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    <title><![CDATA[Regards citoyens (Les grands enseignements de l'Histoire)]]></title>
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    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Les grands enseignements de l'Histoire&quot; du blog &quot;Regards citoyens&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Sun, 19 Feb 2012 09:11:32 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Sun, 19 Feb 2012 09:11:32 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.regards-citoyens.com</copyright>            <category>Les grands enseignements de l'Histoire</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Avez-vous lu « L’histoire jugera » de Léon Blum ?]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-avez-vous-lu-l-histoire-jugera-de-leon-blum--37361249.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">J’ai trouvé dans un marché aux livres situé dans les jardins de la place Taksim, au centre d’Istanbul,&nbsp;un
    recueil d’articles de Léon Blum publié sous le titre « <strong><em>L’histoire jugera</em></strong> » dans une édition canadienne de 1943.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Les articles portent sur la période particulièrement troublée qui commence en 1932 et s’achève en 1942 par le
    procès de Riom. Les jugements de Blum sont extrêmement perçants, souvent visionnaires, mais, forcément, il y a des exceptions, que l’ampleur et la rapidité des bouleversements de l’Histoire de ce
    temps expliquent évidemment.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">On ne peut tout de même qu’être surpris, et déçu, à la lecture du deuxième article du recueil, daté du 18 janvier
    1932, dans lequel Blum prône, au nom du refus de la guerre, une stratégie de cantonnement d’Hitler qui apparaît d’une grande naïveté à la lumière d’un jugement de l’histoire que l’on n’appelle
    jamais impunément. Léon Blum ne craint pas d’affirmer qu’ « <em>il est infiniment peu probable qu’une fois installé au gouvernement, Hitler se livre à des provocations directes, soit vis-à-vis de
    la France soit même vis-à-vis des puissances de l’Est</em> » ni d’ajouter : « <em>comme les aventuriers parvenus au pouvoir, il s’efforcera sans doute de prendre rang parmi les hommes d’Etat
    réguliers, parmi les puissances établies. Révolutionnaire, il s’incline aujourd’hui devant la légalité allemande ; nationaliste, il s’inclinerait demain devant la légalité internationale</em> ».
    Pour Blum, il suffirait d’isoler l’Allemagne, en dégageant les Etats limitrophes de son emprise, pour réduire l’avancée du fascisme. Cette sorte de doctrine de l’endiguement avant l’heure, qui
    n’est certes qu’esquissée dans l’article, n’apparaît pas à la hauteur des enjeux. En dépit de la finesse de son intelligence, Blum n’avait donc pas, du fait de la force de ses convictions
    pacifistes, pris en ce début de l’année 1932, la mesure de la menace hitlérienne.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Dans l’article suivant, daté du 2 février 1932, qui porte sur le conflit japonais, on comprend mieux la nature du
    combat de Blum. Il veut faire respecter la légalité internationale, vaincre la force par le droit et prône à l’endroit de l’agresseur japonais des sanctions politiques, économiques et
    financières. Il place ses espoirs dans la conférence de désarmement qui pourrait donner enfin aux démocraties le courage d’agir, face à des Etats qui pour l’heure les effraient.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Il applaudit, dans un article du 13 avril 1932, les initiatives américaines en faveur du désarmement et déplore la
    pusillanimité du gouvernement Tardieu, dont il ne cesse de dénoncer le penchant militariste. Il suit de près les rebondissements des pourparlers de Genève et de Lausanne ainsi que leurs liens
    avec le calendrier électoral français, sur le rythme duquel se calque celui de la négociation, en raison de l’importance de la position de la « <em>Nation</em> ».</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">A l’été 1932, c’est la situation de l’Allemagne qui, à mesure qu’elle s’aggrave, reprend le pas sur toute autre
    considération. Le duel entre Hitler, d’un côté, Schleicher et Papen, de l’autre, n’augure rien de bon. S’il se félicite de la réaction de l’opinion française, majoritairement républicaine et
    consciente du danger, il assimile le camp nationaliste à des « <em>hitlériens français</em> » - titre d’un article du 12 août 1932 - unis aux fascistes par la haine du socialisme, mais qui se
    taisent encore parce que « <em>la volonté populaire leur impose ce silence hypocrite</em> ».</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">En décembre 1932, nouveau rebondissement à Genève : la Conférence du désarmement, que Benès avait remise sur des
    rails en juillet, menace d’être ajournée pour quatre mois du fait de l’interrègne entre Hoover et Roosevelt.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le début de l’année 1933 est sombre. Le Japon se retire de la Société des Nations. Blum attend de ce qu’on
    n’appelle pas encore la communauté internationale, un sursaut, c’est-à-dire des sanctions. Un embargo sur les armes, comme proposé par le Foreign office lui semble aller de soi. Il regrette
    d’ailleurs que La France n’ait pas donné l’exemple, et fasse montre dans cette affaire d’une prudence excessive. Il s’indigne que certains pays veuillent inclure la Chine dans l’embargo,
    confondant dans la même sanction la victime et l’agresseur.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Puis vient l’incendie du Reichstag, que Blum dénonce dans un article du 1er mars pour ce qu’il est : «
    <em>l’incendie du Reichstag n’est pas un acte de terrorisme communiste, mais de provocation raciste. Le maquillage est à la fois si grossier et si cynique, qu’il équivaut à une signature</em>. »
    Il y voit avec lucidité le « <em>commencement de la terreur raciste</em> ». Sa grille de lecture reste cependant avant tout socialiste et il y trouve confirmation dans le fait qu’Hitler s’en
    prend d’abord aux communistes : « <em>Nous avions bien raison d’annoncer qu’en cas de prise de pouvoir par Hitler, la destruction des forces prolétariennes deviendrait l’article unique de son
    programme, le seul en tout cas dont il ne pourrait différer l’exécution.</em> » Il redevient visionnaire quand il annonce qu’Hitler ne s’arrêtera pas là et que les Communistes soviétiques et les
    sociaux démocrates seraient bien avisés de comprendre qu’ils sont aussi ses ennemis.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span></span><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Il veut
    croire encore en la Conférence du désarmement. Dans un article du 16 mars, intitulé tout de même « <em>dernier espoir</em> », il voit dans le plan de Ramsay Mac Donald une possibilité de ranimer
    la flamme. Il n’en démord pas. Si l’on veut que l’Allemagne respecte le traité de Versailles, il faut que ses signataires respectent parallèlement leur obligation de désarmement.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">La question alors est de savoir si l’on peut négocier avec l’Allemagne et l’Italie. Quelle attitude adopter face
    aux dictatures, lorsqu’il s’agit de discuter avec elles de la paix et de la guerre ? Blum y apporte une réponse très moderne dans un article du 14 juin 1933. Il trouve trop courte, et qualifie
    d’équivoque, la formule de Daladier qui déclare que la France ne doit pas s’immiscer dans les affaires des autres peuples. Que les démocraties ne puissent prétendre imposer leur modèle contre la
    souveraineté d’autres Etats, Blum veut bien l’admettre. Mais qu’elles se montrent indifférentes à la nature des régimes dictatoriaux au point de n’en tirer aucune conséquence dans leurs rapports
    avec eux, voilà qui serait une faute tant morale que pratique. Les dictatures ne sont pas des Etats comme les autres. Elles ne peuvent être tenues pour sincères lorsqu’elles professent leur
    attachement à la paix. Blum va plus loin et, annonçant la future Charte universelle des droits de l’Homme, déclare que les Etats qui ne respectent pas les droits fondamentaux de leur population
    se retranchent d’eux-mêmes de la communauté internationale. Il ajoute que l’arme efficace contre les dictatures est le développement et prône, anticipant cette fois une sorte de devoir
    d’ingérence, « <em>l’asphyxie morale</em> » des dictatures par les autres Nations. Mais il ne va pas jusqu’à refuser le dialogue avec elles. Il convient en effet, dans un geste pascalien, de
    donner toutes ses chances à la paix et de ne prendre aucune initiative qui puisse dégénérer en conflit. Pour suspectes qu’elles soient, les initiatives d’une dictatures ne doivent pas être
    rejetées, quitte à les retourner contre la volonté de leurs auteurs. Son argumentation se situe évidemment sur un fil.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Pendant ce temps, la Conférence de désarmement va d’ajournement en ajournement, poussant à bout la patience de
    Léon Blum, qui s’exaspère au nom des masses populaires.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Il pressent, dans un article du 25 juillet 1933, les effets délétères que peuvent avoir les troubles du temps sur
    le mouvement ouvrier, et le risque que certains de ses leaders basculent dans le camp d’un ordre nouveau fondé sur les décombres du passé. Ce ne serait pas d’ailleurs la première fois dans
    l’histoire. Le parti blanquiste s’était bien rallié au boulangisme.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">En octobre 1933, Blum déplore que la session de la Société des Nations s’achève sans une condamnation ferme du
    réarmement de l’Allemagne, du régime hitlérien et de l’agression contre l’Autriche. Il ne reproche pas à la France, trop impliquée dans son contentieux avec Berlin, de ne pas en avoir pris
    l’initiative. Il salue le discours du Ministre des affaires étrangères suédois qui a évoqué les camps de concentration et rappelé son attachement à l’égalité des races et celui du Ministre
    néerlandais demandant que l’organisation vienne au secours des réfugiés allemands. Mais ce n’était pas assez. La SDN n’a pas agit avec la force qu’il fallait contre un régime qui menaçait la paix
    du monde. Blum place de nouveau ses ultimes espoirs dans la Conférence du désarmement.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Il a fait son deuil d’une négociation directe avec l’Allemagne (article du 23 novembre 1933).</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">En janvier 1934, c’est l’Autriche du chancelier Dolfuss qui appelle au secours la société des Nations. Mais, comme
    le note Blum, il est bien tard. La France veut bien le suivre, mais l’Angleterre hésite.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Alors qu’il sent se rapprocher le danger, Blum écrit le 4 août 1934, vingt ans après l’entrée en guerre de la
    France, qui avait suivi de si peu l’assassinat de Jaurès, qu’un peuple est « <em>comptable de la guerre quand il n’a pas lutté constamment et jusqu’au bout pour la paix</em> ». Le pacifisme reste
    une conviction profondément ancrée en lui mais aussi sa marque de fabrique et la raison de son retour en politique.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le 5 janvier 1935, Léon Blum s’indigne de la visite à Rome de Laval : « <em>pour la première fois, un ministre
