question de la liberté d'installation des travailleurs des autres pays européens dans notre pays, principe remontant au Traité de Rome (1957), dont il est question. Or la liberté des travailleurs d'aller prêter leur concours à la production des biens et des services dans toute la Communauté européenne, puis dans toute l'Union européenne, soit la libre circulation des travailleurs, constitue l'un des principes fondateurs de l'Europe contemporaine. Il serait intéressant de poser aussi la question suivante à nos concitoyens : êtes-vous d'accord pour que désormais tous les autres pays européens refusent d’accueillir tout Français désirant venir travailler chez eux, ou mettent des quotas à cette invasion de travailleurs français ?

../..

Voir la suite de cet article : http://www.atlantico.fr/decryptage/camouflet-anti-europe-et-maintenant-francais-veulent-refermer-frontieres-aux-autres-citoyens-union-qui-faute-christophe-bouillau-982561.html#hWfUgG3Z4i9fcSiX.99

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 09:50

Les Français se disent majoritairement favorables à une limitation de la circulation des immigrés européens en France, et donc à une remise en cause du traité de Schengen. C'est un des piliers de la construction européenne qui est ainsi contesté par l'opinion publique. Les Français et les accords de Schengen, un sondage Ifop pour Atlantico

Question ifop : Dans le cadre des accords de Schengen, les citoyens des différents pays-membres de l’Union Européenne peuvent rentrer et circuler librement sur notre territoire. Ils ont également le droit de s’y installer s’ils ont un emploi, s’ils sont étudiants ou s’ils peuvent disposer de ressources suffisantes pour subvenir à leurs besoins. De la même façon, les citoyens français peuvent circuler librement et s’installer dans les mêmes conditions dans tous les pays de l’Union Européenne. Question posée : Vous personnellement, êtes-vous favorable ou opposé à ce que la France remette en cause les accords de Schengen et restreigne les conditions de circulation et d’installation des citoyens européens sur son territoire ?

Atlantico : Selon une enquête Ifop pour Atlantico, quasiment 6 Français sur 10 (59 %) sont favorables à une limitation des immigrés européens en France et donc à une remise en cause des accords de Schengen. De quoi ce chiffre est-il la marque ?

Jérôme Fourquet : C'est un score très élevé qui fait suite à la votation suisse du week-end dernier. Ce chiffre montre deux choses. D'une part, il marque une défiance très forte vis-à-vis de la construction européenne telle qu'elle a été menée ces dernières années avec une ouverture à tout-va des frontières, ou en tous cas perçue comme telle. D'autre part, on a une tension très forte dans la société française vis-à-vis de tout ce qui touche à l'immigration alors même que la question posée dans le sondage ne portait pas sur l'immigration extra-européenne mais bien de libre circulation ou d'immigration à l'intérieur de l'Europe. Comme en Suisse, donc, on a une demande de contrôle et de fermeture qui est majoritaire.

Il est intéressant de constater que l'on avait posé une question plus ou moins similaire en mars 2012, après le meeting de Villepinte de Nicolas Sarkozy, où il avait parlé d'une réforme du traité de Schengen sur la libre-circulation des personnes. A l'époque, 59 % des Français étaient favorables à une réforme du traité de Schengen afin de mieux contrôler l'immigration clandestine.

Le fait que l'on ait exactement le même chiffre aujourd'hui laisse à penser que lorsque les Français se prononcent pour une réforme du traité de Schengen, c'est moins sur l'immigration des frontaliers qu'ils se positionnent que sur la question des Roms ou l'arrivée sur le territoire de populations venues d'Europe de l'Est.

Le défaut Schengen est perçu à travers le prisme d'une maîtrise insuffisante des flux migratoires et de circulation de populations, notamment de populations "à problème". Sauf, comme dans le cas de la Suisse, ce faisant, on est prêt à entraver la libre circulation des Français vers les autres pays européens ou l'arrivée de personnes qui peuvent avoir le même niveau de vie que nous.

Ce chiffre doit faire réfléchir, d'autant plus à 100 jours des élections européennes.

L'un des piliers fondamentaux de la construction européenne est la libre circulation des personnes. Or, une large majorité de Français est pour une remise en cause de ce pilier. Même au sein des départements frontaliers, où l'on vit pourtant l'Europe au quotidien et où l'on pourrait penser que la construction européenne est importante, on a des résultats un peu plus élevés qu'au niveau national. ››

Est-ce que les résultats de ce sondage montrent qu'il n'y a finalement pas de solidarité européenne ?

C'est une façon de voir les choses. On peut aussi interpréter cela comme une très forte demande de maîtrise des frontières et de retour, d'une certaine façon, à un cadre national, sans doute exacerbé par la crise économique. Quand on dit que les eurosceptiques vont faire un malheur aux élections européennes, on en a aujourd'hui une nouvelle illustration. Même quand, dans la question, on ne fait pas référence à la circulation des Roms ou autres, 6 Français sur 10 disent qu'il faut fermer les frontières. Quand on regarde dans le détail par sensibilité politique, on s'aperçoit qu'il y a un clivage : 44 % des électeurs PS sont favorables à une limitation des immigrés européens en France, contre 68 % pour l'UMP et 75 % au Front National. Il y a quand même un électeur sur deux à gauche qui est favorable. L'électorat le plus hostile à cela est celui de l'UDI (37 % favorable) et du Modem (46 %). Il y a donc un doute très profond qui saisit l'électorat, y compris à gauche.

Comment faire la part des choses entre le rejet de l'Europe et les difficultés conjoncturelles ?

Les deux sujets commencent à faire système. Il y a, par exemple, tout un débat sur le fait que l'euro soit surévalué. On parle aussi de dumping fiscal avec certains géants d'internet qui partent en Irlande. On voit donc que la crise peut être aggravée ou accentuée aux yeux de certains par un certain nombre de dysfonctionnement liés à la construction européenne.

On est sur la même démarche que ce qui s'est passé en Suisse : nous sommes plus à dire qu'il faut mettre des quotas et gérer les flux migratoires aux portes de l'Europe, on parle de l'immigration au sein même de l'Europe. Cela peut être une focalisation sur la question Rom. Mais cela dit beaucoup de choses sur l'idée d'une reprise en main du destin national. Pour une majorité de Français, il faut remettre des contrôles parce que l'on ne fait que subir, et cela passe par une remise en place des frontières internes.

Il y a 5 ou 6 ans, la problématique de l'Europe était de savoir si la Turquie devait intégrer ou non l'Union. On n'en est plus là.

Voir les détails de ce sondage : http://www.atlantico.fr/decryptage/59-francais-favorables-restriction-conditions-circulation-et-installation-europeens-dans-cadre-accords-schengen-jerome-fourquet-982672.html#yvG9oQcI1QoFmKJi.99  0

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Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

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