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    <title><![CDATA[Regards citoyens (Le Monde en mouvement et en guerre)]]></title>
    <link>http://www.regards-citoyens.com/categorie-10744425.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Le Monde en mouvement et en guerre&quot; du blog &quot;Regards citoyens&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Sun, 19 Feb 2012 09:11:32 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Sun, 19 Feb 2012 09:11:32 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.regards-citoyens.com</copyright>            <category>Le Monde en mouvement et en guerre</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[L'Assemblée générale de l'Onu adopte la résolution sur la Syrie]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-l-assemblee-generale-de-l-onu-adopte-la-resolution-sur-la-syrie-99517755.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">L'Assemblée générale de l'Onu a adopté jeudi à une écrasante majorité la résolution sur la Syrie qui appuie le plan de la Ligue
    arabe prévoyant la mise à l'écart du président Bachar al Assad.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Le texte, similaire à celui auquel Moscou et Pékin ont opposé leur veto le 4 février au Conseil de sécurité, a été approuvé par
    137 voix contre 12 et 17 abstentions.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">La Chine et la Russie ont à nouveau voté contre le projet d'inspiration saoudienne que l'Egypte a fait circuler au nom des
    délégations arabes.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Aucun veto n'est possible à l'Assemblée générale. A la différence du Conseil de sécurité, ses résolutions ne sont pas
    contraignantes, mais elles ont une forte valeur symbolique qui viendra s'ajouter aux intenses pressions exercées sur le régime baasiste.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>L'Assemblée générale a adressé aujourd'hui un message clair au peuple de Syrie. Le monde est avec vous</em>", se félicite
    Susan Rice, ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu, dans un communiqué.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">DAMAS DÉNONCE UN COMPLOT</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>A une écrasante majorité, les Etats membres ont apporté leur soutien au plan avancé par la Ligue arabe pour mettre fin aux
    souffrances des Syriens</em>", poursuit-elle, soulignant que Bachar al Assad "<em>n'a jamais été aussi isolé</em>".</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Alain Juppé s'est lui aussi félicité de ce "<em>soutien massif et sans équivoque au peuple syrien, à la Ligue arabe et à la
    seule initiative qui permette à la Syrie de sortir pacifiquement de la crise</em>".</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>Après le blocage par veto du Conseil de Sécurité, chacun doit tirer les conséquences de cette mobilisation exemplaire des
    Nations Unies</em>", ajoute dans un communiqué le ministre français des Affaires étrangères, en allusion à la Russie et à la Chine.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">La résolution exprime le "plein soutien" de l'Assemblée générale à ce plan qui, outre la mise à l'écart du président, invite Ban
    Ki-moon, secrétaire général de l'Onu, à désigner un représentant spécial en Syrie.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Il condamne par ailleurs "les atteintes nombreuses et systématiques aux droits de l'homme" et réclame le retrait des moyens
    militaires déployés dans les centres urbains.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>Nous avons de profondes inquiétudes quant aux réelles intentions des Etats qui ont coparrainé ce projet, en particulier
    parce qu'ils ont pris la tête d'une agression politique et médiatique de la Syrie</em>", a déploré l'ambassadeur syrien Bachar al Dja'afari, dénonçant un complot ourdi pour permettre à
    l'opposition "terroriste" de prendre le pouvoir.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Pour son homologue russe Vitali Tchourkine, le texte "<em>reflète la tendance inquiétante (...) visant à isoler l'administration
    syrienne, à récuser tout dialogue avec elle et à imposer une formule extérieure en guise de solution politique</em>".</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Iran, Corée du Nord, Bolivie et Venezuela font également partie des Etats membres qui ont voté contre et leurs délégués ont
    exprimé leur soutien au gouvernement syrien.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Source : <em><strong>Reuters</strong></em></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span></em>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 17 Feb 2012 08:59:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">44f56a2c927c910c642a1a88ac3ca4ce</guid>
                <category>Le Monde en mouvement et en guerre</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-l-assemblee-generale-de-l-onu-adopte-la-resolution-sur-la-syrie-99517755-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'Otan reconnaît avoir tué huit enfants en Afghanistan]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-l-otan-reconnait-avoir-tue-huit-enfants-en-afghanistan-99369838.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les forces de l'Otan en Afghanistan ont reconnu mercredi avoir tué par erreur huit enfants au cours d'un bombardement aérien la
    semaine dernière sans la province de la Kapisa.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Cette bavure de l'Otan avait provoqué la colère du président afghan Hamid Karzaï, au moment où un rapport des Nations unies met
    en évidence la hausse continue du nombre de victimes civiles depuis cinq ans.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>Huit jeunes afghans ont été tués par une frappe aérienne de la coalition</em>", a déclaré le général Lewis Boone, directeur
    de la communication de la Force internationale d'assistance et de sécurité (ISAF).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les victimes semblaient porter des armes et se déplaçaient de manière jugée menaçante, ce qui a poussé les forces de l'ISAF à
    demander un soutien aérien, a expliqué le militaire.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>L'avion a lâché deux bombes sur le groupe qu'on pensait être sur le point de menacer nos hommes... Au final, huit jeunes
    Afghans ont perdu leur vie dans cet événement tragique</em>", a-t-il ajouté.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Source : <em><strong>Reuters</strong></em></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><em><strong>&nbsp;</strong></em></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Voir également :</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;<span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">* <a href=
    "http://www.regards-citoyens.com/article-de-la-contre-insurrection-ou-du-recours-aux-forces-armees-pour-reduire-au-silence-des-populations-ci-79787449.html">De la contre-insurrection ! Ou du
    recours aux forces armées pour réduire au silence des populations civiles ! - nouvelle édition -</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;* <a href=
    "http://www.regards-citoyens.com/article-du-tres-troublant-relativisme-semantique-occidental-a-propos-de-la-notion-de-civils-quand-il-s-agit-de-populations-en-revolte-pour-des-causes-justes-70030700.html">
    Du très troublant relativisme sémantique occidental à propos de la notion de « civils »</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 15 Feb 2012 10:21:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">1874bfb63bdc5ede77e9df1fe1ffdc24</guid>
                <category>Le Monde en mouvement et en guerre</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-l-otan-reconnait-avoir-tue-huit-enfants-en-afghanistan-99369838-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Syrie : pas d’option militaire, ni No Fly Zone, même le mot « Otan » devient tabou, par Nicolas Gros-Verheyde (Bruxelles2.eu)]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-syrie-pas-d-option-militaire-ni-no-fly-zone-meme-le-mot-otan-devient-tabou-par-nicolas-gros-verheyde-98870118.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Dès qu’on parle d’une éventuelle opération militaire pour la Syrie, la réponse fuse du coté des officiels européens : « <em>La
    Syrie n’est pas la Libye</em>». Et quand on approfondit, on peut voir que l’opération de l’OTAN en Libye a laissé des traces indéniables au plan international qui semblent bloquer aujourd’hui
    toute avancée supplémentaire sur la Syrie.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;"><strong>Le précédent libyen pèse</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Un diplomate européen chevronné l’a confirmé aujourd’hui. « <em>Le précédent libyen est encore présent dans tous les esprits. Si
    pour certains (OTAN, les pays qui en font fait partie), l’opération en Libye a été considérée comme un succès et atteint ses objectifs ; pour beaucoup d’autres pays, ce n’est pas le cas. Quand
    vous interrogez certains pays arabes, les pays émergents, vous entendez un autre son de cloche. Il y a beaucoup de réserve. »</em> Et les conséquences se font sentir aujourd’hui. Les «
    <em>déclarations de plusieurs pays (Chine, Russie, Afrique du Sud, Brésil, Inde…) à New York »</em> sur le projet de résolution élaboré sur la Syrie en témoignent. « <em>Ces pays craignent une
    nouvelle illustration d’une stratégie qui a pour objectif un changement de régime. »</em></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;"><strong>Pas d’option militaire, aucune condition réunie</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Aucune « <em>option militaire n’est sur la table</em> ». Même l’idée d’une No Fly Zone, niveau minimum d’une intervention
    militaire n’est « <em>pas un point en débat actuellement</em> », précise notre interlocuteur. Lors de la discussion sur le projet de résolution Syrie à l’ONU, ce point ne figurait d’ailleurs, «
    <em>à aucun moment</em> » dans le projet, ni « <em>n’a été envisagé</em> ». D’ailleurs au niveau politique, aucune condition présente dans la situation libyenne ne se trouve remplie. Pour la
    Libye, « <em>il y avait eu de claires conditions posées au niveau du Conseil européen : une demande des pays de la région, notamment la Ligue arabe&nbsp;; une résolution de l’ONU qui l’autorise ;
    une opération limitée aux besoins constatés sur place</em>. » Pour la Syrie, il n’y a rien de tout çà. « <em>La Ligue arabe n’a jamais rien demandé. Le projet de résolution demandant l’arrêt de
    la violence et un processus politique ne faisait pas mention de la No Fly Zone. Personne n’a demandé une opération militaire ni demandé l’utilisation de moyens militaires</em>. » Bref, fermez le
    ban…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;"><strong>Le mot OTAN tabou</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Et même le mot OTAN devient tabou au plan diplomatique. Si l’UE a ainsi annoncé des « <em>contacts réguliers</em> » avec la
    Ligue Arabe et des « <em>concertations</em> <em>quotidiennes</em> » avec les Etats-Unis, en revanche, elle refuse tout contact avec l’OTAN. « <em>Nous n’avons eu contact</em> » précise ce
    diplomate qui veut éviter tout amalgame. « <em>Nous évitons toute mention de l’organisation internationale mentionnée</em>. (Car) <em>c’est une des vraies difficultés que l’on avec les Chinois et
    Russes. Tout rappel de l’opération libyenne suscite une certaine «&nbsp;réserve&nbsp;», y compris chez nos amis arabes</em> ».</span>
  </p>
  <blockquote>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Commentaire : Dans ces propos, il y a de la diplomatie réelle. Mais aussi un constat. L’opération en Libye a été un succès
      militaire. Mais le prix diplomatique à payer se révèle aujourd’hui plus forte que ses initiateurs l’avaient prévu. La Russie, notamment, la Chine, également, ne veulent plus apparaître comme
      des Etats croupions suivant l’avis général. L’opposition de la Russie sur la question syrienne est fondamentale. A Moscou, on ne veut à aucun prix d’un scenario à la Libyenne. Et si l’abandon
      du régime ne semble pas trop poser de problème, en fait, au régime russe, c’est la méthode qui importe. Hors de question de laisser les occidentaux agir seuls. C’est la Russie qui doit
      apparaître comme le <em>Deus ex machina</em> de la situation syrienne. C’est une question non seulement de prestige mais de puissance.</span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Source : <span style=
      "color: #800080;">http://www.bruxelles2.eu/zones/moyen-orient/syrie-pas-doption-militaire-ni-no-fly-zone-meme-le-mot-otan-devient-tabou.html</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
  </blockquote>]]></description>
        <pubDate>Wed, 08 Feb 2012 16:30:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">5f4b1e90123b0587d656451ba74a1bd9</guid>
                <category>Le Monde en mouvement et en guerre</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-syrie-pas-d-option-militaire-ni-no-fly-zone-meme-le-mot-otan-devient-tabou-par-nicolas-gros-verheyde-98870118-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'opération libyenne était-elle une "guerre juste" ou juste une guerre ? (Débat 'BHL / R. Brauman' - Le Monde)]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-l-operation-libyenne-etait-elle-une-guerre-juste-ou-juste-une-guerre-debat-bhl-r-brauman-89782920.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong><a class="listLink" style="cursor: text; text-decoration: none;" href=
    "http://www.lemonde.fr/sujet/46bd/rony-brauman.html" target="_blank"><span style="color: #000000;">Comment avez-vous réagi devant la situation libyenne avant l'intervention militaire alliée ?