    français est l’hôte de l’assassin de Matteotti</em> ». Il n’hésite pas à comparer Laval, dont il avait pointé l’opportunisme en janvier 1932 dans le premier article du recueil, à Mussolini :
    mêmes origines, mêmes débuts dans le syndicalisme révolutionnaire, « <em>mêmes procédés pour abréger la route</em> » vers le pouvoir. Seulement Mussolini est allé plus vite. Malgré cela Blum ne
    peut s’empêcher de formuler l’espoir que la rencontre fera avancer la paix… sans compromettre les principes de la République.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">En juin 1935, Blum estime que la faute de la France est de ne pas avoir su saisir au bond une offre de désarmement
    d’Hitler, formulée le 21 mai, et d’avoir laisser l’Allemagne et l’Angleterre conclure une convention navale qui brise le front de Stresa.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Blum justifie son inaltérable pacifisme en invoquant la volonté des travailleurs et des masses populaires. Dans
    l’affaire éthiopienne, il reconnaît qu’en termes de système de gouvernement, le peuple français serait bien en peine de choisir entre le Négus et le Duce. Mais la paix doit être son
    aiguillon.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Fin août 1935, un article intitulé « <em>Est-ce Mussolini ? Est-ce Laval ?</em> » montre jusqu’à quelles
    contradictions son pacifisme le mène. Dans un entretien accordé à un journal anglais Mussolini affirme implicitement que les accords de Rome conclus au Palais Farnèse au début de l’année
    contenaient une clause secrète, par laquelle la France laissait l’Italie libre d’agir en Afrique. Des rumeurs avaient bien couru à ce sujet à l’époque, mais Blum, après les démentis de Laval et
    malgré la méfiance viscérale que lui inspirait le personnage, s’était porté garant devant ses camarades. Pétri de contradictions, il ne veut toujours pas croire qu’il a été trompé et interroge
    publiquement Laval dans cet article.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le pacifisme de Blum est aussi un légalisme. Il croit à la force du droit international et constate amèrement sa
    faiblesse. Toujours à propos de la crise éthiopienne, le 30 août 1935 : « <em>Si la guerre éclate entre deux membres de la S.D.N. sans qu’elle intervienne pour dire le droit, si elle tolère
    l’agression de l’un contre l’autre, si elle couvre la violation la plus flagrante du pacte social, alors elle n’a plus de raison d’être…Et le déshonneur s’ajoute contre elle à la déchéance, si
    elle a violé sa propre loi au profit du plus puissant par lâcheté et bassesse servile devant la force</em>. » Pour Blum le droit international est le dernier rempart contre la guerre : «
    <em>aussi longtemps que les prolétariats vainqueurs n’auront pas établi la paix certaine entre les peuples.</em> »</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le 16 mars 1937 à propos de l’agression japonaise contre la Chine, dans un article intitulé le recul, Blum
    constate l’échec de l’organisation internationale et en rappelle les étapes précédentes : le réarmement de l’Allemagne et, la défaite de la SDN dans l’affaire éthiopienne. Les dangers de l’Europe
    ne permettent plus d’agir en Chine.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Blum parle peu de la guerre d’Espagne. Il espère que l’entente franco-britannique sauvera la
    Tchécoslovaquie.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">A propos de la sociologie du vote dans les Sudètes, il emploi le mot « <em>social-démocrates</em> », sans mettre
    le premier adjectif au pluriel. Est-ce une erreur, le signe d’une distance ou un usage passé de mode ?</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Chamberlain pactise avec Hitler et la France laisse faire. On évitera peut-être ainsi la guerre, croit l’époque,
    mais Blum sent bien que c’est une faute. « <em>La guerre est probablement écartée. Mais dans des conditions telles que moi, qui n’ai cessé de lutter pour la paix, qui depuis bien des années lui
    avais fait d’avance le sacrifice de ma vie, je n’en puis éprouver de joie et que je me sens partagé entre un lâche soulagement et la honte.</em> » Rien à redire sur cette analyse du 20 septembre
    1938, sauf que Blum reste encore trop optimiste. La paix n’est qu’en sursis.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Dans un discours prononcé le 27 décembre 1938 devant le congrès national extraordinaire du parti socialiste, Blum
    se justifie avec courage d’avoir changé de position, alors qu’on lui reproche implicitement de renoncer au pacifisme en raison de ses origines juives : « <em>pourquoi penserais-je aujourd’hui
    autrement qu’hier ? Est-il dans l’esprit de personne que dans mon jugement, je serais influencé par les persécutions antisémitiques (anglicisme de l’édition canadienne) d’Allemagne ? Cela je ne
    le dis pas pour vous… mais pour d’autres. …Le système de pensée traduit par ma motion, je ne l’ai présenté ni à cause d’une manière de sentir personnelle, ni à cause d’une révolution soudaine qui
    se serait accomplie dans mes convictions.</em> » Et il déroule son analyse : la paix n’a pu être imposée ni par l’action du prolétariat international ni par la société des Nations. Il faut
    affronter la réalité. L’Europe est confrontée à une Allemagne réarmée et les accords de Munich lui ont permis de vassaliser la Tchécoslovaquie. En laissant l’Allemagne libre d’agir en Europe
    centrale et orientale, « <em>vous croyez-vous sûrs qu’ensuite elle ne retournera pas contre vous plus forte ?</em> »</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Mais que faire ? Blum défend la signature de pactes d’assistance mutuelle comme moyens pour les démocraties de
    protéger entre elles des agressions des dictatures totalitaires (il emploie le mot) en l’absence de système de sécurité collective. Il répliquera d’ailleurs en ce sens à Déat sur la question de
    Dantzig dans un article du 17 juillet 1939 intitulé « <em>aujourd’hui pas d’autre choix</em> ».</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">28 février 1939. La France et la Grande-Bretagne ont reconnu Franco. Blum s’en indigne, avec peut-être le remord
    de ne pas avoir davantage agi en faveur du gouvernement légitime lorsque lui-même était au pouvoir : « <em>pourquoi ont-elles administré le coup de grâce au gouvernement républicain ; pourquoi
    ont-elles brisé dans ses mains la possibilité d’une résistance, qu’elles n’avait pas le droit d’encourager, j’en conviens, mais qu’elles avaient encore moins le droit de trahir.</em> » Ce passage
    trahit bien lui les déchirements et les regrets de Blum. Le « <em>j’en conviens</em> » est une forme d’auto-justification de son renoncement. Le terme « <em>trahir</em> » renvoie à ses propres
    tourments. Le balancement de la phrase illustre le dilemme et l’impossibilité du choix.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Dans un article du 5 mai 1939, consacré au départ de Litvinov qui était chargé des négociations avec l’Angleterre,
    Blum s’interroge sur l’évolution de la position soviétique et se trompe tragiquement : « <em>Je ne crois pas qu’il soit possible à Hitler de renoncer à ses mots d’ordre de guerre contre le
    communisme, de destruction du communisme. Je ne crois pas qu’il soit possible au chef et aux dirigeants de la Russie soviétique de se méprendre sur les directions et les buts de l’entreprise
    hitlérienne. Je ne crois pas qu’il leur soit possible d’accepter l’élimination ou l’asservissement des Etats qui séparent d’eux l’Allemagne hitlérienne</em> ». Blum, pas plus qu’un autre, n’a vu
    que des considérations tactiques pouvaient, au moins provisoirement, prendre le pas, pour les dictatures totalitaires, sur des considérations stratégiques.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le 23 août 1939 Blum est bouleversé par la signature du pacte germano-soviétique : « <em>J’essaierais vainement de
    dissimuler ma stupeur</em>. » Il n’en comprend pas moins rapidement sa portée et ses motivations, au moins pour Hitler « <em>Il juge sans doute que désormais l’axe peut envisager la guerre avec
    plus de confiance.</em> » … avant de nuancer avec moins de pertinence : « <em>Ou plutôt, il espère que l’Axe va se retrouver en état, comme il y a un an, de d’imposer sa volonté sans guerre</em>.
    » Les raisons de la Russie soviétique demeurent pour lui indéchiffrables. Quoi qu’il en soit Blum réalise que le pacte crée une situation entièrement nouvelle et met en danger les pays d’Europe
    centrale et orientale. Il espère cependant, incurable optimiste, qu’Hitler saura s’en tenir à son avantage et que les démocraties resteront fermes. « <em>L’union et la calme détermination des
    grandes démocraties occidentales peuvent seules préserver la paix</em>. »</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le 7 septembre, alors que la France et l’Angleterre sont engagées dans la guerre pour répondre à l’agression
    d’Hitler contre la Pologne, Blum s’en prend au reste des Etats d’Europe dont la neutralité est « <em>un des signes les plus frappants et les plus alarmants de cette régression humaine qu’ont
    déterminé peu à peu la contagion des dictatures, le vertige de la peur, l’accoutumance et l’endurcissement devant les méfaits de la barbarie.</em> »</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Les espoirs auxquels Blum se raccroche dans cette période noire sont le soutien des Etats-Unis et la dignité des
    peuples qui ne veulent pas mourir. Il rend hommage en particulier, dans un article du 31 octobre 1939, intitulé « <em>ce qui ne meurt pas</em> » au peuple tchèque célébrant sa fête nationale sous
    les balles des policiers allemands. Il voit aussi le salut du continent dans l’organisation de l’Europe, qu’il décrit avec beaucoup de vision, jusqu’à utiliser le mot de fédération, reposant sur
    les Etats nations : « <em>La condition, le moyen, la forme d’une telle paix est la construction d’un corps européen assez vigoureux, disposant d’instruments de justice et, le cas échéant,
    d’instruments de contrainte assez puissants pour protéger la coopération économique des nations désarmées, et garantir la solution amiable des litiges qui peuvent les opposer l’une à l’autres.
    Mais ils ne doivent jamais oublier que le support nécessaire de cette « fédération européenne » restera la permanence et l’indépendance des nations</em>. »<br></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 19 Feb 2012 09:08:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">0155730681bbb344bab8df29dcf28414</guid>
                <category>Les grands enseignements de l'Histoire</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-avez-vous-lu-l-histoire-jugera-de-leon-blum--37361249-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La folie de Hitler était très méthodique (Propos recueillis par François-Guillaume Lorrain pour Le Point - août 2009) - nouvelle édition -]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-la-folie-de-hitler-etait-tres-methodique--propos-recueillis-par-fran-ois-guillaume-lorrain-pour-le-point---aout-2009--37344199.html</link>        <description><![CDATA[<p style=
  "margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-weight: normal;">Dans «</span> <em>Choix fatidiques, dix décisions qui ont changé le monde, (1940-1941)</em> <span style=
    "font-weight: normal;">» *, l'historien anglais Ian Kershaw, auteur de la biographie de référence de Hitler, analyse les hésitations de Churchill, Staline, Roosevelt ou Hitler.
    Vertigineux</span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;">
    <div style="text-align: justify;">
      <h2 style=
      "margin-top: 10px; margin-right: 10px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal bold 13px/normal Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; color: #333333; padding: 0px;">
      <span style="font-family: times new roman,times;">Le Point : Pourquoi avoir choisi d'étudier dix décisions prises par Hitler, Staline, Roosevelt, Churchill, l'amiral Tojo, entre mai 1940 et
      décembre 1941 ?</span>
      </h2>
    </div>
  </div>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;"><strong>Ian Kershaw :</strong>&nbsp;En examinant le cours de la Seconde Guerre mondiale, j'ai remarqué qu'on avait tendance à croire son
  déroulement inéluctable. Il me semble au contraire que tout dépend d'une série de décisions prises en 1940 et en 1941, qui ont déterminé la suite du conflit. J'ai donc étudié dans quelles
  circonstances sont prises ces décisions, et pourquoi des solutions alternatives, envisagées à l'époque, ont finalement été rejetées.</span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;"><strong>On apprend que, sans Churchill, qui venait d'être nommé Premier ministre, l'Angleterre aurait certainement, entre le 25 et le 28 mai,
  demandé une paix séparée avec l'Allemagne. Qu'est-ce qui incite Churchill à continuer la lutte ?</strong></span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;">Le 25 mai, le corps expéditionnaire anglais est bloqué dans la poche de Dunkerque, l'Angleterre court à la catastrophe. Mais Churchill comprend
  que, s'il s'assoit à la table des négociations, il va devoir se plier aux conditions allemandes. Cette paix serait presque synonyme de capitulation, ce qui aurait pour effet de balayer les valeurs
  pour lesquelles se bat la Grande-Bretagne. Dès lors, continuer la lutte, même en prenant le risque d'être battu, lui semble forcément une meilleure solution. Il se dit aussi qu'une telle attitude
  fera du bien au moral des Anglais. Par ailleurs, il espère que les Américains vont finir par venir à leur secours.</span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;"><strong>Dès l'automne 1940, Hitler décide d'attaquer le colosse soviétique. Une folie, selon certains de ses officiers, mais une décision
  inévitable et logique, selon vous...</strong></span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;">Certains généraux nourrissent des craintes, en effet, mais une partie des officiers croit à une victoire rapide sur l'URSS, qui vient militairement
  de montrer ses limites lors de la « Guerre d'hiver » contre la Finlande. Cette attaque est la suite logique des obsessions idéologiques de Hitler, qui l'habitent depuis les années 20. Mais ce que
  j'essaie de montrer, c'est que cette invasion de l'URSS a des raisons stratégiques. Hitler n'arrive pas à terminer la guerre à l'Ouest, or, il a besoin de régner entièrement sur l'Europe avant que
  les Etats-Unis n'aient le temps d'entrer dans le conflit. S'il réussit rapidement à mettre à genoux l'URSS, l'Angleterre acceptera de négocier à ses conditions, ce qui obligera les Etats-Unis à
  rester à l'écart de cette guerre. On a souvent dit que cette invasion était une énorme erreur, mais, sur le papier, c'est une décision qui se comprend, qui a du sens.</span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;"><strong>Le 26 octobre 1940, Mussolini déclare la guerre à la Grèce, une décision qu'il prend contre l'avis de son allié allemand. Pourquoi ne
  tient-il pas compte de cette opposition et quelles sont les conséquences de ce choix ?</strong></span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;">Mussolini veut avoir son empire à lui en Méditerranée. Il en a assez de jouer les seconds couteaux avec Hitler, qui, sans l'en informer, vient
  d'envoyer ses troupes en Roumanie, pays supposé relever de la zone d'influence italienne. Le Duce se sent humilié et croit tenir, avec l'invasion de la Grèce, une façon d'affirmer son indépendance.
  La campagne est un fiasco et oblige les Allemands, qui prennent le relais des Italiens en Grèce, à retarder d'un mois l'invasion de l'URSS. En retirant ses forces en Egypte, Mussolini laisse le
  champ libre aux Anglais. L'invasion de la Grèce marqua aussi le début de la fin pour Mussolini. Voilà où mène l'orgueil.</span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;"><strong>Le 11 mars 1941, Roosevelt signe la loi du prêt-bail qui permet d'aider économiquement la Grande-Bretagne (mais aussi l'URSS) contre
  l'Allemagne. Avait-il le choix d'une autre décision qui le mène vers une guerre avec l'Allemagne ?</strong></span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;">En mars 1941, il existe encore un lobby très puissant, qui le pousse à se tenir à l'écart de la guerre en Europe. Roosevelt est comme un funambule
  qui avance sur la corde raide, entre isolationnistes et interventionnistes. Il aurait pu être davantage isolationniste, mais il a compris depuis longtemps que l'Allemagne-plus que le Japon-menace
  les intérêts américains : il cherche donc des solutions pour aider la Grande-Bretagne (et l'URSS). Le prêt-bail est une idée à lui pour contourner le Congrès et les contraintes constitutionnelles,
  qui cadenassent l'aide américaine à un pays en guerre.</span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;"><strong>Quand Hitler attaque l'URSS, Staline reste sans voix. Tout laissait deviner pourtant cette attaque à laquelle il a toujours refusé de
  croire. Comment s'explique cet entêtement ?</strong></span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;">Sa nature paranoïaque l'incite, paradoxalement, à se méfier de ses services de renseignement et des messages qu'ils lui fournissent. Il décide de
  les interpréter comme une désinformation pratiquée par l'Ouest qui chercherait à fomenter une guerre entre l'Allemagne et l'URSS. Staline n'imagine pas que Hitler pourrait ouvrir un front à l'Est
  alors que la guerre à l'Ouest n'est pas achevée. Il pense que les besoins allemands sont économiques, il s'attend donc à un ultimatum où l'Allemagne demandera des terres et des matières premières.
  Finalement, il va commencer à se douter que l'Allemagne finira par attaquer, mais il croit pouvoir retarder l'échéance en satisfaisant ses exigences économiques. Comme il sait que l'Armée rouge ne
  sera pas prête avant 1942, il se met dans la tête que l'Allemagne n'attaquera pas avant cette date-là.</span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;"><strong>Le 7 décembre 1941, le Japon lance ses avions sur Pearl Harbor. Les dirigeants japonais savent qu'ils vont au-devant d'une défaite. Et
  pourtant, ils attaquent le géant américain...</strong></span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;">De leur point de vue, ils n'ont pas d'autre option. Les Américains, qui font obstruction à leur volonté d'expansion en Chine et en Extrême-Orient,
  ont décidé de bloquer le ravitaillement du Japon en pétrole. Sans ces ressources et sans la mainmise sur le pétrole indonésien, sur lequel l'Amérique met l'embargo, l'avenir du Japon semble
  condamné à terme. Pour ses dirigeants, le Japon est face à une alternative : ou bien il se soumet pour toujours à l'hégémonie américaine, ou bien il détruit les Etats-Unis. Ils sont bien conscients
  que cette destruction est risquée, mais ce risque leur semble préférable à l'acceptation humiliante du joug américain.</span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;"><strong>Quelques jours plus tard, alors que Hitler a, durant toute l'année 1941, évité de provoquer les Etats-Unis, il déclare la guerre à ce pays.
  Pourquoi une volte-face si périlleuse ?</strong></span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;">Pour Hitler, la manoeuvre a sa logique. Les Etats-Unis, qui ravitaillent la Grande-Bretagne, sont déjà plus ou moins engagés dans la guerre. A
  l'automne 1941, Roosevelt est allé jusqu'à parler d'une « guerre non déclarée » avec l'Allemagne, lorsque des incidents se multiplient près de l'Islande entre les navires de guerre américains et
  les sous-marins allemands. Hitler a tenu en laisse la marine allemande, car sa priorité, c'est la conquête de l'Est soviétique. Mais quand le Japon attaque Pearl Harbor, il n'hésite pas à exploiter
  ce qu'il considère comme une occasion providentielle. Il pense que le Japon va immobiliser les Etats-Unis dans le Pacifique. C'est donc le moment de lâcher ses sous-marins pour remporter la
  bataille de l'Atlantique, ce qui permettra du coup de couper le cordon entre l'Amérique et l'Angleterre. Selon lui, il peut encore gagner la guerre en Europe, puis se retourner, en position de
  force, vers des Etats-Unis affaiblis par la guerre avec le Japon. Sa folie avait quelque chose de très méthodique.</span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;"><strong>A la fin de l'automne 1941, Hitler met en place les conditions pour une extermination des juifs, alors qu'il n'était question jusque-là que
  de déportation. Pourquoi cette radicalisation ?</strong></span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;">Pour Hitler, la destruction des juifs est un objectif de guerre. Mais il n'existe pas de plan concret ou cohérent sur la façon de procéder. Cette
  destruction n'est cependant pas un objectif mineur, elle tient une place essentielle dans l'effort de guerre. La déportation porte en soi le germe du génocide et il est d'abord question d'une
  déportation dans les contrées glacées de l'URSS, car l'on compte encore sur une victoire rapide à l'Est. Les meurtres massifs de juifs commencent en août 1941, avec l'invasion de l'URSS : on se met
  à tuer des femmes et des enfants par dizaines de milliers, mais, la guerre s'éternisant, les nazis sont obligés de trouver une solution de repli pour la déportation des juifs. On conçoit de
  nouvelles méthodes pour tuer et l'on déplace la zone choisie de l'URSS vers la Pologne.</span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;"><strong>Si l'on fait le bilan de toutes ces décisions, pensez-vous qu'elles auraient pu être différentes et quelles conséquences ont-elles eues,
  globalement, sur le cours de la guerre ?</strong></span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;">Ces choix étaient loin d'être automatiques. La Grande-Bretagne a délibéré (délibérations tenues secrètes, bien sûr) pendant trois jours avant de