    Selon vous, la nature de la répression du régime du colonel Kadhafi contre les insurgés justifiait-elle cette guerre ?</span></a></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #000000;">Rony Brauman</span></strong> Face à la menace d'un écrasement du soulèvement de Benghazi,
    j'ai d'abord eu une réaction de stupeur et d'angoisse : oui, il fallait <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=contrer" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">contrer</span></a> une offensive blindée de Kadhafi. Bien que je me méfie de l'engrenage qu'enclenche fatalement un engagement militaire, la crainte de <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=voir" target="_blank"><span style="color: #000000;">voir</span></a> des flots de sang dans les rues de Benghazi l'a emporté. Dans ce
    contexte, une intervention limitée à la protection de la ville était justifiable. Je n'ai pas tardé à <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=changer"
    target="_blank"><span style="color: #000000;">changer</span></a> d'avis en m'apercevant que les menaces dont il était question relevaient de la propagande, et non de réalités observables.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Personne n'a ainsi été capable de nous <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=montrer"
    target="_blank"><span style="color: #000000;">montrer</span></a> les tanks qui se dirigeaient prétendument sur Benghazi. Or, une colonne de chars, à l'époque des téléphones mobiles et des
    satellites, ça se photographie. D'ailleurs, s'il a suffi de <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=d%C3%A9truire" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">détruire</span></a> quatre tanks en un raid aérien pour <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=briser" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">briser</span></a> ladite offensive, c'est bien que cette colonne, dont on n'a plus entendu <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=parler" target="_blank"><span style="color: #000000;">parler</span></a> par la suite, n'existait pas ! De même pour les plus de 6 000 morts
    dont faisait état le Comité national de transition (CNT) dès le début du mois de mars. Les enquêtes d'Amnesty et de <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/1cc3/human-rights.html"
    target="_blank"><span style="color: #000000;">Human Rights</span></a> Watch ont montré que le nombre de victimes s'élevait en réalité à 200 ou 300, dont la plupart étaient mortes au
    combat.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Un bilan similaire à celui qu'avaient enregistré la Tunisie ou l'Egypte. Quant aux attaques aériennes sur les manifestants de
    Tripoli, il s'agit d'une invention d'Al-Jazira. En somme, il m'a semblé rapidement clair que la décision d'<a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=entrer"
    target="_blank"><span style="color: #000000;">entrer</span></a> en guerre a précédé les justifications de cette guerre.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong><a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/93ed/bernard-henri-levy.html" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">Bernard-Henri Lévy</span></a></strong> Comment cela, une invention d'Al-Jazira ? Comment pouvez-vous, vous, Rony Brauman, <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=nier" target="_blank"><span style="color: #000000;">nier</span></a> la réalité de ces avions de chasse piquant sur les manifestants de
    Tripoli pour les <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=mitrailler" target="_blank"><span style="color: #000000;">mitrailler</span></a> et que le monde
    entier a vus ? Et, quant au bilan de la répression, peut-être n'était-il pas de 6 000 morts : mais <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=dire" target=
    "_blank"><span style="color: #000000;">dire</span></a> "200 ou 300" relève soit de l'insulte soit de la plaisanterie ! Morts au combat, ajoutez-vous. Mais quel combat ? D'un côté, vous aviez une
    armée surpuissante qui s'équipait depuis des décennies et se préparait au soulèvement populaire. De l'autre, vous aviez des citoyens désarmés. Et puis les chars...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Nul ne vous les a "montrés", dîtes-vous. Mais moi je les ai vus. Aujourd'hui encore, la route entre Benghazi et Ajdabiya est
    jonchée de leurs carcasses. Ils étaient sur le point d'<a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=entrer" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">entrer</span></a> dans la ville. Ils ont été arrêtés à la dernière minute. Et je ne parle pas du massacre de Misrata dont j'ai vu, de mes yeux, le résultat et dont je puis vous
    <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=assurer" target="_blank"><span style="color: #000000;">assurer</span></a> qu'il n'était pas une opération de
    propagande.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Misrata a été réduite à l'état de décombres. Le massacre n'y fut pas seulement annoncé : il y a bel et bien été opéré.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Rony Brauman</strong> La militarisation du soulèvement a été presque immédiate, dans les jours qui ont suivi les
    premières manifestations. A Misrata, la résistance a été particulièrement vigoureuse, et il est faux de <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=pr%C3%A9tendre" target="_blank"><span style="color: #000000;">prétendre</span></a> que des civils se soient battus à mains nues contre des
    troupes suréquipées. Si l'intervention de l'OTAN n'a certes pas été anodine, c'est localement qu'a été accompli l'essentiel de l'effort militaire. Je me trouvais à Misrata en juillet : je
    m'attendais à <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=voir" target="_blank"><span style="color: #000000;">voir</span></a> une ville détruite, j'ai commencé
    par <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=constater" target="_blank"><span style="color: #000000;">constater</span></a> que le port, cible de
    bombardements répétés, disait-on, était absolument intact.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les affrontements ont en fait été circonscrits à deux quartiers, dans lesquels les dégâts sont énormes, tandis que le reste de
    la ville est normal. Aucun des habitants avec lesquels j'ai parlé ne se présentait d'ailleurs comme un survivant. En mai et juin, les équipes de Médecins sans frontières qui étaient sur place
    recevaient très peu de blessés et envisageaient même de <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=plier" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">plier</span></a> bagage. Qu'il y ait eu des combats acharnés, que le siège ait été violent, c'est indéniable. Mais Misrata n'est pas cette ville réduite à l'état de décombres
    que vous décrivez.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Bernard-Henri Lévy</strong> Je n'ai rien vu à Misrata, nous dit Rony Brauman ! Eh bien je suis scandalisé. <a class=
    "listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=arriver" target="_blank"><span style="color: #000000;">Arriver</span></a> le 15 juillet, c'était <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=arriver" target="_blank"><span style="color: #000000;">arriver</span></a> après la bataille. Les lignes de front s'étaient alors déplacées à
    Derna et Abdoul Raouf, à 40 kilomètres du coeur de la ville. Mais la bataille, avant cela, a été terrible. La ville, avant d'<a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=%C3%AAtre" target="_blank"><span style="color: #000000;">être</span></a> libérée, a été littéralement ravagée. Et comment osez-vous
    <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=arguer" target="_blank"><span style="color: #000000;">arguer</span></a> de l'héroïsme de ces hommes qui ont, en
    effet, repoussé les chars pour <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=conclure" target="_blank"><span style="color: #000000;">conclure</span></a> que la
    menace n'était, au fond, pas si terrible que cela ?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Que ces hommes aient résisté, qu'ils se soient héroïquement battus, qu'ils aient rivalisé d'imagination pour <a class="listLink"
    href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=inventer" target="_blank"><span style="color: #000000;">inventer</span></a> des ruses tactiques du type de ces tapis de prière enduits
    d'huile disposés nuitamment sous les chenilles des chars pour qu'ils patinent et deviennent des cibles plus faciles, tout cela ne prouve pas la faiblesse de l'armée de Kadhafi, mais l'ingéniosité
    tactique et la force d'âme et de caractère des insurgés.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>La guerre de Libye marque-t-elle la victoire du droit d'ingérence ?</strong> <strong>&nbsp;</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Rony Brauman</strong> Oui, incontestablement, bien que ce modèle ne soit pas généralisable. Certains se réjouissent de
    cette victoire ; moi, je la déplore car j'y vois la réhabilitation de la guerre comme mode de règlement des conflits. Rendons à <a class="listLink" href=
    "http://www.lemonde.fr/sujet/2c3c/bernard-kouchner.html" target="_blank"><span style="color: #000000;">Bernard Kouchner</span></a> et à Bernard-Henri Lévy ce qui leur est dû : depuis vingt ans,
    ils soutiennent le principe d'interventions militaires engagées sous le drapeau de la protection des populations civiles.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Pour la première fois, une telle intervention a été légalisée par le Conseil de sécurité de l'ONU. Elle n'en est pas légitime
    pour autant. Je m'inquiète de ce triomphe d'une conception militaire de la protection, non par pacifisme de principe mais parce que son bilan est calamiteux. La victoire par les armes sur le
    régime à <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=abattre" target="_blank"><span style="color: #000000;">abattre</span></a> n'est en effet que le début de
    l'histoire.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">En fin de compte, le choix de la guerre entraîne un coût humain bien plus lourd. Pour preuve, le bilan officiel avancé par le
    CNT : 30 000 à 50 000 morts, soit dix fois plus que les victimes de la répression syrienne. Si ces chiffres sont exacts, c'est effroyable. Or, et c'est à mon avis révélateur de la gêne qu'ils
    inspirent, ils n'ont soulevé, à ce jour, aucune interrogation.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Bernard-Henri Lévy</strong> On ne sait rien de ce bilan. Et on ne sait rien, en particulier, de la "répartition" entre
    civils pris dans les feux des combats, éventuelles victimes des bombardements de l'OTAN et victimes des forces kadhafistes massacrées par un <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=pouvoir" target="_blank"><span style="color: #000000;">pouvoir</span></a> aux abois qui voulait <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=noyer" target="_blank"><span style="color: #000000;">noyer</span></a> cette révolution dans des <em>"rivières de sang"</em>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Mais, de toute façon, le problème n'est pas là. Quand un Etat s'avère incapable d'<a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=assurer" target="_blank"><span style="color: #000000;">assurer</span></a> le minimum de sa souveraineté, à <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=savoir" target="_blank"><span style="color: #000000;">savoir</span></a> la protection de ses citoyens, quand il met lui-même en danger son
    peuple en le détruisant délibérément, alors la communauté internationale a le <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=devoir" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">devoir</span></a> de se <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=substituer" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">substituer</span></a> à lui. C'est ça, le <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=devoir" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">devoir</span></a> d'ingérence. C'est ce qui me reste de l'internationalisme de ma jeunesse. La communauté internationale a, dans ces situations, un <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=devoir" target="_blank"><span style="color: #000000;">devoir</span></a> de subsidiarité ou de substitution. Et cela parce que les droits de