  décider de ne pas demander la paix. Si tel avait été le cas, Hitler aurait pu attaquer l'URSS en sachant que la guerre était gagnée à l'Ouest. Si la Grande-Bretagne était sortie du conflit,
  l'Amérique aurait très bien pu décider de rester dans son coin. Mussolini n'était pas obligé d'entraîner l'Italie dans le fiasco grec, qui a sérieusement compromis la position de l'Axe en Afrique
  du Nord. En sauvant les meubles dans sa guerre funeste avec la Chine, qui était la pierre d'achoppement pour un rapprochement avec l'Amérique, le Japon aurait évité Pearl Harbor. Poser comme
  postulat ces autres possibilités suffit à montrer que les décisions finalement prises ont chacune déterminé le cours du conflit.</span>
  </p>
  <p style=
  "text-align: justify; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; text-decoration: none; font: normal normal normal 13px/19px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; padding: 0px;">
  <span style="font-family: times new roman,times;">* Traduit de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat (Seuil, 800 p., 26 E). En librairie le 20 août.<br>
    &nbsp;</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 19 Feb 2012 08:26:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3bbc8c9fc3e0469e5031654acc0edd4d</guid>
                <category>Les grands enseignements de l'Histoire</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-la-folie-de-hitler-etait-tres-methodique--propos-recueillis-par-fran-ois-guillaume-lorrain-pour-le-point---aout-2009--37344199-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Campagne de Russie (1812)]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-campagne-de-russie-1812-96263456.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">La campagne de Russie de 1812 est une campagne militaire menée par l'empereur Napoléon Ier. Après avoir conquis presque toute
    l'Europe, Napoléon entreprend de conquérir la Russie du tsar Alexandre Ier. Même si, jusqu'à la prise de Moscou, l'avantage est aux forces napoléoniennes, le prince russe Mikhaïl Koutouzov,
    général en chef d'une armée impériale russe inférieure en nombre au début de l'invasion, parvient à relever le moral de l'armée russe et à l'encourager à mener une contre offensive, en organisant
    le harcèlement de la Grande Armée lors de la retraite française. Mais les maladies et l'hiver, et dans une moindre mesure les soldats russes, sont responsables de la défaite de Napoléon en
    Russie.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Les guerres napoléoniennes ont profondément marqué la culture russe. La campagne de Russie a été relatée par Léon Tolstoï dans
    son célèbre roman historique Guerre et Paix, ainsi qu'évoquée par Piotr Ilitch Tchaïkovski dans son Ouverture 1812. Durant la Seconde Guerre mondiale, l'invasion de l'Union soviétique a été mise
    en parallèle avec la campagne de Russie.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Source : <a href=
    "http://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_de_Russie_(1812">http://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_de_Russie_(1812</a>)</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 20 Jan 2012 07:37:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">84a70e728f69a6cb8f4e1bbe79a9360e</guid>
                <category>Les grands enseignements de l'Histoire</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-campagne-de-russie-1812-96263456-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Essai sur la chute du système soviétique, par Paul Tréhin (Blog de Paul Jorion)]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-essai-sur-la-chute-du-systeme-sovietique-par-paul-trehin-blog-de-paul-jorion-92442049.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;"><strong>Essai&nbsp;sur la chute du système soviétique à la fin du siècle dernier et les désorganisations similaires à craindre
    pour les régimes capitalistes de marché, avec à peu près les mêmes raisons, au courant de ce siècle…</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Et si la chute des systèmes soviétiques planifiés était en fait analysable selon le matérialisme historique marxiste&nbsp;? Et
    si cela devait arriver également bientôt&nbsp;aux pays occidentaux ?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">La chute du système soviétique ne pourrait-elle pas être attribuée en partie au moins à des facteurs que la théorie marxiste
    avait envisagés&nbsp;: ce sont les évolutions des infrastructures, entre autres technologiques, d’un côté et la cupidité des dirigeants privés et publics de l’autre, qui conduisent à des
    révolutions. Analyse qui avait été inspirée à Marx, entre autre, par les situations catastrophiques qu’il avait pu observer lors de la révolution industrielle en Angleterre. Or des changements
    technologiques profonds ont affecté l’Union soviétique et ses satellites au milieu du siècle dernier&nbsp;: débuts de l’informatique, diversification des besoins apportée par la diffusion de
    l’information par des médias nouveaux à l’époque (radio et télévision). Les pays occidentaux vivent actuellement le même genre de changements technologiques amplifiés par les avancées techniques
    des équipements numériques… Les mêmes causes ne pourraient–elles pas provoquer les mêmes effets&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;"><span id="more-18053">&nbsp;</span>Dans le cas de la chute en série des systèmes à économie planifiée vers la fin du
    XX<sup>ème</sup> siècle, on retrouve des facteurs similaires à ceux de la révolution industrielle&nbsp;: un changement rapide et considérable des technologies modifiant radicalement, dès 1960,
    environ une trentaine d’années avant la chute, les rapports entre les facteurs de production capital et travail (dans le cas des systèmes soviétiques, il s’agissait d’un capital d’État) et par
    ailleurs l’absence de redistribution à l’ensemble de la société des gains de productivité réalisés suite à cette modification des rapports entre facteurs de production.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">On doit aussi mentionner l’incapacité technique du système soviétique à s’adapter à l’évolution technologique&nbsp;: les plans
    ne permettaient de calculer des quantités de produits intermédiaires nécessaires à satisfaire une demande finale simplement estimée que si les coefficients d’échanges interindustriels restaient
    relativement stables, comme c’était le cas dans l’économie née de la révolution industrielle et aux débuts de la planification soviétique. Or avec les évolutions technologiques, ces coefficients
    d’échanges interindustriels variaient bien trop rapidement pour que les modèles de prévision à la base des plans quinquennaux puissent être adaptés suffisamment vite.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Il faut rajouter à cette difficulté de planification l’apparition de nouveaux médias de communication publique massive comme la
    presse, la radio et la télévision, même sévèrement contrôlés par l’état, et qui allaient changer très fortement les attentes des membres de la société en matière de consommation, rendant de fait
    l’estimation de la demande finale encore plus incertaine. Créant ainsi un appétit pour des biens jusqu’alors considérés comme les avatars du système capitaliste&nbsp;: l’automobile, le
    réfrigérateur, etc.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">On peut noter que le phénomène «&nbsp;médias&nbsp;» n’a pas touché que les pays soviétiques, l’apparition de ces différents
    supports et leur pénétration envahissante dans la population en Occident a aussi joué un rôle sur les perturbations de l’économie de marché, les décisions des consommateurs étant de plus en plus
    influencées par des campagnes publicitaires et des effets de modes généralisés à des pays tout entiers ou à des comportements d’appartenance à des groupes sociaux-culturels (voir les travaux de
    Vance Packard «&nbsp;La persuasion clandestine&nbsp;», et aussi «&nbsp;Les Obsédés du standing&nbsp;» ou les travaux de Katz et Lazarfeld sur le rôle des «&nbsp;leaders d’opinion&nbsp;» rendus
    possibles par l’explosion de la disponibilité des médias). Ces phénomènes nouveaux éloignent encore plus l’hypothèse de rationalité économique des agents économiques, tant gestionnaires que
    consommateurs. N’oublions pas que la pénétration de la télévision dans les foyers américains puis dans ceux de l’OCDE a été encore plus rapide et a sans doute encore plus influencé les
    comportements sociaux que la pénétration d’internet.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Pour revenir à l’hypothèse sur la chute des économies régies par des systèmes soviétiques, une seconde cause est probablement
    l’absence de politiques sociales réellement modernes dans ces pays. Car il ne faut pas se leurrer, ce ne sont pas les campagnes de propagande politiques des dirigeants occidentaux&nbsp;tels que
    Margaret Thatcher ou Ronald Reagan, qui ont mis les populations des anciens pays de l’Est dans les rues… Mais c’est bien l’incapacité des dirigeants des pays de l’Est à assurer une redistribution
    équitable des richesses produites dans leurs pays respectifs, richesses dont les apparatchiks s’étaient emparés tout autant que le font encore les grands dirigeants privés ou publics dans les
    pays de l’OCDE, laissant les couches modestes de la population à un niveau de survivance que Marx avait appelé «&nbsp;niveau de maintien de la force de travail&nbsp;», dont il pensait que ce
    serait principalement le fait des industriels capitalistes. Notons qu’avec l’automatisation de plus en plus poussée des processus de production, les entrepreneurs n’ont même plus à se préoccuper
    du maintien de la force de travail par un salaire minimal de subsistance, le travail étant de plus en plus exécuté par des machines entièrement automatisées…&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Les dirigeants soviétiques et la nomenklatura n’ont pas fait autrement avec leurs villas de luxe au bord de la mer Noire et
    leurs limousines démesurées, leurs datchas dans la banlieue de Moscou et autres dépenses de luxe… Il faut se rappeler que Staline admirait le productivisme tayloriste ainsi que le fordisme.
    Fordisme dont les systèmes soviétiques n’ont pris que la version rationalisation des tâches industrielles et pas l’idée d’un accroissement des revenus du travail pour susciter un accroissement de
    la demande de biens de consommation.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Ce processus pourrait bien se reproduire dans les économies occidentales…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Soyons attentifs à ce que les mêmes causes ne provoquent les mêmes effets, cette fois dans les régimes capitalistes,
    désorganisés face aux changements technologiques et incapables d’assurer une répartition équitable des richesses créées, ce qui ne pourra à terme que susciter des désordres sociaux, désordres qui
    ne serviront ni les intérêts des salariés et des individus en situation de vulnérabilité sociale, ni les intérêts des entreprises. En effet, nos économies de marché sont incapables de gérer les
    changements technologiques trop rapides pour que le marché ait le temps de réagir ou que des réglementations étatiques puissent être conçues avant qu’une nouvelle évolution technologique ne
    vienne supplanter ou dépasser la précédente. Par ailleurs, il faut dire que ce ne sont pas les évolutions technologiques qui créent les révolutions mais bien la cupidité des dirigeants qui ne
    veulent pas partager les gains de productivité qu’elles ont permis. Quand je parle de gains de productivité et de création de richesse, fût-ce même au sens restrictif et abusif du PIB, on me pose
    souvent la question «&nbsp;Mais où sont passés ces gains de productivité du travail et les richesses qu’ils ont générés&nbsp;?&nbsp;» A mon avis, ils ne sont pas tous allés vers la rente du
    capital comme voudraient le faire croire certaines analyses un peu trop simplistes.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">En fait, dans une économie de marché dominée par le court terme, les dirigeants des entreprises ont préféré utiliser ces gains
    de productivité pour gagner un avantage compétitif par la baisse mutuellement suicidaire des prix, au lieu d’envisager d’autres moyens d’accroitre leur compétitivité, par exemple en utilisant les
    gains de productivité du travail pour réutiliser les forces ainsi libérées à une amélioration des produits et des services qui les accompagnent. Mais comme il s’agissait là de bénéfices à plus
    long terme, les financiers, souvent à la tête des entreprises, n’ont pas voulu de ce genre de solution, leur préférant des solutions à plus court terme et plus porteuses de bénéfices immédiats et
    moins risquées que des investissements dans des méthodes et des produits dont les bénéfices hypothétiques leur semblaient trop risqués…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Il est clair que dans la mesure où les financiers considèrent le plus souvent les salaires uniquement comme des coûts et non
    comme des investissements productifs, réduire la masse salariale est à leur sens une source immédiate de bénéfices, quand bien même les dirigeants des entreprises se verraient obligés d’utiliser
    les services d’entreprises de travail par intérim plus coûteux, mais pour les financiers, ce genre de dépense entre dans une autre ligne comptable que les salaires. Chassez la bureaucratie par la
    porte, elle revient par la fenêtre !</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Les financiers ne voient pas non plus la différence entre les compétences intrinsèques de leurs propres salariés, connaissant
    parfaitement leur métier et sachant l’appliquer au produits de l’entreprise où ils travaillent et les compétences externalisées, forcément moins spécialisées et connaissant moins les produits et
    les méthodes de l’entreprise. Exemple, de décision comptable&nbsp;typiquement bureaucratique dans une même entreprise : un laboratoire L1 développe des produits de très haute technologie et
    manque de programmeurs, au vu des livres comptables, le laboratoire L2 dispose lui d’un excédent de programmeurs. Décision financière&nbsp;: transférons les programmeurs en excès dans le
    laboratoire L2 vers le laboratoire L1, où il en manque. Petit problème non perçu à travers les livres comptables, la technicité de la programmation dans le laboratoire L1 est hors de portée des
    compétences des programmeurs du laboratoire L2 qui travaillaient dans un domaine de programmation nettement moins technique que ceux du laboratoire L1, sans compter que les programmeurs en excès
    dans le laboratoire L2 et leurs familles n’avaient aucune motivation pour être délocalisés dans la région du laboratoire L1 où l’agrément de vie était au moins à leurs yeux bien moindre&nbsp;:
    climat plus continental, éloignement de l’océan, etc. Donc assez peu ont accepté l’offre qui leur était faite.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">D’une certaine manière la vision financière et comptable n’est finalement pas tellement éloignée de la vision étatique fondée
    sur des plans bureaucratiques&nbsp;incapables de rester en contact avec la réalité du terrain. Il reste que tant dans les cas des régimes soviétiques que dans le cas de l’économie de marché, les
    gains de productivité horaires du travail n’ont pas été utilisés à une répartition plus équitable des richesses dégagées. Dans les pays régis par l’économie de marché, bien que l’accaparement des
    gains par des minorités influentes ait aussi existé, c’est probablement plus dans la guerre des prix suicidaire à laquelle se sont livrées les entreprises, y compris et sans doute surtout au
    niveau international, que dans la cupidité des plus riches qu’ont disparu les richesses créées par les gains de productivité occasionnés par les progrès technologiques. Guerre des prix qui a
    entrainé des baisses de revenus et des mises au chômage et encore moins de demande d’où d’autres baisses de revenus entrainant encore plus de mises au chômage car les prix devaient baisser
    davantage. Remarquons que nous-mêmes en tant que consommateurs sommes tombés dans le panneau en cherchant les prix les plus bas et en jouant ainsi le jeu de la concurrence suicidaire des
    entreprises… Le résultat risque bien d’être un accroissement de l’insatisfaction des populations qui, espérons-le, n’aboutira pas à des révoltes dont ni les dirigeants ni les membres de base de
    la société n’auraient rien à gagner.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Source : Blog de <em><strong>Paul Jorion</strong></em> (http://www.pauljorion.com/blog/?p=18053)</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 15 Dec 2011 18:41:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c0ff718100355fbf6be60e38fcabc799</guid>
                <category>Les grands enseignements de l'Histoire</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-essai-sur-la-chute-du-systeme-sovietique-par-paul-trehin-blog-de-paul-jorion-92442049-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Echanges entre Colbert et Mazarin sur la dette publique, par Antoine Rault (Le Diable rouge)]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-echanges-entre-colbert-et-mazarin-sur-la-dette-publique-par-antoine-rault-le-diable-rouge-92134398.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 3pt; text-align: justify;">
    <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Au sommet de son pouvoir mais à la fin de sa vie, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Mazarin"
    target="_self"><strong>le cardinal</strong></a></span> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Mazarin" target="_self"><strong><span style=
    "font-family: Times New Roman;">Mazarin</span></strong></a> <span style="font-family: Times New Roman;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Mazarin" target=
    "_self"><strong>achève</strong></a> l'éducation du jeune</span> <span style="font-family: Times New Roman;">roi Louis XIV</span><span style="font-family: Times New Roman;">, sous le regard de la
    reine-mère</span> <span style="font-family: Times New Roman;">Anne d'Autriche</span> <span style="font-family: Times New Roman;">et d'un</span> <span style=
    "font-family: Times New Roman;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Colbert" target="_self">Colbert</a></span> <span style="font-family: Times New Roman;">qui attend son heure.
    Tous ces personnages, leurs calculs et leurs rivalités ne sont pas sans rappeler les</span> <span style="font-family: Times New Roman;">jeux</span> <span style="font-family: Times New Roman;">du
    pouvoir et ces liens étroits entre</span> <span style="font-family: Times New Roman;">affaires publiques</span> <span style="font-family: Times New Roman;">et vie privée dont nous sommes témoins
    aujourd'hui sur la scène</span> <span style="font-family: Times New Roman;">politique</span><span style="font-family: Times New Roman;">. Tant il est vrai que les</span> <span style=
    "font-family: Times New Roman;">régimes</span> <span style="font-family: Times New Roman;">changent mais que les motivations des</span> <span style="font-family: Times New Roman;">hommes
    restent</span> <span style="font-family: Times New Roman;">les mêmes...et dans la lumière de l'actualité avec ce passage entre Colbert et Mazarin sur la dette publique</span><span style=
    "font-family: Georgia;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 3pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-family: Georgia; font-size: 14pt;"><span style="font-family: Georgia;"><a href="http://www.dailymotion.com/swf/x7esv5" target="_self">Colbert &nbsp;et Mazarin sur la dette
    publique</a></span>&nbsp;</span> <strong>cliquer</strong> &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Colbert&nbsp;: Pour trouver de l'argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J'aimerais que Monsieur le
    surintendant m'explique comment on s'y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu'au cou…</span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Mazarin&nbsp;: Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu'on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l'Etat…
    L'Etat, lui, c'est différent. On ne peut pas jeter l'Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette&nbsp;! Tous les Etats font ça.</span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Colbert&nbsp;: Ah oui&nbsp;? Vous croyez&nbsp;? Cependant, il nous faut de l'argent. Et comment en trouver quand on a déjà
    créé tous les impôts imaginables&nbsp;?</span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Mazarin&nbsp;: On en crée d'autres.</span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Colbert&nbsp;: Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu'ils ne le sont déjà.</span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Mazarin&nbsp;: Oui, c'est impossible.</span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Colbert&nbsp;: Alors, les riches&nbsp;?</span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Mazarin&nbsp;: Les riches non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des cen­taines de
    pauvres.</span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Colbert&nbsp;: Alors, comment fait-on&nbsp;?</span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Mazarin&nbsp;: Colbert, tu raisonnes comme un fromage&nbsp;! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres ni
    riches… Des Français qui travaillent, rêvant d'être riches et redoutant d'être pauvres&nbsp;! C'est ceux-là que nous allons taxer, encore plus, toujours plus&nbsp;! Ceux-là&nbsp;! Plus tu leur
    prends, plus ils travaillent pour compenser… C'est un réservoir inépuisable.&nbsp;»</span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Source :
    http://www.etudes-fiscales-internationales.com/archive/2010/10/29/du-theatre-fiscal-le-diable-rouge.html?utm_medium=email&amp;utm_campaign=Report+des+d%C3%A9ficits%3A+les+nlles+r%C3%A8gles+...&amp;utm_source=YMLP&amp;utm_term=</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Poue en savoir plus sur <strong>Antoine Rault</strong>, l'auteur du " <em><strong>Diable rouge</strong></em> " :
    http://www.lefigaro.fr/theatre/2009/04/28/03003-20090428ARTFIG00362-antoine-rault-de-la-politique-a-la-scene-.php</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 15pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><br></span></em>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 12 Dec 2011 09:57:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4ae23f73e6614c5a2a926487f496fabd</guid>
                <category>Les grands enseignements de l'Histoire</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-echanges-entre-colbert-et-mazarin-sur-la-dette-publique-par-antoine-rault-le-diable-rouge-92134398-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[DINER AT JEFFERSON'S (ou comment les Etats-Unis créèrent la dette publique fédérale)]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-diner-at-jefferson-s-ou-comment-les-etats-unis-creerent-la-dette-publique-federale-47918936.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Il est 15.00 à New York (siège provisoire du Congrès) ce 20 juin 1790.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Dans sa résidence de Maiden Lane , Thomas Jefferson (Secretary of State&nbsp; ) choisit les vins -français- qu'il
    offrira à ses convives pour le dîner&nbsp; le plus fameux de l'histoire de la fédération américaine.<br>
    A 16.00 précises se présentent ses deux seuls invités : James Madison&nbsp;("floor leader" du parti démocrate-républicain du Congrès) et Alexander&nbsp; Hamilton ( Secretary of the
    Treasury).<br></span></span><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">L'invitation avait été lancée la veille lors d'une brève rencontre inopinée entre
    Jefferson et Hamilton devant la résidence du Président George Washington sur Broadway - rencontre ainsi relatée par Jefferson : " <em>Going to the President's , I met Hamilton as I approached the
    door.&nbsp;His look was somber , haggard ...He asked to speak with me ... We stood in the street near the door. He opened the subject of the assumption of the States debt , the necessity of it in