    l'homme n'ont pas de frontières : l'autre est mon prochain, même quand il est timorien, darfouri ou libyen.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Rony Brauman</strong> Cette logique procède d'un dualisme métaphysique cher à Bernard-Henri Lévy réduisant la politique
    à l'affrontement du Bien et du Mal, c'est-à-dire des fascistes et des antifascistes. Dans ce monde simple, il revient à une avant-garde éclairée d'<a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=anticiper" target="_blank"><span style="color: #000000;">anticiper</span></a> et de <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=pr%C3%A9venir" target="_blank"><span style="color: #000000;">prévenir</span></a> les massacres à <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=venir" target="_blank"><span style="color: #000000;">venir</span></a>, afin d'<a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=accoucher" target="_blank"><span style="color: #000000;">accoucher</span></a> par la violence l'histoire de son grand dessein
    démocratique.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">La notion de "guerre humanitaire" a de fortes affinités, c'est le moins qu'on puisse <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=dire" target="_blank"><span style="color: #000000;">dire</span></a>, avec cette conception néoléniniste d'une supposée politique des droits
    de l'homme. Elle fonctionne par nature sur un mode chirurgical : les complexités de la société sont effacées au profit d'une vision binaire faite de bourreaux et de victimes.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Mais les réalités invisibles et agissantes des rapports de <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=pouvoir" target="_blank"><span style="color: #000000;">pouvoir</span></a> complexes et des alliances inattendues, à l'oeuvre dans toute
    société, ne tardent pas à se <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=manifester" target="_blank"><span style="color: #000000;">manifester</span></a>. A
    cette idéologie, j'oppose le long et sinueux travail de la démocratisation, la nécessité de la négociation et du compromis dans le combat politique. C'est ce que la guerre interdit et c'est
    pourquoi je défends l'option opposée, que j'appellerai le "paradigme syrien", fait d'une mobilisation populaire large et d'un refus admirable de <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=c%C3%A9der" target="_blank"><span style="color: #000000;">céder</span></a> à la tentation des armes et à la spirale de la violence. Je
    précise que, dans mon esprit, la démocratie se définit avant tout par la démilitarisation de la lutte pour le <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=pouvoir" target="_blank"><span style="color: #000000;">pouvoir</span></a>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Bernard-Henri Lévy</strong> La démocratie est un processus laborieux, certes. Pour autant, faut-il, sous prétexte de
    patience "métaphysique", <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=condamner" target="_blank"><span style="color: #000000;">condamner</span></a> les peuples
    à un long supplice ? Et fallait-il, au motif que le peuple libyen était, d'une certaine façon, comptable de ces années de dictature, le <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=laisser" target="_blank"><span style="color: #000000;">laisser</span></a> <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=aller" target="_blank"><span style="color: #000000;">aller</span></a> au bout de la pénitence, <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=attendre" target="_blank"><span style="color: #000000;">attendre</span></a> que les quelques milliers de morts soient devenus des dizaines
    ou des centaines de milliers ?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">C'est vous qui avez une conception "normative" et "procédurière" des choses avec votre idée d'un sage et lent travail nécessaire
    avant que le modèle démocratique n'ait le droit d'<a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=entrer" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">entrer</span></a> en scène. Non. La libération de la Libye a été, certes, l'oeuvre des Libyens. Mais, à un moment donné, ils se sont adressés à nous.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Et il n'était pas question de <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=refuser" target=
    "_blank"><span style="color: #000000;">refuser</span></a> d'<a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=entendre" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">entendre</span></a> cet appel. Le légitime souci de la complexité ne pouvait pas, comme en Bosnie, nous <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=faire" target="_blank"><span style="color: #000000;">faire</span></a> <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=rester" target="_blank"><span style="color: #000000;">rester</span></a> l'arme au pied. Nous ne l'avons pas fait. Nous n'avons pas, comme à
    Sarajevo, attendu que le compteur soit à 200 000 morts pour <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=arr%C3%AAter" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">arrêter</span></a> le carnage. Et c'est bien.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Peut-on donc <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=qualifier" target=
    "_blank"><span style="color: #000000;">qualifier</span></a> la guerre en Libye de "guerre juste" ? Et que faut-il <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=entendre" target="_blank"><span style="color: #000000;">entendre</span></a> selon vous par ce concept ?</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Rony Brauman</strong> De saint Thomas jusqu'à <a class="listLink" href=
    "http://www.lemonde.fr/sujet/3455/michael-walzer.html" target="_blank"><span style="color: #000000;">Michael Walzer</span></a>, la guerre juste se définit selon cinq critères : un souverain
    légitime, des buts légitimes, des moyens proportionnés, la guerre comme dernier recours et des chances raisonnables de succès. Si l'on peut <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=consid%C3%A9rer" target="_blank"><span style="color: #000000;">considérer</span></a>, avec des réserves, que les trois premiers critères
    sont satisfaits, les deux derniers ne le sont pas. J'ai dit ce que je pensais de la menace imminente.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Quant au succès, ce n'est pas le lynchage de Kadhafi ni les tueries et pogroms qui en sont de bons augures. Il n'y a pas selon
    moi de "guerre juste". La guerre ne doit <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=%C3%AAtre" target="_blank"><span style="color: #000000;">être</span></a>
    qu'un ultime recours contre une agression ou une occupation. En l'occurrence, l'invocation de la "responsabilité de protéger" a réhabilité l'usage de la violence comme réponse à une crise
    politique. Plus grave, on redonne ses lettres de noblesse à la notion de guerre préventive. Cela me consterne.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Bernard-Henri Lévy</strong> Eh bien, on s'est honoré en faisant cela ! C'est Kadhafi, ne l'oubliez pas, qui a déclenché
    cette guerre. Quand <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/0748/saif-al-islam.html" target="_blank"><span style="color: #000000;">Saïf Al-Islam</span></a>, son fils, numéro deux du
    régime, dit que les habitants de Benghazi sont des rats et qu'il faut les <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=noyer" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">noyer</span></a> dans des rivières de sang, c'est d'une déclaration de guerre qu'il s'agit.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Maintenant, la "guerre juste". Les théoriciens de la guerre juste établissent une distinction, que vous effacez allègrement,
    entre la guerre préventive (l'Irak) et la guerre préemptive (on a les preuves qu'un massacre est programmé, qu'il commence d'<a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=%C3%AAtre" target="_blank"><span style="color: #000000;">être</span></a> mis en oeuvre - et on l'arrête avant qu'il ne soit allé au bout de
    son programme). En Libye, on est clairement dans ce second cas.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Rony Brauman</strong> Bien sûr, mais il ne suffit pas d'<a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=affirmer" target="_blank"><span style="color: #000000;">affirmer</span></a> qu'un massacre est programmé pour qu'il le soit ! La guerre a
    été voulue par Nicolas Sarkozy dès le mois de février. Avant même la constitution du CNT, quatre sous-marins nucléaires français patrouillaient déjà le long des côtes libyennes et, le 25 février,
    Nicolas Sarkozy déclarait : <em>"Kadhafi doit <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=partir" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">partir</span></a>."</em></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">On n'a jamais vu qu'un chef d'Etat décrète, après une semaine de troubles, qu'un autre chef d'Etat, aussi antipathique soit-il,
    doit <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=partir" target="_blank"><span style="color: #000000;">partir</span></a>. L'invocation des atrocités, dont le
    nombre et l'horreur grandissaient chaque jour, est un montage propagandiste. Kadhafi était une cible idéale par son isolement diplomatique, par les crimes dont il s'est rendu coupable dans le
    passé... mais en l'occurrence, je le répète, les justifications sont intervenues après la décision. C'est bien en France et en Europe, ainsi qu'au Qatar, qu'il faut <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=chercher" target="_blank"><span style="color: #000000;">chercher</span></a> les origines de la guerre en Libye.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Bernard-Henri Lévy</strong> Qu'on ait déclaré, dès février, que Kadhafi devait <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=partir" target="_blank"><span style="color: #000000;">partir</span></a>, cela ne veut rien <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=dire" target="_blank"><span style="color: #000000;">dire</span></a>. On a fait la même déclaration sur Bachar Al-Assad, et vous savez bien
    que cela n'a été suivi d'aucun effet. Non. Pour que cette guerre advienne, il fallait que l'Europe le veuille, naturellement. Il fallait, en France, un président de la République obsédé, entre
    autres soucis, par celui d'<a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=emp%C3%AAcher" target="_blank"><span style="color: #000000;">empêcher</span></a> un
    nouveau Srebrenica. Mais il fallait, surtout, que les Libyens le désirent et le demandent. C'est en ce sens, aussi, que la Libye est le contraire de l'Irak. On n'y a pas envoyé des moniteurs
    politiques. On n'a pas fabriqué un président ou un Conseil fantoche, parachutés avec son modèle démocratique en kit. On a aidé un mouvement préexistant. On a répondu à un appel.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Et je pense d'ailleurs que cette expérience libyenne devrait nous <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=inciter" target="_blank"><span style="color: #000000;">inciter</span></a> à <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=enrichir" target="_blank"><span style="color: #000000;">enrichir</span></a> vos cinq critères canoniques d'un sixième critère de la guerre
    juste : juste est la guerre qui, outre le fait qu'il n'y a plus d'autre recours pour <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=%C3%A9viter" target=
    "_blank"><span style="color: #000000;">éviter</span></a> des crimes contre l'humanité à grande échelle, répond à un appel venu du peuple concerné. C'est la vraie différence avec la Syrie.
    Pourquoi, demandent certains, ne fait-on pas à Damas ce qu'on a fait à Benghazi ? La réponse n'a rien à <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=voir"
    target="_blank"><span style="color: #000000;">voir</span></a> avec je ne sais quelles arrière-pensées complotistes de nos dirigeants.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">C'est juste que, à l'heure où nous parlons, les Syriens ne le veulent pas ; il n'y a pas d'instance représentative pour
    <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=solliciter" target="_blank"><span style="color: #000000;">solliciter</span></a> officiellement, comme l'a fait le
    CNT libyen, l'aide militaire de la communauté internationale ; cette sollicitation viendrait-elle que la donne en serait changée et que l'option militaire devrait <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=%C3%AAtre" target="_blank"><span style="color: #000000;">être</span></a> considérée.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Pensez-vous que l'intervention armée en Libye ait vraiment favorisé l'installation de la démocratie dans le pays
    ?</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Rony Brauman</strong> L'opposition à Kadhafi peut <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=proc%C3%A9der" target="_blank"><span style="color: #000000;">procéder</span></a> de différentes raisons, de même qu'il existait un
    anticommunisme démocratique et un autre qui en était la négation. Il ne suffit pas de s'<a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=opposer" target=
    "_blank"><span style="color: #000000;">opposer</span></a> à un régime dictatorial pour <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=recevoir" target=
    "_blank"><span style="color: #000000;">recevoir</span></a> d'emblée un brevet de démocratie. La première intervention publique de Moustapha Abdeljalil en arrivant à Benghazi en tant que chef
    provisoire de la Libye libre a été l'invocation de la charia comme source du droit. Je sais bien que la charia se prête à une interprétation démocratique aussi aisément qu'à son contraire. Il
    n'empêche : c'était un drôle de choix que de l'<a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=invoquer" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">invoquer</span></a> à ce moment fortement symbolique.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Bernard-Henri Lévy</strong> Un "brevet" de démocratie - eh bien ! Nous n'avons entendu, dans cette affaire, que ce que
    nous voulions <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=entendre" target="_blank"><span style="color: #000000;">entendre</span></a> : ce gros mot de charia
    dont l'Occident analphabète a fait un épouvantail. La réalité c'est, d'abord, que Moustapha Abdeljalil avait, en face de lui, ce jour-là, un certain nombre de combattants islamistes auxquels il
    voulait <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=donner" target="_blank"><span style="color: #000000;">donner</span></a> des gages avant de <a class=
    "listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=quitter" target="_blank"><span style="color: #000000;">quitter</span></a> la scène.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Mais c'est surtout qu'il a, dans le même discours, déclaré que la Libye de demain serait, aussi, attentive au respect des
    libertés fondamentales. Comment ceci se mariera-t-il avec cela ? L'islam conservateur avec le souci des droits de l'homme ? Ce sera un processus long et compliqué, bien sûr. Mais c'est ça, la
    démocratie.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Rony Brauman</strong> Outre la légèreté avec laquelle le CNT, dont la plupart des membres étaient inconnus, a été
    immédiatement présenté par Bernard-Henri Lévy comme un mouvement démocratique laïque, il y a une certaine naïveté à <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=vouloir" target="_blank"><span style="color: #000000;">vouloir</span></a> <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=ignorer" target="_blank"><span style="color: #000000;">ignorer</span></a> le fait que la guerre crée des dynamiques favorisant les radicaux
    au détriment des modérés. Cette guerre n'est pas terminée.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">En faisant le choix de <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=militariser" target=
    "_blank"><span style="color: #000000;">militariser</span></a> la révolte, le CNT donnait leur chance aux plus violents. En soutenant cette option au nom de la démocratie, l'OTAN a pris une lourde
    responsabilité qu'elle ne peut <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=assumer" target="_blank"><span style="color: #000000;">assumer</span></a>. C'est
    parce que la guerre est mauvaise en soi qu'il ne faut pas la <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=faire" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">faire</span></a>, ce n'est pas parce que le modèle libyen ne peut pas <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=%C3%AAtre" target=
    "_blank"><span style="color: #000000;">être</span></a> généralisé par ailleurs.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Bernard-HenrI Lévy</strong> La guerre n'est pas "mauvaise en soi" ! Si elle permet d'<a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=%C3%A9viter" target="_blank"><span style="color: #000000;">éviter</span></a> une violence plus grande, elle est un mal nécessaire - c'est
    toute la théorie de la guerre juste. Maintenant, la question de la "généralisation". Bien sûr qu'on ne peut pas <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=reproduire" target="_blank"><span style="color: #000000;">reproduire</span></a> mécaniquement en Syrie ce qu'on a fait en Libye.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Mais il y a là une maxime en formation. Un principe universalisable. Et, voyez-vous, l'idée même que ce principe existe, l'idée
    qu'il soit comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de tyrans qui se considèrent propriétaires de leur peuple, c'est déjà un progrès formidable. Depuis la fin de la guerre de Libye,
    <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/f01f/bachar-al-assad.html" target="_blank"><span style="color: #000000;">Bachar Al-Assad</span></a> dort moins bien la nuit ; <a class=
    "listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/74a1/mahmoud-ahmadinejad.html" target="_blank"><span style="color: #000000;">Mahmoud Ahmadinejad</span></a>, aussi ; et, de cela, je me
    réjouis.</span>
  </p><!-- AUTEUR --><!-- FENETRES -->
  <div class="fenetre" style="text-align: justify;">
    <h2>
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Rony Brauman</strong> est médecin et essayiste</span>
    </h2>
    <p>
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Né en 1950 à Jérusalem, il obtient, en 1975, après des études au lycée Lakanal de Sceaux et à la faculté Cochin Port-Royal de
      Paris, un doctorat en médecine tropicale, santé publique et épidémiologie. Riche de plusieurs expériences comme médecin en Afrique, il rejoint, en 1978, Médecins sans frontières (MSF) et
      devient, de 1982 à 1994, à la suite de missions accomplies notamment en situation de conflit armé, président de MSF France. Humanitaire convaincu mais critique, professeur associé à l'Institut
      d'études politiques de Paris, lauréat du prix de la Fondation Henry-Dunant, et toujours actif au sein de MSF, il a alerté à de nombreuses reprises sur le danger que représente le "devoir
      d'ingérence" - publication d'essais dont <em>"Humanitaire : le dilemme"</em> (éd. Textuel, 1996), <em>"L'Action humanitaire"</em> (Flammarion, 1993), <em>"Devant le Mal. Rwanda, un génocide en
      direct"</em> (Arléa, 1994), <em>"Le Crime humanitaire: Somalie"</em> (Arléa, 1993) ou <em>"Penser dans l'urgence"</em> (Seuil, 2006), et interventions dans les médias. Pour lui, les opérations
      militaires et humanitaires que suscite ce <em>"devoir d'ingérence"</em>, invoqué pour justifier la guerre en Libye, sont souvent plus destructrices que favorables à la diffusion de la
      démocratie.</span>
    </p>
  </div>
  <div class="fenetre">
    <h2 style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Bernard-Henri Lévy</strong> est écrivain et philosophe</span>
    </h2>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Né en 1948, en Algérie, il passe sa petite enfance au Maroc. En 1954, la famille Lévy s'installe en France, à
      Neuilly-sur-Seine, où leur fils Bernard-Henri effectue sa scolarité avant d'entrer, en 1968, à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm. Dès cette époque, agrégé de philosophie, il est un
      intellectuel engagé mais critiqué, bientôt l'une des figures de proue des <em>"nouveaux philosophes"</em>. Il voyage beaucoup - au Pakistan, en Afghanistan,</span> <span style=
      "font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">à Sarajevo, au Darfour... - pour soutenir sur place, mais aussi dans l'opinion, par une présence médiatique revendiquée, les causes qu'il
      défend. Il a publié</span> <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">de nombreux ouvrages et a mis en scène des films et des documentaires. Lauréat du prix Médicis en
      1984 pour son roman <em>"Le Diable en tête"</em> et du prix Interallié en 1988 pour <em>"Les Derniers Jours de Charles Baudelaire"</em> (Grasset). Directeur de la revue <em>"La Règle du
      jeu"</em>, il est, depuis 2010, membre du conseil de surveillance du groupe Le Monde. Dernièrement, il a soutenu le combat du Conseil national de transition libyen face à Mouammar Kadhafi,
      poussant, notamment dans les milieux politiques, à l'intervention militaire alliée, au nom du <em>"devoir d'ingérence"</em>. Sa vision du conflit et les détails de son action sont consignés
      dans son dernier ouvrage <em>"La Guerre sans l'aimer"</em> (Grasset, 400 pages, 22 euros).</span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Voir également :</span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;* <span style="text-decoration: underline;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><a href=
      "http://www.regards-citoyens.com/article-du-tres-troublant-relativisme-semantique-occidental-a-propos-de-la-notion-de-civils-quand-il-s-agit-de-populations-en-revolte-pour-des-causes-justes-70030700.html">
      <span style="color: #0066cc;">Du très troublant relativisme sémantique occidental à propos de la notion de « civils »</span></a></span></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;*&nbsp;<a href=
      "http://www.regards-citoyens.com/article-l-apres-gaddhafi-au-sahara-sahel-98584584.html">L'après-Gaddhafi au Sahara-Sahel</a></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 07 Feb 2012 00:05:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">fb9e1cbde9327cfaa97d34fba9a31e9c</guid>
                <category>Le Monde en mouvement et en guerre</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-l-operation-libyenne-etait-elle-une-guerre-juste-ou-juste-une-guerre-debat-bhl-r-brauman-89782920-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Moscou et Pékin perdent du crédit parmi les arabes, dit Nabil Elarabi]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-moscou-et-pekin-perdent-du-credit-parmi-les-arabes-dit-nabil-elarabi-98744850.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">La Russie et la Chine ont perdu de leur crédit diplomatique dans le monde arabe en opposant leur veto au projet de résolution
    sur la Syrie présenté au Conseil de sécurité des Nations unies, a déclaré lundi 6 février au Caire le secrétaire général de la Ligue arabe.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Dans une interview à <strong><em>Reuters</em></strong>, Nabil Elarabi a dit craindre qu'après le rejet de ce texte samedi à
    l'Onu, les autorités syriennes ne pensent avoir les mains libres pour réprimer le mouvement de contestation qui a fait plus de 5.000 morts en près de onze mois.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Il a toutefois souligné que la Ligue arabe continuerait à travailler avec Moscou et Pékin, ainsi qu'avec les autres membres du
    Conseil de sécurité, afin de mettre un terme aux affrontements en Syrie, où de nouveaux bombardements sur la ville rebelle de Homs ont fait 50 morts lundi, selon un bilan fourni par