    the general fiscal arrangement and its indispensable necessity towards the preservation of the Union ...</em> "</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Les trois hommes savaient pertinemment sur quels sujets - apparemment sans liens l'un avec l'autre - allait porter
    leur conversation :<br>
    &nbsp; - l'autorisation par le Congrès de la prise en charge des dettes des Etats par le nouveau Gouvernement fédéral ("the assumption plan"),<br>
    &nbsp;&nbsp; - le choix du siège définitif de la capitale fédérale.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Sur le deuxième sujet, Thomas Jefferson et James Madison sont les demandeurs.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Depuis l'indépendance (1776) le siège du Gouvernement de la Confédération - puis de l' Union (1789) - demeure
    provisoire . Le premier US Congress a siégé à Philadelphie avant de se déplacer (chassé par une mutinerie de soldats de la guerre d'indépendance réclamant leurs arriérés de solde) à Princeton
    (NJ), Annapolis (MD), Trenton (NJ) puis New York où il siège encore en juin 1790. Pour mettre fin à cette errance , Jefferson et Madison souhaitaient - en application de l'article I, section 8 ,
    par. 17 de la Constitution - fixer rapidement le siège définitif de la capitale en bordure du Potomac et à proximité de Mount Vernon, résidence familiale de Washington . Pour ce faire ils avaient
    besoin du soutien des Etats du Nord, représentés par Alexander Hamilton , élu de l'Etat de New York, et regroupés au sein du parti 'fédéraliste' du Congrès.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Sur le pemier sujet qui nous intéresse d'avantage ici, Alexander Hamilton est le demandeur.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Ce projet - tout aussi déterminant pour l'avenir de la Fédération que le choix de sa capitale - concernait le "
    <em>public credit</em> " des Etats-Unis Il s'agissait, en résumé, d'autoriser le Gouvernement fédéral à assumer ("<em>assumption</em>" plan) les dettes de guerre des Etats et de la Confédération
    contractées auprès des Gouvernements étrangers et des citoyens américains - et de les financer par de nouveaux emprunts cette fois souscrits au nom de la nouvelle Fédération.<br>
    Dans l'esprit d'Hamilton, il fallait tout d'abord remédier en urgence à l'état catastrophique des finances de plusieurs Etats et de la Fédération qui menaçait l'unité même de la jeune république
    (et notamment la solidarité entre les Etats du Nord et du Sud de l'Union)&nbsp;et de restaurer l'indispensable crédit politique et financier de l'Union vis à vis de ses bailleurs de fonds
    européens (banques et gouvernements d'Angleterre , des Pays Bas et de France).<br>
    Mais il s'agissait aussi de créer la base d'une large structure financière fédérale , fondement du système monétaire et fiscal du Gouvernement national - de contribuer à " cimenter l'Union par
    l'existence d'une dette publique permanente et contrôlée " <em>et de disposer d' "un outil financier pour le développement de l'agriculture, de l'industrie et du commerce</em> "&nbsp;des
    Etats-Unis.<br>
    Pour Madison et Jefferson , toutefois ,&nbsp; ce plan présentait le risque d'accélérer la création d'une puissante administration centrale (un "Trésor") au bénéfice principal des Etats
    commerçants et en voie d'industrialisation du Nord. Le fervent fédéralisme constitutionnel de Madison (artisan de la Constitution à Philadelphie, 1797) hésitait à franchir le pas de
    l'organisation centralisée d'un pouvoir financier fédéral. Jefferson y voyait pour sa part la confirmation de ses craintes anciennes à l'endroit d'un "big government" d'inspiration anglaise et au
    service d'intérêts particuliers : son septicisme était<br>
    toutefois tempéré par son sens des responsabilités vis à vis d'un Gouvernement et d'un Etat dont il était - en tant que State Secretary - le troisième personnage .</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Mais revenons au dîner...</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Les invités arrivèrent ensemble et en avance : Madison parce que c'était son habitude depuis Philadelphie - et
    Hamiton parce qu'il prenait particulièrement à coeur ce qui sera la grande affaire de sa (brève) carrière ministérielle.<br>
    Le service à table fut assuré par de discrets " <em>servants</em> " qui garantirent la confidentialité de la conversation. Le menu fut à la hauteur de la réputation de la table de Jefferson dont
    la francophilie (critiquée par ses adversaires sur le plan politique) et le goût pour la gastronomie française (unanimement apprécié) étaient bien connus de la haute société américaine.
    L'ordonnancement du repas fut d'ailleurs supervisé par André Petit, maître d'hotel ramené de Paris dans ses bagages par Jefferson.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Après les salades - arrosées de Carbonnieux blanc 1786 - fut servi un chapon, farci de jambon de Virginie et de
    purée de chataîgne, assaisonné de Calvados et accompagné d'un Montepulciano de Toscane (car un vin français aurait affadi la sauce ...). Vint ensuite une version new yorkaise de boeuf à la mode
    servi avec un Chambertin. Les desserts (meringues et macarons) furent suivis d'une "glace à la vanille en croûte" dégustée avec un précieux "champagne sans bulles" dont Jefferson se targuait
    d'être le seul importateur au nouveau monde.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">La conversation fut brillante entre ces trois plus hautes figures&nbsp; de la République (après bien sûr la
    "statut de Commandeur" américaine, George Washington) . Elle fut principalement animée par le bouillant Hamilton, pénétré comme à son habitude par la justesse de sa cause et soucieux d'en
    convaincre ses interlocuteurs. Madison tint le rôle du négociateur calme, prudent et méticuleux qui fut le sien lors de la Convention (et qui lui permit alors de rallier Hamilton à sa cause ...).
    Le maître des lieux parla peu - si ce n'est pour commenter savamment ses choix culinaires - soucieux de maintenir l'équanimité des propos mais surtout conscient qu'il lui appartiendrait in fine
    de décider de l'issue de la négociation (sous réserve de l'accord du Président) et d'en porter principalement la responsabilité en tant que premier personnage du gouvernement.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Comme on le sait , l'issue fut positive et peut être ainsi résumée :</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; - le siège de la capitale serait installé sur le (spendide mais sauvage...) site prévu en bordure du
    Potomac à l'issue d'une période de dix ans nécessaire pour son aménagement ; dans l'intervalle le siège serait transféré de New York à Philadelphie (capitale initiale et ville la plus peuplée des
    Etats Unis de l'époque ) ;<br>
    &nbsp; - sur l' "assumption plan", Jefferson et Madisson s'engageaient à faire passer en deuxième lecture le texte du " <em>First Report on the public debt</em> " moyennant une prise en compte de
    la situation de certains Etats (dont la Virginie) qui s'étaient déjà acquitté de l'essentiel de leurs dettes.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">L'accord fut rapidement mis en oeuvre :<br>
    &nbsp; - le "residence bill" fut voté par le Congrès le 10 juillet 1790 (soit 3 semaines après "le dîner"). Comme prévu, dix ans plus tard, la capitale fut transférée de Philadelphie vers le
    District of Columbia en bordure de la Virginie et du Maryland et incorporant la petite bourgade de Georgetown ;<br>
    &nbsp; - l' "assumption bill" fut voté le 18 juillet 1790. Son adoption rassura les banquiers européens sur la consolidation politique de la jeune fédération et sur sa solvabilité. Cette loi
    permit aux Etats-Unis de se procurer les capitaux étrangers nécessaires à son développement - mais aussi de financer, en 1803, l'achat de la "Louisiane" (représentant en fait plus de la moitié du
    territoire actuel des Etats Unis) bradée par Napoléon ! Sur le plan interne, cette loi assura le développement du"treasury department", non sans de multiples péripéties dues à l'opposition
    persistante des partisans des Etats contre ceux de la Fédération, opposition qui demeure d'ailleurs aujourd'hui encore sous jacente dans la vie politique américaine.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">En guise de conclusion, on laissera le lecteur imaginer la conversation que pourraient avoir nos trois
    protagonistes s'ils pouvaient se retrouver, 220 ans plus tard, lors d'un nouveau dîner à Washington ...<br>
    La puissance financière actuelle de la fédération - et notamment l'utilisation de sa "dette" tant sur le plan interne qu'international - les laisseraient certainement rêveurs ! De l'importance
    des dîners en ville ...</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 8pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">NB :&nbsp;Toute comparaison de l'expérience américaine avec la situation actuelle de l'"Union" européenne - et en
    particulier avec ses débats en cours sur la création d'un "public credit" européen - serait bien entendue déplacée et hors sujet . Disons donc seulement que "Comparaison n'est pas raison mais
    attise la réflexion "...</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Cet article a été publié une première fois sur ce site en avril 2010.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 12 Dec 2011 09:33:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">1b0341ed72b0806e877b91cb1ee3d36c</guid>
                <category>Les grands enseignements de l'Histoire</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-diner-at-jefferson-s-ou-comment-les-etats-unis-creerent-la-dette-publique-federale-47918936-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[De la " police politique républicaine " à la sortie du Second Empire !]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-33531850.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Après le second Empire - pendant lequel les Républicains avaient eu tout loisir d’observer de près leurs
    agissements - la survie de services politiques dans la police était loin d’être acquise tant la notion même de police politique semblait consubstantielle d’un régime autoritaire et pouvait
    paraître incongrue dans une démocratie fondée sur le suffrage universel et les libertés publiques.<br>
    La police politique a-t-elle une fonction, un rôle à jouer dans un régime où, par définition, le gouvernement représente la volonté de la majorité des citoyens&nbsp;? Doit-elle protéger une forme
    de gouvernement qui ne saurait s’imposer que par le consentement de la Nation&nbsp;? Doit-elle surveiller l’opinion, les agissements des opposants alors que la liberté est la règle&nbsp;? Un
    gouvernement émanant du suffrage universel a-t-il besoin, comme Napoléon III d’une police pour savoir " <em>quel accord règne entre ses actes et les voeux de la Nation</em> " alors que la presse,
    les élections permettent aux citoyens d’exprimer leur opinion et leurs choix politiques&nbsp;?</span></span> <span style="font-size: 8pt; font-family: Verdana;">&nbsp;</span><span style=
    "font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br>
    Dès la chute de l’Empire, en septembre 1870, cette question fut posée notamment par le nouveau Préfet de police Emile de Keratry qui procéda à la liquidation du "Service spécial de police
    politique" du commissaire Lagrange qui constituait "une menace permanente pour la liberté et la vie des citoyens".<br>
    C’est au parlement, à l’occasion du vote annuel du budget du ministère de l’Intérieur, plus précisément des chapitres concernant la police spéciale et les " <em>dépenses secrètes de sûreté
    publique</em> " que s’exprimèrent le plus clairement, le plus solennellement les oppositions à l’existence même d’une police politique et à celle de fonds secrets servant à payer ses " <em>basses
    besognes</em> ". L’idée la plus communément défendue par l’opposition - quelle qu’elle fût - était que la police politique était une institution indigne d’une République et que des Républicains
    ne sauraient, sans se renier, ou sans contradiction grave, utiliser un moyen de gouvernement qu’ils avaient dénoncé sans relâche sous l’Empire. En dépit de ces critiques, la police politique,
    comme les fonds secrets, a subsisté, d’abord au prétexte de la défense d’un régime mal assuré - " <em>N’y a-t-il plus de partis adversaires de la République&nbsp;? Certes ces partis sont
    impuissants, ils le savent bien, mais vous admettrez bien avec moi qu’il est utile qu’on les surveille et qu’on sache ce qu’ils font</em>&nbsp;"- puis du réalisme politique qui interdit à un
    gouvernement de se priver d’un moyen employé par tous ses prédécesseurs.</span></span><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br>
    <br>
    Source :&nbsp;</span></span><a href="http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article339.html"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "text-decoration: underline;"><span style="color: #810081;">http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article339.html</span></span></span></span></a><span style="font-size: 10pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 04 Oct 2011 16:44:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">be1611aa7f14247217a147aa11cd9c2f</guid>
                <category>Les grands enseignements de l'Histoire</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-33531850-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[11 Septembre 2001 – 11 Septembre 2011, par webmaster (africal.com))]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-11-septembre-2001-11-septembre-2011-par-webmaster-africal-com-84169554.html</link>        <description><![CDATA[<div id="article-emission">
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Le 11 septembre 2001, l’Amérique subissait la pire attaque terroriste de son histoire, sur son propre sol. Sous les yeux
      stupéfaits du monde entier, deux avions de ligne, transformés en bombes volantes, percutent les tours jumelles du World Trade Center qui s’effondrent, quelques minutes plus tard, sous la
      violence du choc. Quasi simultanément, le Pentagone, à Washington DC, subit également une attaque, tandis qu’un autre vol, détourné par des terroristes, s’écrase à Shanksville, en Pennsylvanie.