    l'opposition.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les groupes d'opposition syriens, qui ont toujours refusé jusqu'ici de prendre contact avec le gouvernement de Bachar al Assad
    malgré les appels de la Ligue arabe en ce sens, ont été "ramenés à la réalité" par le veto opposé par la Russie et la Chine au projet de résolution, a poursuivi Nabil Elarabi, interviewé au siège
    de la Ligue dans la capitale égyptienne.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Ils ont vu que ce n'était pas le monde arabe qui bloquait des sanctions plus fermes contre le régime de Damas, mais bien les
    désaccords entre les grandes puissances.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>Malheureusement, les délégations russe et chinoise ont décidé au dernier moment d'opposer leur veto et je dois dire que
    cette question de l'utilisation du droit de veto, que ce soit par la Russie ou par un autre pays, est quelque chose d'inacceptable</em>", a dit le chef de la Ligue arabe.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">PAS DE SCÉNARIO "À LA LIBYENNE"</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>Je ne les critique pas mais les opposants syriens croyaient que la Ligue arabe était un obstacle entre eux et la solution -
    une solution suivant un scénario 'à la libyenne'. Mais le scénario à la libyenne n'est pas envisageable</em>."</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Lors du soulèvement contre Mouammar Kadhafi l'an dernier, la Ligue arabe avait soutenu l'instauration d'une zone d'exclusion
    aérienne au-dessus de la Libye pour protéger la population civile des attaques de l'aviation gouvernementale. Une résolution de l'Onu avait ensuite autorisé des frappes aériennes de l'Otan,
    toujours pour protéger les civils. Aujourd'hui, les pays arabes et les puissances mondiales ont exclu une intervention militaire en Syrie.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Prié de dire si, à son avis, Moscou et Pékin avaient perdu de leur crédit diplomatique dans le monde arabe à la suite de leur
    veto, Nabil Elarabi a répondu: "<em>Pour faire court, la réponse est 'oui'</em>". Il a toutefois souligné que les pays arabes continueraient à travailler avec les Russes et les Chinois car ils
    "<em>ont besoin d'eux</em>".</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Il a précisé qu'il avait parlé au téléphone lundi avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui sera mardi
    à Damas pour présenter une initiative diplomatique. Prié de dire si cette initiative, dont rien n'a filtré, pouvait mettre fin à la crise, Elarabi a répondu: "<em>Ils (les Russes) le
    pensent</em>".</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">CONSTAT D'IMPUISSANCE ?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">A propos des discussions de la semaine dernière à l'Onu, il a raconté qu'il avait quitté New York mercredi en étant persuadé
    qu'un accord était possible. "<em>Je suis parti avec cette idée le mercredi soir. Mais le vendredi d'autres questions avaient surgi</em>."</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>Il n'y avait pas besoin de recourir au veto. Nous étions sur le point de parvenir à une version de la résolution qui aurait
    obtenu les suffrages de tout le monde</em>", a-t-il poursuivi.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>Maintenant, le gouvernement syrien peut interpréter cet échec comme un constat d'impuissance de la communauté
    internationale et se dire qu'il peut tout se permettre</em>."</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réuniront une nouvelle fois la semaine prochaine pour discuter de
    l'avenir de la mission d'observation dépêchée fin décembre en Syrie et suspendue après le départ des observateurs des Etats du Golfe, de la Jordanie et du Maroc qui, a dit Elarabi, "ne jugeaient
    pas cette mission assez efficace".</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>Si nous devions envoyer une autre mission, ce que nous envisageons, il faudra qu'elle soit plus forte en effectifs et en
    équipement. Son mandat aussi devra être différent</em>", a-t-il déclaré, évoquant la nécessité d'un soutien international et non plus seulement arabe.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>Mais on ne peut y aller qu'avec l'accord des autorités syriennes. Celles-ci réalisent maintenant qu'elles ont un sérieux
    problème et qu'elles ne peuvent pas continuer comme cela</em>."</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Nabil Elarabi a précisé être en contact régulier avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al Moualem, dont le
    gouvernement impute la crise actuelle à une conspiration soutenue par l'étranger.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>Nous avons mis toutes nos cartes sur la table (...) Maintenant, c'est aux Nations unies de décider. Le Conseil de sécurité
    a échoué. Nous ne pouvons rien faire de plus</em>..."</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 23:15:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">7ff670fc5b99a89adf508a9cc56df39c</guid>
                <category>Le Monde en mouvement et en guerre</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-moscou-et-pekin-perdent-du-credit-parmi-les-arabes-dit-nabil-elarabi-98744850-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Après le veto sur la Syrie, Pékin et Moscou se justifient (Le Monde)]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-apres-le-veto-sur-la-syrie-pekin-et-moscou-se-justifient-le-monde-98673406.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">La Chine et la Russie ont opposé leur veto, samedi 4 février 2012, à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU
    condamnant la répression en Syrie pour éviter de "<em>nouveaux troubles et victimes</em>", affirme, dimanche 5 février, l'agence officielle chinoise <em><strong>Chine nouvelle</strong></em>. Le
    veto sino-russe est destiné à permettre "<em>la poursuite de la recherche d'un règlement pacifique de la crise syrienne chronique</em>", estime l'agence. "<em>En opposant leur veto, la Russie et
    la Chine affirment que plus de temps et de patience devraient être consacrés à dégager une solution politique à la crise syrienne, épargnant ainsi au peuple syrien de nouveaux troubles et
    victimes</em>", a-t-elle ajouté. C'est la deuxième fois que Moscou et Pékin empêchent le Conseil de sécurité de sortir de onze mois de silence sur la Syrie, pendant lesquels la répression a fait
    au moins 6 000 morts selon les militants. Un veto des deux pays avait bloqué une précédente résolution en octobre 2011.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Jusqu'au dernier moment, des tractations s'étaient poursuivies pour tenter de convaincre la Russie de ne pas bloquer l'adoption
    du texte. Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se rend à Damas le 7 février afin d'évoquer la mise en place rapide de "<em>réformes démocratiques indispensables</em>", a
    indiqué dimanche son ministère. La Russie "<em>a l'intention de faire tout son possible pour une stabilisation rapide de la situation en Syrie via la mise en place rapide de réformes
    démocratiques indispensables</em>", a indiqué le ministère dans un communiqué. C'est le but de la prochaine visite de M. Lavrov à Damas. Le vice-ministre des affaires étrangères russe a estimé
    dimanche que les Occidentaux étaient responsables de l'échec du vote au Conseil de sécurité de l'ONU. "<em>A Moscou, on regrette que les auteurs du projet de résolution sur la Syrie n'aient pas
    voulu faire d'efforts supplémentaires et atteindre un consensus</em>", a déclaré sur son compte Twitter le vice-ministre des affaires étrangères, Guennadi Gatilov.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">POURSUITE DE VIOLENCES DIMANCHE</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les violences en Syrie ont fait samedi 48 morts, dont 24 civils et 18 soldats de l'armée régulière, a affirmé dans la nuit de
    samedi à dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Six déserteurs ont également été tués lors d'affrontements, selon un nouveau bilan établi par l'OSDH. Neuf militaires syriens
    ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche lors d'affrontements avec des déserteurs dans le nord-ouest du pays, ajoute l'OSDH.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Le Conseil national syrien (CNS) qui regroupe la majorité des courants de l'opposition "<em>condamne vivement</em>" le veto
    opposé la veille par la Russie et la Chine au projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie, et "<em>considère cette décision irresponsable comme un
    permis donné au régime syrien de tuer dans l'impunité</em>", indique un communiqué du CNS.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les Comités locaux de coordination (LCC) à Damas, un groupe qui anime la contestation ont appelé à "<em>une grève de deuil de
    deux jours</em>" en dénonçant le veto russe et chinois lors du vote d'une résolution sur la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU. "<em>La Russie et la Chine, à travers leurs vetos, sont en train
    de confirmer un soutien permanent au régime syrien</em>", jugent les LCC, affirmant que la position de Pékin et Moscou est "<em>une couverture des crimes du régime syrien</em>".</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">D'intenses coups de feu ont été entendus dans la nuit de samedi à dimanche à la frontière entre la Syrie et la Turquie,
    provoquant un mouvement de frayeur parmi les villageois turcs, a-t-on indiqué de source locale. Des rafales de fusils mitrailleurs se sont poursuivies jusqu'à tard dans la nuit, a indiqué un
    habitant turc du village de Güveççi, situé juste à la frontière dans la province de Hatay.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Cet habitant a affirmé que l'armée syrienne avait organisé une opération contre des opposants dans le village de Ain al-Beida,
    situé côté syrien. Le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu a appelé le gouverneur de Hatay pour s'informer de la situation sur place, rapporte de son côté l'agence de presse
    Anatolie.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 05 Feb 2012 20:55:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">b67cddf322e18a56509849213f70d90f</guid>
                <category>Le Monde en mouvement et en guerre</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-apres-le-veto-sur-la-syrie-pekin-et-moscou-se-justifient-le-monde-98673406-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Syrie : la Russie et la Chine bloquent le vote à l'ONU (Le Monde)]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-syrie-la-russie-et-la-chine-bloquent-le-vote-a-l-onu-le-monde-98596198.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Pour la deuxième fois en quatre mois, la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ont opposé leur
    véto à un projet de résolution condamnant la répression en Syrie et demandant le départ du président syrien Bachar Al-Assad. Le texte, calquée sur le plan de sortie de crise de la Ligue arabe, a
    reçu le soutien des treize autres membres du Conseil.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">L'ambassadeur français Gérard Araud a dénoncé ce "double veto", parlant de "triste jour pour ce Conseil, pour les Syriens et
    pour les amis de la démocratie". Rappelant les "massacres" de Hama en 1982, sous la présidence de Hafez Al-Assad, et ceux de Homs la nuit dernière, il a ajouté : "l'horreur est héréditaire à
    Damas".</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">L'ambassadrice américaine Susan Rice s'est dite "dégoûtée" par l'attitude de la Russie et de la Chine. Son homologue
    britannique, Mark Lyall, s'est dit "consterné". L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a justifié son geste en prétextant que le projet de résolution était "déséquilibré" et "ne reflétait pas la
    réalité de la situation en Syrie", accusant les Occidentaux d'avoir manqué de "souplesse" dans les discussions.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">A HOMS, UN DES "PLUS GRANDS MASSACRES" DEPUIS MARS</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Ce vote intervient au lendemain d'une attaque militaire contre la ville de Homs où plus de 200 personnes, dont une centaine de
    femmes et d'enfants, ont été tuées. L'opposition syrienne accuse le régime d'avoir mené cette attaque particulièrement sanglante, alors que Damas affirme que l'opposition en est responsable dans
    une tentative d'influencer le vote à l'ONU, évoquant "une guerre d'information hystérique".</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Le photojournaliste Mani, présent à Homs pour Le Monde, raconte ce qu'il a vu dans le quartier de Khaldiyé, frappé par plusieurs
    obus tirés, selon des témoins, depuis des quartiers contrôlés par les forces loyalistes.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">OBAMA DEMANDE LE DÉPART D'AL-ASSAD</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Alors que les tractations diplomatiques avaient encore lieu, plusieurs pays occidentaux ont eu des mots très durs contre le
    régime de Bachar Al-Assad. La France a accusé Damas d'avoir "franchi un pas supplémentaire dans la sauvagerie", la Grande-Bretagne a fustigé "le cynisme sans pitié du président Assad" alors que
    le président américain Barack Obama a accusé Damas d'avoir "assassiné" des civils, évoquant des "attaques abominables" et exigeant le départ de Bachar Al-Assad. Le chef de la diplomatie
    française, Alain Juppé, a jugé que "le massacre de Homs est un crime contre l'humanité" et que "ses auteurs devront en répondre".</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">La Russie, qui s'est toujours opposée à une résolution demandant le départ préalable de Bachar Al-Assad, a indiqué, samedi, que
    son ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se rendra mardi en Syrie pour rencontrer le président syrien afin de "trouver une issue politique au conflit". M. Lavrov avait prévenu dans
    la matinée que le projet de résolution ne convenait "absolument pas" à la Russie dans un entretien à la télévision russe Rossia. "Si (les Etats-Unis) veulent encore un scandale au Conseil de
    sécurité, on ne peut pas les arrêter", avait-il mis en garde.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Selon des diplomates cités par l'AFP, la Russie a tenté dans les dernières heures d'affaiblir encore la portée du texte examiné
    à l'ONU par des modifications de vocabulaire, en minimisant les exactions du régime syrien ou le soutien du Conseil aux décisions de la Ligue arabe, et en condamnant l'opposition syrienne au même
    titre que le régime pour les violences. Des demandes jugées "inacceptables" par les Etats-Unis.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 04 Feb 2012 19:13:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">b0794bc39c6b46487748f532b0723a28</guid>
                <category>Le Monde en mouvement et en guerre</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-syrie-la-russie-et-la-chine-bloquent-le-vote-a-l-onu-le-monde-98596198-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La guerre privatisée d’Afghanistan : prélude post-westphalien ? par Jérôme Larché]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-la-guerre-privatisee-d-afghanistan-prelude-post-westphalien-par-jerome-larche-94702579.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Historiquement liées aux pratiques de la guerre et plus encore aux condottieri de la Renaissance, les entreprises militaires et
    de sécurité privées (EMSP) ont aujourd’hui succédé aux « mercenaires » artisanaux, et leur poids économique est devenu considérable. Si l’on se réfère au Document de Montreux, les EMSP sont des «
    entités commerciales privées qui fournissent des services militaires et/ou de sécurité. Les services militaires et/ou de sécurité comprennent en particulier la garde armée et la protection de
    personnes et d’objets tels que les convois, les bâtiments et autres lieux ; la maintenance et l’exploitation de systèmes d’armements ; la détention de prisonnier ; et le conseil ou la formation
    des forces locales et du personnel de sécurité local ».</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Si leur activité en France est étroitement régulée, il s’agit d’un secteur en pleine expansion au Royaume-Uni, évoluant dans le
    cadre des modifications structurelles du marché de la sécurité de l’après-11 Septembre. Cette industrie s’organise, en Europe comme aux Etats-Unis, pour offrir un visage plus présentable, celui
    d’un mercenariat éthique, responsable, obéissant bien sûr aux lois du marchés, mais conscient d’intervenir sur des zones sensibles. Pour preuve de cette quête de respectabilité, cette industrie
    de guerre s’est auto-proclamée « industrie de la paix et de la stabilité ». Elle a désormais ses publications, ses instituts de recherche et affirme que la plupart des entreprises militaires et
    de sécurité privées respectent les codes de conduite éthique, que ce soient celui du groupe de lobbying américain -l’<em>International Peace Operations Association</em> (IPOA)-, britannique - la
    <em>British Association of Private Security Companies</em> (BAPSC) -, ou encore celui édicté récemment suite au Document de Montreux – <em>l’International Code of Conduct for Private Security
    Service Providers</em> -. En Afrique, elles sont souvent liées à l’industrie extractive pétrolière, ainsi qu’aux multinationales opérant dans des pays en conflit ou instables, mais possédant des
    ressources naturelles en minerais précieux.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les conflits irakien et afghan ont favorisé leur essor rapide, les rendant indispensables aux opérations militaires d’envergure
    de certains Etats. En remettant en cause le principe wébérien du « monopole de la violence légitime » étatique, elles ont pu également modifier la nature des conflits, en favorisant la transition
    de guerre d’« idées » vers des guerres de prédation économique, créant parfois même des « coalitions dans la coalition ». Leur présence dominante aujourd’hui en Afghanistan permet de s’interroger
    sur les conséquences et les dérives de leur utilisation dans le contexte des conflits armés.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><strong><span style="font-size: 10pt;">La complexité du dernier conflit afghan</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">La guerre qui se déroule en Afghanistan depuis novembre 2001, incluant désormais les zones tribales pakistanaises, est en train
    de redéfinir la carte géopolitique régionale. Depuis plus de 30 ans, ce pays connait une succession de conflits dont les enjeux, les rivalités, et luttes d’influences ont participé à la
    complexité de la situation actuelle : guerre des moudjahiddins contre l’invasion de l’Union Soviétique en 1979, guerre civile des années 1990 entre les chefs de guerre pour le contrôle des
    territoires et des trafics, guerre lancée en 2001 par les Etats-Unis suite aux attentats du 11 septembre 2001 (9/11). A ces « macro-conflits », se surajoutent les luttes claniques, ethniques,
    l’influence persistante de l’islamisme radical des talibans, le trafic d’opium et d’armes, dans un arc allant de l’Afghanistan au Cachemire, en passant par le Pakistan.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">La complexité du contexte afghan et le jeu actif des puissances politiques régionales avoisinantes (Pakistan au premier chef,
    mais aussi Inde, Iran et Arabie Saoudite), ont toutefois poussé le monde « oriental », et notamment musulman, à une lecture bien différente de celle proposée par les occidentaux. En effet,
    l’intervention des Etats-Unis en Afghanistan est encore perçue par beaucoup comme un mouvement stratégique, visant une hégémonie et la poursuite d’intérêts nationaux (stratégiques et économiques)
    bien compris. Ceux-ci comprennent notamment la volonté d’empêcher l’Iran d’étendre son influence ou d’utiliser les républiques d’Asie Centrale comme bases arrières stratégiques de la région. Les
    attentats du 9/11 ont également mis le focus sur l’aspect asymétrique des guerres contemporaines, comme la confrontation des réseaux terroristes djihadistes à la première puissance
    mondiale.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><strong><span style="font-size: 10pt;">Le renouveau taliban</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">« 1 271 civils ont été tués et 1 997 ont été blessés, la plupart grièvement », a déclaré récemment Staffan de Mistura, le
    représentant spécial de l'ONU à Kaboul . Par ailleurs, l’attente des populations, particulièrement des pachtounes du sud, a été déçue, non par la présence de l’aide internationale, mais par le
    fait que la majorité des sommes versées par la communauté internationale au gouvernement afghan ne s’est pas traduite en amélioration réelle des qualités de vie, même sur les besoins fondamentaux
    que sont la santé ou l’éducation. Les destructions de champs de pavots par les américains , et par des soldats afghans la plupart du temps non pachtounes, donna également aux talibans la
    possibilité de regagner le soutien des populations en les débarrassant des forces de l’ordre et en leur offrant une nouvelle prospérité. Ceci conduisit à une expansion majeure du nombre de champs
    de pavots (entre 2003 et 2006), faisant de l’Afghanistan un narco-Etat, qui assure aujourd’hui la production de 93% de l’opium mondial. Ainsi, la motivation économique et tribale a très
    probablement surpassé la motivation religieuse de la plupart des insurgés (80% selon certains auteurs ), qui se font appeler aujourd’hui talibans. Cependant, seule la solution militaire fut
    offerte par les américains, rejetant l’idée d’un dialogue avec certains talibans, et provoquant même l’expulsion de diplomates ayant entamé ce dialogue . En 2008, on estimait que les talibans
    couvraient 72% du territoire afghan , contre 54% un an auparavant.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Si aujourd’hui les talibans sont essentiellement implantés dans les régions pachtounes, à l’est et au sud, à la proximité de la
    frontière avec le Pakistan, il est intéressant de noter que leur influence grandit dans des zones comme le nord, à prédominance ouzbèke ou tadjike. Dans ces régions où les pachtounes sont
    minoritaires, la rébellion réactive essentiellement les réseaux du Hezb-i-Islami de Gulbuddin Hekmaytiar. Ces néotalibans n’hésitent pas à recourir, à la différence des talibans de 1994, à des
    pratiques criminelles (comme le trafic d’opium ou de la contrebande), témoignant aussi d’un pragmatisme et de capacités d’adaptation certaines au nouveau contexte afghan. Enfin, depuis 2008, les
    attentats suicides sont apparus , et n’ont cessé depuis, rivalisant de violence et n’hésitant pas à provoquer la mort de civils afghans. Les stratégies à mettre en place pour répondre au problème
    des néotalibans sont donc complexes et vitales. Dans cet effort de développement du pays, les américains et l’OTAN doivent aussi veiller à la construction d’un Etat fort, légitime et qui se
    préoccupe de sa population. Ce n’est aujourd’hui pas le cas et les élections entachées de fraude de la présidentielle de 2009, comme des législatives de 2010, ont suscité la préoccupation de la
    communauté internationale. Les autorités américaines adoptent d’ailleurs depuis un ton plus ferme à l’égard de Mr Karzaï, en l’incitant à réduire le niveau de corruption endémique qui gangrène
    son administration, et qui s’est traduit par le détournement d’importantes sommes d’argent, initialement destinées à l’aide et à le reconstruction du pays .</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Un rapport récent de l’International Council on Security and Development vient d’autre part révéler que l’ « Opération Moshtarak
    », offensive contre-insurrectionnelle lancée en février 2010 dans la province du Helmand , n’a peut-être pas eu les effets stratégiques escomptés. Considérée comme la plus importante opération
    militaire depuis l’invasion de 2001 (15 000 hommes mobilisés), et survenant après les premiers envois de renforts américains (qui s’élèveront au total à 30 000 hommes), elle avait pour but de
    réinvestir une province largement dominée par les talibans et de répondre aux besoins des populations. Bien qu’elle ait permis à l’OTAN de recontrôler les grands axes routiers, elle a provoqué le
    déplacement de plusieurs milliers de personnes, faisant grandir le ressentiment de la population à l’égard des forces de l’ISAF, sans renforcer la conviction d’une possible victoire de ces
    dernières sur les talibans . Ce rapport pose aussi la question cruciale des moyens employés par la coalition internationale pour résoudre le triple problème du recrutement et de la lutte contre