      En tout, dix neuf terroristes du réseau djihadiste islamiste Al Qaida, auront été les acteurs de ces attentats-suicides. L’événement, forcément tragique, devient aussitôt historique, tant par
      le mode opératoire que par ses répercussions dans le champ de la politique internationale… Dix ans après, retour sur ces événements et sur les années post-11 septembre, en Amérique et dans le
      monde…</span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;"><strong>Invité&nbsp;:</strong></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">- <strong>Jean-Philippe Immarigeon</strong>, docteur en droit et avocat. Rédacteur et chroniqueur à la Revue Défense Nationale
      depuis 2001. A également publié plusieurs ouvrages sur les Etats-Unis d’Amérique, dont «&nbsp;American parano&nbsp;» (2006) et «&nbsp;L’imposture américaine&nbsp;» (2009) chez Bourin Editeur.
      Prochain ouvrage à paraître début 2012&nbsp;: «&nbsp;Pour en finir avec la Françamérique&nbsp;» aux Editions Ellipses.</span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">Pour écouter l'émission : <a href=
      "http://www.africa1.com/spip.php?article14358">http://www.africa1.com/spip.php?article14358</a></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 13 Sep 2011 09:08:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">63a1dc3d5624c27e8c45b0071571a37f</guid>
                <category>Les grands enseignements de l'Histoire</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-11-septembre-2001-11-septembre-2011-par-webmaster-africal-com-84169554-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le 4 août 1789, premier des "grands soirs", par Jérôme Gautheret et Thomas Wieder (Le Monde.fr)]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-34571365.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">" <em>C'est l'une des scènes fondatrices sur lesquelles s'est construite l'identité de la France contemporaine.
    Dans la nuit du 4 au 5 août 1789, l'Assemblée constituante renversait une organisation sociale plusieurs fois centenaire, bâtie sur un enchevêtrement de coutumes et de statuts, pour lui
    substituer un ordre nouveau, régi par le principe de l'égalité de tous devant la loi. Cette nuit-là, rappellent les manuels scolaires, "les privilèges ont été abolis". Trois semaines après la
    prise de la Bastille, l'</em></span></span><a href="http://www.lemonde.fr/sujet/ff02/ancien-regime.html"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><em>Ancien Régime</em></span></span></a> <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>s'effondrait. Moment inouï qui,
    deux cent vingt ans plus tard, imprègne encore profondément l'imaginaire politique des Français.<br></em></span></span><span style="font-size: 10pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><em>Que s'est-il exactement passé ce soir-là ? Le déroulement de la séance est connu minute par minute. Du moins son récit officiel : le procès-verbal de la
    soirée fut en effet discuté, jusqu'au 12 août, et amendé en fonction de l'évolution des événements. Car, si les décisions prises le 4 août furent l'aboutissement d'un siècle de maturation
    intellectuelle, elles furent aussi, largement, le fruit des circonstances.</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>En ce début du mois d'août 1789, un peu partout dans les provinces, les abbayes et les châteaux sont pillés
    par des paysans, agités par la crise frumentaire née de la mauvaise récolte de 1788. Les insurgés s'en prennent aux bureaux du fisc, mais aussi aux symboles de l'Ancien Régime, comme les
    "terriers", ces registres où sont consignés les droits seigneuriaux. La crainte d'une réaction violente des "privilégiés", ajoutée à la rumeur persistante de la présence d'armées étrangères sur
    le sol national et au sentiment d'insécurité provoqué par les bandes de vagabonds jetés sur les routes à cause de la crise, créent un phénomène de panique : la "Grande Peur". Comment arrêter les
    troubles sans faire appel à l'armée pour rétablir l'ordre, ce qui reviendrait à réinstaller le roi au centre du jeu ? Que faire pour réaffirmer le caractère sacré de la propriété tout en lâchant
    du lest ? La voie qui s'offre aux députés est étroite. Les événements du 4 août en sont la démonstration.</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>Rien, au départ, ne laissait pourtant présager un grand soir. La séance du 4 août, en effet, commence par la
    lecture d'un rapport de Target, député du tiers état, suggérant de ne rien changer pour l'heure aux lois et à l'imposition. Il faudra en fait l'intervention du vicomte de Noailles pour que tout
    bascule. Soucieux de "ramener la tranquillité publique", le beau-frère de La Fayette propose alors quatre résolutions : l'égalité devant l'impôt, l'accessibilité des charges à tous les citoyens,
    le rachat des droits féodaux et la suppression des corvées, mainmortes "et autres servitudes personnelles". Son discours est appuyé par le duc d'Aiguillon, qui a avancé les mêmes idées, la
    veille, au Club breton, l'ancêtre du Club des jacobins. Ironie de l'histoire : l'abolition des privilèges est lancée par deux membres de la noblesse, un cadet de famille désargenté et l'une des
    plus grandes fortunes du royaume. Deux privilégiés.</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>Le grand hara-kiri durera jusqu'à deux heures du matin. Dans une atmosphère de transe collective, les orateurs
    se succèdent à la tribune, chacun se dépouillant tour à tour de ses droits ancestraux. C'est ainsi qu'on vit les ducs de Guiche et de Mortemart renoncer aux pensions du roi, l'évêque La Fare
    réclamer l'abolition des privilèges ecclésiastiques, l'archevêque d'Aix, Boisgelin, l'approuver "au nom du clergé". En quelques heures, des dizaines d'exemptions de nature fiscale et de droits
    liés à des statuts particuliers sont abrogés. Jusqu'aux plus incongrus. Comme cette pratique, dénoncée par le député du tiers état Le</em></span></span> <a href=
    "http://www.lemonde.fr/sujet/12fc/guen-de-kerangal.html"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>Guen de Kérangal</em></span></span></a><span style=
    "font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>, qui obligeait certains à "passer les nuits à battre les étangs pour empêcher les grenouilles de troubler le sommeil de
    leurs voluptueux seigneurs".</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>A ce grand sacrifice des différents corps constitutifs de la société française s'ajoute, enfin, celui des
    provinces, dont les fameuses "libertés" sont, elles aussi, supprimées au nom du même principe d'égalité. "Celles qu'on appelait "pays d'Etat", qui avaient des privilèges à elles, des avantages
    divers pour les libertés, pour l'impôt, rougirent de leur égoïsme : elles voulurent être France", expliquera</em></span></span> <a href=
    "http://www.lemonde.fr/sujet/123a/jules-michelet.html"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>Jules Michelet</em></span></span></a> <span style=
    "font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>dans son Histoire de la Révolution française (1847).</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>Voilà pour le récit, édifiant, du "grand soir" de l 'Ancien Régime. Il convient cependant d'y apporter
    quelques nuances. Pour rappeler, d'abord, que la suppression des privilèges n'était pas, en 1789, une idée neuve. Défendue dans les cercles "physiocratiques" au nom des principes du libéralisme
    économique et politique, elle faillit être mise en oeuvre sous le bref ministère Turgot (1774-1776), avant que celui-ci n'y renonce en raison de l'hostilité de ceux - des "épiciers" aux
    "seigneurs", comme le dira Michelet - qui se sentaient menacés par sa volonté de restreindre les prérogatives des corporations et d'établir une contribution unique sur les biens nobles et
    roturiers.</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>Aboutissement de plusieurs décennies de maturation intellectuelle, la nuit du 4 août fut aussi le fruit d'un
    compromis politique. Les droits seigneuriaux ne furent pas déclarés "abolis", mais "rachetables". Ce qui revenait, comme le souligne l'historien</em></span></span> <a href=
    "http://www.lemonde.fr/sujet/0e38/francois-furet.html"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>François Furet</em></span></span></a><span style=
    "font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>, à "traduire en bon argent bourgeois les droits qui sont supprimés". Seules les dîmes, en réalité, disparurent sans
    contrepartie. Et plusieurs textes législatifs furent encore nécessaires, comme la loi Le Chapelier supprimant les corporations, en 1791, pour mettre fin à ce "conglomérat hétéroclite de
    particularismes" qu'était, selon l'expression de l'historien</em></span></span> <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/b6ab/bernard-barbiche.html"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><em>Bernard Barbiche</em></span></span></a><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>, la France d'avant 1789. Un
    pays dans lequel, contrairement à l'idée véhiculée par l'</em></span></span><a href="http://www.lemonde.fr/sujet/b0c3/abbe-sieyes.html"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><em>Abbé Sieyès</em></span></span></a> <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>dans son pamphlet Qu'est-ce que
    le tiers état ? (1789), les privilégiés n'étaient pas seulement les nobles et les ecclésiastiques, mais aussi de très nombreux roturiers titulaires de charges leur permettant de ne pas payer
    certains impôts ou d'échapper à la milice.</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>Il n'empêche. Même s'il fallut attendre plusieurs années - jusqu'au code civil de 1804 - pour que les
    principes proclamés à l'époque trouvent leur socle juridique, la nuit du 4 août fut bien cet acte inaugural qui, pour reprendre l'expression d'</em></span></span><a href=
    "http://www.lemonde.fr/sujet/1978/adolphe-thiers.html"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>Adolphe Thiers</em></span></span></a> <span style=
    "font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>en 1866, assura à chaque Français cette "égalité sacrée qu'on appelle l'égalité devant la loi". Ou, pour le dire avec les
    mots de l'historien</em></span></span> <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/893b/albert-mathiez.html"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>Albert
    Mathiez</em></span></span></a> <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>(1874-1932), ce moment fondateur où "le niveau égalitaire passa subitement sur
    une nation parquée depuis des siècles en castes étroites".</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>Référence obligée, depuis plus de deux siècles, pour tous les défenseurs de l'égalitarisme "à la française",
    symbole ultime du volontarisme politique, le 4 août mérite enfin de rester dans les mémoires comme une grande date de l'histoire parlementaire. Ce que</em></span></span> <a href=
    "http://www.lemonde.fr/sujet/5e0b/pierre-larousse.html"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>Pierre Larousse</em></span></span></a><span style=
    "font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><em>, dans son</em> <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/3a22/grand-dictionnaire.html"><em>Grand Dictionnaire</em></a> <em>du