    les talibans, des attentes d’ordre économique et de développement pour la population, ainsi que la gestion des dynamiques des politiques locales. L’échec relatif de cette « approche globale »
    voulue par l’OTAN renvoie aussi à la conduite de la stratégie contre-insurrectionnelle des Etats-Unis et, parce qu’intégrée à celle-ci, à l’utilisation des EMSP dans le conflit afghan.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><strong><span style="font-size: 10pt;">Les <em>contractors</em> privés : des auxiliaires devenus indispensables</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Répondant à la fois aux besoins sur le terrain, à une logique libérale d’externalisation des fonctions militaires pour des
    raisons économiques, mais aussi à la décision politique de l’administration Bush d’utiliser massivement des EMSP, le conflit en Afghanistan est, après le terrain irakien, le lieu privilégié de
    présence des contractors privés (que nous appellerons contractors) en situation de conflits. Avant de revenir plus spécifiquement aux EMSP, il est intéressant d’avoir une évaluation dynamique, et
    notamment quantitative, de l’ensemble des contractors privés, afin de mieux déterminer la proportion et le rôle joué par les EMSP en Afghanistan. Paradoxalement, et bien que la présence de toutes
    ces sociétés privées soit connue depuis le lancement de l’offensive américaine « Liberté Immuable » en novembre 2001, le gouvernement américain n’a commencé à rassembler des données fiables que
    depuis le milieu de l’année 2007 !</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Comme en Irak, de nombreuses EMSP ont été engagées en Afghanistan pour fournir toute une gamme de services, incluant protection
    rapprochée, escorte de convois, protection de bâtiments et d’infrastructures militaires comme civiles, et formation des forces militaires et de police afghanes. Ces EMSP apparaissent désormais
    indispensables pour mener à bien des opérations de stabilisation, ou pour assurer la sécurité dans les combats. Il est intéressant néanmoins de noter que si le Congrès américain avait donné son
    accord pour l’utilisation de ces sociétés privées dans les fonctions de support de l’armée américaine, leur place grandissante dans le dispositif de combat et le peu de surveillance réelle dont
    elles ont fait l’objet, ont amené un véritable débat au sein de l’appareil législatif (mais également militaire) américain sur leur transparence et leur redevabilité (accountability). De nombreux
    rapports font ainsi aujourd’hui état d’un manque crucial de surveillance et de respect des contrats, pouvant être à l’origine de dépenses « inutiles et gaspillées », mais aussi de conséquences
    délétères sur la stratégie globale (et actuellement, contre-insurrectionnelle) mise en œuvre par les Etats-Unis et l’ISAF.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><strong><span style="font-size: 10pt;">Les sociétés militaires privées en Afghanistan : une dynamique américaine</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">La stratégie de contre-insurrection implique de pouvoir « nettoyer, tenir et reconstruire » des régions. Pour cela, des forces
    armées de sécurité et de stabilisation sont déployées. Parmi elles, figurent aujourd’hui des EMSP dont la tâche, d’après le DoD, est « défensive ». Toutefois, plusieurs analystes soulignent que
    le droit international ne fait pas la différence entre la nature offensive ou défensive, dans la participation aux combats. De plus, les EMSP ne sont pas placés sous l’autorité du commandement
    militaire ou de l’autorité civile, mais sont liées par leur contrat. Néanmoins, le DoD considère « de principe » que les contractors, et notamment les contractors armés des EMSP, font partie des
    forces opérationnelles globales du DoD.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">On compte aujourd’hui plus de 112 000 contractors en Afghanistan pour « seulement » 75 100 soldats américains. Cela correspond
    donc à un ratio contractors / troupes à 1,42/1 . L’Afghanistan constitue donc aujourd’hui le terrain où leur proportion est la plus élevée (60% des forces du DoD), dans toute l’histoire des
    opérations militaires des Etats-Unis. Leur profil sur le terrain afghan montre aussi des différences significatives par rapport au contexte irakien. On estime en effet que 16 000 d’entre eux
    (14%) sont américains, que 17 500 (16%) viennent de pays-tiers , et que 78 500 (70%) sont afghans. Alors que 26% seulement des contractors en Irak étaient des « nationaux », ceux-ci représentent
    désormais 70% en Afghanistan, où il est donc possible de parler d’une véritable « afghanisation » de la contractualisation opérée par le DoD. Nous reviendrons un peu plus loin sur la nature de
    ces contractors afghans et discuterons si les conditions dans lesquelles cette « afghanisation » s’est effectuée, constituent un avantage ou non pour la stabilisation de l’Afghanistan. On peut
    également mettre en évidence une dynamique quasi-exponentielle de leur nombre sur les années 2008 et 2009 . Celle-ci semble due à la fois à la présence de ceux travaillant pour les 30 000 troupes
    de l’ISAF mais aussi à l’anticipation du renfort de soldats américains. Selon les estimations, le nombre de nouveaux contractors « nécessaires » pour accompagner ces renforts décidés en décembre
    2009 par le Président Obama pourrait aller de 26 000 (fourchette basse) à 56 000 (fourchette haute), ce qui pourrait accroitre leur nombre total de 130 000 à 160 000. En Irak comme en
    Afghanistan, les pertes non comptabilisées des contractors permettent surtout de masquer le coût humain réel du conflit, car elles restent largement invisibles pour les citoyens.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Plusieurs facteurs dans la cohabitation entre EMSP et militaires des armées régulières affectent aujourd’hui la conduite
    militaire des opérations. Tout d’abord, on peut souligner le manque de préparation des forces armées américaines et de la coalition de l’OTAN, aux enjeux posés par la présence de contractors
    armés (sur les modalités de contractualisation, sur la surveillance des activités, sur la planification des activités,…). Le manque de coordination, voire de simple information, entre les EMSP et
    les troupes gouvernementales du DoD ou de l’OTAN est également problématique. La complexité des situations dans lesquelles ces EMSP sont actuellement employées (Irak, Afghanistan) est renforcée
    par la mauvaise intégration de ces dernières dans les chaînes de commandement militaire, et par les frictions avec les soldats « réguliers » que cela génèrent. Le statut même des EMSP, dont
    l’objectif à atteindre est celui déterminé dans le contrat, et non l’objectif politique de stabilisation et de reconstruction (dont les moyens militaires ne sont qu’une partie), peut parfois
    paraître contradictoire. Enfin, l’existence de milices privées et d’EMSP sans licences, dont l’objectif réel est plus souvent le contrôle de territoires et le trafic de stupéfiants, que la
    volonté de stabilisation et de reconstruction de l’Afghanistan devient un enjeu préoccupant.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><strong><span style="font-size: 10pt;">Une impunité et une absence de régulation manifestes</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Le manque de troupes gouvernementales internationales (notamment américaines), et la stratégie du « clear, hold and build » sont
    à l’origine de l’utilisation des EMSP, et particulièrement des EMSP illégales (qu’il s’agisse de milices ou d’EMSP sans licences). Cela entraîne désormais de sérieuses interrogations de la part
    des autorités américaines, afghanes, des Nations-Unies, et des ONG sur les implications politiques et légales générées, et sur la nécessité d’une meilleure régulation de ces activités militaires
    privées. Au-delà des questions de transparence et de redevabilité, l’utilisation des EMSP par le DoD dans les zones de combat a amené le Congrès américain à une réflexion de fond sur le fait que
    les EMSP ne doivent pas exercer des « fonctions invariablement gouvernementales ». Même si ce contexte d’inquiétude partagée a pu favoriser la volonté du Président Karzaï de limiter drastiquement
    le nombre d’EMSP présents sur le terrain afghan, le manque de contrôle effectif du gouvernement afghan sur les zones situées en dehors de Kaboul rend la perspective d’une régulation efficace et
    réelle très peu probable. Enfin, les exemples d’abus et de violations des droits humains commis par les EMSP sont nombreux et documentés. En Irak, certaines de ces EMSP sont devenues symboliques
    des dérives de violences et d’atteintes à la sécurité humaine liées à l’utilisation des EMSP, comme de l’impunité qui en découle. La fusillade de la place Nisour, le 16 septembre 2007, a fait 16
    morts, des civils irakiens tués par des contractors de la société Blackwater, rebaptisée Xe depuis. Autre incident relaté, le comportement des membres de la société ArmorGroup, chargée de la
    surveillance et de la protection de l’Ambassade des Etats-Unis à Kaboul. En juin 2009, une association de vigilance sur les projets gouvernementaux révéla, en effet, de graves et systématiques
    dysfonctionnements sur le plan contractuel (gardes ivres, nombre insuffisant de gardes, niveau d’anglais insuffisant) mais aussi sur le plan du respect humain (harcèlement sexuel, stigmatisation
    des gardes afghans, privations de sommeil,…). Ceci a résulté en une interruption de la chaîne de commandement et une perte de confiance profonde envers les responsables de cette EMSP, posant par
    là même des problèmes de sécurité pour l’Ambassade américaine. Une enquête du sous-Comité du Sénat américain pour la surveillance des contrats menée a pourtant récemment démontré que le DoD avait
    renouvelé sa confiance à ArmorGroup jusqu’en juillet 2010, avec une possibilité d’extension du contrat jusqu’en 2012.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">En tant que civils combattants, les contractors de ces sociétés ne bénéficient pas du statut et de l’immunité de prisonnier de
    guerre, et sont donc théoriquement soumis aux règles du pays dans lequel ils interviennent, mais aussi à un certain nombre de contraintes induites dans le « jus in bello » du droit international
    humanitaire. Les EMSP sont-elles donc vraiment des « objets juridiques non identifiés » ?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les contractors d’Irak et d’Afghanistan ne rentrant pas dans la définition étroite de « mercenaires » - définie aussi bien par
    le protocole 1 additionnel de 1977 aux Conventions de Genève que par la Convention du 4 décembre 1989 élaborée sous l’égide des Nations Unies - on voit donc la difficulté, mais pas
    l’impossibilité, à qualifier non seulement les actes mais aussi la nature même des employés d’EMSP. Toutefois, l’impunité qui parait aujourd’hui protéger les activités et les dérives des EMSP est
    une préoccupation réelle. En effet, résultant très souvent d’accords bilatéraux sur le statut des forces armées, elle apparaît préjudiciable à la fois aux populations qui en sont souvent les
    victimes (position soutenue par les opposants aux EMSP) mais aussi, par les effets contre-productifs qu’elles génèrent, à l’obtention des objectifs stratégiques ou à l’ « effet final recherché »
    (position soutenue par les tenants d’un certain pragmatisme, et notamment les militaires eux-mêmes).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Face à cette tendance lourde de privatisation et d’externalisation de la sécurité, une attitude pragmatique consiste à renforcer
    la régulation de cette activité, notamment sur les domaines de la formation, de la déontologie, et du contrôle externe . Les codes de conduite éthique rédigés par les EMSP, le Document de
    Montreux, le Code de Conduite Global, et une plus grande transparence dans la contractualisation constituent aujourd’hui des pistes de régulation intéressantes à promouvoir et à diffuser. Ces
    initiatives risquent toutefois de demeurer insuffisantes, si elles ne sont pas associées à la mise en place d’un cadre juridique coercitif adapté à la réalité sociale et économique actuelles des
    EMSP. En effet, l’impunité quasi-totale - souvent liée à des clauses secrètes dans les contrats entre EMSP, « Etat contractant » et « Etat territorial » - dont bénéficient aujourd’hui les