    XIX<sup>e</sup> siècle, affirmait en ces termes : "Il suffit d'un vote de constituants pour venger la nation de la tyrannie incessante de douze siècles, tant il est vrai que le bonheur du peuple
    est facile à faire quand ceux qui le gouvernent s'occupent moins d'eux-mêmes que de lui</em>."</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 04 Aug 2011 09:41:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4a6e0c08fd99d7e9cb78a213b494c37e</guid>
                <category>Les grands enseignements de l'Histoire</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-34571365-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La guerre civile est toujours là, par Corine Lesnes (Lettre des Etats-Unis, Le Monde)]]></title>
        <link>http://www.regards-citoyens.com/article-la-guerre-civile-est-toujours-la-par-corine-lesnes-lettre-des-etats-unis-le-monde-80344378.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Le 21 juillet 1861 est une date particulière dans l'histoire américaine : celle de la première grande bataille de la guerre
    civile, à Manassas, en Virginie. Dans les manuels scolaires, elle est dite bataille de <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/4b6d/bull-run.html" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">Bull Run</span></a>, du nom du cours d'eau qui coule à proximité. L'affrontement n'a duré qu'une journée, mais il s'est terminé par une cuisante défaite du Nord face aux
    confédérés. Il a marqué le début d'une période sanglante qui a duré quatre ans et fait 625 000 morts, soit plus que le nombre d'Américains tués pendant les deux guerres mondiales
    combinées.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Le 150<sup>e</sup> anniversaire de la bataille de Manassas a été dignement honoré samedi 23 et dimanche 24 juillet par une série
    d'hommages et de reconstitutions historiques, à 35 km de Washington. Par 40 degrés et pas un filet d'ombre, les 9 000 <em>reenactors</em> ont tiré au mousqueton dans leurs uniformes de laine et
    coton. Les "reenactors" sont des Américains ordinaires, férus d'histoire, qui s'habillent en costumes d'époque et parcourent le pays, de festival en campement historique. Ils sont plusieurs
    centaines de milliers. Un phénomène unique aux Etats-Unis.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Depuis le début de l'année, les Etats-Unis célèbrent le 150<sup>e</sup> anniversaire de la guerre civile. Vu l'actualité, les
    commémorations sont largement passées inaperçues, sauf dans le Sud, où les nostalgiques ont organisé des "bals de la Confédération". Fin mars, la reconstitution de l'investiture du premier
    président sudiste, <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/762b/jefferson-davis.html" target="_blank"><span style="color: #000000;">Jefferson Davis</span></a>, a eu lieu sur les
    marches du capitole de Montgomery, dans l'Alabama (à quelques centaines de mètres de l'église de <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/a91c/martin-luther.html" target=
    "_blank"><span style="color: #000000;">Martin Luther</span></a> King). Le 12 avril, c'est le premier acte d'insubordination militaire, qui a été rejoué à <a class="listLink" href=
    "http://www.lemonde.fr/sujet/2c83/fort-sumter.html" target="_blank"><span style="color: #000000;">Fort Sumter</span></a>, en Caroline du Sud. Devant une population enthousiaste, la garnison
    fédérale a été attaquée au mortier.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">L'anniversaire a souligné les divergences qui subsistent entre les ennemis d'hier. Un siècle et demi après, le Nord et le Sud ne
    parlent toujours pas le même langage. Le Nord dit guerre civile. Le Sud parle de <em>"guerre entre les Etats"</em> (il est vrai que le conflit n'a pas divisé les quartiers ou les familles mais
    les régions). Le Sud dit <em>"sécession"</em>, le Nord <em>"rébellion"</em>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Dans le Sud, beaucoup continuent à <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=penser"
    target="_blank"><span style="color: #000000;">penser</span></a> que le conflit a été causé par toutes sortes de phénomènes : la volonté de domination des Etats industriels, les impôts, les
    barrières douanières injustement infligées à leur production de coton. Curieusement, l'esclavage est le dernier facteur qui leur vient à l'esprit...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Dans un sondage sur les causes de la guerre, réalisé par l'institut <a class="listLink" href=
    "http://www.lemonde.fr/sujet/4981/harris-interactive.html" target="_blank"><span style="color: #000000;">Harris Interactive</span></a> dans les anciens Etats sécessionnistes, deux tiers des
    Blancs répondaient, fin mars, que la guerre a eu lieu, non pas à cause d'un différend sur l'esclavage, mais parce que les Etats voulaient <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=d%C3%A9fendre" target="_blank"><span style="color: #000000;">défendre</span></a> leurs <em>"droits"</em> face au gouvernement fédéral, les
    fameux <em>"States Rights"</em> dont le <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/326b/tea-party.html" target="_blank"><span style="color: #000000;">Tea Party</span></a> se réclame
    aujourd'hui.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Selon l'historien <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/6d94/michael-lind.html" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">Michael Lind</span></a>, cofondateur de la fondation <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/b178/new-america.html" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">New America</span></a> et auteur d'un livre sur le 16<sup>e</sup> président (<em><a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/5c28/what-lincoln.html" target=
    "_blank"><span style="color: #000000;">What Lincoln</span></a> Believed : <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/48cb/the-values.html" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">The Values</span></a> and Convictions of America's <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/c1ed/greatest-president.html" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">Greatest President</span></a> : Doubleday</em>), le pays n'a pas encore vraiment tourné la page sur la guerre civile. Les cartes électorales sont pratiquement des décalques des
    divisions d'hier. Le Nord industriel est resté enclin au protectionnisme qu'il professait pour se <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=prot%C3%A9ger"
    target="_blank"><span style="color: #000000;">protéger</span></a> des manufactures anglaises. Le Sud continue à <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=%C3%AAtre" target="_blank"><span style="color: #000000;">être</span></a> la terre de la main-d'oeuvre bon marché et non syndiquée.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Autre héritage : les <em>"culture wars"</em>, les <em>"différences culturelles entre les partis"</em>, dit Michael Lind. Les
    rouges contre les bleus, comme si les Américains étaient condamnés à <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=%C3%AAtre" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">être</span></a> les "reenactors" perpétuels de leur passé.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Aujourd'hui, comme hier, la guerre fait rage sur le niveau d'endettement du pays. Au-delà de la guerre civile, les radicaux
    actuels du moins d'Etat sont les héritiers d'une tradition qui remonte à <a class="listLink" href="http://www.lemonde.fr/sujet/cfd4/thomas-jefferson.html" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">Thomas Jefferson</span></a>, l'auteur de la Déclaration d'indépendance, et son combat contre le centralisateur <a class="listLink" href=
    "http://www.lemonde.fr/sujet/0b45/alexander-hamilton.html" target="_blank"><span style="color: #000000;">Alexander Hamilton</span></a> (à propos de la consolidation de la dette de guerre des
    Etats !). En Angleterre, note l'écrivain, <em>"personne n'en vient aux mains chez eux à propos de Disraeli ou Salisbury. C'est juste un événement dans l'histoire"</em>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Mais aux Etats-Unis, le système institutionnel a été conçu pour que les branches - présidence, Congrès, Cour suprême -
    s'équilibrent. Seule l'opinion est à même de <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=trancher" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">trancher</span></a>. <em>"Dans le système parlementaire, le premier ministre porte le chapeau. Mais chez nous, la responsabilité est diffuse"</em>, souligne Michael Lind. C'est
    pourquoi, <em>"tout le jeu consiste à <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=faire" target="_blank"><span style="color: #000000;">faire</span></a>
    <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=reporter" target="_blank"><span style="color: #000000;">reporter</span></a> la faute sur l'autre"</em>, comme on le
    voit encore dans le débat sur le relèvement du plafond de la dette.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">Par ces temps d'intégrisme constitutionnel, rares sont les politologues qui osent <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=plaider" target="_blank"><span style="color: #000000;">plaider</span></a> pour une réforme de fond. <em>"Je suis très pessimiste</em>, dit
    Michael Lind. <em>Comme nous le voyons actuellement, ce très encombrant système n'arrive tout simplement pas à <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=faire" target="_blank"><span style="color: #000000;">faire</span></a> face à une crise après l'autre."</em> <a class="listLink" href=
    "http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=amender" target="_blank"><span style="color: #000000;">Amender</span></a> la Constitution ? <em>"Impensable."</em> L'historien pense qu'un
    <em>"amendement informel"</em> fera, de fait, <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=%C3%A9voluer" target="_blank"><span style=
    "color: #000000;">évoluer</span></a> les Etats-Unis <em>"vers un régime présidentiel plébiscitaire, de type gaulliste"</em>. La branche législative est <em>"tellement paralysée</em>, dit-il,
    <em>que les parlementaires vont <a class="listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=finir" target="_blank"><span style="color: #000000;">finir</span></a> par <a class=
    "listLink" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=dire" target="_blank"><span style="color: #000000;">dire</span></a> eux-mêmes un jour au président : à vous de
    décider"</em>. Barack Obama ne s'en plaindrait probablement pas.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">NDLR <em><strong>Regards-citoyens</strong></em> : Pour découvrir un autre regard sur la manière dont les américains gèrent la
    crise, sans chercher à conférer plus de responsabilités au président : <a href=
    "http://www.regards-citoyens.com/article-comprendre-la-crise-de-la-dette-americaine-l-expansion-com-80343806.html">Comprendre la crise de la dette américaine (L'Expansion.com )</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 28 Jul 2011 07:49:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">7b12fd5f38b95b3a3b3329c9d37c2851</guid>
                <category>Les grands enseignements de l'Histoire</category>        <comments>http://www.regards-citoyens.com/article-la-guerre-civile-est-toujours-la-par-corine-lesnes-lettre-des-etats-unis-le-monde-80344378-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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