    contractors, porte en elle le risque d’une altération du contrat social entre les Etats et leurs citoyens mais aussi, de façon plus concrète, peut devenir un élément contre-productif pour les
    objectifs stratégiques de l’ « Etat contractant », notamment sur les zones de conflits.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>L’ « afghanisation » des sociétés militaires privées : facteur de stabilisation ou de chaos ?</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">.../...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Pour la suite de cet article, voir : <a href=
    "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/48/17/48/Fichiers-pdf/Think-tanks/La_guerre_privatisee_d-Afghanistan-RC.doc"><img height="20" width="25" src=
    "http://fdata.over-blog.net/99/00/00/01/img/p16_word.gif" alt="La guerre privatisée d'Afghanistan-RC"> La guerre privatisée d'Afghanistan-RC</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;"><strong>Jérôme Larché</strong> est m</span><span style="font-size: 10pt;">édecin hospitalier,
    enseignant à l’IEP de Lille, chercheur associé à la <em><strong>Fondation pour la Recherche Stratégique</strong></em>, ancien membre du Conseil d’administration de <strong><em>Médecins du
    Monde</em></strong></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><em>&nbsp;</em></strong></span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Lire la note complète sur le site de la FRS&nbsp;: <a href=
    "http://www.frstrategie.org/barreFRS/publications/notes/2011/201109.pdf"><span style="text-decoration: underline;"><span style=
    "color: #0000ff;">http://www.frstrategie.org/barreFRS/publications/notes/2011/201109.pdf</span></span></a></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span>&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="text-decoration: underline;">Lexique des abréviations</span>&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%;"><strong>EMSP&nbsp;: entreprises militaires et de sécurité privées</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%;"><strong>OTAN&nbsp;: Organisation du Traité de l’Atlantique Nord</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US"><strong>ISAF: International Security and Stabilization Force</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%;"><strong>DoD: Département américain de la Défense</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%;"><strong>DoS&nbsp;: Département américain des Affaires Etrangères</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%;"><strong>USAID&nbsp;: Agence américaine de Coopération et de Développement International</strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 22 Jan 2012 13:29:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">67feeee3c0831de21f919c7e402b28ce</guid>
                <category>Le Monde en mouvement et en guerre</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-la-guerre-privatisee-d-afghanistan-prelude-post-westphalien-par-jerome-larche-94702579-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le Qatar, nouvelle puissance mondiale ? par Pierre Beylau (Le Point)]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-le-qatar-nouvelle-puissance-mondiale-par-pierre-beylau-le-point-96258570.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les talibans viennent de décider d'ouvrir un bureau à Doha. Objectif : faciliter les futures négociations entre les insurgés
    afghans et les Américains. Le Hamas a déjà pignon sur rue dans la capitale de l'émirat. Les relations entre le mouvement palestinien et la Syrie, où il avait jusqu'à présent sa base arrière, sont
    en effet devenues très compliquées, les opposants à Bachar el-Assad étant, comme le Hamas, proches des Frères musulmans.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Le Qatar a apporté une aide déterminante, en Libye, aux combattants anti-Kadhafi. Il joue les intermédiaires dans tous les
    grands dossiers du Moyen-Orient. Il bénéficie, il est vrai, d'une fenêtre de tir : l'Égypte est pour l'instant hors jeu, la Syrie en proie à la guerre civile, l'Irak empêtré dans ses luttes
    confessionnelles et l'Arabie saoudite paralysée par un système dynastique gérontocratique. Actif sur le plan géopolitique, l'émirat déploie aussi un activisme vibrionnaire dans le domaine du
    business. Dès qu'une opportunité se présente, les Qatariens sont sur les brèches pour investir : Volkswagen, Veolia, Vinci et peut-être demain EADS et Areva. Le sport est aussi sur leurs écrans
    radars, comme en témoigne le feuilleton du Paris Saint-Germain.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Le Qatar, sur la carte du monde, ce n'est pourtant pas grand-chose : une création récente (en 1971), 11 000 kilomètres carrés
    (la superficie de deux départements français), une population clairsemée (à peine deux millions dont à peine 300 000 Qatariens). Mais voilà : le Qatar dispose de 15 % des réserves mondiales de
    gaz. Il partage avec l'Iran le plus gros gisement de la planète. Au rythme d'extraction actuel, il y en a pour un siècle et demi au bas mot. De quoi continuer à alimenter la Qatar Investment
    Authority, le fonds souverain qatarien, véritable bras armé des ambitions économiques et politiques de l'émirat.</span>
  </p>
  <h2 style="text-align: justify;">
    <strong><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Le pactole du gaz</span></strong>
  </h2>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Le Qatar dispose aussi d'un instrument efficace de "soft power" : la très professionnelle chaîne d'information continue Al
    Jazeera, qui se déploie désormais dans le monde entier et pas seulement en langue arabe. L'émirat a également une politique culturelle agressive. Il a même créé un orchestre symphonique... Mais
    au fond, qu'est-ce qui fait courir ainsi le cheikh Hamad ibn Khalifa al-Thani, sur le trône depuis 1995 après avoir déposé son père, imprudemment parti en voyage sur les bords du lac Léman ? Le
    souverain pourrait se contenter de vivre de ses rentes et ne pas se mêler des affaires du monde où il n'y a que des coups à prendre...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Sauf que l'émirat est entouré de voisins dont il se méfie énormément : l'Arabie saoudite, d'abord, qui considère cette petite
    péninsule fichée à son flanc comme une anomalie. L'Iran, immense pays de vieille civilisation situé à quelques brassées d'eau de l'autre côté du Golfe. Et même les Émirats arabes unis, que le
    Qatar a refusé de rejoindre. Pour rompre cet encerclement, le Qatar a longtemps entretenu une alliance de revers avec l'Irak de Saddam Hussein. Aujourd'hui, il mise sur de solides alliances -
    avec les États-Unis, la France (un des fils de l'émir a fait Saint-Cyr) et une position planétaire qui lui garantit sa survie. Après tout, ce n'est pas la première fois dans l'histoire qu'un pays
    joue un rôle sans aucune mesure avec sa dimension géographique : rappelons-nous Venise la Sérénissime, dont le territoire continental n'allait guère au-delà de Vicence et de Padoue...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Source : <a href=
    "http://www.lepoint.fr/monde/ou-va-le-monde-pierre-beylau/le-qatar-nouvelle-puissance-mondiale-05-01-2012-1415722_231.php">http://www.lepoint.fr/monde/ou-va-le-monde-pierre-beylau/le-qatar-nouvelle-puissance-mondiale-05-01-2012-1415722_231.php</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Voir également :</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;* <a href=
    "http://www.regards-citoyens.com/article-l-emir-du-qatar-israel-doit-etre-felicite-pour-toujours-vouloir-la-paix-wikistrike-89367971.html">L’Emir du Qatar : “Israël doit être félicité pour
    toujours vouloir la paix” (Wikistrike)</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;* <a href=
    "http://www.regards-citoyens.com/article-pourquoi-la-france-entretient-elle-de-telles-relations-privilegiees-avec-le-qatar-89351460.html">Pourquoi la France entretient-elle de telles relations
    privilégiées avec le Qatar ?</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:24:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ae0097c742a774adb36297ff1b2a1f9c</guid>
                <category>Le Monde en mouvement et en guerre</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-le-qatar-nouvelle-puissance-mondiale-par-pierre-beylau-le-point-96258570-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Négociations intergouvernementales en Irak]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-negociations-intergouvernementales-en-irak-97185596.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les représentants des différentes composantes du gouvernement irakien se sont rencontrés dimanche 15 janvier pour la première
    fois depuis le début de la crise politique qui menace de plonger le pays dans un nouveau cycle de violences religieuses (cf. <a href=
    "http://www.regards-citoyens.com/article-irak-reprise-des-violences-sur-fond-de-crise-politique-97173085.html">Irak: reprise des violences sur fond de crise politique</a> ).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Quelques jours après le départ des derniers militaires américains à la mi-décembre, le Premier ministre Nouri al Maliki, membre
    de la majorité chiite, a demandé l'arrestation du vice-président Tarek al Achemi, de confession sunnite, qu'il accuse de terrorisme. Quelques jours plus tard, une série d'attentats commis pour la
    plupart dans des secteurs chiites de Bagdad a fait 73 morts.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">L'Alliance nationale de Maliki, la formation multiconfessionnelle Irakia, soutenue par la minorité sunnite, et les mouvements
    kurdes qui cohabitent au sein du gouvernement, négocient la tenue d'une conférence nationale pour sortir de la crise.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Le Premier ministre, le chef de l'Etat Djalal Talabani, membre de la communauté kurde, et le président du Parlement Ossama al
    Noudjaïfi, de confession sunnite, se sont brièvement rencontrés dimanche et sont convenus de se revoir dans une semaine, mais rien n'a été décidé en ce qui concerne le projet de conférence
    nationale.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">PLAN DE TRAVAIL</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">"<em>Dimanche prochain, nous allons entamer un plan de travail sur les problèmes qui seront évoqués</em>", a déclaré Bahaa al
    Aradji, chef de file du bloc fidèle à l'imam chiite radical Moktada al Sadr, qui a également assisté à la rencontre de dimanche.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Depuis l'émission du mandat d'arrêt à l'encontre de Tarek al Achemi, les élus d'Irakia refusent de siéger au parlement et
    plusieurs de ses représentants au gouvernement n'assistent plus aux conseils des ministres. D'autres sont toujours au travail, ce qui témoigne des profondes divisions de la formation.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Le vice-président a trouvé refuge au Kurdistan irakien pour échapper à son arrestation. Il réclamait la délocalisation des
    procédures judiciaires à Kirkouk, chef lieu de la province autonome, mais sa demande a été rejetée ce dimanche, a-t-on appris de source judiciaire. Il pourrait donc être jugé par contumace à
    Bagdad.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">L'insécurité a considérablement reculé depuis le pic de 2006-2007, mais la multiplication des attentats depuis le début de la
    crise politique alimente les craintes d'une reprise des hostilités à grande échelle entre chiites et sunnites.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Premier groupe représenté au parlement, Irakia a accepté il y a un an un accord de partage du pouvoir censé réduire les tensions
    interreligieuses mais se plaint aujourd'hui d'être mis à l'écart par le chef du gouvernement.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Source : <em><strong>Reuters</strong></em></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span></em>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 15 Jan 2012 22:26:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ee44cc43eb6dd20a4c7c96cc1f31770e</guid>
                <category>Le Monde en mouvement et en guerre</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-negociations-intergouvernementales-en-irak-97185596-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
